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mardi 15 mai 2018

Le jour où on explique l'adoption à nos proches

Nous avons toujours été soutenus par nos familles et nos proches amis concernant notre projet d'avoir des enfants, que ce soit à travers notre parcours en PMA ou quand nous avons décidé d'entamer les démarches en vue d'une adoption. 
Toutefois, nous nous sommes vite aperçu que nos proches avaient parfois certaines idées reçues sur le sujet ... Entre ceux qui n'imaginent même pas qu'une FIV puissent ne pas fonctionner, ceux qui s'imaginent que l'obtention de l'agrément signifie que l'enfant va arriver dans les semaines à venir ... 



Nous avons eu envie de commencer à préparer nos proches à la spécificité de l'adoption. 
L'adoption n'est en rien une bonne action, un geste magnifique etc ... même si c'est l'image véhiculée par la société. La parentalité par l'adoption est un processus et ne va pas toujours de soi, même quand on le désire le plus fort possible. D'ailleurs, de nombreux parents vivent un moment de dépression à l'arrivée de l'enfant tant attendu. Car justement,  cet enfant est souvent très, trop attendu. Et par l'entourage aussi. 

Ainsi, nous avons très vite abordé le sujet, notamment avec nos parents qui bien entendu, trépignent d'impatience à l'idée de devenir grands-parents. Nous leur avons expliqué comment allait se passer l’apparentement : un appel du service de l'aide sociale à l'enfance pour nous informer que le conseil de famille nous a choisi pour nous confier un bébé en vue d'une adoption. Ensuite, viendra un temps de rencontrer avec les professionnels pour qu'ils nous parlent de l'histoire de ce bébé. En effet, même âgé de 2 mois, ce bébé aura déjà une histoire et il est important d'en tenir compte dans la construction de son identité. Enfin, il y a aura la fameuse rencontre, la phase d'apparentement au sein de la pouponnière. Cette période dure environ 8 à 10 jours. Nous serons hébergés sur place et serons auprès de notre bébé tous les jours. A la fin de cette période d'adaptation, aussi bien pour nous, jeunes parents, que pour notre enfant, nous rentrerons à la maison. 

Et c'est là où les gens s'imaginent "Happy End, ils vécurent heureux avec leur enfant". Oui, mais pas forcément. Du moins, il y aura des choses à mettre en place. Parce que cet enfant, on aura beau l'avoir attendu pendant des années, et l'aimer de tout notre coeur ... Il y aura ce lien à créer. Il faudra qu'on s'apprivoise mutuellement, qu'il nous fasse confiance et qu'on apprenne à le connaître. Et donc, contrairement à un retour de maternité où tout le monde se presse auprès de la maman et du bébé ... il faudra que l'on construise une petite bulle rien que tous les 3. Pas éternellement, mais pendant un certain temps, pour que l'enfant se pose et se rassure. Et ça ne s'arrêtera pas là, puisque, par la suite, toujours pour que le lien se créé, nous avons averti nos familles que les soins donnés au bébé, les premières semaines, ne seront prodigués que par nos soins. C'est pour que l'attachement se fasse. Ainsi, nous serons préposés aux biberons, couches et bains ... même si les mamies mourront d'envie de donner le biberon à leur petit enfant. Ce sera non négociable et on suivra le rythme de notre bébé. Quand on le sentira serein et en sécurité, alors on pourra permettre à ce que d'autres personnes que nous le nourrissent ... 

C'est un point abordé et travaillé tout au long de la procédure d'agrément. Ce n'est ni un caprice, ni une lubie. Juste des choses à mettre en place pour mettre toutes les chances de notre côté pour que l'attachement se fasse. 




Et il en sera de même pour des tas de petites et grandes choses tout au long de sa vie. L'adoption, même si pour nous, semble naturelle, est un tout autre processus que la parentalité biologique. Il ne faut pas l'oublier et ainsi, les choses se passeront, en effet, le plus naturellement possible. 
Nous avons également fait le choix de ne pas révéler l'histoire de notre bébé adopté, sauf s'il y a une information importante à prendre en compte quand on est auprès de lui. Cette histoire lui appartient et s'il veut en parler à notre famille, nous attendrons que cela vienne de lui. Les gens n'auront pas besoin en effet de savoir si cet enfant est issu d'un viol ou si sa mère de naissance a déjà d'autres enfants. Ils n'auront pas besoin de savoir qu'il est né suite à un déni de grossesse ou que sa mère n'a pu le garder à cause d'un conjoint violent. Ils auront juste besoin de l'aimer pour ce qu'il est. Il nous parait essentiel de respecter cette intimité. L'abandon, même à la naissance, est déjà une terrible épreuve en soi. Pas besoin de rajouter par dessus le regard des autres, même s'il est bienveillant. 

Nous leur expliquons également qu'une fois le bébé confié, il n'est pas encore "à nous". L'adoption plénière n'est prononcée que dans les 6 mois ou plus qui suivent l'arrivée de l'enfant, et qu'avant cela, il y a à nouveau des rapports sociaux et cie ... afin de s'assurer que nous serons de bons parents pour cet enfant, que tout se passe pour le mieux. Il faut compter en moyenne une année avant que l'enfant soit officiellement sur le livret de famille avec sa nouvelle identité.  

Nous discutons de tout cela régulièrement, avec mon mari et avec nos proches. Ainsi, nous espérons que le moment venu, personne ne sera froissé de n'apprendre l'arrivée de notre bébé au sein de notre foyer plusieurs jours après, ou que personne ne me qualifiera de mère surprotectrice quand je refuserai de lui laisser nourrir notre enfant. 



