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mardi 28 avril 2020

Mon nouveau projet professionnel

J'avais déjà évoqué mes envies de reconversion dans un précédent article que je t'invite à aller lire ou relire afin que je ne fasse pas trop de redite ici ... Je ne voudrais pas ennuyer mon lectorat à peine 3 articles après mon retour ici ! 

Credit Photo (Creative Commons) : Larisa-K


Ma reprise du travail après 10 mois d'arrêt pour cause de maternité [j'en ferai prochainement un article, je pense], mais aussi cette période de crise sanitaire-économique-sociale, me confortent aujourd'hui dans mon besoin de changer d'air. J'aime toujours autant mon métier, qui pour rappel est celui d'assistante sociale. Depuis 7 ans, j'ai même la spécificité d'être assistante sociale hospitalière, un rôle et un statut bien particulier dans notre métier. Je l'aime toujours, mais je ne supporte plus les conditions dans lesquelles nous travaillons. Nous devons toujours fournir plus, avec moins de moyens et surtout des politiques sociales de moins en moins favorables à la lutte contre les exclusions et la précarité, même si les gouvernements (tous confondus) se vantent d'aider les plus exclus ! 
Cela me pèse à un point que mon envie de passer mon diplôme de cadre socio-éducatif s'évanouie de plus en plus. Je crois que je n'ai plus la foi. La motivation. L'énergie. Et depuis que je suis mère, j'aspire aussi et surtout à avoir plus de temps pour voir grandir mes enfants. Alors obtenir un diplôme pour décrocher ensuite un poste anxiogène car on me demandera de gérer une équipe et faire des miracles avec aucune ressource ... Non merci. 

Mon projet se dessine donc doucement. Garder un pied dans le métier, en passant à temps partiel, voire de plus en plus partiel. Et l'autre partie de mon temps, la consacrer à ce qui me passionne depuis maintenant presque deux ans : la maternité, la parentalité, l'éducation bienveillante, le maternage, bref cet ensemble de thèmes qui guident mes pas de mère depuis que l'Elu s'est niché au creux de mon utérus. 

Cela sous-entend toutefois que je dois me former. Bien que de plus en plus investie dans la vie de la Maison de Naissance qui nous accompagne depuis la grossesse de l'Elu (j'ai même depuis janvier le rôle de secrétaire générale de l'association de la MDN), et également engagée dans une formation - non diplômante - autour de l'allaitement grâce à une association, ce qui me permettra d'animer des réunions sur le sujet de l'allaitement, avec des futures mères et des mères allaitante, ainsi que de tenir des permanences téléphoniques pour apporter soutien et conseils à ce même public ... Il me faut d'autres cordes à mon arc, des cordes solides et reconnues. 

J'envisage donc de me lancer rapidement dans une formation en tant que monitrice de portage, dans un premier temps, que je financerai moi-même. Puis ensuite de demander un financement via mon employeur, pour la formation de Doulas de France. Cette dernière me coûterait personnellement un peu trop chère, même si j'envisage de l'auto-financer en cas de refus du service formation de mon hôpital. D'autres "petites" formations sont prévues également, autour de l'animation d'ateliers pour l'éducation bienveillante, la gestion des émotions, etc. L'idée serait alors de combiner toutes ces compétences autour de la Parentalité avec un grand P pour accompagner au mieux les parents et futurs parents dans leurs différents projets. 

Credit Photo (Creative Commons) : Wokandapix

Mais en attendant que tout cela se mette en place, car je sais que ça prendra du temps, d'autant plus que les formations sont plus ou moins longues pour certaines, j'ai envie de me tester. Actuellement, je partage mes expériences, mes lectures et mes conseils avec un entourage proche d'amies, ou alors sur des groupes spécialisés sur les réseaux sociaux. Je pourrais parler de ces thématiques pendant des heures. Ecrire dessus. Répondre aux différentes interrogations. Conseiller en me basant à la fois sur du vécu et sur des apports théoriques et scientifiques. 

Je pourrais le faire ici, j'avais déjà un peu amorcé les choses avec mon article de conseils sur l'allaitement, mais j'ai envie de distinguer les deux choses ... Le privé du "professionnel". C'est pour cette raison que d'ici quelques semaines, un nouveau blog et une communauté via les RS verra le jour, pour poser les premières pierres de ma reconversion professionnelle. J'espère que vous serez nombreux et nombreuses à me suivre également là-bas et à partager à vos contacts ce nouveau projet qui me tient à coeur. Quant à cet endroit, il restera donc un fouillis d'articles en tous genre, à mon image ! 

Je te donne donc rendez-vous dans quelques semaines pour l'inauguration du premier jour de ma nouvelle vie professionnelle ! 

Mais avant cela, je fais appel à toi et tes bonnes idées ... Je cherche un nom pour ce nouveau blog (qui sera peut-être aussi celui de ma future société, du coup) ... Et je sèche un peu !
Une idée à me soumettre ? 

mardi 21 avril 2020

Dépoussiérer un blog en plein confinement

Presque huit mois se sont écoulés depuis mon dernier article. Quasiment le temps d'une grossesse. 



Grossesse ... Parlons en ... Mon fils va avoir 15 mois dans 5 jours. Je n'en reviens toujours pas. Qu'il soit parmi nous. Qu'il ait déjà 15 mois. Qu'il soit aussi dégourdi, drôle, affectueux, mignon, gracieux, intelligent, polisson, grand, bouclé, blondinet ... Qu'il soit Lui, quoi ! 
Et depuis 25 semaines, une seconde grossesse est en route. Tout autant désirée que celle de l'Elu, mais tellement plus rapide. Notre second miracle. Si miraculeux que lorsque nous avons démarré les essais, je m'attendais à repartir dans des années d'attente et de doute. 2 cycles. A peine. En 2 cycles, le miracle s'est installé et je le couve depuis 25 semaines. Là aussi, je n'en reviens plus que ça fasse déjà 25 semaines. Le temps s'accélère avec un enfant. Je ne vois pas cette grossesse passer. Même en plein confinement. 

Confinement ... Parlons en ... Enfin, pas trop, car si je finis par réellement dépoussiérer ce blog, je reviendrai vous en parler... Mais je vais juste vous faire part de la réflexion que m'a apporté ce confinement. Celle que je suis de plus en plus prête à changer de vie professionnelle, même si j'aime mon métier. J'aime mon métier, mais je ne supporte plus les conditions dans lesquelles nous devons travailler, les politiques sociales qu'on modifie chaque mois un peu plus pour limiter encore plus les droits des plus vulnérables et précaires. Le social n'a plus de moyens. Et j'aspire aussi à autre chose. La maternité et la parentalité m'ont fait découvrir une réelle passion. 

