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vendredi 11 janvier 2019

Le jour où nous n'abandonnons pas notre projet d'adoption

Avant de continuer à narrer ici ma grossesse et ma maternité, je souhaitais évoquer notre projet d'adoption. 
Déjà un an en ce mois de janvier que nous avons obtenu notre agrément en vue de l'adoption d'un bébé né sous le secret, en France. 
Je profite de cet article pour vous encourager à aller voir le film Pupille qui évoque ce sujet avec une justesse inédite et beaucoup d'émotions ! 
Quand nous avons annoncé ma grossesse à notre entourage, une question est souvent revenue : "Alors du coup, vous laissez tomber l'adoption ...". A chaque fois, notre réponse a été la même : "Non, ce projet est toujours notre projet de famille". 
Parce que comme je l'ai souvent évoqué, nous n'avons pas choisi la parentalité par la voie de l'adoption comme un plan B ou C ou Z ... Nous avons juste avancé notre projet, voyant qu'il serait compliqué de devenir parents de façon "naturelle et biologique". L'arrivée de ce premier enfant dans nos vies ne change donc en rien notre envie d'adopter un enfant, cela diffère juste ce projet et le modifie quelque peu également. 
En effet, nous avons une notice pour un bébé de moins de 12 mois. Or, en France, la plupart des bébés sont adoptés par des couples sans enfant, afin de leur donner l'opportunité de "pouponner" un très jeune enfant. Avec l'arrivée de l'Elu, nous aurons donc déjà eu la chance de connaître ce bonheur et nous sommes donc prêts à élargir notre notice à un enfant de 0-3 ans, plus jeune que l'Elu pour respecter l'ordre d'arrivée dans la famille. 
Pour cela, nous avons donc prévenu il y a quelques jours le service d'adoption de notre département que nous mettons entre parenthèse notre agrément, le temps d'accueillir sereinement notre premier bébé ... Ainsi, je pense que d'ici 12 mois, nous demanderons à rencontrer de nouveau notre assistante sociale et la psychologue pour évoquer notre nouveau projet et notre cheminement. 



Il y a cependant quelque chose qui s'est produit il y a de cela quelques semaines et qui m'a beaucoup chamboulée. En effet, face à cette grossesse surprise et relevant pour nous du miracle, nous avions décidé d'attendre l'écho du deuxième trimestre pour annoncer ma grossesse au service d'adoption, afin d'être certains que cette grossesse irait à terme. On avait donc prévu de le faire à notre retour de voyage du Québec, fin octobre/début novembre. 
Alors que j'étais au bureau, je m'aperçois que j'ai un appel en absence de notre assistante sociale sur mon portable. Mon coeur palpite et j'appelle mon mari qui avait lui aussi cherché à m'appeler. Il était très bizarre au téléphone et j'ai très vite compris que l'appel de notre assistante sociale était loin d'être anodin. En effet, notre ASS nous avait expliqué que nous serions amenés à nous voir une fois par an, donc en janvier/février pour nous, suite au courrier annuel de maintien d'agrément que nous devions leur envoyer. Elle nous avait également précisé que de leur côté, ils ne nous contacteraient que s'il y avait une annonce d'apparentement ou de passage en conseil de famille si enfant aux besoins spécifiques ... Alors autant vous dire qu'un appel de notre ASS en octobre ... était très surprenant ! 
Charmante Compagnie a donc eu l'ASS au téléphone et après les formules de politesse, a annoncé ma grossesse à notre ASS qui nous a bien entendu félicités ... mais qui du coup s'est retrouvée assez embêtée quant à l'objet de son appel. Mon mari a ressenti tout cela mais n'a pas cherché à en savoir plus. Ils ont surtout échangé sur la suite justement, du besoin de temps d'accueillir notre enfant, etc. L'ASS quant à elle a finalement justifié son appel comme un rappel qu'elle nous faisait de bien penser à actualiser notre agrément en janvier ... Mouais ...
Même si nous n'en aurons jamais la certitude à 100%, nous ne pouvons nous empêcher de penser que cet appel était peut-être celui de l'appel magique, nous annonçant un apparentement, ou un passage en conseil de famille ... Le timing, la réaction de l'ASS ... bref, tout ceci nous a mis la puce à l'oreille mais surtout m'a énormément chamboulée.Tant de "et si ..." se sont confrontés dans ma tête. Et si un petit bébé nous attendait bel et bien ... Et si cet enfant était celui que nous attendions ... Et si je n'étais pas enceinte, cela signifiait-il que nous allions devenir parents du jour au lendemain ... Et si ... Et si ... 
Et puis, j'ai chassé tous ces "Et si" de ma tête ... préférant me dire que rien n'arrive par hasard dans la vie, et donc que cette grossesse n'était pas un hasard ... en préférant me dire que si jamais nous avions bel et bien été choisi comme parents de ce bébé né sous le secret, d'autres parents auront à leur tour un appel magique et que ce sera pour eux le plus beau jour de leur vie ... en préférant me dire que si nous avions été choisi maintenant, nous le serons encore dans un ou deux ans ... en préférant me dire que même si en début de grossesse, j'avais pensé à cacher ma grossesse si jamais un apparentement se faisait dans les tous premiers mois de ma grossesse, aujourd'hui, je préférais me consacrer à l'arrivée de l'Elu uniquement car cela ferait trop de bouleversements. 
Nous avons donc fermé cet épisode de notre vie après en avoir longuement discuté ... en définissant notre futur projet d'adoption en étant déjà les parents biologiques d'un premier enfant ... Et ce futur projet est tout aussi fort et beau que notre premier cheminement ... 




Rendez-vous donc en 2020 pour la suite de notre parcours d'adoption ...

mardi 15 mai 2018

Le jour où on explique l'adoption à nos proches

Nous avons toujours été soutenus par nos familles et nos proches amis concernant notre projet d'avoir des enfants, que ce soit à travers notre parcours en PMA ou quand nous avons décidé d'entamer les démarches en vue d'une adoption. 
Toutefois, nous nous sommes vite aperçu que nos proches avaient parfois certaines idées reçues sur le sujet ... Entre ceux qui n'imaginent même pas qu'une FIV puissent ne pas fonctionner, ceux qui s'imaginent que l'obtention de l'agrément signifie que l'enfant va arriver dans les semaines à venir ... 



Nous avons eu envie de commencer à préparer nos proches à la spécificité de l'adoption. 
L'adoption n'est en rien une bonne action, un geste magnifique etc ... même si c'est l'image véhiculée par la société. La parentalité par l'adoption est un processus et ne va pas toujours de soi, même quand on le désire le plus fort possible. D'ailleurs, de nombreux parents vivent un moment de dépression à l'arrivée de l'enfant tant attendu. Car justement,  cet enfant est souvent très, trop attendu. Et par l'entourage aussi. 

