Je m’étais arrêtée sur la lecture de nos rapports en vue du
passage en commission pour la demande d’agrément. Malgré mes tentatives, je n’avais
pas pu obtenir la date de notre passage en commission. La secrétaire avait
juste bien voulu me dire qu’il y avait une commission par mois, que s’il y
avait trop de dossiers, on passait à la prochaine commission, et qu’on recevait
les réponses par accusé de réception au bout de 7 jours.
Ayant renvoyé notre accord pour le passage en commission
autour du 6 ou 7 janvier, je ne m’attendais pas à un passage ce même mois. Je
misais donc sur février, avec une réponse qui arriverait donc mi ou fin février.
Or, un matin de janvier, le samedi 20 pour être exacte, le
facteur a déposé dans notre boîte aux lettres un avis de passage pour une
lettre recommandée. Nous l’avons loupé à quelques minutes près ! Je me
suis fait mille et un films durant tout un weekend.
Théorie n°1 : ce n’est pas le courrier du conseil
départemental, on s’emballe pour rien.
Théorie n°2 : c’est le courrier du conseil
départemental mais pour nous annoncer un refus d’agrément.
Théorie n°3 : c’est le courrier du conseil
départemental avec un accord d’agrément mais une notice restrictive avec un
refus de notice pour des jumeaux.
Théorie n°4 : c’est le courrier du conseil
départemental avec un accord d’agrément et tout va bien dans le meilleur des
mondes.
Heureusement, le lundi, mon cher et tendre mari ne
travaillait pas. Il a pu attendre sagement et longuement le facteur. De mon
côté, j’étais au travail et je dois avouer que ce jour-là, j’ai été peu
productive. Je ne pensais qu’à ça. Je guettais mon téléphone toutes les 3
minutes, et j’envoyais un SMS à mon mari toutes les 4 minutes 30, histoire d’être
sûre qu’il n’avait pas oublié de me prévenir du passage du facteur.
Bien entendu, le facteur est passé pendant que j’étais en
entretien. J’entendais mon portable me signaler la réception d’un, deux, trois,
douze SMS … C’était mon mari qui me donnait des nouvelles.
Et c’est donc la théorie n°4 qui a été retenue ! Nous
avions l’agrément ! Le Saint Graal était en notre possession. J’ai pleuré
quand j’ai lu ses textos, et d’ailleurs, au moment où j’écris ces quelques
lignes, j’ai les larmes aux yeux. Pour moi, l’obtention de cet agrément a signé
officiellement le début de notre grossesse sans date de fin, sans date d’accouchement
prévue … L’attente devient concrète, réelle et peut durer 1 an, 2 ans, 5 ans ou
plus. J’espère qu’elle deviendra concrète un jour, car malgré tout, nous
restons conscient également que peut être, malgré cet agrément, nous n’aurons
jamais d’apparentement. Mais l’espoir est là.
J’ai demandé à mon mari qu’il m’envoie les photos du
courrier. J’ai lu et relu chaque mot, chaque phrase. J’ai appris par cœur chaque
phrase de notre notice.
Cette notice, c’est la clé, le cœur de notre parcours d’adoption.
C’est en quelque sorte la fiche d’identité de l’enfant avec lequel nous serons apparentés.
La fiche des enfants, même devrais-je dire, car nous avons eu un accord pour
adopter des jumeaux, si le cas se présentait. J’ai envie de garder un peu de
jardin secret, même ici, alors je ne vous dévoilerai pas le contenu de notre
notice, si ce n’est que nous pourrons adopter un bébé né sous le secret, de 0 à
12 mois. Le service adoption a bien compris notre besoin de pouponner. Pour le
reste, cela appartient et appartiendra à l’histoire de notre futur enfant.
Cette nouvelle marque pour nous un tournant important sur
notre chemin vers l’adoption et la parentalité. Nous n’en sommes, finalement,
qu’au début. Même si officiellement nous sommes inscrits sur les listes depuis
juillet 2017, que nous avons obtenu notre agrément en 6 mois (au lieu de 9 mois
…) en janvier 2018 … nous savons que la route sera encore longue et semée d’embûches,
de doutes, de pleurs, d’absence … Mais je ne cesse d’espérer qu’au bout du
chemin, il y aura un joli berceau blanc sous un soleil radieux qui nous
attendra …
L’attente de la cigogne commence …