Du coup, j'en viens à ce dépoussiérage, comme il y en a déjà eu plusieurs ici. Ne pouvant me lancer tout de suite dans cette reconversion professionnelle qui m'excite autant qu'elle m'angoisse, j'ai envie de me lancer dans un projet qui ne me coûtera pas grand chose, si ce n'est du temps (que j'aurai peut-être un jour ... quand la crèche réouvrira ... quand je serai en congé maternité pré-natal ... quand je serai en congé parental avec un tout petit nouveau-né qui dort en écharpe contre moi ... ou que je n'aurai pas - le temps). Bref. Ce projet impliquerait également du nouveau ici, car je n'aborderai alors plus certains thèmes qui me sont chers. Je le ferai ailleurs, sous d'autres formes. Je dois donc réfléchir à ce que ce blog pourrait devenir. 

Crédit Photo (Creative Commons) : Deeezy


Certes, Ceci est un journal intime raconte des tranches de vie. De ma vie. Mais est-elle réellement passionnante ou du moins intéressante ? De plus, je me remets à l'écriture sur les communautés Sous Notre Toit et Dans ma Tribu, je ne voudrais donc pas faire de répétition ici. Même si ici je suis plus libre, c'est mon chez moi. J'écris comme je veux, je mets en page comme ça me plait, je suis absolument pas professionnelle et ne sait donc pas mettre ce blog en valeur. Je disais donc, je dois réfléchir. Venir pousser des coups de gueule, de coeur ? Partager les voyages que l'on (a) fait, alors que je saurai à peine vous redire le nom des endroits qu'on a visité lors de notre Road Trip au Québec en octobre 2018 (2018, déjà !) ? Je ne sais pas. Je sais juste que je suis attachée à cet endroit que j'abandonne pourtant régulièrement. Je suis attachée aussi aux lecteurs fidèles mais qui ont sûrement disparus face à une inactivité de 8 mois. Mais j'ai moi-même disparu de vos blogs. Car en fait, quand je ne blogue pas/plus, je ne visite plus les blogues. La raison est très bête et pratico-pratique, c'est que quand je ne blogue pas, je ne me connecte jamais à mon PC de bureau. Et je ne supporte pas de visiter les blogs depuis mon smartphone. Voilà, tu sais tout cher lecteur. Mea Culpa. Je pense à toi malgré tout (et j'ai de temps en temps z'yeuter certains blogs, histoire de prendre des nouvelles en sous-marin). 


Alors je réfléchis. J'ai une liste longue comme le bras d'idées d'articles. Tous ne sont pas pour ce blog. Mais aujourd'hui, j'ai un peu de temps car mes soirées redeviennent moins chargées depuis que ma Charmante Compagnie m'a lâchée pour jouer à Final Fantasy VII, sorti il y a 10 jours. Attention, ceci n'est pas une plainte, au contraire, même. J'avoue ... J'apprécie avoir des soirées "solo" à faire ce que j'ai envie ... Regarder pleins de séries, lire, dormir. Et j'espère, bloguer à nouveau. 

Alors, j'espère vous dire à très bientôt, ici. On verra ce que la vie nous amène comme sujets à aborder. Le confinent, tiens. Ça c'est une bonne idée ! 

PS : depuis cet été, je me suis mise à boire du thé chaud. Juste une seule sorte de thé, mais du thé chaud quand même ! 

[A suivre ... si y'a encore quelqu'un par ici]

lundi 12 août 2019

Mon bébé a-t-il suffisamment/trop de jouets ?

Lorsque nous avons préparé l'arrivée de l'Elu, notamment par le biais de notre liste de naissance, j'étais beaucoup plus intéressée par sélectionner des cadeaux type jeux d'éveil plutôt que des vêtements que j'avais déjà en grand nombre. 
Une ancienne collègue m'a alors donné quelques jouets de ses enfants, comme neufs, une amie nous a aussi donné quelques jouets et j'ai récupéré certains des jeux de mon enfance. Ainsi, à la naissance, l'Elu avait une bonne dizaine de jouets d'éveil dès la naissance. Il avait également quelques jouets "doudous". J'ai d'ailleurs souhaité très fort qu'il n'ait pas trop de doudous à la naissance, dont on saurait que faire. On s'en est pas trop mal sortis ... 4 doudous offerts en tout ... 

Certains amis ont donc suivi notre liste et nous ont donc offert des jouets en bois, des jouets d'éveil, des jouets type Montessori. Nous étions ravis. J'ai également craqué en achetant 3/4 jouets en brocante, comme neufs ! Avec tout cela, nous avions de quoi occuper l'Elu sur du long terme. 



L'Elu a grandi. Si dans ses premières semaines de vie, il ne montrait pas trop d'intérêt pour les objets/jeux que je lui posais autour de lui sur son tapis d'éveil, très vite, il s'est mis à s'y intéresser et à interagir avec ses jouets. 
J'ai pour principe, à ce jour, de ne pas vouloir l'encombrer de jouets dans son espace réservé à cela dans sa chambre ou dans le salon. Ainsi, je fais tourner les jouets en sélectionnant à chaque fois différents jouets, environ 4 ou 5. Cela lui permet de se focaliser et se concentrer sur un jouet à la fois. 



Toutefois, je me suis questionnée sur le nombre de jouets qu'on avait pour lui. Je me suis dis que peut-être, dix jouets (type hochets, doudous ...) n'étaient pas suffisants pour développer son éveil et sa motricité. J'ai donc été tentée de me lancer dans une phase d'achats compulsifs de jouets 1er âge ... et puis, je me suis posée et j'ai un peu réfléchi (oui, les réveils nocturnes pour les tétées permettent de réfléchir souvent au sens de la vie) et j'en ai conclu finalement que ce n'était pas une question de nombre mais plutôt de diversité. 
En effet, il est inutile que bébé se retrouve avec 15 hochets par exemple ... L'idéal consiste à lui proposer des jouets qui font travailler différentes choses pour bébé : la motricité, la motricité fine, les réflexes, la coordination, les textures, la vision etc. 
J'ai donc fait le point sur ce que nous avions déjà et ce qu'il pouvait éventuellement nous manquer pour qu'il puisse avoir une vraie diversité de jouets. J'ai également fait le point sur le type de jouets que je voulais, à savoir peu de jouets électroniques et bruyants "bêtement", des jouets en bois, des jouets en matière saine... et j'ai ainsi complété sa collection de jouets. 
Aujourd'hui, ils sont rangés dans des bacs différents en fonction du "thème" du jouet, de l'âge aussi pour une utilisation optimale. Il ne manque pas de jouets, mais je ne pense pas qu'il en est "trop" à ce jour. De toute façon, je compte continuer mon système de rotation de jouets. De plus, L'Elu est inscrit depuis cet été à la ludothèque de la ville de mon lieu de travail, je compte bien ainsi lui proposer de nouvelles découvertes chaque mois (ce sont des jouets qu'on laissera chez sa grand-mère qui le gardera 1 fois par semaine à partir de la rentrée). 