Ainsi, nous avons très vite abordé le sujet, notamment avec nos parents qui bien entendu, trépignent d'impatience à l'idée de devenir grands-parents. Nous leur avons expliqué comment allait se passer l’apparentement : un appel du service de l'aide sociale à l'enfance pour nous informer que le conseil de famille nous a choisi pour nous confier un bébé en vue d'une adoption. Ensuite, viendra un temps de rencontrer avec les professionnels pour qu'ils nous parlent de l'histoire de ce bébé. En effet, même âgé de 2 mois, ce bébé aura déjà une histoire et il est important d'en tenir compte dans la construction de son identité. Enfin, il y a aura la fameuse rencontre, la phase d'apparentement au sein de la pouponnière. Cette période dure environ 8 à 10 jours. Nous serons hébergés sur place et serons auprès de notre bébé tous les jours. A la fin de cette période d'adaptation, aussi bien pour nous, jeunes parents, que pour notre enfant, nous rentrerons à la maison. 

Et c'est là où les gens s'imaginent "Happy End, ils vécurent heureux avec leur enfant". Oui, mais pas forcément. Du moins, il y aura des choses à mettre en place. Parce que cet enfant, on aura beau l'avoir attendu pendant des années, et l'aimer de tout notre coeur ... Il y aura ce lien à créer. Il faudra qu'on s'apprivoise mutuellement, qu'il nous fasse confiance et qu'on apprenne à le connaître. Et donc, contrairement à un retour de maternité où tout le monde se presse auprès de la maman et du bébé ... il faudra que l'on construise une petite bulle rien que tous les 3. Pas éternellement, mais pendant un certain temps, pour que l'enfant se pose et se rassure. Et ça ne s'arrêtera pas là, puisque, par la suite, toujours pour que le lien se créé, nous avons averti nos familles que les soins donnés au bébé, les premières semaines, ne seront prodigués que par nos soins. C'est pour que l'attachement se fasse. Ainsi, nous serons préposés aux biberons, couches et bains ... même si les mamies mourront d'envie de donner le biberon à leur petit enfant. Ce sera non négociable et on suivra le rythme de notre bébé. Quand on le sentira serein et en sécurité, alors on pourra permettre à ce que d'autres personnes que nous le nourrissent ... 

C'est un point abordé et travaillé tout au long de la procédure d'agrément. Ce n'est ni un caprice, ni une lubie. Juste des choses à mettre en place pour mettre toutes les chances de notre côté pour que l'attachement se fasse. 




Et il en sera de même pour des tas de petites et grandes choses tout au long de sa vie. L'adoption, même si pour nous, semble naturelle, est un tout autre processus que la parentalité biologique. Il ne faut pas l'oublier et ainsi, les choses se passeront, en effet, le plus naturellement possible. 
Nous avons également fait le choix de ne pas révéler l'histoire de notre bébé adopté, sauf s'il y a une information importante à prendre en compte quand on est auprès de lui. Cette histoire lui appartient et s'il veut en parler à notre famille, nous attendrons que cela vienne de lui. Les gens n'auront pas besoin en effet de savoir si cet enfant est issu d'un viol ou si sa mère de naissance a déjà d'autres enfants. Ils n'auront pas besoin de savoir qu'il est né suite à un déni de grossesse ou que sa mère n'a pu le garder à cause d'un conjoint violent. Ils auront juste besoin de l'aimer pour ce qu'il est. Il nous parait essentiel de respecter cette intimité. L'abandon, même à la naissance, est déjà une terrible épreuve en soi. Pas besoin de rajouter par dessus le regard des autres, même s'il est bienveillant. 

Nous leur expliquons également qu'une fois le bébé confié, il n'est pas encore "à nous". L'adoption plénière n'est prononcée que dans les 6 mois ou plus qui suivent l'arrivée de l'enfant, et qu'avant cela, il y a à nouveau des rapports sociaux et cie ... afin de s'assurer que nous serons de bons parents pour cet enfant, que tout se passe pour le mieux. Il faut compter en moyenne une année avant que l'enfant soit officiellement sur le livret de famille avec sa nouvelle identité.  

Nous discutons de tout cela régulièrement, avec mon mari et avec nos proches. Ainsi, nous espérons que le moment venu, personne ne sera froissé de n'apprendre l'arrivée de notre bébé au sein de notre foyer plusieurs jours après, ou que personne ne me qualifiera de mère surprotectrice quand je refuserai de lui laisser nourrir notre enfant. 



Aujourd'hui, il n'y a qu'une chose que l'on n'ose pas encore aborder, c'est le choix du parrain et de la marraine. Car nous gardons en tête que pour le moment, ce bébé né sous X qui nous sera confié en vue d'une adoption n'existe pas et qu'il n'existera peut-être jamais. Alors, pour les protéger eux-aussi d'une déception, nous ne leur annoncerons qu'une fois l'enfant chez nous !

vendredi 11 mai 2018

Le jour où j'ai mal vécu l'après-obtention de l'agrément #9

Cela peut paraître farfelu, peu probable, bizarre, impensable, pas banal ... bref, être difficile à comprendre, mais je viens de traverser une mauvaise passe "post-obtention-d'agrément". Certes, l'hiver n'a sûrement pas joué en ma faveur, mais avec un peu de recul, aujourd'hui, je peux affirmer avoir fait une sorte de "baby-blues" suite à l'obtention de notre agrément. Tout simplement car cela a signifié un arrêt brutal de notre action dans ce parcours si long que celui de l'adoption. 



Une fois notre agrément en poche, qu'allions nous faire, si ce n'est attendre ? 
Sur le coup, dans l'euphorie du moment, j'ai prévenu mon mari que nous allions envoyer notre "candidature" dans tous les autres départements, histoire de multiplier les chemins qui nous mènerons vers notre futur enfant. Mais très vite, le soufflé est retombé et à ce jour, nous n'avons encore rien fait. 

Cette attente est beaucoup plus difficile à vivre que ce que je croyais, sûrement du fait qu'il n'y a pas de date de fin ... 

Cette attente ne ressemble à aucune autre. Elle ne ressemble pas à l'attente que je vis à chaque fin de cycle : vais-je avoir ou non mes règles ? Elle ne ressemble pas à l'attente que j'ai vécu pour ma grossesse, à attendre la première écho ... Elle ne ressemble pas à l'attente entre chaque FIV, chaque ponction, chaque transfert ... Non, car contrairement à toutes ces attentes où il y a une fin, celle-ci est interminable. 