Aujourd'hui, il n'y a qu'une chose que l'on n'ose pas encore aborder, c'est le choix du parrain et de la marraine. Car nous gardons en tête que pour le moment, ce bébé né sous X qui nous sera confié en vue d'une adoption n'existe pas et qu'il n'existera peut-être jamais. Alors, pour les protéger eux-aussi d'une déception, nous ne leur annoncerons qu'une fois l'enfant chez nous !

vendredi 11 mai 2018

Le jour où j'ai mal vécu l'après-obtention de l'agrément #9

Cela peut paraître farfelu, peu probable, bizarre, impensable, pas banal ... bref, être difficile à comprendre, mais je viens de traverser une mauvaise passe "post-obtention-d'agrément". Certes, l'hiver n'a sûrement pas joué en ma faveur, mais avec un peu de recul, aujourd'hui, je peux affirmer avoir fait une sorte de "baby-blues" suite à l'obtention de notre agrément. Tout simplement car cela a signifié un arrêt brutal de notre action dans ce parcours si long que celui de l'adoption. 



Une fois notre agrément en poche, qu'allions nous faire, si ce n'est attendre ? 
Sur le coup, dans l'euphorie du moment, j'ai prévenu mon mari que nous allions envoyer notre "candidature" dans tous les autres départements, histoire de multiplier les chemins qui nous mènerons vers notre futur enfant. Mais très vite, le soufflé est retombé et à ce jour, nous n'avons encore rien fait. 

Cette attente est beaucoup plus difficile à vivre que ce que je croyais, sûrement du fait qu'il n'y a pas de date de fin ... 

Cette attente ne ressemble à aucune autre. Elle ne ressemble pas à l'attente que je vis à chaque fin de cycle : vais-je avoir ou non mes règles ? Elle ne ressemble pas à l'attente que j'ai vécu pour ma grossesse, à attendre la première écho ... Elle ne ressemble pas à l'attente entre chaque FIV, chaque ponction, chaque transfert ... Non, car contrairement à toutes ces attentes où il y a une fin, celle-ci est interminable. 

J'ai subi les premiers mois de l'année. Et pourtant, j'ai essayé de rendre cette attente plus supportable, avec l'organisation de la fête de mes 30 ans, ou les travaux de notre nouvelle cuisine ... mais malgré tout, j'ai vécu les choses de façon très négative. 
Face à cette attente, je n'ai vu que les enfants autour de nous grandir et grandir encore, me déprimant encore plus et me faisant penser au jour où nous serons parents, enfin, mais que nos enfants auront un tel décalage avec ceux des autres ... J'en ai pleuré, même. Persuadée que quand notre tour arrivera enfin, nous serons mis de côté, tout simplement, car nous n'aurons pas le même rythme que les autres. 
Face à cette attente, je n'ai vu que des annonces de grossesse, des ventres s'arrondir et des constats affligeants. Ca ne m'avait jamais autant touchée et impactée.
Face à cette attente, je crois que je me suis renfermée sur moi-même, n'arrivant plus à faire face au reste, à la réalité. Je n'ai plus pris de nouvelles de certaines personnes, je n'en ai plus donné non plus, attendant des choses qui ne sont jamais arrivées. Je crois surtout que j'en ai eu marre de faire semblant, que je n'y arrivais plus, car c'est épuisant. Le sens-unique aussi, d'ailleurs. 
Face à cette attente, je n'ai quasiment rien fait. A peine tricoté. Terminé difficilement un roman. Jamais scrappé ou si peu. Déserté la blogosphère. Lutté pour écrire quelques lignes de mon roman. Etc. Quasi rien. Ou du moins, j'ai cette impression. Que de temps gâché. 
Je me suis laissée débordée, envahir, par une sorte de paresse et de tristesse. Un mélange d'émotions trop fortes et très négatives qui ont eu raison de mon entrain, de ma bonne humeur et ma façon de positiver !  Il faudrait que je m'excuse auprès de certaines personnes quant à mon silence ...
 
Heureusement, quelques fidèles ont été là pour me maintenir hors de l'eau et retrouver le rivage. Grâce à ces quelques précieuses personnes, auprès de qui je recharge les batteries et me nourris de leur amour et de leur force, aujourd'hui, le printemps est revenu aussi dans ma vie. 




Je reprends ma vie en main, je redeviens actrice dans notre projet de parentalité. Je souris à nouveau à la vie et je me lance dans de nouveaux projets, de nouveaux défis. L'attente sera peut être plus douce, moins amère ... 

Même si, aujourd'hui encore, je ne sais pas si je veux arrêter ou avancer le temps ... 

lundi 7 mai 2018

Le jour où on a reçu la réponse de notre demande d'agrément #8

Je m’étais arrêtée sur la lecture de nos rapports en vue du passage en commission pour la demande d’agrément. Malgré mes tentatives, je n’avais pas pu obtenir la date de notre passage en commission. La secrétaire avait juste bien voulu me dire qu’il y avait une commission par mois, que s’il y avait trop de dossiers, on passait à la prochaine commission, et qu’on recevait les réponses par accusé de réception au bout de 7 jours.
Ayant renvoyé notre accord pour le passage en commission autour du 6 ou 7 janvier, je ne m’attendais pas à un passage ce même mois. Je misais donc sur février, avec une réponse qui arriverait donc mi ou fin février. 

