mardi 2 février 2021

On a déménagé !

 En octobre 2014, jeunes mariés, nous poussions la porte de notre première maison "à nous". Nous avions sauté le pas d'acheter notre home sweet home et nous étions hyper excités. On a commencé par faire quelques travaux de rafraîchissement, à mettre la maison à notre goût, et on s'est installés. On s'est beaucoup étalés, occupant rapidement chaque centimètre carré libre dans la maison. Et puis l'Elu est arrivé, et malgré la présence de quatre chambres, on a très vite compris qu'on serait rapidement à l'étroit. 




Cependant, le projet, au départ, consistait à prévoir une extension de notre maison, dans quelques années. Mais l'arrivée de Numérobis nous a montré, une fois de plus, que la maison ne correspondait plus tellement à notre fonctionnement, notre mode de vie. On a donc réfléchi plus sérieusement à cette fameuse extension, mais envisager autant de lourds travaux, avec deux enfants en bas âge nous a vite refroidi. 

On s'est donc dit qu'on allait déménager d'ici deux ou trois ans, en gros, quand l'arrivée d'un troisième enfant serait imminente. Mais, lors d'une discussion au début de l'été avec mes parents, on se prend au jeu de rentrer nos critères de recherche de la maison idéale. Trois maisons ressortent de nos recherches, et nous les visitons. Très rapidement, nous éliminons deux maisons, car les travaux sont trop importants. Mais la troisième maison se révèle être un vrai coup de coeur. Elle répond à tous nos critères. Les travaux sont raisonnables et consistent principalement à mettre la maison à notre goût en matière de décoration intérieure. Alors, après peu d'hésitation, on s'est lancé. 

Nous avons signé le compromis le 23 juillet, j'étais alors à quelques semaines de mon terme pour Numérobis. Et c'est le 9 novembre que nous avons signé l'achat de la maison. Les choses sérieuses ont alors commencé. Les travaux se sont enchaînés pour que l'on puisse emménager le 19 décembre. Ce fut donc des semaines assez lourdes, usantes, crevantes, stressantes, surtout avec deux enfants de moins de 24 mois. Si l'Elu était à la crèche en journée et la semaine, j'étais avec Numérobis constamment avec moi. J'ai donc appris à peindre rapidement entre deux tétées. Mais on a réussi, on a été dans les temps et à l'heure où j'écris cet article, nous sommes confortablement installés.


Mon mari s'est énormément investi dans les travaux et à encore pleins de projets pour la maison et le jardin. Maintenant qu'il a de la place pour bricoler, il s'éclate et apprécie de faire des choses pour améliorer notre confort à la maison. 

On prend nos marques, les enfants se sentent bien dans la nouvelle maison, et on a hâte de se construire de nouveaux souvenirs. 


J'ai surtout hâte que les beaux jours reviennent, afin de profiter de la magnifique piscine et du jardin. En attendant, je m'entraîne à entretenir le feu de la cheminée et je me blottis sous un plaid, devant la cheminée, avec un magazine à lire tout en regardant du coin de l'oeil Numérobis jouer sur son tapis. 

Je te parlerai prochainement de la vente de notre maison, que je n'imaginais absolument pas quitter et encore moins aussi vite. Je te parlerai également des côtés moins fun de ce déménagement express, en période Covid et avec deux enfants en bas âges dont un nouveau-né. 

Une chose est sûre, j'ai prévenu mon mari que le prochain déménagement serait celui pour un départ en EHPAD !!! Hors de question de partir d'ici !!!


Et toi, tu as aussi déménagé un jour sur un coup de coeur ? 

vendredi 27 novembre 2020

Sois forte et tais toi !

... et assume ! Après tout, tu l'as bien voulu ! 

Cette phrase, je l'ai tellement entendue, qu'elle soit réellement prononcée ou pensée si fort qu'elle nous crève malgré tout les tympans. Mais d'autres femmes l'ont aussi entendu. D'autres individus. Ces mots viennent d'une société que je trouve de plus en plus maltraitante et de moins en moins bienveillante. 

Credit Photo (Creative Commons) : EliasSch

On a tous - ou presque - dans notre entourage, quelqu'un d'assez fou pour préparer un marathon. Tu sais, c'est l'épreuve sportive où il est question de courir plus de 40km avec le sourire ! Et donc face à cet individu bizarre, mais déterminé, on va souhaiter bon courage, bonne chance, on va l'encourager, le soutenir. On va même crier quand il passera la ligne d'arrivée, lui remettre une médaille. Et s'il se blesse en cours d'épreuve, s'il abandonne, on sera compatissant, bienveillant, on lui dira "c'est pas grave, tu as donné le meilleur de toi, l'important c'est d'être allé au bout de tes limites", et on lui fera même un câlin et on lui dira qu'il réussira le prochain marathon auquel il participera, car maintenant, il sait à quoi s'attendre ! 

Et pourtant... A la femme qui fait des choix, on ne tient pas ce discours bienveillant et encourageant. A la femme qui va décider de sortir de la ligne déjà tracée par ce que la société lui dicte depuis des années, des générations, on ne lui dira pas "c'est pas grave"si elle change d'avis, si elle n'y arrive pas. On lui dira : "je te l'avais bien dit que tu allais échouer". Oui, car dans cette société, renoncer, arrêter, changer d'avis... c'est forcément un échec. 