J'ai subi les premiers mois de l'année. Et pourtant, j'ai essayé de rendre cette attente plus supportable, avec l'organisation de la fête de mes 30 ans, ou les travaux de notre nouvelle cuisine ... mais malgré tout, j'ai vécu les choses de façon très négative. 
Face à cette attente, je n'ai vu que les enfants autour de nous grandir et grandir encore, me déprimant encore plus et me faisant penser au jour où nous serons parents, enfin, mais que nos enfants auront un tel décalage avec ceux des autres ... J'en ai pleuré, même. Persuadée que quand notre tour arrivera enfin, nous serons mis de côté, tout simplement, car nous n'aurons pas le même rythme que les autres. 
Face à cette attente, je n'ai vu que des annonces de grossesse, des ventres s'arrondir et des constats affligeants. Ca ne m'avait jamais autant touchée et impactée.
Face à cette attente, je crois que je me suis renfermée sur moi-même, n'arrivant plus à faire face au reste, à la réalité. Je n'ai plus pris de nouvelles de certaines personnes, je n'en ai plus donné non plus, attendant des choses qui ne sont jamais arrivées. Je crois surtout que j'en ai eu marre de faire semblant, que je n'y arrivais plus, car c'est épuisant. Le sens-unique aussi, d'ailleurs. 
Face à cette attente, je n'ai quasiment rien fait. A peine tricoté. Terminé difficilement un roman. Jamais scrappé ou si peu. Déserté la blogosphère. Lutté pour écrire quelques lignes de mon roman. Etc. Quasi rien. Ou du moins, j'ai cette impression. Que de temps gâché. 
Je me suis laissée débordée, envahir, par une sorte de paresse et de tristesse. Un mélange d'émotions trop fortes et très négatives qui ont eu raison de mon entrain, de ma bonne humeur et ma façon de positiver !  Il faudrait que je m'excuse auprès de certaines personnes quant à mon silence ...
 
Heureusement, quelques fidèles ont été là pour me maintenir hors de l'eau et retrouver le rivage. Grâce à ces quelques précieuses personnes, auprès de qui je recharge les batteries et me nourris de leur amour et de leur force, aujourd'hui, le printemps est revenu aussi dans ma vie. 




Je reprends ma vie en main, je redeviens actrice dans notre projet de parentalité. Je souris à nouveau à la vie et je me lance dans de nouveaux projets, de nouveaux défis. L'attente sera peut être plus douce, moins amère ... 

Même si, aujourd'hui encore, je ne sais pas si je veux arrêter ou avancer le temps ... 

lundi 7 mai 2018

Le jour où on a reçu la réponse de notre demande d'agrément #8

Je m’étais arrêtée sur la lecture de nos rapports en vue du passage en commission pour la demande d’agrément. Malgré mes tentatives, je n’avais pas pu obtenir la date de notre passage en commission. La secrétaire avait juste bien voulu me dire qu’il y avait une commission par mois, que s’il y avait trop de dossiers, on passait à la prochaine commission, et qu’on recevait les réponses par accusé de réception au bout de 7 jours.
Ayant renvoyé notre accord pour le passage en commission autour du 6 ou 7 janvier, je ne m’attendais pas à un passage ce même mois. Je misais donc sur février, avec une réponse qui arriverait donc mi ou fin février. 

Or, un matin de janvier, le samedi 20 pour être exacte, le facteur a déposé dans notre boîte aux lettres un avis de passage pour une lettre recommandée. Nous l’avons loupé à quelques minutes près ! Je me suis fait mille et un films durant tout un weekend.

Théorie n°1 : ce n’est pas le courrier du conseil départemental, on s’emballe pour rien.
Théorie n°2 : c’est le courrier du conseil départemental mais pour nous annoncer un refus d’agrément.
Théorie n°3 : c’est le courrier du conseil départemental avec un accord d’agrément mais une notice restrictive avec un refus de notice pour des jumeaux.
Théorie n°4 : c’est le courrier du conseil départemental avec un accord d’agrément et tout va bien dans le meilleur des mondes. 

Heureusement, le lundi, mon cher et tendre mari ne travaillait pas. Il a pu attendre sagement et longuement le facteur. De mon côté, j’étais au travail et je dois avouer que ce jour-là, j’ai été peu productive. Je ne pensais qu’à ça. Je guettais mon téléphone toutes les 3 minutes, et j’envoyais un SMS à mon mari toutes les 4 minutes 30, histoire d’être sûre qu’il n’avait pas oublié de me prévenir du passage du facteur.
Bien entendu, le facteur est passé pendant que j’étais en entretien. J’entendais mon portable me signaler la réception d’un, deux, trois, douze SMS … C’était mon mari qui me donnait des nouvelles. 

Et c’est donc la théorie n°4 qui a été retenue ! Nous avions l’agrément ! Le Saint Graal était en notre possession. J’ai pleuré quand j’ai lu ses textos, et d’ailleurs, au moment où j’écris ces quelques lignes, j’ai les larmes aux yeux. Pour moi, l’obtention de cet agrément a signé officiellement le début de notre grossesse sans date de fin, sans date d’accouchement prévue … L’attente devient concrète, réelle et peut durer 1 an, 2 ans, 5 ans ou plus. J’espère qu’elle deviendra concrète un jour, car malgré tout, nous restons conscient également que peut être, malgré cet agrément, nous n’aurons jamais d’apparentement. Mais l’espoir est là.
J’ai demandé à mon mari qu’il m’envoie les photos du courrier. J’ai lu et relu chaque mot, chaque phrase. J’ai appris par cœur chaque phrase de notre notice. 

Cette notice, c’est la clé, le cœur de notre parcours d’adoption. C’est en quelque sorte la fiche d’identité de l’enfant avec lequel nous serons apparentés. La fiche des enfants, même devrais-je dire, car nous avons eu un accord pour adopter des jumeaux, si le cas se présentait. J’ai envie de garder un peu de jardin secret, même ici, alors je ne vous dévoilerai pas le contenu de notre notice, si ce n’est que nous pourrons adopter un bébé né sous le secret, de 0 à 12 mois. Le service adoption a bien compris notre besoin de pouponner. Pour le reste, cela appartient et appartiendra à l’histoire de notre futur enfant. 

Cette nouvelle marque pour nous un tournant important sur notre chemin vers l’adoption et la parentalité. Nous n’en sommes, finalement, qu’au début. Même si officiellement nous sommes inscrits sur les listes depuis juillet 2017, que nous avons obtenu notre agrément en 6 mois (au lieu de 9 mois …) en janvier 2018 … nous savons que la route sera encore longue et semée d’embûches, de doutes, de pleurs, d’absence … Mais je ne cesse d’espérer qu’au bout du chemin, il y aura un joli berceau blanc sous un soleil radieux qui nous attendra … 

L’attente de la cigogne commence … 


lundi 5 février 2018

Le jour où on a lu nos rapports en vue de notre demande d'agrément #7

A ce jour, je crois que c’est l’un des moments les plus forts de notre parcours. Après avoir passé les différents entretiens psychosociologiques, nous avons donc attendu plus ou moins sereinement les rapports des deux professionnelles que nous avions rencontré. 
J’ai été agréablement surprise par la rapidité de l’envoi de ces rapports. Elles n’ont pas attendu pour les écrire et donc nous les faire lire. 
Nous avons un droit de regard et de modification sur ces rapports, mais uniquement pour des modifications de données erronées : exemple, une mauvaise date de naissance, une erreur dans le montant de nos salaires … Pour le fond, à savoir l’analyse, nous sommes invités, si nous sommes en désaccord avec la professionnelle, à reprendre RDV avec elle pour en discuter ensemble, mais elle n’est pas obligée de changer son rapport. Nous avons aussi droit de refuser de passer en commission après lecture de nos rapports et de demander de nouvelles investigations avec d’autres professionnels. Enfin, nous pouvons aussi écrire un courrier en plus, destiné aux membres de la commission, ou/et demander à être présents à cette fameuse commission.