Je pense qu'en grandissant, ses goûts vont s'affiner et s'affirmer et qu'à terme, il jouera un peu plus avec certains jeux qu'avec d'autres. Pour le moment, il est curieux et touche à tout. 

Nous allons également profiter des toutes premières années où il n'a pas encore d'envie particulière, pour le gâter intelligemment à Noël et à son anniversaire, en faisant un seul gros cadeau groupé avec la famille (pour Noël, c'est un portique extérieur avec toboggan et/ou maison en bois intégrée) que nous avons prévu. 
J'en profite également pour acheter en avance, à chaque fois qu'une occasion se présente (soldes, promotion, bon d'achat ...) des jouets pour le futur plus ou moins proche. Je les mets de côté et on les lui offrira au bon moment ! 

Et toi, comment as-tu géré le coffre à jouets de tes enfants ? As-tu de bons tuyaux à partager ? 

P.S : A l'heure où j'écris cet article, L'Elu fait le tour de son immense tapis d'éveil 2m par 2m ... entouré de jouets tous plus chouettes les uns que les autres ... pour aller attraper et jouer avec les câbles de l'ordinateur de son Papa-refait ! 

mercredi 19 juin 2019

Le jour où j'ai envie de changer de job

Depuis que je suis devenue maman, au foyer pour le moment, je n'ai plus envie de retourner à mon poste actuel. J'avoue avoir très envie de pouponner et materner mon fils. Contrairement à ce que certaines femmes de mon entourage m'avaient raconté de leur congé parental, pour ma part, je suis loin de m'ennuyer. En effet, je suis sans cesse en activité. Avec l'Elu, nous sommes présents à toutes les réunions d'allaitement, de couches lavables, de portage et autres ateliers autour du maternage. Je suis également en train de monter une association avec ma voisine, elle aussi toute jeune maman d'un petit garçon de 6 semaines de plus que mon fils. Et à cela s'ajoute les sorties diverses avec une autre jeune maman d'un petit bonhomme de 7 mois, les visites de ma mère et chez ma mère, les journées passées chez ma belle-mère, et les week-end bien chargés de repas chez nous ou chez des amis ... Je ne vois pas le temps passer ! 
Mais cette découverte de la maternité m'a également fait prendre conscience que j'étais sûrement à un stade de ma vie professionnelle où j'avais besoin de nouveau. J'aime toujours mon métier - assistante sociale. J'aime moins la façon dont l'Institution nous oblige à le faire. Alors la perspective de retrouver toutes ces choses qui m'énervent et me donnent parfois envie de faire de la politique et de devenir ministre de la santé et des affaires sociales ... ne me fait pas du tout rêver ! 
Mais ce qui me fait rêver par contre, c'est de changer d'air. J'avais pour projet, d'ici environ 5 à 10 ans, de passer mon diplôme de cadre socio-éducatif. Aujourd'hui, j'ai envie de tout autre chose. 




Je rêve de devenir monitrice de portage, de me former dans des tas de domaines liés à la parentalité et au maternage (Montessori, motricité libre, éducation bienveillante, couches lavables, allaitement, portage, DME etc). J'aimerais créer ma boîte en maternage, conseiller les futurs et jeunes parents, les accompagner dans la découverte de leur enfant. J'aimerais même vendre certains articles de puériculture ... Bref, j'aimerais vivre de cela. 
Mais pour le moment, tout ceci ne me semble être qu'un rêve un peu fou. Je me console en me disant que déjà, mon association va peut être me combler un peu de ce côté là, même si je n'en fais pas mon métier ... Et pourtant ... j'aimerais tellement ... mais ça me parait irréalisable. 


mardi 28 mai 2019

Le jour où j'allaite depuis 4 mois

Dimanche, l'Elu a eu 4 mois. Dimanche, j'ai fêté ma première fête des mères. Pour l'occasion, j'ai reçu un magnifique bijou de mon lait maternel, symbole de cet allaitement qui me tient tant à coeur. 
J'en ai déjà parlé à plusieurs reprises sur ce blog, lorsque j'avais renoncé à une grossesse et que nous avons démarré la procédure d'agrément en vue d'une adoption, ce qui me pesait le plus était de ne pas pouvoir allaiter mon enfant. 



L'allaitement maternel est pour moi une évidence depuis ma plus tendre enfance bien que ma mère ne m'ait allaité que quelques semaines et en allaitement mixte, étant alors à l'époque très mal formée et informée au sujet de l'allaitement. Dans mon adolescence, j'ai pu voir des femmes allaiter, et j'ai été choqué de voir qu'elles étaient souvent montrées du doigts et marginalisées car elles allaitaient leur enfant. Alors qu'à la base, n'oublions pas que l'allaitement est l'acte le plus naturel au monde et qu'il est à la base de la conservation de notre espèce. 
Cet article n'a pas pour vocation à faire de la pub pour l'allaitement, car j'estime que chaque couple parental fait son propre choix concernant le mode d'alimentation de son nouveau-né et que chaque choix est personnel et respectable. 
Je souhaite juste te faire part ici de mon expérience et donner quelques conseils aux futures mères qui souhaiteraient un jour allaiter. 

Tout d'abord, je dois dire  que mon premier (et presque) unique conseil est de t'informer un maximum sur l'allaitement avant la naissance de ton bébé. Pour ma part, j'ai multiplié les sources : j'ai eu une séance de préparation à l'accouchement avec ma sage-femme de la maison de naissance et quelques futures mamans. Ca a permis de découvrir le B-A-BA de l'accouchement, la base ... les débuts. Bien évidemment, tout cela était peu concret pour moi, mais l'entendre en étant dans de bonnes conditions était vraiment important. Ensuite, j'ai adhéré à l'association Galactée, qui propose des réunions autour de l'allaitement une fois par mois sur mon secteur. J'y suis allée 2 fois avant d'accoucher. Lors de ces échanges, j'ai pu entendre les témoignages et questions de jeunes mamans et j'ai gardé tout cela dans un coin de ma tête. 