Or, un matin de janvier, le samedi 20 pour être exacte, le facteur a déposé dans notre boîte aux lettres un avis de passage pour une lettre recommandée. Nous l’avons loupé à quelques minutes près ! Je me suis fait mille et un films durant tout un weekend.

Théorie n°1 : ce n’est pas le courrier du conseil départemental, on s’emballe pour rien.
Théorie n°2 : c’est le courrier du conseil départemental mais pour nous annoncer un refus d’agrément.
Théorie n°3 : c’est le courrier du conseil départemental avec un accord d’agrément mais une notice restrictive avec un refus de notice pour des jumeaux.
Théorie n°4 : c’est le courrier du conseil départemental avec un accord d’agrément et tout va bien dans le meilleur des mondes. 

Heureusement, le lundi, mon cher et tendre mari ne travaillait pas. Il a pu attendre sagement et longuement le facteur. De mon côté, j’étais au travail et je dois avouer que ce jour-là, j’ai été peu productive. Je ne pensais qu’à ça. Je guettais mon téléphone toutes les 3 minutes, et j’envoyais un SMS à mon mari toutes les 4 minutes 30, histoire d’être sûre qu’il n’avait pas oublié de me prévenir du passage du facteur.
Bien entendu, le facteur est passé pendant que j’étais en entretien. J’entendais mon portable me signaler la réception d’un, deux, trois, douze SMS … C’était mon mari qui me donnait des nouvelles. 

Et c’est donc la théorie n°4 qui a été retenue ! Nous avions l’agrément ! Le Saint Graal était en notre possession. J’ai pleuré quand j’ai lu ses textos, et d’ailleurs, au moment où j’écris ces quelques lignes, j’ai les larmes aux yeux. Pour moi, l’obtention de cet agrément a signé officiellement le début de notre grossesse sans date de fin, sans date d’accouchement prévue … L’attente devient concrète, réelle et peut durer 1 an, 2 ans, 5 ans ou plus. J’espère qu’elle deviendra concrète un jour, car malgré tout, nous restons conscient également que peut être, malgré cet agrément, nous n’aurons jamais d’apparentement. Mais l’espoir est là.
J’ai demandé à mon mari qu’il m’envoie les photos du courrier. J’ai lu et relu chaque mot, chaque phrase. J’ai appris par cœur chaque phrase de notre notice. 

Cette notice, c’est la clé, le cœur de notre parcours d’adoption. C’est en quelque sorte la fiche d’identité de l’enfant avec lequel nous serons apparentés. La fiche des enfants, même devrais-je dire, car nous avons eu un accord pour adopter des jumeaux, si le cas se présentait. J’ai envie de garder un peu de jardin secret, même ici, alors je ne vous dévoilerai pas le contenu de notre notice, si ce n’est que nous pourrons adopter un bébé né sous le secret, de 0 à 12 mois. Le service adoption a bien compris notre besoin de pouponner. Pour le reste, cela appartient et appartiendra à l’histoire de notre futur enfant. 

Cette nouvelle marque pour nous un tournant important sur notre chemin vers l’adoption et la parentalité. Nous n’en sommes, finalement, qu’au début. Même si officiellement nous sommes inscrits sur les listes depuis juillet 2017, que nous avons obtenu notre agrément en 6 mois (au lieu de 9 mois …) en janvier 2018 … nous savons que la route sera encore longue et semée d’embûches, de doutes, de pleurs, d’absence … Mais je ne cesse d’espérer qu’au bout du chemin, il y aura un joli berceau blanc sous un soleil radieux qui nous attendra … 

L’attente de la cigogne commence … 


lundi 5 février 2018

Le jour où on a lu nos rapports en vue de notre demande d'agrément #7

A ce jour, je crois que c’est l’un des moments les plus forts de notre parcours. Après avoir passé les différents entretiens psychosociologiques, nous avons donc attendu plus ou moins sereinement les rapports des deux professionnelles que nous avions rencontré. 
J’ai été agréablement surprise par la rapidité de l’envoi de ces rapports. Elles n’ont pas attendu pour les écrire et donc nous les faire lire. 
Nous avons un droit de regard et de modification sur ces rapports, mais uniquement pour des modifications de données erronées : exemple, une mauvaise date de naissance, une erreur dans le montant de nos salaires … Pour le fond, à savoir l’analyse, nous sommes invités, si nous sommes en désaccord avec la professionnelle, à reprendre RDV avec elle pour en discuter ensemble, mais elle n’est pas obligée de changer son rapport. Nous avons aussi droit de refuser de passer en commission après lecture de nos rapports et de demander de nouvelles investigations avec d’autres professionnels. Enfin, nous pouvons aussi écrire un courrier en plus, destiné aux membres de la commission, ou/et demander à être présents à cette fameuse commission.




