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lundi 7 mai 2018

Le jour où on a reçu la réponse de notre demande d'agrément #8

Je m’étais arrêtée sur la lecture de nos rapports en vue du passage en commission pour la demande d’agrément. Malgré mes tentatives, je n’avais pas pu obtenir la date de notre passage en commission. La secrétaire avait juste bien voulu me dire qu’il y avait une commission par mois, que s’il y avait trop de dossiers, on passait à la prochaine commission, et qu’on recevait les réponses par accusé de réception au bout de 7 jours.
Ayant renvoyé notre accord pour le passage en commission autour du 6 ou 7 janvier, je ne m’attendais pas à un passage ce même mois. Je misais donc sur février, avec une réponse qui arriverait donc mi ou fin février. 

Or, un matin de janvier, le samedi 20 pour être exacte, le facteur a déposé dans notre boîte aux lettres un avis de passage pour une lettre recommandée. Nous l’avons loupé à quelques minutes près ! Je me suis fait mille et un films durant tout un weekend.

Théorie n°1 : ce n’est pas le courrier du conseil départemental, on s’emballe pour rien.
Théorie n°2 : c’est le courrier du conseil départemental mais pour nous annoncer un refus d’agrément.
Théorie n°3 : c’est le courrier du conseil départemental avec un accord d’agrément mais une notice restrictive avec un refus de notice pour des jumeaux.
Théorie n°4 : c’est le courrier du conseil départemental avec un accord d’agrément et tout va bien dans le meilleur des mondes. 

Heureusement, le lundi, mon cher et tendre mari ne travaillait pas. Il a pu attendre sagement et longuement le facteur. De mon côté, j’étais au travail et je dois avouer que ce jour-là, j’ai été peu productive. Je ne pensais qu’à ça. Je guettais mon téléphone toutes les 3 minutes, et j’envoyais un SMS à mon mari toutes les 4 minutes 30, histoire d’être sûre qu’il n’avait pas oublié de me prévenir du passage du facteur.
Bien entendu, le facteur est passé pendant que j’étais en entretien. J’entendais mon portable me signaler la réception d’un, deux, trois, douze SMS … C’était mon mari qui me donnait des nouvelles. 

Et c’est donc la théorie n°4 qui a été retenue ! Nous avions l’agrément ! Le Saint Graal était en notre possession. J’ai pleuré quand j’ai lu ses textos, et d’ailleurs, au moment où j’écris ces quelques lignes, j’ai les larmes aux yeux. Pour moi, l’obtention de cet agrément a signé officiellement le début de notre grossesse sans date de fin, sans date d’accouchement prévue … L’attente devient concrète, réelle et peut durer 1 an, 2 ans, 5 ans ou plus. J’espère qu’elle deviendra concrète un jour, car malgré tout, nous restons conscient également que peut être, malgré cet agrément, nous n’aurons jamais d’apparentement. Mais l’espoir est là.
J’ai demandé à mon mari qu’il m’envoie les photos du courrier. J’ai lu et relu chaque mot, chaque phrase. J’ai appris par cœur chaque phrase de notre notice. 

Cette notice, c’est la clé, le cœur de notre parcours d’adoption. C’est en quelque sorte la fiche d’identité de l’enfant avec lequel nous serons apparentés. La fiche des enfants, même devrais-je dire, car nous avons eu un accord pour adopter des jumeaux, si le cas se présentait. J’ai envie de garder un peu de jardin secret, même ici, alors je ne vous dévoilerai pas le contenu de notre notice, si ce n’est que nous pourrons adopter un bébé né sous le secret, de 0 à 12 mois. Le service adoption a bien compris notre besoin de pouponner. Pour le reste, cela appartient et appartiendra à l’histoire de notre futur enfant. 