Au moment de la naissance de l'Elu, il était essentiel pour moi qu'il soit mis au sein dans ses premières minutes de vie. Cela a bien été respecté par l'équipe, et mon petit goulu a très vite pris le sein et surtout avec appétit et intéret. Il a tété quasiment 45 minutes sur les deux seins. Au réveil, après une très courte nuit de 5h à 8h, j'ai essayé de mettre bébé au sein, en vain. J'ai alors appelé l'auxiliaire de puériculture pour qu'elle vienne m'aider. J'avais beau avoir bien retenu tout sur les fameuses positions et prises en bouche ... j'avais du mal à le mettre en pratique. Malheureusement, cette auxiliaire ne devait pas avoir beaucoup de temps, ou pas envie de m'apprendre ... Elle m'a juste "collé" bébé au sein qui a pris quelques gorgées ... avant de sombrer dans le sommeil. 
Nous sommes (heureusement) sortis de la maternité à 12h de vie pour l'Elu. En sortant, le personnel nous a dit de bien réveiller bébé toutes les 3h pour qu'il tète ... En tant que toute jeune maman, j'ai hésité à suivre ce conseil ... mais quelque chose au fond de moi ne me convenait pas. L'Elu venait tout juste de naître, après 33h d'un long travail. Il était donc normal qu'il soit fatigué et préfère dans un premier temps dormir. Il faisait un très bon poids de naissance (3,930 kg) ... Je me suis donc dis que je pouvais aussi attendre encore un peu, qu'il réclame de lui-même. Il a donc dormi de 8h à 17h. Et quand ma sage-femme est venue à 20h à la maison, elle m'a confortée dans le choix que j'avais fait avec Papa Refait, de ne pas le réveiller. Elle m'a cependant prévenu que du coup, cette nuit, il risquait de beaucoup réclamer, pour compenser ! 

Les premiers jours, l'allaitement a été plus une source de maladresses que de plaisir. Je n'arrivais pas à bien positionner l'Elu, qui du coup prenait mal le sein. Ca ne l'empêchait pas de téter, ni de prendre du poids, mais ça n'avait rien d'agréable et de pratique ! Mais je ne me suis pas laissée désemparer ! J'ai appelé la ligne d'astreinte de l'association Galactée après la première nuit. J'ai vu et revu les positions avec ma sage-femme de la maison de naissance à domicile. J'ai pris rdv à J2 de vie chez l'ostéopathe qui a travaillé sur sa mâchoire, sa pression crânienne et son cou. J'ai vu une conseillère en lactation pour trouver des positions confortables. Et surtout, je me suis rappelée tout ce que j'avais pu entendre dans les différentes réunions auxquelles j'avais assisté, ou lu dans les livres ! Tout ceci m'a permis de tenir. 

On entend souvent qu'il faut 6 semaines pour mettre en place un allaitement, et je confirme. C'est à peu près vers 5/6 semaines que l'allaitement est devenu quelque chose de naturel et très plaisant pour moi, mais aussi pour bébé. Il était plus grand, plus mobile et donc pouvait mieux prendre le sein en bouche dans certaines positions, notamment la nuit ! 



J'allaite à la demande. Exclusivement. Ainsi, ma lactation suit les besoins de bébé. C'est en allaitant à la demande qu'on maintient une bonne lactation et que l'allaitement est facilité ! Le plus dur, au final, c'est de devoir répondre (ou pas) à toutes les personnes autour de nous qui ne peuvent s'empêcher de te dire "mais il téte encore ?", "t'es sûre que tu as assez de lait ?", "Oh, mais tu l'endors au sein, il va s'habituer ...", "tu devrais pas espacer les tétées de 3h ?". Bref, voilà le plus dur, faire abstraction des conseils de personnes mal informées sur l'allaitement. 

Oui, j'allaite à la demande, parfois, l'Elu tète 5 minutes, parfois 20. Il prend le sein toutes les 3h ou parfois toutes les 30 minutes. Il s'endort souvent au sein et le sein le calme. Il n'a pas de sucette car il n'en veut pas. Le sein répond à tous ses besoins, aussi bien nutritif qu'affectif. Il dort bien la nuit mais il lui arrive d'avoir un ou deux réveils nocturnes. Ce n'est pas un problème en soi car nous pratiquons le co-dodo (il a son magnifique berceau co-dodo collé à notre lit) et que l'allaitement nous bourre d'hormones qui nous font dormir et récupérer assez vite. 

4 mois que j'allaite et je savoure cet allaitement. 
Je suis engagée auprès de l'information sur l'allaitement pour les femmes mais aussi les hommes. Car n'oublions pas que les papas ont un rôle primordial dans l'allaitement. Papa-Refait est un soutien indispensable. Au début de l'allaitement, c'est même lui qui positionnait bébé pour m'aider ... C'est lui qui me donne à boire quand j'ai soif. C'est lui qui coordonne pleins de choses et son rôle est donc essentiel ! 

D'ici quelques semaines, nous allons démarrer la diversification, mais l'allaitement maternel restera la source nutritive principale de l'Elu. Je n'ai pas de date de fin en tête. Je compte bien prolonge l'allaitement au-delà de ma reprise professionnelle en septembre. L'idéal pour moi serait d'aller vers un sevrage le plus naturel possible ... 

Dans quelques temps, je vais me former sur une durée de 2 ans, avec l'association Galactée, pour être une maman bénévole de l'association, pouvant assurer des permanences téléphoniques et assurer des réunions de secteur. L'allaitement maternel me passionne et j'ai pour ambition de transmettre ses bienfaits au plus grand nombre de futurs parents, soucieux de bien s'informer sur ce sujet. 

Quant à l'Elu, il adore, tout simplement. J'adore le voir grandir à mon sein. Plus il grandit, plus je vois qu'il aime ce lien unique qui nous réunit. Je ne me lasse pas de plonger mon regard dans le sien quand je l'allaite. Son petit regard rieur et plein d'amour. Et quand je vois comme il grandit, je suis fière de me dire que c'est grâce à mon lait si bon pour sa santé et son développement ! 