Tout début janvier, à peine plus de 3 semaines après avoir vu pour la dernière fois la psychologue, nous avons reçu un courrier nous informant que nos rapports étaient prêts et que nous pouvions aller les lire. Etant loin de l’institution, nous avons demandé à les avoir par mail et en quelques minutes, je tenais nos fameux rapports dans les mains. Mais comme j’étais au travail et que je voulais partager cela avec mon mari, je me suis contentée de juste aller lire les 2 conclusions, histoire de m’assurer que les rapports étaient favorables et rassurer mon mari.
Le soir, après avoir eu l’un comme l’autre une journée très chargée, nous nous sommes posés et avons découvert le contenu des rapports : 6 pages pour l’assistante sociale, 2 pages pour la psychologue.
Les premières pages du rapport sociales sont très formelles et reprennent des éléments objectifs : nos salaires, nos charges, nos états civils, métiers, adresse etc. Ensuite, l’assistante sociale a repris avec exactitude le déroulé de nos entretiens, citant certaines fois nos paroles les plus fortes et significatives. En lisant ces quelques pages, j’ai immédiatement revécu nos entretiens avec elle. C’est une sensation très étrange mais très agréable que de lire un écrit sur soi, et de voir que notre parole, nos pensées … ont été si bien comprises et retranscrites. La conclusion ne fait aucun doute quant à l’avis favorable de l’assistante sociale. Le profil de notre futur bébé y est parfaitement décrit.
La lecture du rapport, plus synthétique mais tout aussi réaliste et empli d’émotion, de la psychologue continue à nous faire ressentir une vague immense d’émotions très fortes. La psychologue a très bien cerné nos personnalités, notre projet, notre désir. Les mots sont justes et bien pensés. La conclusion, elle aussi favorable, nous décroche un énorme sourire et un soulagement immense …



C’est toute fébrile que j’envoie par mail au service de PMI l’accord de passer en commission. Nous ne sommes pas informés de la date, juste qu’il y a une commission par mois. Nous espérons très fort être dans celle de janvier même si ça nous semble un peu juste niveau timing. Une nouvelle attente pour nous, à nouveau sans date de fin, et nous mettant à nouveau dans l’ambiance de l’incertitude de l’adoption 

dimanche 21 janvier 2018

Le jour où on a rencontré la psychologue pour notre demande d'agrément en vue d'une adoption #5

Je continue aujourd'hui le récit de notre parcours d'adoption. Je t'avais laissé sur le dernier RDV avec l'assistante sociale qui a eu lieu à notre domicile. L'étape suivante a donc consisté à notre premier RDV, en couple, avec la psychologue. 
Nous avions déjà abordé de nombreux sujets avec l'assistante sociale, que ce soit nos histoires personnelles, notre vie de couple et notre projet d'adoption. Nous étions donc déjà bien préparés pour cet entretien psychologique. 

J'ai été soulagée de pouvoir faire cet entretien avant mon nouveau travail. Ainsi, j'ai pu écouler mes jours de congés que j'avais encore à prendre sur mon ancien poste. 
Nous avons profité du voyage, environ 1h15 de route, pour continuer à parler de notre projet, nos réflexions, nos limites, etc. C'est donc confiants que nous sommes entrés dans le bureau de la psychologue - la même que celle rencontrée lors de la réunion d'information. 
Cet entretien est totalement différent de celui que l'on a eu avec l'assistante sociale. La psychologue n'avait aucune trame à suivre et il a donc été un peu difficile au début de suivre un fil conducteur. J'avais très peur d'oublier des choses, de notre histoire, de nos ressentis, etc. Mais finalement, en un peu plus d'une heure d'entretien, on a pu dire beaucoup de choses. Si la psychologue est toutefois beaucoup moins transparente que l'assistante sociale, elle a fini l'entretien en nous disant que nous avions déjà énormément pensé à notre projet et pris du recul. On a fixé les prochains RDV, en individuel cette fois, pour 3 semaines plus tard. J'étais heureuse de voir que la procédure allait aussi vite. Mais je suis restée frustrée : la psychologue était peu dans l'échange, et difficile de savoir ce qu'elle pensait réellement de notre projet. Sans avoir pour autant l'impression de passer devant un jury, on est ressorti de cet entretien avec un peu de stress. 



Au cours de cet entretien, nous avons pu revenir sur ma dernière fausse couche, sur la façon dont nous avons essayé de gérer notre tristesse et rebondir. Nous avons évoqué ce futur bébé que nous souhaitons accueillir. Ses histoires possibles, ses besoins particuliers, nos craintes, nos valeurs éducatives. Même si nous savions que de nombreuses paroles n'étaient que des hypothèses, cela m'a rendue heureuse, car nous étions encore un peu plus dans le concret. C'était encore une étape de plus qui nous rapproche de cet enfant que nous espérons tant. 
Comme à chaque fois après un tel RDV, sur la route du retour, nous avons débriefés et appelés nos parents respectifs pour leur donner des nouvelles. Encore une fois, j'ai pu comparer cela à une échographie, à un RDV de grossesse qui nous prépare à chaque fois un peu plus à devenir parents. Comme à chaque fois, j'ai été touchée par les amis qui ont pris de nos nouvelles après ce RDV si important ... et un peu déçue face au silence d'autres. 