Tout début janvier, à peine plus de 3 semaines après avoir vu pour la dernière fois la psychologue, nous avons reçu un courrier nous informant que nos rapports étaient prêts et que nous pouvions aller les lire. Etant loin de l’institution, nous avons demandé à les avoir par mail et en quelques minutes, je tenais nos fameux rapports dans les mains. Mais comme j’étais au travail et que je voulais partager cela avec mon mari, je me suis contentée de juste aller lire les 2 conclusions, histoire de m’assurer que les rapports étaient favorables et rassurer mon mari.
Le soir, après avoir eu l’un comme l’autre une journée très chargée, nous nous sommes posés et avons découvert le contenu des rapports : 6 pages pour l’assistante sociale, 2 pages pour la psychologue.
Les premières pages du rapport sociales sont très formelles et reprennent des éléments objectifs : nos salaires, nos charges, nos états civils, métiers, adresse etc. Ensuite, l’assistante sociale a repris avec exactitude le déroulé de nos entretiens, citant certaines fois nos paroles les plus fortes et significatives. En lisant ces quelques pages, j’ai immédiatement revécu nos entretiens avec elle. C’est une sensation très étrange mais très agréable que de lire un écrit sur soi, et de voir que notre parole, nos pensées … ont été si bien comprises et retranscrites. La conclusion ne fait aucun doute quant à l’avis favorable de l’assistante sociale. Le profil de notre futur bébé y est parfaitement décrit.
La lecture du rapport, plus synthétique mais tout aussi réaliste et empli d’émotion, de la psychologue continue à nous faire ressentir une vague immense d’émotions très fortes. La psychologue a très bien cerné nos personnalités, notre projet, notre désir. Les mots sont justes et bien pensés. La conclusion, elle aussi favorable, nous décroche un énorme sourire et un soulagement immense …



C’est toute fébrile que j’envoie par mail au service de PMI l’accord de passer en commission. Nous ne sommes pas informés de la date, juste qu’il y a une commission par mois. Nous espérons très fort être dans celle de janvier même si ça nous semble un peu juste niveau timing. Une nouvelle attente pour nous, à nouveau sans date de fin, et nous mettant à nouveau dans l’ambiance de l’incertitude de l’adoption 

jeudi 1 février 2018

Le jour où nous avons eu l'entretien individuel avec la psy pour l'adoption #6

Il y a une dizaine de jours, j'évoquais avec vous notre premier entretien avec la psychologue. Aujourd'hui, il est temps de parler de ce dernier RDV qui a eu lieu début décembre. J'étais à la fois impatiente et inquiète. Pour nous, il s'agissait du dernier examen où nous allions être acteurs ... Alors, on voulait tout donner. 



Ce jour là, Charmante Compagnie m'a récupéré au boulot et nous avons mangé un bout ensemble avant de prendre la route pour le service PMI de notre département. Nous avons convenu que mon mari passerait en premier. Je peux vous garantir que j'ai passé l'heure la plus longue de toute ma vie, à attendre et à imaginer ce qu'il se passait dans le bureau à côté ... C'est horrible d'avoir cette sensation de ne pas pouvoir agir ... Je faisais confiance à mon mari, bien entendu ... mais j'avais tellement envie d'entendre ce qu'il allait dire sur lui, sur nous, sur cet enfant qui un jour, peut-être, arrivera au sein de notre foyer. Alors, pour ne pas stresser, je me suis plongée dans la lecture des nombreux livres et magazines sur l'adoption mis à notre disposition et une heure plus tard, Charmante Compagnie est revenu vers moi, tout sourire. 
Nous avons eu juste 5 minutes ensemble, histoire de faire un point ... je voulais surtout savoir s'il avait abordé certains sujets, pour pouvoir les aborder si ça n'avait pas été le cas. Quand je suis rentrée dans le bureau de la psy, j'étais un peu fébrile. Je ne savais pas par où commencer ... Heureusement, la psy a pris la parole et nous avons pu immédiatement démarrer sur le sujet que je voulais aborder, à savoir la santé de l'enfant. C'est un peu comme lors du dernier examen pré-natale, quand on s'assure que tout va bien ... Et bien là, on a posé nos limites, on a pu les redéfinir et montrer à la psychologue que nous étions prêts à assumer les particularités auxquelles nous sommes ouverts. Et puis, tout s'est enchaîné. Parfaitement. 
Cette fois, la psychologue était plus loquasse, dans l'échange et je me suis sentie à l'aise. J'ai énormément parlé, de façon fluide. Je me suis aperçue que ça sortait de mon ventre, littéralement. Ainsi, j'ai laissé sortir de mon ventre si vide d'enfant, tout ce que j'avais à dire sur ce désir d'enfant et sur notre projet d'adoption. J'ai pu parler de tant de choses en si peu de temps ... j'étais moi même surprise. 
L'adoption, ça remue les tripes et le coeur. On est dans la prise de recul. Dans l'introspection. On verbalise énormément notre future parentalité. On doit se découvrir aux autres mais surtout à soi-même. J'ai été surprise de certaines choses que j'ai pu aborder de façon aussi sereine avec la psychologue. J'ai apprécié ses interventions, toujours justes, me confortant alors dans l'idée qu'elle comprenait ce que je disais, ce que je pensais, ce que je vivais ! 
Pendant 1h30, j'ai été dans une bulle. La bulle que je souhaite créer avec mon mari et ce petit bébé, dit bébé pupille. J'ai pu m'exprimer librement et sincèrement. Et quand la psychologue a mis fin à l'entretien, je me suis dit : "oh non, pas déjà" ... Ce face à face a été si serein et bénéfique dans notre parcours, dans notre cheminement. 

A la fin de l'entretien, j'ai posé quelques questions pratiques ... et j'ai alors réalisé que nous allions passer en commission environ 7 mois à peine après le début de notre demande ... Au lieu des 9 mois annoncés ... C'est peut-être un détail, mais pour moi, c'est un soulagement. Car une fois que nous aurons, je l'espère, obtenu notre agrément, ce sera une autre étape. Un pas de plus qui nous rapprochera de notre futur bébé. 
La psychologue m'a laissé, en me disant avoir énormément apprécié nos échanges. J'ai souris et je suis repartie sereine, avec un sourire qui n'a pas quitté mes lèvres ... Mon mari était un peu plus anxieux, préférant attendre la lecture de nos rapports ... 