Ceci est un article global sur l'allaitement. Je ferai sûrement d'autres articles sur des thèmes plus spécifiques liés à l'allaitement ... Les premiers jours, les pics de croissance, les nuits, la diversification, allaitement et travail... N'hésitez pas à me poser vos questions concernant l'allaitement, je me ferai une joie d'y répondre ! 

jeudi 11 avril 2019

Le jour où on a préparé la chambre de bébé

Quand nous avons acheté notre maison, il y a 4 ans 1/2, nous avions déjà déterminé quelle serait la chambre de bébé #1. On l'a donc toujours appelé "la chambre de bébé" alors qu'elle servait uniquement de chambre d'amis. Dès l'annonce de ma grossesse, j'étais pressée de l'aménager enfin en chambre d'enfant. Une chambre que j'avais donc pensé et conçu dans ma tête depuis tant d'année, me nourrissant d'idées déco Pinterest et d'aménagements suite à nos lectures autour de la motricité libre et de l'apprentissage par Montessori. J'en ai donc très vite parlé au futur papa et nous avons commencé assez rapidement l'installation de cette chambre issue de nos 2 imaginations.
Bien entendu, c'est donc Charmante Compagnie (que j’appellerai maintenant Papa-Refait, son pseudo sur les RS et la blogo désormais) qui s'est chargé de détapisser et peindre la chambre ... Je l'ai aidé un peu, tel un commis de cuisine, pour des petits trucs comme poser la bâche de protection ... Mais avec mon bidon, j'ai souvent utilisé la carte Joker, je l'avoue !



Nous avons choisi une couleur claire et mixte pour les murs ... En magasin, ils l'appellent Capuccino. Nous, on l'appelle beige. On l'associera avec du turquoise, nous sommes en effet encore dans l'attente du panneau mural conçu et fabriqué par l'entreprise de mon cousin, l'Atelier Virgül, qui sera coordonné avec le plafonnier de la chambre (petites souris et chats). Papa-Refait voulait des stikers nature et animaux (le thème de la chambre), nous en avons trouvé de très sympas à petits prix, il s'est donc amusé à les coller là où nous l'avions décidé.



Concernant le lit, depuis déjà 2 ans, Papa-Refait me parlait de fabriquer lui-même un lit au sol, lit cabane, pour favoriser la ML et l'autonomie de bébé. J'étais un peu curieuse d'imaginer mon mari fabriquer un lit mais ... il l'a fait, et superbement bien fait ! Il en est fier et il y a de quoi !
Bon, j'aurai pu pousser le bouchon et lui dire que tant qu'il y était, il pouvait se charger des autres meubles, mais finalement on a plutôt fait appel à Ikea pour la table à langer et le meuble à jouets, et à Verbaudet pour la petite bibliothèque nuage dont j'ai longtemps rêvé ... J'ai choisi la table à langer évolutive, en bureau ... j'aime que les meubles évoluent ... je t'en reparlerai plus tard.



On a ensuite préparé un nido. Là aussi, Papa-Refait avait déjà tout planifié, avec le miroir et la barre (de rideaux). Pour le moment, il est occupé par le tapis d'éveil mais va très vite évoluer, en même temps que l'Elu.



Mais ce qui me tenait à coeur dans cette chambre d'enfant, c'étaient les clins d'oeil. Les souvenirs. Les objets qui ont un sens ... Ainsi, j'ai récupéré les peaux de bête de mes grands-parents. Ma tirelire d'enfant de chez mes grands-parents (tous les petits enfants ont eu la même : une tirelire cochon en bois vernis). L'attrape-rêve rapporté de la réserve amérindienne du Québec. La poupée indienne offerte par sa grand-mère, venue elle aussi du Québec. Et il y a encore d'autres petites touches clin d'oeil, de cadeaux home-made offerts par des copines créatrices depuis mon aventure de blogueuse ... Je pense à la poupée d'Isabelle, à l'oiseau de Laurine, au petit chien en crochet de Marina. 



Cette chambre est lumineuse, chaleureuse. Je me sens bien quand je suis à l'intérieur. On y passe de plus en plus de temps, à changer la couche de bébé, à ranger ses vêtements, à jouer sur le nido, à faire de belles siestes dans le lit-cabane au sol ... J'ai hâte de la voir évoluer avec lui, de la voir vivante, un peu mal rangée, parfois (mais pas trop). Je souhaite qu'il y fasse de jolis rêves et  qu'il se créé de magnifiques souvenirs dedans ! 



Et en attendant, L'Elu partage notre chambre dans son petit lit en cododo ... Une belle aventure dont je parlerai prochainement sur le blog !




samedi 10 novembre 2018

Le jour où ces petites phrases nous agacent ...

Avant même d'être enceinte, nous avons souvent eu droit à ces petites phrases anodines et dites sans méchanceté aucune, mais qui agacent, exaspèrent voire blessent surtout quand on attend ce jour depuis des années ... La plus fréquente était celle que les gens nous disaient quand on leur disait qu'on n'avait pas encore d'enfant (qu'on essayait, qu'on était en PMA, qu'on était en procédure d'adoption, etc), la fameuse "oh, profitez en bien tant que vous n'en avez encore pas (d'enfants) ! ". Cette phrase avait le don de nous énerver, nous qui n'attendions que ça et justement estimions que nous en avions déjà bien profité ... 



Mais, même enceinte, il faut croire que les petites phrases bien pensantes continuent de fuser ... à tel point que cela peut parfois presque gâcher notre plaisir, celui de profiter de chaque moment que l'on vit depuis 7 mois, celui de rêver de ceux que l'on va vivre pendant des années en tant que parents, celui de penser par nous même ce que l'on souhaite faire, appliquer, mettre en place pour cet enfant à naître, tout en ayant conscience que des tas de choses ne se passeront pas comme on l'imaginait ... Parce que ça aussi, on est au courant. Quand ça fait plus de 4 ans que tu te prépares à devenir parents, tu as lu des tas de bouquins, regardé des dizaines d'émissions, parlé des heures avec tes amis déjà parents, observé de près ou de loin ... En 4 ans, on est sûr de notre choix, cet enfant n'arrive pas au hasard, il ne tombera pas comme un cheveu au milieu de la soupe ... 

Dès que les gens ont su que nous ne voulions pas connaître le sexe de bébé, on a eu droit à "Oh, ben bon courage, vous allez pas tenir et finir par craquer au moment de l'écho ..." Merci, mais on le vit bien et tout va bien, on n'a jamais craqué à l'écho et nous sommes soutenus par notre sage femme ... 