Les trois semaines qui ont suivies sont passées à une vitesse éclair ... en même temps ... pas difficile ... j'ai changé de travail pendant ces 3 semaines. Ainsi, pas le temps de stresser avant le deuxième et normalement dernier RDV avec la psychologue. 


mercredi 1 novembre 2017

Le jour où on a eu la visite de l'assistante sociale en vue de l'adoption #4

Je vous avais laissé sur notre premier RDV avec l'assistante sociale, en août, à son bureau. Quelques semaines plus tard, nous avions donc notre deuxième rendez-vous avec elle, celui-ci à domicile. 
J'avais alors comparé ce premier RDV à la première échographie d'une grossesse. Pour ce second RDV, c'est logiquement à l'échographie du second trimestre que j'ai envie de raccrocher cet événement. C'est le RDV où le projet prend forme, se dessine, où on vérifie que notre projet d'adoption est en adéquation avec nous, notre couple, notre vie de famille, notre façon d'être ... Un peu comme cette échographie où on vérifie que le bébé va bien, qu'il a bien 10 doigts, 2 mains, 2 jambes et un cerveau ... 
J'appréhendais ce RDV car j'avais lu beaucoup de témoignages de personnes ayant trouvé ce RDV très intrusif. J'ai mal dormi la nuit d'avant, me noyant dans la lecture de notre livre sur l'adoption, pour y chercher les "bonnes" réponses. Et 9h, le lendemain, a sonné ... 
C'était même un peu plus tôt que 9h ... L'assistante sociale est arrivée à 8h45. On a respiré un bon coup et ... on n'a pas vu le temps passer. 
Installés dans la cuisine, il pleuvait dehors. Un vrai temps d'automne avant l'heure. Mais il faisait bon au sein de notre foyer. Nous avons repris la discussion là où nous l'avions arrêté, en août ... et le dialogue s'est installé naturellement. 
Ce fut un réel échange, simple et sincère. Nous n'étions pas face à un jury pour passer le diplôme de notre vie - celui de futurs parents -. Nous étions simplement en train de discuter parentalité adoptive avec une assistante sociale ouverte et bienveillante. 
J'ai trouvé cet entretien enrichissant et rassurant. Mais il a surtout permis de rendre notre projet d'adoption vivant et réel. Nous avons parlé du futur enfant que nous nous sentions prêts, capables, d'accueillir et avec lequel nous créerons un lien d'attachement tout au long de notre vie. Nous avons parlé de nos envies, de nos peurs, de nos ouvertures et nos limites. Ce qui m'a rassurée, c'est que l'assistante sociale a semblé confirmer que notre projet de parentalité était accessible et cohérent. Sans nous l'affirmer, car elle ne peut pas le faire, elle nous a fait comprendre que nous devrions être apparentés d'ici 4 ans au maximum, si notre agrément était confirmé. 
Nous avons pu nous projeter en temps que futurs parents, et ainsi préparer le prochain RDV qui aura lieu, en couple, avec la psychologue, début novembre. 
Le RDV s'est achevé naturellement sur la visite de notre maison, que l'assistante sociale a qualifié d'accueillante, chaleureuse et opérationnelle pour accueillir un ou deux bébés. Oui, car si nous gardons pour nous notre "choix" concernant notre futur enfant ... je peux vous le révéler : nous demandons un agrément pour un bébé ou deux, dans le cas où il y aurait des jumeaux ! C'est déjà arrivé plusieurs fois que des jumeaux naissent sous X, et nous sommes préparés à cela, entre autre ! 
Quand l'assistante sociale est repartie, je me suis sentie bizarre. Heureuse et apaisée. Un peu comme une maman qui couve son petit au creux de son utérus. Moi, je l'ai couvé au creux de mon coeur et dans mes pensées. J'étais sur un nuage, me remémorant les échanges que nous avions eu, me confirmant que l'adoption était bien la façon de devenir mère qui me convenait et me correspondait. 
Contrairement à ce que certains couples adoptants, je n'ai pas trouvé ces entretiens avec l'assistante sociale intrusifs. Je les ai trouvé naturels, normaux quand on s'apprête à vivre une telle aventure. L'adoption n'est pas quelque chose d'aussi simple que l'on veut le croire. Ce n'est pas un acte de charité. Une BA. C'est un processus. Et comme tout processus, il convient d'en parler pour être le mieux préparés à ce que l'on s'apprête à vivre ... Nous verrons comment nous allons vivre les entretiens avec la psychologue. L'appréhension est moins présente. J'ai même hâte. Contrairement à notre parcours en PMA, je me sens enfin actrice de notre projet pour devenir parents ! 



samedi 9 septembre 2017

Le jour où j'ai fait le deuil de la grossesse

Dans une société où les médias  et les gens en général sacralisent la maternité, c’est quelque chose d’assez terrifiant que d’admettre avoir fait le deuil de mener un jour une grossesse à terme et donc, plus clairement, de faire le deuil d’un enfant biologique. 

Parce que si la plupart des gens te disent qu’adopter, c’est super (ils ne savent en fait pas ce que c’est, car « super » ne serait pas le terme à employer), ils continuent malgré tout à te dire qu’en plus, ils connaissent pleins de gens qui ont voulu adopter et pour qui, finalement une grossesse s’est mise en route. Comme si l’adoption était le remède miracle à l’infertilité. Navrée d’apprendre à toutes ces personnes que c’est faux. Et même statistiquement parlant, au sein des personnes qui ont un agrément pour adopter, cela représente à peine 5% des gens … Nous devons donc, encore une fois, faire comprendre aux gens que nous n’adoptons pas dans l’espoir que je tombe enceinte [Tout comme je n’étais pas en PMA juste parce que je pensais trop à ça et que si je n’y pensais plus ça marcherait]. 

Depuis maintenant deux ans que nous sommes en procédure de PMA, j’ai eu le temps de cheminer, de réfléchir, de prendre du recul. Récemment, après ma dernière fausse couche, j’ai ressenti le besoin de voir la psychologue de la PMA. Si je redoutais ce premier RDV, de peur de ne pas savoir quoi lui dire, j’en suis ressortie libérée. Parce qu’au fil de la discussion, j’ai compris quelque chose d’essentiel sur moi et mon inconscient. 