Nous avons donc terminé 2017 avec l'espoir de lire très rapidement nos rapports, en priant pour que ces derniers soient positifs et reflètent notre projet ... Cette perspective a rendu ce Noël un peu moins dur que les derniers Noël passés ... Même si c'était encore un Noël sans enfant, même si ce Noël nous a rappelé que j'aurai du accoucher ce jour-là si je n'avais pas perdu notre petit Findus ... Même si c'était un Noël sans magie ... c'était un Noël plein d'espoir ... 


dimanche 21 janvier 2018

Le jour où on a rencontré la psychologue pour notre demande d'agrément en vue d'une adoption #5

Je continue aujourd'hui le récit de notre parcours d'adoption. Je t'avais laissé sur le dernier RDV avec l'assistante sociale qui a eu lieu à notre domicile. L'étape suivante a donc consisté à notre premier RDV, en couple, avec la psychologue. 
Nous avions déjà abordé de nombreux sujets avec l'assistante sociale, que ce soit nos histoires personnelles, notre vie de couple et notre projet d'adoption. Nous étions donc déjà bien préparés pour cet entretien psychologique. 

J'ai été soulagée de pouvoir faire cet entretien avant mon nouveau travail. Ainsi, j'ai pu écouler mes jours de congés que j'avais encore à prendre sur mon ancien poste. 
Nous avons profité du voyage, environ 1h15 de route, pour continuer à parler de notre projet, nos réflexions, nos limites, etc. C'est donc confiants que nous sommes entrés dans le bureau de la psychologue - la même que celle rencontrée lors de la réunion d'information. 
Cet entretien est totalement différent de celui que l'on a eu avec l'assistante sociale. La psychologue n'avait aucune trame à suivre et il a donc été un peu difficile au début de suivre un fil conducteur. J'avais très peur d'oublier des choses, de notre histoire, de nos ressentis, etc. Mais finalement, en un peu plus d'une heure d'entretien, on a pu dire beaucoup de choses. Si la psychologue est toutefois beaucoup moins transparente que l'assistante sociale, elle a fini l'entretien en nous disant que nous avions déjà énormément pensé à notre projet et pris du recul. On a fixé les prochains RDV, en individuel cette fois, pour 3 semaines plus tard. J'étais heureuse de voir que la procédure allait aussi vite. Mais je suis restée frustrée : la psychologue était peu dans l'échange, et difficile de savoir ce qu'elle pensait réellement de notre projet. Sans avoir pour autant l'impression de passer devant un jury, on est ressorti de cet entretien avec un peu de stress. 



Au cours de cet entretien, nous avons pu revenir sur ma dernière fausse couche, sur la façon dont nous avons essayé de gérer notre tristesse et rebondir. Nous avons évoqué ce futur bébé que nous souhaitons accueillir. Ses histoires possibles, ses besoins particuliers, nos craintes, nos valeurs éducatives. Même si nous savions que de nombreuses paroles n'étaient que des hypothèses, cela m'a rendue heureuse, car nous étions encore un peu plus dans le concret. C'était encore une étape de plus qui nous rapproche de cet enfant que nous espérons tant. 
Comme à chaque fois après un tel RDV, sur la route du retour, nous avons débriefés et appelés nos parents respectifs pour leur donner des nouvelles. Encore une fois, j'ai pu comparer cela à une échographie, à un RDV de grossesse qui nous prépare à chaque fois un peu plus à devenir parents. Comme à chaque fois, j'ai été touchée par les amis qui ont pris de nos nouvelles après ce RDV si important ... et un peu déçue face au silence d'autres. 

Les trois semaines qui ont suivies sont passées à une vitesse éclair ... en même temps ... pas difficile ... j'ai changé de travail pendant ces 3 semaines. Ainsi, pas le temps de stresser avant le deuxième et normalement dernier RDV avec la psychologue. 


jeudi 11 janvier 2018

Le jour où je liste les projets 2018

L’année a commencé depuis quelques jours déjà et cette année 2018 s’annonce prometteuse en matière de projets. J’espère surtout qu’ils aboutiront tous, en tout cas, je vais tout faire pour. 
 
 # Une nouvelle cuisine. Après 3 ans passés dans notre maison, la cuisine, bien que toujours utilisable, commence à me sortir par les yeux. Il y a 2 ans, j’avais déjà repeint toutes les façades en gris, pour plus de modernité, mais je constate désormais qu’elle n’est surtout pas fonctionnelle et pratique. Résultat, on se lance dans l’achat et la pose d’une cuisine neuve. Nous allons donc très prochainement courir les cuisinistes pour trouver notre future cuisine et chercher un artisan pour nous mettre les murs et le plafond de la cuisine en bon état pour la pose. 
 
 
 
 # Un garage en bois. C’était le point manquant pour notre maison coup de cœur : l’absence de garage. Et il faut avouer que ça manque vraiment. Mon mari aimerait avoir un endroit à lui pour entreposer du matériel de bricolage et bricoler, fabriquer des petites choses en bois etc. Et nous avons besoin de stockage, notre abri de jardin n’étant plus assez grand pour tout contenir notre matériel d’extérieur. Ainsi, ce printemps normalement, nous devrions faire couler une dalle et poser dessus un garage de 15m² en bois. A nous le jeu de construction ! 


 
 
# Fêter mes 30 ans. J’ai craqué et organisé moi-même cette fête pour mes 30 ans. La fête surprise, on dira que ce sera pour les 40 … Non, sérieusement, j’avais besoin de me lancer dans l’organisation de mes 30 ans que j’imagine presque comme mon second mariage tant par le nombre de convives que par les animations prévues ! Bien entendu, je gère entièrement la déco Home Made, le repas sera aussi fait par moi – et quelques bonnes volontés. La fête aura lieu le 1er avril, midi et soir, et je suis très enthousiaste ! J’ai commencé à envoyer les premières invitations. 
 
 
 
 # Un voyage au Canada. Au Québec plus exactement. Nous partons 15 jours voir mon frère, à Montréal, mais aussi vadrouiller. Je suis en train de planifier notre itinéraire. Nous allons faire le Québec et monter un peu au nord-est du pays pour tenter, pourquoi pas, d’apercevoir quelques baleines. Nous partons avec ma mère et mon beau-père. Ce sera très certainement un de nos plus beaux voyages. Si vous avez des bons plans, on prend ! 
 
 
 
 # Obtenir notre agrément en vue d’une adoption. C’est en très bon chemin étant donné que nous avons fini les investigations sociales et psychologiques, que l’ASS et la psychologue ont terminé leurs rapports, tous deux très positifs et favorables. Nous devrions passer prochainement en commission en vue de l’obtention de cet agrément. Une fois cet agrément en poche, il ne nous restera plus qu’à attendre le coup de fil magique … 1, 2, 3 ou 4 ans … Peut-être plus. Je vais également me pencher sur l’envoi de notre dossier dans tous les départements de France, pour élargir nos « chances », et cherche une ou deux OAA agréées par notre département et permettant l’adoption d’enfant correspondant à notre notice.
 