Quand j'ai commencé à parler accouchement physiologique, accouchement en maison de naissance et donc accouchement sans péridurale, j'ai eu droit aux encouragements "Ah ben tu verras bien mais à mon avis tu vas la demander la péridurale, on voit que tu sais pas ce que c'est qu'une contraction ..." A croire que ces personnes attendent avec plaisir d'apprendre que notre projet de naissance ne s'est pas déroulé comme nous l'imaginions ... C'est fou comme les gens peuvent tout rapporter à eux uniquement et à leur expérience ... 

Et puis il y a eu l'allaitement ... "Du coup, votre bébé ne fera jamais ses nuits", "tu ne pourras jamais le lâcher pour faire autre chose", "Tu vas avoir des crevasses", "Achète tout de suite des bouts de sein" ... Et tout un tas d'autres phrases bien pensantes au lieu des encouragements et vrais conseils que l'on attend ... 

Dois-je vous faire part de ce qu'on a entendu à propos des couches lavables ? "Oh à mon avis tu vas vite laisser tomber, c'est tellement chiant ... rien ne vaut le jetable" ... Ou encore plus optimiste "Tu vas même pas essayer au final car tu verras les nourrissons ça fait caca 10 fois par jour" ... A ce moment là, on ne dit même plus qu'on a aussi nos lingettes lavables et qu'on fera nous même le liniment de notre bébé ... 

Je te passe les encouragements quand on évoque que grâce à notre Thermomix, on compte bien faire les purées et compotes maison ... Les gens ont un avis négatif et pessimiste sur tout ... 

Le pire, quand on les entend ... c'est qu'on a l'impression que pour eux, avoir eu des enfants est un calvaire ... Limite un regret ... Même si nous faisons abstraction de toutes ces phrases au quotidien, nous sommes souvent blasés de les entendre et de devoir sourire et remercier pour le merveilleux conseil ... En tant que futurs parents, nous ne sommes encore pas légitimes à pouvoir affirmer nos choix de maternage, d'éducation ... Nous n'avons pas encore expérimenté le fameux proverbe "avant on avait des principes, maintenant on a des enfants" et donc les valeurs que nous souhaitons transmettre à nos enfants sont prises à la rigolade par les autres. 

Et en attendant, on continue à rêver ... On profite de cette grossesse comme si elle devait être la dernière et nous avons en même temps hâte de rencontrer notre enfant, tout en étant conscient que nos vies vont être chamboulées et changer à tout jamais. On continue à être suivis en Maison de Naissance pour un accouchement naturel, dans l'eau et sans péridurale. On cherche à participer à des ateliers de portage, à rencontrer des parents qui utilisent des couches lavables pour prendre le maximum de conseils et choisir les couches qui conviendront le mieux à bébé et à nous. On lit des livres sur la motricité libre, la pensée Montessori et on se renseigne un maximum sur l'allaitement auprès de mamans allaitantes, d'associations et de professionnels. On est toujours heureux d'être parents et de sacrifier nos vies passionnantes de couple sans enfant pour se faire chier avec un mioche qui va nous pourrir la vie :) 



C'était mon petit coup de gueule du jour ... Laissez-nous rêver ... Laissez-nous expérimenter nous-même notre future parentalité au lieu de nous en dégoûter avant même d'avoir tenu notre bébé (au sexe inconnu !!!) dans nos bras ! 
Ce qu'on veut, c'est de la joie, de l'enthousiasme, du soutien et des conseils qu'on a vraiment demandé et dont on a réellement besoin (comme par exemple à quoi vont me servir ces dizaines d'inserts à pression avec mes couches TE1 qui m'ont l'air déjà équipées d'inserts :D) 

Et donc, vous l'aurez compris dans cet article ... En spoiler ... Prochains articles à venir sur : ne pas connaître le sexe de bébé ; accoucher en maison de naissance ; préparer une chambre Montessori ... 

mardi 15 mai 2018

Le jour où on explique l'adoption à nos proches

Nous avons toujours été soutenus par nos familles et nos proches amis concernant notre projet d'avoir des enfants, que ce soit à travers notre parcours en PMA ou quand nous avons décidé d'entamer les démarches en vue d'une adoption. 
Toutefois, nous nous sommes vite aperçu que nos proches avaient parfois certaines idées reçues sur le sujet ... Entre ceux qui n'imaginent même pas qu'une FIV puissent ne pas fonctionner, ceux qui s'imaginent que l'obtention de l'agrément signifie que l'enfant va arriver dans les semaines à venir ... 



Nous avons eu envie de commencer à préparer nos proches à la spécificité de l'adoption. 
L'adoption n'est en rien une bonne action, un geste magnifique etc ... même si c'est l'image véhiculée par la société. La parentalité par l'adoption est un processus et ne va pas toujours de soi, même quand on le désire le plus fort possible. D'ailleurs, de nombreux parents vivent un moment de dépression à l'arrivée de l'enfant tant attendu. Car justement,  cet enfant est souvent très, trop attendu. Et par l'entourage aussi. 

Ainsi, nous avons très vite abordé le sujet, notamment avec nos parents qui bien entendu, trépignent d'impatience à l'idée de devenir grands-parents. Nous leur avons expliqué comment allait se passer l’apparentement : un appel du service de l'aide sociale à l'enfance pour nous informer que le conseil de famille nous a choisi pour nous confier un bébé en vue d'une adoption. Ensuite, viendra un temps de rencontrer avec les professionnels pour qu'ils nous parlent de l'histoire de ce bébé. En effet, même âgé de 2 mois, ce bébé aura déjà une histoire et il est important d'en tenir compte dans la construction de son identité. Enfin, il y a aura la fameuse rencontre, la phase d'apparentement au sein de la pouponnière. Cette période dure environ 8 à 10 jours. Nous serons hébergés sur place et serons auprès de notre bébé tous les jours. A la fin de cette période d'adaptation, aussi bien pour nous, jeunes parents, que pour notre enfant, nous rentrerons à la maison. 