La grossesse est quelque chose que je perçois inconsciemment comme étant un événement négatif. Je m’explique. J’ai vécu tout au long de ma vie des épisodes traumatisants liés à la grossesse. L’événement marquant restera certainement celui de ma grossesse molaire, il y a maintenant 7 ans. Cela aurait pu se limiter à un curetage mais cette grossesse molaire s’est transformée en tumeur trophoblastique (1 grossesse molaire sur 2 000 en France … et 1 sur 10 000 qui se transforme en tumeur trophoblastique … la chanceuse, c’est moi !). Tout juste âgée de 22 ans, en pleine rupture, j’affrontais alors pour la première fois une maladie lourde avec des notions de mort, car qui dit tumeur, dit cancer, dit chimio, dit mort. En tout cas quand tu as 22 ans. J’ai vécu cela seule. Séparée depuis peu, mes parents habitant loin, même si j’ai eu le soutien de mes amies, je me suis malgré tout sentie seule. Mais en même temps, voulant protéger mon entourage, j’ai été à l’origine de cette solitude. J’ai eu 6 mois de traitement de chimio. Si au final, cette expérience m’a apportée beaucoup de maturité, elle a aussi laissé de grosses souffrances que j’ai donc enfoui très profondément. 

Depuis 3 ans, grossesse rime avec échec … L’échec de voir aboutir une grossesse spontanément, naturellement … L’échec de la « petite » PMA … l’échec des inséminations, puis des FIV. Mais encore plus difficile à vivre, l’échec, la fin de la grossesse quand elle a quand même démarré … A tel point que désormais, pour mon inconscient, les grossesses finissent toujours mal … Oui, je peux tomber enceinte, mais non, je ne peux pas le rester. Cela se répercute jusque dans mes rêves … ceux où je rêve que je suis enceinte, sur le point d’accoucher … mais qu’en réalité, je ne le suis pas … que j’accouche d’un poupon … un faux bébé quoi. Bref, que du négatif. Trop de négatif. Tellement d’angoisses. La psychologue m’a fait prendre conscience que ma première expérience de grossesse a été assimilée à ma première expérience de ma propre mort. 

Si je me réjouis sincèrement de l’annonce de grossesses de mon entourage, au fond de moi, une petite voix me dit d’attendre la naissance … car il y aura sûrement, au choix, une fausse couche, une mort fœtale in-utéro, une interruption médicale de grossesse pour malformation … Ouais, que du bonheur, tu l’auras compris. J’y peux rien, c’est plus fort que moi, j’ai beau lutter … en même temps, bosser en pathologie de la grossesse n’aide pas forcément à voir des grossesses « normales », avec un happy end. Je peux vous l’accorder … justement, avec la psychologue, nous travaillons là-dessus … car ce n’est pas anodin que je travaille dans ces services … (juste pour l’anecdote … le service d’hématologie où je bosse a supervisé, à l’époque, ma maladie trophoblastique … j’ai fait le rapprochement 2 ans après être arrivée dans ce service) … il faut donc que j’arrive à comprendre si c’est pour réparer quelque chose ou si c’est pour répéter … 

Quoiqu’il en soit, j’ai pu lui expliquer que lorsque nous avons décidé de nous tourner vers l’adoption, j’ai été soulagée. En effet, l’adoption supprime l’étape de la grossesse. Sans grossesse, plus de mort à mes yeux. Plus d’angoisses de ce genre. Soulagée est même un terme trop faible. Je me suis sentie comme la reine des neiges, libéréééééée, délivréééée de savoir que je deviendrai mère sans passer par la grossesse. Le plus difficile dans cette idée,  c’est de devoir renoncer à l’allaitement. 



J’ai voulu parler de tout cela avec ma mère. Après tout, des tas de choses inconscientes se passent psychologiquement dans la relation mère-fille quand cette dernière souhaite devenir mère à son tour. Seulement, je n’ai pas eu malheureusement la réaction attendue. Ma mère a mal vécu ce que je lui ai expliqué, sûrement parce qu’elle a voulu se mettre à ma place, alors que ce n’est pas possible. Chaque femme a un vécu et un ressenti différent. Elle n’a pas cessé d’essayer de me convaincre à quel point c’est merveilleux une grossesse. Je n’en doute pas, loin de là. Et je me réjouis même de partager les expériences des grossesses de mes amies. Mais pour moi, c’est autre chose de plus profond qui se vit. Et même si je continue parfois à m’imaginer ou me rêver enceinte, découvrant pleinement les joies (ou pas) de la grossesse … je suis malgré tout en paix avec moi-même et avec mon corps. J’ai dit à moi-même que je me pardonnais de ne pas pouvoir être enceinte, de ne pas le vouloir même, et que quoiqu’il arrive, je le vivrai bien. Parce qu’au fond, mon mal être vient du fait de ne pas être mère … Et on peut devenir mère autrement qu’en étant enceinte. On peut être mère autrement qu’en donnant biologiquement la vie. De savoir ça, de m’autoriser ça … m’a permis d’avancer et de faire le deuil de cette grossesse que je n’arrive pas à garder au creux de mon corps. Accepter le fait que je ne serai peut-être jamais enceinte, comprendre d’où viennent mes peurs inconscientes et pour l’exprimer à mon mari … tout ceci m’a permis de me sentir libérer d’un poids. 