Cette nouvelle marque pour nous un tournant important sur notre chemin vers l’adoption et la parentalité. Nous n’en sommes, finalement, qu’au début. Même si officiellement nous sommes inscrits sur les listes depuis juillet 2017, que nous avons obtenu notre agrément en 6 mois (au lieu de 9 mois …) en janvier 2018 … nous savons que la route sera encore longue et semée d’embûches, de doutes, de pleurs, d’absence … Mais je ne cesse d’espérer qu’au bout du chemin, il y aura un joli berceau blanc sous un soleil radieux qui nous attendra … 

L’attente de la cigogne commence … 


lundi 5 février 2018

Le jour où on a lu nos rapports en vue de notre demande d'agrément #7

A ce jour, je crois que c’est l’un des moments les plus forts de notre parcours. Après avoir passé les différents entretiens psychosociologiques, nous avons donc attendu plus ou moins sereinement les rapports des deux professionnelles que nous avions rencontré. 
J’ai été agréablement surprise par la rapidité de l’envoi de ces rapports. Elles n’ont pas attendu pour les écrire et donc nous les faire lire. 
Nous avons un droit de regard et de modification sur ces rapports, mais uniquement pour des modifications de données erronées : exemple, une mauvaise date de naissance, une erreur dans le montant de nos salaires … Pour le fond, à savoir l’analyse, nous sommes invités, si nous sommes en désaccord avec la professionnelle, à reprendre RDV avec elle pour en discuter ensemble, mais elle n’est pas obligée de changer son rapport. Nous avons aussi droit de refuser de passer en commission après lecture de nos rapports et de demander de nouvelles investigations avec d’autres professionnels. Enfin, nous pouvons aussi écrire un courrier en plus, destiné aux membres de la commission, ou/et demander à être présents à cette fameuse commission.




Tout début janvier, à peine plus de 3 semaines après avoir vu pour la dernière fois la psychologue, nous avons reçu un courrier nous informant que nos rapports étaient prêts et que nous pouvions aller les lire. Etant loin de l’institution, nous avons demandé à les avoir par mail et en quelques minutes, je tenais nos fameux rapports dans les mains. Mais comme j’étais au travail et que je voulais partager cela avec mon mari, je me suis contentée de juste aller lire les 2 conclusions, histoire de m’assurer que les rapports étaient favorables et rassurer mon mari.
Le soir, après avoir eu l’un comme l’autre une journée très chargée, nous nous sommes posés et avons découvert le contenu des rapports : 6 pages pour l’assistante sociale, 2 pages pour la psychologue.
Les premières pages du rapport sociales sont très formelles et reprennent des éléments objectifs : nos salaires, nos charges, nos états civils, métiers, adresse etc. Ensuite, l’assistante sociale a repris avec exactitude le déroulé de nos entretiens, citant certaines fois nos paroles les plus fortes et significatives. En lisant ces quelques pages, j’ai immédiatement revécu nos entretiens avec elle. C’est une sensation très étrange mais très agréable que de lire un écrit sur soi, et de voir que notre parole, nos pensées … ont été si bien comprises et retranscrites. La conclusion ne fait aucun doute quant à l’avis favorable de l’assistante sociale. Le profil de notre futur bébé y est parfaitement décrit.
La lecture du rapport, plus synthétique mais tout aussi réaliste et empli d’émotion, de la psychologue continue à nous faire ressentir une vague immense d’émotions très fortes. La psychologue a très bien cerné nos personnalités, notre projet, notre désir. Les mots sont justes et bien pensés. La conclusion, elle aussi favorable, nous décroche un énorme sourire et un soulagement immense …



C’est toute fébrile que j’envoie par mail au service de PMI l’accord de passer en commission. Nous ne sommes pas informés de la date, juste qu’il y a une commission par mois. Nous espérons très fort être dans celle de janvier même si ça nous semble un peu juste niveau timing. Une nouvelle attente pour nous, à nouveau sans date de fin, et nous mettant à nouveau dans l’ambiance de l’incertitude de l’adoption