Et c'est là où les gens s'imaginent "Happy End, ils vécurent heureux avec leur enfant". Oui, mais pas forcément. Du moins, il y aura des choses à mettre en place. Parce que cet enfant, on aura beau l'avoir attendu pendant des années, et l'aimer de tout notre coeur ... Il y aura ce lien à créer. Il faudra qu'on s'apprivoise mutuellement, qu'il nous fasse confiance et qu'on apprenne à le connaître. Et donc, contrairement à un retour de maternité où tout le monde se presse auprès de la maman et du bébé ... il faudra que l'on construise une petite bulle rien que tous les 3. Pas éternellement, mais pendant un certain temps, pour que l'enfant se pose et se rassure. Et ça ne s'arrêtera pas là, puisque, par la suite, toujours pour que le lien se créé, nous avons averti nos familles que les soins donnés au bébé, les premières semaines, ne seront prodigués que par nos soins. C'est pour que l'attachement se fasse. Ainsi, nous serons préposés aux biberons, couches et bains ... même si les mamies mourront d'envie de donner le biberon à leur petit enfant. Ce sera non négociable et on suivra le rythme de notre bébé. Quand on le sentira serein et en sécurité, alors on pourra permettre à ce que d'autres personnes que nous le nourrissent ... 

C'est un point abordé et travaillé tout au long de la procédure d'agrément. Ce n'est ni un caprice, ni une lubie. Juste des choses à mettre en place pour mettre toutes les chances de notre côté pour que l'attachement se fasse. 




Et il en sera de même pour des tas de petites et grandes choses tout au long de sa vie. L'adoption, même si pour nous, semble naturelle, est un tout autre processus que la parentalité biologique. Il ne faut pas l'oublier et ainsi, les choses se passeront, en effet, le plus naturellement possible. 
Nous avons également fait le choix de ne pas révéler l'histoire de notre bébé adopté, sauf s'il y a une information importante à prendre en compte quand on est auprès de lui. Cette histoire lui appartient et s'il veut en parler à notre famille, nous attendrons que cela vienne de lui. Les gens n'auront pas besoin en effet de savoir si cet enfant est issu d'un viol ou si sa mère de naissance a déjà d'autres enfants. Ils n'auront pas besoin de savoir qu'il est né suite à un déni de grossesse ou que sa mère n'a pu le garder à cause d'un conjoint violent. Ils auront juste besoin de l'aimer pour ce qu'il est. Il nous parait essentiel de respecter cette intimité. L'abandon, même à la naissance, est déjà une terrible épreuve en soi. Pas besoin de rajouter par dessus le regard des autres, même s'il est bienveillant. 

Nous leur expliquons également qu'une fois le bébé confié, il n'est pas encore "à nous". L'adoption plénière n'est prononcée que dans les 6 mois ou plus qui suivent l'arrivée de l'enfant, et qu'avant cela, il y a à nouveau des rapports sociaux et cie ... afin de s'assurer que nous serons de bons parents pour cet enfant, que tout se passe pour le mieux. Il faut compter en moyenne une année avant que l'enfant soit officiellement sur le livret de famille avec sa nouvelle identité.  

Nous discutons de tout cela régulièrement, avec mon mari et avec nos proches. Ainsi, nous espérons que le moment venu, personne ne sera froissé de n'apprendre l'arrivée de notre bébé au sein de notre foyer plusieurs jours après, ou que personne ne me qualifiera de mère surprotectrice quand je refuserai de lui laisser nourrir notre enfant. 



Aujourd'hui, il n'y a qu'une chose que l'on n'ose pas encore aborder, c'est le choix du parrain et de la marraine. Car nous gardons en tête que pour le moment, ce bébé né sous X qui nous sera confié en vue d'une adoption n'existe pas et qu'il n'existera peut-être jamais. Alors, pour les protéger eux-aussi d'une déception, nous ne leur annoncerons qu'une fois l'enfant chez nous !

mercredi 4 octobre 2017

Le jour où on a rencontré l'assistante sociale pour notre agrément en vue d'une adoption #3

Je vous avais laissé sur l'envoi de notre dossier de demande d'agrément. Une fois les formalités réglées, nous avons attendu. A notre plus grande surprise, l'attente fut de courte durée car nous avons très rapidement reçu notre courrier nous informant que nous étions désormais inscrits sur la liste d'attente pour un enfant pupille de l'Etat. Quelques jours plus tard, nous étions invités à prendre rendez-vous avec l'assistante sociale qui allait s'occuper de l'investigation sociale pour notre demande d'agrément. 
Je ne vous cache pas que j'ai été assez anxieuse de passer de l'autre côté du bureau .. .D'habitude, c'est moi l'assistante sociale, assise derrière mon bureau, qui invite les personnes à parler de leur situation. J'ai trouvé mon mari plutôt serein de son côté. 
C'est moi qui me suis chargée de prendre le RDV et ce premier contact téléphonique m'a soulagée. L'assistante sociale avait l'air très décontractée et ouverte. La cerise sur le gâteau, elle pouvait nous recevoir très vite, durant nos congés d'été. Ainsi, pas besoin de poser de jours ou d'heures de récupération. Nous allions pouvoir profiter pleinement de ce premier rendez-vous, bien que très matinal et à 1h15 de route de la maison. 
On a un peu serré les fesses car nous n'avons pas trouvé de place gratuite pour nous garer, et nous n'avions pas de monnaie sur nous. On pensait naïvement trouver un horodateur qui prenait les CB mais il faut croire que Grenoble n'est pas en avance là-dessus. Le commissariat se trouvait juste à côté des bureaux des services de PMI en plus ... Mais bon, ça valait le coup de prendre le risque d'avoir une amende (que nous n'avons pas eu, au final ... et dorénavant, on sait que quand on ira là-bas, il nous faudra avoir de la ferraille). 
J'ai profité que l'assistante sociale nous fasse attendre quelques minutes pour feuilleter quelques magazines et livres posés dans la salle d'attente, bien entendu, tous ciblés sur l'adoption. J'en reparlerai à l'occasion d'ailleurs, de ces lectures concernant le projet d'adoption. 
Et puis, on a fait le grand saut. 