[Ceci est mon ressenti et mon vécu personnel … merci de le respecter !]

vendredi 21 juillet 2017

Le jour où on a déposé notre dossier de demande d'agrément en vue d'une adoption #2

Nouvelle étape importante pour nous dans notre aventure « Adoption » : le dépôt du dossier de demande d’agrément.
Après avoir assisté à la réunion d’information, nous avons récupéré le dossier de demande d’agrément. Pour nous, l’aventure commençait réellement. 


Dans les faits, le dossier est simple à constituer : 
  
  • Remplir un formulaire de renseignements administratifs : état civil, composition de la famille, type de logement, ressources.
  •   Fournir nos casiers judiciaires – vierges il en va sans dire. 
  • Fournir nos justificatifs de ressources
  • Fournir nos actes d’état civil complets
  • Joindre nos photos d’identité 
  • Un certificat médical attestant que notre état de santé est compatible avec le projet d’adoption


Sur notre département, nous avions la chance de pouvoir nous faire délivrer ce certificat par notre médecin traitant. D’autres Conseils Départementaux exigent un RDV avec un médecin spécialiste et agréé – attention, le montant de la consultation est alors souvent plus élevé – et les délais plus longs. L’entretien médical consiste à vérifier que nous ne souffrons pas de troubles cognitifs ou psychologiques, que nous sommes à jour des vaccins et que nous n’avons pas de maladies graves et/ou invalidantes rendant compliquée une parentalité. Ouf, pour nous, le Sésame a été simple à obtenir ! 



Mais le plus important réside dans la lettre qui expose nos motivations et notre projet d’adoption. Quel exercice périlleux que de mettre par écrit notre parcours personnel et notre cheminement vers l’adoption. Une vraie lettre de candidature à un poste à temps plein et à vie pour devenir parents. C’est dans cette lettre que nous devons poser nos premières réflexions quant à ce futur enfant : son âge, son origine ethnique, son état de santé. Oui, il faut l’avouer, ça donne l’impression d’être au marché : « bonjour m’dame, il me faudrait 1 enfant de moins d’un an, blond aux yeux bleus et en parfaite santé ». L’horreur, non. Après tout, quand on attend un enfant biologique, on ne choisit pas. On ne choisit rien, ou du moins, pas grand-chose. Du coup, nous avons réfléchi par rapport à la santé de ce futur enfant comme des parents biologiques : nous sommes donc ouverts à des pathologies légères, soignables et n’empêchant pas une autonomie… Un peu comme si nous avions le choix, au cours de la grossesse, à l’écho morphologique, si on détectait des anomalies, de mener ou non la grossesse à terme. Et concernant l’origine ethnique, de notre côté, nous sommes ouverts à toutes les origines. Bien entendu, je peux comprendre que certains couples préfèrent adopter un enfant « qui leur ressemblent » au niveau de la couleur de peau par exemple. Et je pense en effet qu’il est important de connaître chacun nos limites, afin que par la suite l’adoption soit facilitée. 



Cette lettre est née de nos tripes. C’est la première étape importante de notre parcours d’adoption. Un petit peu la première échographie, celle qui nous ouvre le chemin, qui trace la route et montre que tout est bien en route. Maintenant, reste l’attente des entretiens psychologiques et sociaux. Mais nous pouvons désormais dire que nous sommes officiellement inscrit sur la liste départemental des couples en attente d’un bébé pupille de l’Etat – en effet, nous avons de la chance, dans notre département, notre inscription sur cette liste d’attente démarre à la réception du dossier et non pas à l’obtention de l’agrément … 



La procédure est officiellement lancée. L’administration a désormais 9 mois pour traiter notre demande d’agrément – plus si nous souhaitons, nous, prendre plus de temps dans notre réflexion. 9 mois, c’est le temps d’une grossesse, un temps nécessaire pour se préparer psychologiquement à devenir le parent d’un enfant adopté – même si on sait qu’à la différence de la grossesse, l’enfant ne sera pas dans nos vies dans neuf mois … mais dans 2, 4 ou 7 ans ... ou peut-être plus.

jeudi 15 juin 2017

Le jour où on a cheminé vers l'adoption #1




Comme je l’annonçais ici il y a quelques semaines, nous avons franchi le pas avec l’adoption. Tout comme j’ai beaucoup écrit sur la PMA, que ce soit des ressentis personnels ou des conseils, je procéderai de la même façon avec l’adoption, mais en essayant de structurer un peu plus mes articles, afin qu’il y ait à la fois du vécu personnel, mais aussi et toujours un petit peu de conseils, que ce soit en tant que future mère adoptive (du moins, je l’espère), qu’en tant qu’assistante sociale qui s’y connait bien quand même en matière d’adoption !
Je démarre donc cette série aujourd’hui avec la 1ère étape : la réunion d’information.
Pour toute personne qui souhaite adopter, la procédure est la même. Il faut envoyer une lettre simple, au président du Conseil Départemental, afin de lui faire part de notre volonté de demander un agrément en vue d’une adoption. Pas besoin de rentrer dans les détails, tout ceci se fera par la suite. C'est la première démarche à effectuer. Suite à ce courrier, nous recevons une invitation à participer à une réunion d’information – la plupart du temps collective – sur l’adoption : législation, adoption en France, adoption à l’internationale, investigations psy et sociales … cette réunion dure environ 2 heures et a pour but d’informer, d’orienter et de répondre à nos premières interrogations. 