 
 
 Voici donc nos 5 « chantiers » de 2018. Bien entendu, à cela, je peux rajouter tout un tas de petits projets, tels que partir en weekend en amoureux, en weekend moto, terminer l’aménagement du jardin, passer de chouettes moments avec nos amis, nos familles, skier, scrapper, bloguer, lire, tricoter. De quoi bien occuper mon temps face à cette attente insoutenable d’enfant. 
 
 Et toi, quels sont tes projets de 2018 ? 

jeudi 30 novembre 2017

Le jour où tout se mélange dans ma tête

C'est le tourbillon dans ma tête ... Tout se mélange, tout se bouscule. 



Ma prise de poste s'est super bien passée, je suis sur un nuage mais je dois aussi m’acclimater à un nouveau service complètement différent ... une organisation à prendre, une méthode à apprendre ... alors, la nuit, j'en rêve encore et encore. Mon esprit a du mal à se libérer, se reposer. 
Dans ma tête, tout s'accélère. Tout s'entrechoque. 
Je n'arrive pas à me fixer à un de mes romans en cours, je tapote sur mon clavier un peu pour chacun, je papillonne, je vole, survole. 
Je me torture ... Partagée entre ce désir si grand, si éprouvant, si violent de maternité ... et celui d'espérer ne pas tomber enceinte. Ne pas tomber enceinte, maintenant. Parce que j'ai d'autres projets, incompatibles avec une grossesse. Un voyage de l'autre côté de l'Atlantique en octobre 2018. En amoureux. En famille. Retrouver mon frère parti s'exiler là-bas. Partager cela avec ma mère et mon beau-père. Et culpabiliser. Encore plus fort. Alors que je crève d'envie d'être mère. Que je n'en peux plus. Que j'en pleure souvent. Que j'en rêve toujours. Et pourtant, continuer à se dire ... pas maintenant ... L'an prochain ... plus tard ... en avril ou en mai ... Et s'en vouloir. Se détester. Se haïr. En crever encore plus d'envie quand tout autour de moi, de nous, tout le monde tombe enceinte ... Et pourtant, continuer de croire, aussi, que la patience de l'adoption nous apportera notre plus belle récompense. Essayer de prendre du recul, avec tout le reste, avec ces pensées obscures et ces envies plus fortes, toujours plus fortes. Tenter de se raisonner, de se dire qu'un jour ce sera notre tour. Vouloir que ce jour soit demain. Que ce jour soit avant tout le monde, avant tous les autres. Et vouloir que ce jour attende l'automne prochain. Ou juste un peu plus longtemps que demain. Juste le temps de nous laisser continuer à vivre sans enfants. Après tout, ça fait juste 3 ans qu'on en crève, de ce manque d'enfant. Alors bordel, on n'est plus à ça près. On va encore aimer les enfants des autres. Se nourrir de leur amour. Et rentrer le soir à la maison, les sièges arrières de la voiture vides. Mon bureau sera encore longtemps couvert de dessins d'enfants-des-autres-non-ce-ne-sont-pas-les-miens-non-j'en-ai-pas-encore-oui-c'est-au-programme. Je crie dans ma tête. Je crie tout bas. Je crie car j'ai mal de cet enfant qui n'arrive pas et je crains qu'il n'arrive trop tôt. Quelle ironie. Quelle merde. Voilà, en ce moment, c'est la merde dans ma tête, malgré toutes les jolies choses qu'il m'arrive. C'est un crime pour une infertile de rêver projets autre que bébé. Et pour ça, on prend perpet' ... avec nous même et notre conscience. 



C'est tellement le tourbillon dans ma vie et dans ma tête que j'ai à peine la force de mettre en page cet article. Quel effort surhumain. Je cherche le bouton stop. 

STOP.

mercredi 1 novembre 2017

Le jour où on a eu la visite de l'assistante sociale en vue de l'adoption #4

Je vous avais laissé sur notre premier RDV avec l'assistante sociale, en août, à son bureau. Quelques semaines plus tard, nous avions donc notre deuxième rendez-vous avec elle, celui-ci à domicile. 
J'avais alors comparé ce premier RDV à la première échographie d'une grossesse. Pour ce second RDV, c'est logiquement à l'échographie du second trimestre que j'ai envie de raccrocher cet événement. C'est le RDV où le projet prend forme, se dessine, où on vérifie que notre projet d'adoption est en adéquation avec nous, notre couple, notre vie de famille, notre façon d'être ... Un peu comme cette échographie où on vérifie que le bébé va bien, qu'il a bien 10 doigts, 2 mains, 2 jambes et un cerveau ... 
J'appréhendais ce RDV car j'avais lu beaucoup de témoignages de personnes ayant trouvé ce RDV très intrusif. J'ai mal dormi la nuit d'avant, me noyant dans la lecture de notre livre sur l'adoption, pour y chercher les "bonnes" réponses. Et 9h, le lendemain, a sonné ... 
C'était même un peu plus tôt que 9h ... L'assistante sociale est arrivée à 8h45. On a respiré un bon coup et ... on n'a pas vu le temps passer. 
Installés dans la cuisine, il pleuvait dehors. Un vrai temps d'automne avant l'heure. Mais il faisait bon au sein de notre foyer. Nous avons repris la discussion là où nous l'avions arrêté, en août ... et le dialogue s'est installé naturellement. 
Ce fut un réel échange, simple et sincère. Nous n'étions pas face à un jury pour passer le diplôme de notre vie - celui de futurs parents -. Nous étions simplement en train de discuter parentalité adoptive avec une assistante sociale ouverte et bienveillante. 
J'ai trouvé cet entretien enrichissant et rassurant. Mais il a surtout permis de rendre notre projet d'adoption vivant et réel. Nous avons parlé du futur enfant que nous nous sentions prêts, capables, d'accueillir et avec lequel nous créerons un lien d'attachement tout au long de notre vie. Nous avons parlé de nos envies, de nos peurs, de nos ouvertures et nos limites. Ce qui m'a rassurée, c'est que l'assistante sociale a semblé confirmer que notre projet de parentalité était accessible et cohérent. Sans nous l'affirmer, car elle ne peut pas le faire, elle nous a fait comprendre que nous devrions être apparentés d'ici 4 ans au maximum, si notre agrément était confirmé. 
Nous avons pu nous projeter en temps que futurs parents, et ainsi préparer le prochain RDV qui aura lieu, en couple, avec la psychologue, début novembre. 
Le RDV s'est achevé naturellement sur la visite de notre maison, que l'assistante sociale a qualifié d'accueillante, chaleureuse et opérationnelle pour accueillir un ou deux bébés. Oui, car si nous gardons pour nous notre "choix" concernant notre futur enfant ... je peux vous le révéler : nous demandons un agrément pour un bébé ou deux, dans le cas où il y aurait des jumeaux ! C'est déjà arrivé plusieurs fois que des jumeaux naissent sous X, et nous sommes préparés à cela, entre autre ! 
Quand l'assistante sociale est repartie, je me suis sentie bizarre. Heureuse et apaisée. Un peu comme une maman qui couve son petit au creux de son utérus. Moi, je l'ai couvé au creux de mon coeur et dans mes pensées. J'étais sur un nuage, me remémorant les échanges que nous avions eu, me confirmant que l'adoption était bien la façon de devenir mère qui me convenait et me correspondait. 
Contrairement à ce que certains couples adoptants, je n'ai pas trouvé ces entretiens avec l'assistante sociale intrusifs. Je les ai trouvé naturels, normaux quand on s'apprête à vivre une telle aventure. L'adoption n'est pas quelque chose d'aussi simple que l'on veut le croire. Ce n'est pas un acte de charité. Une BA. C'est un processus. Et comme tout processus, il convient d'en parler pour être le mieux préparés à ce que l'on s'apprête à vivre ... Nous verrons comment nous allons vivre les entretiens avec la psychologue. L'appréhension est moins présente. J'ai même hâte. Contrairement à notre parcours en PMA, je me sens enfin actrice de notre projet pour devenir parents ! 