Je comparerai ce premier rendez-vous avec la première échographie pour une grossesse. Il y a de l'excitation et beaucoup d'appréhension. On ne sait pas trop ce à quoi s'attendre, ce qu'on va découvrir ... On se laisse un peu porter par le professionnel. On ose à peine poser des questions. Et puis, une fois la sonde en route, on voit apparaitre un tout petit point minuscule avec un battement de coeur quasiment aussi gros que lui ... Et bien pour nous, ce fut pareil. 
Ca y est, on y était. L'aventure démarrait, s'inscrivait dans notre histoire. Notre projet d'adoption était reconnu par des professionnels. Alors, on s'est détendu, et on a parlé. 
J'ai beaucoup parlé. C'était comme naturel. Quand l'assistante sociale nous a demandé de nous présenter, de parler de nous, de notre enfance et de l'enfant que nous étions, de notre famille et des parents que nous avons, de nos relations fraternelles, de nos histoires d'amour qui ont compté avant de se trouver ... Puis de nous, enfin. De comment on s'est connu, plu, aimé, plus quitté. De notre désir d'être parents. De nos difficultés à le devenir naturellement parlant, biologiquement. 
On parlait, chacun notre tour. On s'écoutait, on se complétait, on approuvait. Et puis, l'assistante sociale nous demandait aussi de parler de l'autre. "Comment décririez-vous votre conjoint". "Qu'aimez-vous chez lui". J'ai failli pleurer quand j'ai entendu Charmante Compagnie parler de moi et de son amour pour moi. Non seulement, cet homme me connait (presque) par coeur, mais il a cette sensibilité qui me touche et me fait l'aimer un peu plus chaque jour. Entendre son mari dire à une parfaite inconnue ce qu'il aime chez vous ... croyez-moi, ça bouleverse et ça permet de recevoir une dose d'amour énorme ... 
A la fin de l'entretien, j'étais vidée, mais heureuse. Je pense que nous sommes sortis de cet endroit et que l'assistante sociale a pu se faire une réelle idée de qui nous étions. Nous nous sommes livrés sans tabou, sans crainte, en toute transparence. 
Et même si nous avons beaucoup parlé - énormément pour moi -, elle était en interaction avec nous et au final, c'était comme si nous discutions avec notre famille, nos amis ... de nous et de nos projets ... C'était simple et sans artifice. Sans pression aussi. La pression d'être bien vus. Non, elle a su nous mettre à l'aise immédiatement et montrer qu'elle était là aussi pour nous guider. L'adoption est un long cheminement, on ne vous demande pas, dès le premier rendez-vous, d'avoir réponse à tout. Le but du jeu, c'est d'être soi-même. 



Ce jour là, nous l'avons été. Et quand nous sommes partis, avec dans nos agendas le prochain rendez-vous, à la maison, cette fois, nous sommes sortis heureux. Heureux, et avec des projets pleins la tête. 
Car une demande d'agrément, c'est long. Il faut environ 9 mois. Alors, pour éviter d'être passifs et vivre cela le plus sereinement possible, on s'est fixé des objectifs à réaliser durant ces 9 mois : 

- S'inscrire à EFA 38, l'association pour les adoptants et les adoptés de notre département, afin de participer aux soirées témoignages, aux colloques, aux formations ... 
- Lire, encore et toujours, sur l'adoption mais surtout sur l'attachement et l'apparentement. Sur l'après-adoption. 
- Concevoir un livre d'adoption pour ce futur enfant, pour qu'il se sente attendu comme peut l'être un bébé biologique ... écrire notre attente, lui présenter sa famille et nos amis ... un carnet à remplir au fil des mois d'attente ... et après. 
- Ecrire. Celui-ci, c'est mon projet personnel. Ecrire cette aventure que l'on démarre. Une aventure vers la parentalité semée d'embûches et d'émotion. 


samedi 19 août 2017

Le jour où parfois ça m'fait un peu peur ...

Il y a des jours où l’idée d’avoir des enfants me fait peur. J’ai beau espérer très fort devenir mère un jour, il y a aussi au fond de moi une grosse appréhension. Toutes les peurs sont légitimes, quand on s’apprête à devenir parents, nous sommes bien d’accord. Après tout, c’est nouveau, c’est l’inconnu. Cela peut effrayer d’avoir du jour au lendemain une telle responsabilité que celle d’élever un enfant et de lui apprendre à devenir un adulte responsable et épanoui. 


Moi, parfois, ce qui me terrifie, c’est la fatigue à venir ou plutôt l’énergie que demande le métier de parent à temps plein. Sans enfant, je suis déjà souvent fatiguée par mes journées de boulot bien chargées et quand arrive le soir, à la maison, j’ai franchement peu de courage si ce n’est celui d’enfiler un pyjama tout doux et de filer sous la couette après avoir avalé un bol de vermicelles (oui, j’exagère un peu …). Parfois, je m’imagine avec un (ou soyons fous, plus d’un) enfant à gérer, le matin avant le boulot, le soir après le travail … les weekends … pendant les vacances, bref, tout le temps quoi, car il parait que quand tu deviens parent, c’est pour toute la vie et tous les instants ! Eh bien, quand je pense à tout ça, j’ai peur. Je me demande où j’arriverai à trouver l’énergie pour assurer et assumer toutes les tâches qui incombent au métier de parents. Soyons honnête, même si être parent est un grand besoin, y’a certaines tâches qui ne sont pas toujours des parties de plaisir et peuvent être vécues comme des corvées. Là, pas question de squizzer le repas (équilibré et frais, s’il vous plait) ni de faire l’impasse sur les devoirs … Il y a des choses auxquelles on ne peut pas échapper.
Même si j’ai hâte, de voir ma maison pleine de vie, remplie d’enfants qui chantent dans le bain et qui jouent dans leurs chambres … j’ai peur d’être fatiguée en permanence, comme je le suis déjà à l’heure où j’écris cet article, alors que je n’ai que ma petite pomme à gérer (et mon mari qui peut parfois compter comme un enfant !) 

Je suis aussi admirative quand je vois toutes ces wonder-mothers qui semblent tout gérer de front en matière de parentalité mais aussi dans leur vie personnelle. Je n’ai déjà ni le temps ni la force de scrapper ou tricoter après le travail, alors comment trouverais-je la force de le faire après ma deuxième journée en une, le soir après avoir couché les enfants (avant une heure indécente) ? Comment font-Elles* ??? Donnez-moi leur secret … que je commence dès à présent mon stock de drogue de la wonder-mother … 


Oui, y’a des jours où ça me terrifie de me dire que dans quelques mois ou années, une petite tête blonde (ou pas) arrivera dans ma vie et me fera le même effet que le passage d’une tornade. Plus le temps passe, plus notre routine s’installe et plus j’ai l’impression que ce sera insurmontable. J’ai même rêvé, récemment, que j’étais tellement fatiguée et prise par mon quotidien que j’oubliais de nourrir l’enfant dont j’avais la garde pour quelques jours. Rassurant, hein hein. Oups, ça je crois que je ne le dirai pas à la psychologue pour l’agrément d’adoption !