Nous avons eu de la chance avec Charmante Compagnie, nous avons eu une date très rapide de proposée. Nous avons donc posé une journée pour nous rendre au siège social du service des adoptions. C’est un des aspects négatifs dans cette procédure, c’est qu’il n’y a souvent qu’un seul service pour tout un département, et si vous habitez, comme nous, un grand département, vous pouvez très vite vous retrouver à faire plusieurs centaines de kilomètres.
Lors de cette réunion, étaient présentes la secrétaire du service, la psychologue, l’assistante sociale et la chef de service. C’est drôle, mais j’ai tout de suite deviné qui est qui avant que chacune se présentent. Elles avaient bien la tête de l’emploi comme on dit ! Au niveau des participants, je dirai que nous étions environ 40 participants, à la louche. Ce qui nous a frappés, par rapport à la PMA, c’est que dès cette première réunion, nous avons ressenti une sorte de pression. En effet, nous sommes désormais appelés des « candidats » à l’adoption, et je pense que c’est le bon terme. On se serait cru à un concours d’entrée dans une grande école, chacun dévisageant et scrutant l’autre, l’adversaire, comme pour arriver à y voir ses faiblesses et passer devant lui. Et ce sentiment n’a fait que s’accentuer quand ils ont donné les chiffres : actuellement une cinquantaine d’agréments, 150 en cours, 8 bébés pupilles de l’Etat adoptés en 2015, 18 enfants de l’étranger … On a vite fait le calcul … et on a vite compris que oui, nous étions bien des candidats ! Je n’irai pas jusqu’à dire « que le meilleur gagne » mais presque ! 


Cette réunion permet en tout cas de dresser l’état des lieux de l’adoption sur votre département, que ce soit pour l’adoption en interne (en France) ou à l’internationale. On nous donne beaucoup de chiffres, mais on rappelle aussi les grands fondements et principes de l’adoption. J’ai trouvé cela important car en effet, on met tout de suite le cadre légal et on rappelle aussi aux « candidats » qu’il ne s’agit pas de notre droit à nous d’avoir un enfant, mais bien au droit de l’enfant d’avoir une famille et à l’intérêt supérieur de l’enfant. C’est quelque chose que beaucoup de personnes, candidates ou pas à l’adoption, ont tendance à oublier. 


Je sais que nombre de personnes ressortent de cette réunion un peu le moral dans les chaussettes, déprimées par certaines informations (délais, conditions plus strictes etc), choquées par d’autres (choisir l’origine ethnique et les particularités de l’enfant, etc). Pour nous, ce ne fut pas le cas, car nous étions déjà bien informés à ce sujet. De par mon métier, c’est un sujet que je maîtrise plutôt bien et que je partage volontiers avec mon mari. Nous ne sommes donc pas tombés de haut, notamment quand ils nous ont annoncé que le délai d’attente, dans notre département, pour un enfant pupille était de 5 ans, et pour un enfant de l’étranger, supérieur à 5 ans (10 à 12 ans actuellement en Chine).
Cette réunion par contre nous aura permis de rencontrer une des psychologues et une des assistantes sociales qui seront amenées à mener les investigations sociales et psychologiques lors de notre agrément. Cela a rendu aussi les choses un peu plus concrètes. On sait désormais que nous allons devoir poser des journées ou des demies-journées car les entretiens peuvent être longs – et sont toujours à 1h15 de route de chez nous – et on a aussi des idées plus précises des contenus des entretiens avec les professionnels.
A l’issue de cette réunion, nous avons donc pris le dossier qui sera donc la 2ème étape – dont je vous parlerai certainement en juillet – et nous sommes rentrés, la tête pleine d’info mais surtout et malgré tout, d’espoir ! L’espoir, c’est ce qui va, encore une fois, nous accompagner tout au long de cette longue et éprouvante démarche. 



Pour résumer, voici donc quelques conseils pour cette première étape en vue d’une adoption :

-          Si vous adoptez en couple, venez à deux. Il est important que les deux membres du couple entendent la même chose. Cela aidera pour la suite de votre procédure.
-          Listez, avant la réunion, toutes les questions qui vous viennent à l’esprit, principalement celles d’ordre général (ex : combien de délais d’attente, les conditions pour adopter tel ou tel enfant, quels documents pour le dossier, combien de RDV etc) et rayez au fur et à mesure de la réunion, celles qui ont eu une réponse au cours de la présentation. Ensuite, posez les questions qui n’ont pas été abordées dans la présentation, ou demandez à vous faire préciser une réponse à une question que vous n’avez pas très bien compris.
-          Ecoutez bien les questions des autres personnes. Très souvent, vous partagez les mêmes interrogations et les réponses vous intéressent.
-          Préparez-vous un dossier spécial pour votre agrément dans lequel vous rassemblerez tous les papiers concernant votre démarche. Il y a beaucoup de paperasse et ça peut stresser un peu. En ayant tout au même endroit, vous y verrez plus clair.
-          Demandez, s’ils ne le font pas, que l’on vous recommande des ouvrages à lire, pour adultes et/ou pour enfants (notamment si vous avez déjà des enfants dans votre foyer)
-          Demandez également les coordonnées des associations telles que l’EFA de votre département. Si vous souhaitez y adhérez, vous serez alors soutenu dans votre démarche et après l’adoption également.
Cette première réunion d’information est cruciale et marque le début officiel de votre démarche. Le cheminement se poursuit, aussi bien au niveau administratif qu’au niveau psychologique.