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mercredi 4 octobre 2017

Le jour où on a rencontré l'assistante sociale pour notre agrément en vue d'une adoption #3

Je vous avais laissé sur l'envoi de notre dossier de demande d'agrément. Une fois les formalités réglées, nous avons attendu. A notre plus grande surprise, l'attente fut de courte durée car nous avons très rapidement reçu notre courrier nous informant que nous étions désormais inscrits sur la liste d'attente pour un enfant pupille de l'Etat. Quelques jours plus tard, nous étions invités à prendre rendez-vous avec l'assistante sociale qui allait s'occuper de l'investigation sociale pour notre demande d'agrément. 
Je ne vous cache pas que j'ai été assez anxieuse de passer de l'autre côté du bureau .. .D'habitude, c'est moi l'assistante sociale, assise derrière mon bureau, qui invite les personnes à parler de leur situation. J'ai trouvé mon mari plutôt serein de son côté. 
C'est moi qui me suis chargée de prendre le RDV et ce premier contact téléphonique m'a soulagée. L'assistante sociale avait l'air très décontractée et ouverte. La cerise sur le gâteau, elle pouvait nous recevoir très vite, durant nos congés d'été. Ainsi, pas besoin de poser de jours ou d'heures de récupération. Nous allions pouvoir profiter pleinement de ce premier rendez-vous, bien que très matinal et à 1h15 de route de la maison. 
On a un peu serré les fesses car nous n'avons pas trouvé de place gratuite pour nous garer, et nous n'avions pas de monnaie sur nous. On pensait naïvement trouver un horodateur qui prenait les CB mais il faut croire que Grenoble n'est pas en avance là-dessus. Le commissariat se trouvait juste à côté des bureaux des services de PMI en plus ... Mais bon, ça valait le coup de prendre le risque d'avoir une amende (que nous n'avons pas eu, au final ... et dorénavant, on sait que quand on ira là-bas, il nous faudra avoir de la ferraille). 
J'ai profité que l'assistante sociale nous fasse attendre quelques minutes pour feuilleter quelques magazines et livres posés dans la salle d'attente, bien entendu, tous ciblés sur l'adoption. J'en reparlerai à l'occasion d'ailleurs, de ces lectures concernant le projet d'adoption. 
Et puis, on a fait le grand saut. 



Je comparerai ce premier rendez-vous avec la première échographie pour une grossesse. Il y a de l'excitation et beaucoup d'appréhension. On ne sait pas trop ce à quoi s'attendre, ce qu'on va découvrir ... On se laisse un peu porter par le professionnel. On ose à peine poser des questions. Et puis, une fois la sonde en route, on voit apparaitre un tout petit point minuscule avec un battement de coeur quasiment aussi gros que lui ... Et bien pour nous, ce fut pareil. 
Ca y est, on y était. L'aventure démarrait, s'inscrivait dans notre histoire. Notre projet d'adoption était reconnu par des professionnels. Alors, on s'est détendu, et on a parlé. 
J'ai beaucoup parlé. C'était comme naturel. Quand l'assistante sociale nous a demandé de nous présenter, de parler de nous, de notre enfance et de l'enfant que nous étions, de notre famille et des parents que nous avons, de nos relations fraternelles, de nos histoires d'amour qui ont compté avant de se trouver ... Puis de nous, enfin. De comment on s'est connu, plu, aimé, plus quitté. De notre désir d'être parents. De nos difficultés à le devenir naturellement parlant, biologiquement. 
On parlait, chacun notre tour. On s'écoutait, on se complétait, on approuvait. Et puis, l'assistante sociale nous demandait aussi de parler de l'autre. "Comment décririez-vous votre conjoint". "Qu'aimez-vous chez lui". J'ai failli pleurer quand j'ai entendu Charmante Compagnie parler de moi et de son amour pour moi. Non seulement, cet homme me connait (presque) par coeur, mais il a cette sensibilité qui me touche et me fait l'aimer un peu plus chaque jour. Entendre son mari dire à une parfaite inconnue ce qu'il aime chez vous ... croyez-moi, ça bouleverse et ça permet de recevoir une dose d'amour énorme ... 
A la fin de l'entretien, j'étais vidée, mais heureuse. Je pense que nous sommes sortis de cet endroit et que l'assistante sociale a pu se faire une réelle idée de qui nous étions. Nous nous sommes livrés sans tabou, sans crainte, en toute transparence. 
Et même si nous avons beaucoup parlé - énormément pour moi -, elle était en interaction avec nous et au final, c'était comme si nous discutions avec notre famille, nos amis ... de nous et de nos projets ... C'était simple et sans artifice. Sans pression aussi. La pression d'être bien vus. Non, elle a su nous mettre à l'aise immédiatement et montrer qu'elle était là aussi pour nous guider. L'adoption est un long cheminement, on ne vous demande pas, dès le premier rendez-vous, d'avoir réponse à tout. Le but du jeu, c'est d'être soi-même. 



Ce jour là, nous l'avons été. Et quand nous sommes partis, avec dans nos agendas le prochain rendez-vous, à la maison, cette fois, nous sommes sortis heureux. Heureux, et avec des projets pleins la tête. 
Car une demande d'agrément, c'est long. Il faut environ 9 mois. Alors, pour éviter d'être passifs et vivre cela le plus sereinement possible, on s'est fixé des objectifs à réaliser durant ces 9 mois : 

- S'inscrire à EFA 38, l'association pour les adoptants et les adoptés de notre département, afin de participer aux soirées témoignages, aux colloques, aux formations ... 
- Lire, encore et toujours, sur l'adoption mais surtout sur l'attachement et l'apparentement. Sur l'après-adoption. 
- Concevoir un livre d'adoption pour ce futur enfant, pour qu'il se sente attendu comme peut l'être un bébé biologique ... écrire notre attente, lui présenter sa famille et nos amis ... un carnet à remplir au fil des mois d'attente ... et après. 
- Ecrire. Celui-ci, c'est mon projet personnel. Ecrire cette aventure que l'on démarre. Une aventure vers la parentalité semée d'embûches et d'émotion.