mercredi 4 octobre 2017

Le jour où on a rencontré l'assistante sociale pour notre agrément en vue d'une adoption #3

Je vous avais laissé sur l'envoi de notre dossier de demande d'agrément. Une fois les formalités réglées, nous avons attendu. A notre plus grande surprise, l'attente fut de courte durée car nous avons très rapidement reçu notre courrier nous informant que nous étions désormais inscrits sur la liste d'attente pour un enfant pupille de l'Etat. Quelques jours plus tard, nous étions invités à prendre rendez-vous avec l'assistante sociale qui allait s'occuper de l'investigation sociale pour notre demande d'agrément. 
Je ne vous cache pas que j'ai été assez anxieuse de passer de l'autre côté du bureau .. .D'habitude, c'est moi l'assistante sociale, assise derrière mon bureau, qui invite les personnes à parler de leur situation. J'ai trouvé mon mari plutôt serein de son côté. 
C'est moi qui me suis chargée de prendre le RDV et ce premier contact téléphonique m'a soulagée. L'assistante sociale avait l'air très décontractée et ouverte. La cerise sur le gâteau, elle pouvait nous recevoir très vite, durant nos congés d'été. Ainsi, pas besoin de poser de jours ou d'heures de récupération. Nous allions pouvoir profiter pleinement de ce premier rendez-vous, bien que très matinal et à 1h15 de route de la maison. 
On a un peu serré les fesses car nous n'avons pas trouvé de place gratuite pour nous garer, et nous n'avions pas de monnaie sur nous. On pensait naïvement trouver un horodateur qui prenait les CB mais il faut croire que Grenoble n'est pas en avance là-dessus. Le commissariat se trouvait juste à côté des bureaux des services de PMI en plus ... Mais bon, ça valait le coup de prendre le risque d'avoir une amende (que nous n'avons pas eu, au final ... et dorénavant, on sait que quand on ira là-bas, il nous faudra avoir de la ferraille). 
J'ai profité que l'assistante sociale nous fasse attendre quelques minutes pour feuilleter quelques magazines et livres posés dans la salle d'attente, bien entendu, tous ciblés sur l'adoption. J'en reparlerai à l'occasion d'ailleurs, de ces lectures concernant le projet d'adoption. 
Et puis, on a fait le grand saut. 



Je comparerai ce premier rendez-vous avec la première échographie pour une grossesse. Il y a de l'excitation et beaucoup d'appréhension. On ne sait pas trop ce à quoi s'attendre, ce qu'on va découvrir ... On se laisse un peu porter par le professionnel. On ose à peine poser des questions. Et puis, une fois la sonde en route, on voit apparaitre un tout petit point minuscule avec un battement de coeur quasiment aussi gros que lui ... Et bien pour nous, ce fut pareil. 
Ca y est, on y était. L'aventure démarrait, s'inscrivait dans notre histoire. Notre projet d'adoption était reconnu par des professionnels. Alors, on s'est détendu, et on a parlé. 
J'ai beaucoup parlé. C'était comme naturel. Quand l'assistante sociale nous a demandé de nous présenter, de parler de nous, de notre enfance et de l'enfant que nous étions, de notre famille et des parents que nous avons, de nos relations fraternelles, de nos histoires d'amour qui ont compté avant de se trouver ... Puis de nous, enfin. De comment on s'est connu, plu, aimé, plus quitté. De notre désir d'être parents. De nos difficultés à le devenir naturellement parlant, biologiquement. 
On parlait, chacun notre tour. On s'écoutait, on se complétait, on approuvait. Et puis, l'assistante sociale nous demandait aussi de parler de l'autre. "Comment décririez-vous votre conjoint". "Qu'aimez-vous chez lui". J'ai failli pleurer quand j'ai entendu Charmante Compagnie parler de moi et de son amour pour moi. Non seulement, cet homme me connait (presque) par coeur, mais il a cette sensibilité qui me touche et me fait l'aimer un peu plus chaque jour. Entendre son mari dire à une parfaite inconnue ce qu'il aime chez vous ... croyez-moi, ça bouleverse et ça permet de recevoir une dose d'amour énorme ... 
A la fin de l'entretien, j'étais vidée, mais heureuse. Je pense que nous sommes sortis de cet endroit et que l'assistante sociale a pu se faire une réelle idée de qui nous étions. Nous nous sommes livrés sans tabou, sans crainte, en toute transparence. 
Et même si nous avons beaucoup parlé - énormément pour moi -, elle était en interaction avec nous et au final, c'était comme si nous discutions avec notre famille, nos amis ... de nous et de nos projets ... C'était simple et sans artifice. Sans pression aussi. La pression d'être bien vus. Non, elle a su nous mettre à l'aise immédiatement et montrer qu'elle était là aussi pour nous guider. L'adoption est un long cheminement, on ne vous demande pas, dès le premier rendez-vous, d'avoir réponse à tout. Le but du jeu, c'est d'être soi-même. 



Ce jour là, nous l'avons été. Et quand nous sommes partis, avec dans nos agendas le prochain rendez-vous, à la maison, cette fois, nous sommes sortis heureux. Heureux, et avec des projets pleins la tête. 
Car une demande d'agrément, c'est long. Il faut environ 9 mois. Alors, pour éviter d'être passifs et vivre cela le plus sereinement possible, on s'est fixé des objectifs à réaliser durant ces 9 mois : 

- S'inscrire à EFA 38, l'association pour les adoptants et les adoptés de notre département, afin de participer aux soirées témoignages, aux colloques, aux formations ... 
- Lire, encore et toujours, sur l'adoption mais surtout sur l'attachement et l'apparentement. Sur l'après-adoption. 
- Concevoir un livre d'adoption pour ce futur enfant, pour qu'il se sente attendu comme peut l'être un bébé biologique ... écrire notre attente, lui présenter sa famille et nos amis ... un carnet à remplir au fil des mois d'attente ... et après. 
- Ecrire. Celui-ci, c'est mon projet personnel. Ecrire cette aventure que l'on démarre. Une aventure vers la parentalité semée d'embûches et d'émotion. 


samedi 9 septembre 2017

Le jour où j'ai fait le deuil de la grossesse

Dans une société où les médias  et les gens en général sacralisent la maternité, c’est quelque chose d’assez terrifiant que d’admettre avoir fait le deuil de mener un jour une grossesse à terme et donc, plus clairement, de faire le deuil d’un enfant biologique. 

Parce que si la plupart des gens te disent qu’adopter, c’est super (ils ne savent en fait pas ce que c’est, car « super » ne serait pas le terme à employer), ils continuent malgré tout à te dire qu’en plus, ils connaissent pleins de gens qui ont voulu adopter et pour qui, finalement une grossesse s’est mise en route. Comme si l’adoption était le remède miracle à l’infertilité. Navrée d’apprendre à toutes ces personnes que c’est faux. Et même statistiquement parlant, au sein des personnes qui ont un agrément pour adopter, cela représente à peine 5% des gens … Nous devons donc, encore une fois, faire comprendre aux gens que nous n’adoptons pas dans l’espoir que je tombe enceinte [Tout comme je n’étais pas en PMA juste parce que je pensais trop à ça et que si je n’y pensais plus ça marcherait]. 

Depuis maintenant deux ans que nous sommes en procédure de PMA, j’ai eu le temps de cheminer, de réfléchir, de prendre du recul. Récemment, après ma dernière fausse couche, j’ai ressenti le besoin de voir la psychologue de la PMA. Si je redoutais ce premier RDV, de peur de ne pas savoir quoi lui dire, j’en suis ressortie libérée. Parce qu’au fil de la discussion, j’ai compris quelque chose d’essentiel sur moi et mon inconscient. 



La grossesse est quelque chose que je perçois inconsciemment comme étant un événement négatif. Je m’explique. J’ai vécu tout au long de ma vie des épisodes traumatisants liés à la grossesse. L’événement marquant restera certainement celui de ma grossesse molaire, il y a maintenant 7 ans. Cela aurait pu se limiter à un curetage mais cette grossesse molaire s’est transformée en tumeur trophoblastique (1 grossesse molaire sur 2 000 en France … et 1 sur 10 000 qui se transforme en tumeur trophoblastique … la chanceuse, c’est moi !). Tout juste âgée de 22 ans, en pleine rupture, j’affrontais alors pour la première fois une maladie lourde avec des notions de mort, car qui dit tumeur, dit cancer, dit chimio, dit mort. En tout cas quand tu as 22 ans. J’ai vécu cela seule. Séparée depuis peu, mes parents habitant loin, même si j’ai eu le soutien de mes amies, je me suis malgré tout sentie seule. Mais en même temps, voulant protéger mon entourage, j’ai été à l’origine de cette solitude. J’ai eu 6 mois de traitement de chimio. Si au final, cette expérience m’a apportée beaucoup de maturité, elle a aussi laissé de grosses souffrances que j’ai donc enfoui très profondément. 

Depuis 3 ans, grossesse rime avec échec … L’échec de voir aboutir une grossesse spontanément, naturellement … L’échec de la « petite » PMA … l’échec des inséminations, puis des FIV. Mais encore plus difficile à vivre, l’échec, la fin de la grossesse quand elle a quand même démarré … A tel point que désormais, pour mon inconscient, les grossesses finissent toujours mal … Oui, je peux tomber enceinte, mais non, je ne peux pas le rester. Cela se répercute jusque dans mes rêves … ceux où je rêve que je suis enceinte, sur le point d’accoucher … mais qu’en réalité, je ne le suis pas … que j’accouche d’un poupon … un faux bébé quoi. Bref, que du négatif. Trop de négatif. Tellement d’angoisses. La psychologue m’a fait prendre conscience que ma première expérience de grossesse a été assimilée à ma première expérience de ma propre mort. 

Si je me réjouis sincèrement de l’annonce de grossesses de mon entourage, au fond de moi, une petite voix me dit d’attendre la naissance … car il y aura sûrement, au choix, une fausse couche, une mort fœtale in-utéro, une interruption médicale de grossesse pour malformation … Ouais, que du bonheur, tu l’auras compris. J’y peux rien, c’est plus fort que moi, j’ai beau lutter … en même temps, bosser en pathologie de la grossesse n’aide pas forcément à voir des grossesses « normales », avec un happy end. Je peux vous l’accorder … justement, avec la psychologue, nous travaillons là-dessus … car ce n’est pas anodin que je travaille dans ces services … (juste pour l’anecdote … le service d’hématologie où je bosse a supervisé, à l’époque, ma maladie trophoblastique … j’ai fait le rapprochement 2 ans après être arrivée dans ce service) … il faut donc que j’arrive à comprendre si c’est pour réparer quelque chose ou si c’est pour répéter … 

Quoiqu’il en soit, j’ai pu lui expliquer que lorsque nous avons décidé de nous tourner vers l’adoption, j’ai été soulagée. En effet, l’adoption supprime l’étape de la grossesse. Sans grossesse, plus de mort à mes yeux. Plus d’angoisses de ce genre. Soulagée est même un terme trop faible. Je me suis sentie comme la reine des neiges, libéréééééée, délivréééée de savoir que je deviendrai mère sans passer par la grossesse. Le plus difficile dans cette idée,  c’est de devoir renoncer à l’allaitement. 



J’ai voulu parler de tout cela avec ma mère. Après tout, des tas de choses inconscientes se passent psychologiquement dans la relation mère-fille quand cette dernière souhaite devenir mère à son tour. Seulement, je n’ai pas eu malheureusement la réaction attendue. Ma mère a mal vécu ce que je lui ai expliqué, sûrement parce qu’elle a voulu se mettre à ma place, alors que ce n’est pas possible. Chaque femme a un vécu et un ressenti différent. Elle n’a pas cessé d’essayer de me convaincre à quel point c’est merveilleux une grossesse. Je n’en doute pas, loin de là. Et je me réjouis même de partager les expériences des grossesses de mes amies. Mais pour moi, c’est autre chose de plus profond qui se vit. Et même si je continue parfois à m’imaginer ou me rêver enceinte, découvrant pleinement les joies (ou pas) de la grossesse … je suis malgré tout en paix avec moi-même et avec mon corps. J’ai dit à moi-même que je me pardonnais de ne pas pouvoir être enceinte, de ne pas le vouloir même, et que quoiqu’il arrive, je le vivrai bien. Parce qu’au fond, mon mal être vient du fait de ne pas être mère … Et on peut devenir mère autrement qu’en étant enceinte. On peut être mère autrement qu’en donnant biologiquement la vie. De savoir ça, de m’autoriser ça … m’a permis d’avancer et de faire le deuil de cette grossesse que je n’arrive pas à garder au creux de mon corps. Accepter le fait que je ne serai peut-être jamais enceinte, comprendre d’où viennent mes peurs inconscientes et pour l’exprimer à mon mari … tout ceci m’a permis de me sentir libérer d’un poids. 

[Ceci est mon ressenti et mon vécu personnel … merci de le respecter !]