Credit Photo (Creative Commons) :Prawny

Ainsi, la femme qui choisira d'accoucher physiologiquement, on ne lui dira pas que c'est super, qu'elle va y arriver. On ne l'encouragera pas avec une banderole "on croit en toi". On ne l'applaudira pas quand elle aura dépassé la phase de désespérance et franchi la ligne d'arrivée, celle où elle accueillera son tout petit dans le creux de ses bras. Et si en plus, elle se "blesse" comme le marathonien, qu'elle abandonne la course en demandant une péridurale, par exemple, on ne lui dira pas "bravo, tu es allée au bout de tes limites et de tes choix". Non, on lui dira "on te l'avait bien dit que tu n'y arriverais pas !". Cette phrase, je l'ai personnellement entendu en amont de l'accouchement de mon premier enfant, quand j'ai rencontré l'anesthésiste. Ce rendez-vous est obligatoire même dans le cadre d'un projet d'accouchement physiologique pour justement, prévenir, un changement de cap. Ce jour là, je me suis sentie tellement peu soutenue, et rabaissée, quand il m'a dit, à la fin de l'entretien, qu'on se reverrait sûrement bientôt car j'allais sûrement finir par réclamer la péridurale. J'ai gardé cette phrase négative en moi jusqu'à l'accouchement de l'Elu. J'en veux toujours terriblement à cet anesthésiste sans aucune bienveillance et empathie. 

A la femme qui choisira d'allaiter, quand celle-ci, fatiguée d'avoir donné le sein à son enfant toute la nuit, suite à un pic de croissance, on lui balancera en pleine figure, à elle aussi, qu'elle l'a bien voulu, cette situation. Qu'elle n'a qu'à être forte et se taire. Et puis, allaiter, c'est naturel, elle n'a pas besoin d'aide ! 

A la femme qui fera le choix de ne pas travailler après la naissance de son enfant, pour une durée de deux mois, six mois, trois ans, toute la vie... mais qui osera dire que c'est difficile de "rester à la maison", que financièrement, c'est dur et que donc elle ne pourra pas mettre 50€ dans le cadeau d'anniversaire de Tartenpion car elle va garder cet argent pour nourrir sa famille, à elle aussi, on lui rétorquera qu'elle l'a choisi, qu'elle doit assumer maintenant et qu'en plus, elle est radine ! On pourra parfois même rajouter la petite phrase bonus qui est offerte, à savoir que comme elle ne travaille pas, elle, il serait vraiment bien vu que la maison soit bien tenue et qu'elle ne demande pas (trop) l'aide de son mari, qui se tue à la tâche pour permettre à sa femme d'être en "congé" parental. 

Aux parents qui feront le choix d'avoir des enfants d'âges rapprochés, et qui se plaindront de ne pas assez dormir la nuit, d'être fatigués ou toute autre option montrant l'épuisant et surtout le besoin d'aide, on ne proposera pas de venir les relayer la nuit, de les soulager en faisant un repas, de les aider en leur offrant leurs services de baby sitting - gratuitement - pour qu'ils aillent se faire un repas en amoureux. Ils l'ont voulu, ils les ont eu, qu'ils assument ! 

Je pourrais multiplier les exemples mais je préfère laisser des points de suspensions car les situations sont très nombreuses. Je pense que beaucoup de monde se reconnaîtra dans une de ces femmes, un de ces parents... Car malheureusement, personne n'y échappe. J'ai mis en avant ici certains de mes choix de vie, mais j'aurai pu aussi citer la mère qui décide de ne pas allaiter ou celle qui reprend le boulot aux 2 mois 1/2 de son enfant et qui au lieu d'être réconfortée et encouragée se fait limite qualifiée de mauvaise mère qui préfère sa carrière à sa famille. 

Et ce qui me choque et m'insupporte le plus, c'est que ces phrases, ce fameux "sois forte, tais toi et assume", viens très souvent de nos paires. Nous sommes le plus souvent jugé.e.s et non soutenu.e.s par d'autres femmes, d'autres mères, qui ont elles aussi, pourtant, fait des choix tout au long de leur vie, éclairés ou pas, assumés ou pas. Et qui, aujourd'hui, sont les premières à blesser d'autres femmes avec des propos décourageants et assassins. A croire que les choix dérangent et font peur, à ceux qui n'ont pas fait les mêmes que nous. A croire que ne pas suivre le chemin tout tracé et imposé par notre société fais de nous des individus à surveiller au moindre faux pas, à la moindre plainte. Mais aussi à croire que faire un choix signifie forcément être contre l'autre. 

J'aimerais tellement être entourée de bienveillance, d'encouragements, de non-jugements. J'aimerais tellement entendre "tu peux être fière de toi, de tes choix" au lieu de "sois forte et tais toi !". 

Ce sujet d'article me trottait dans la tête depuis un moment, et il s'est concrétisé après qu'une femme m'ait envoyé dans les dents, en plein post-partum de mon deuxième enfant, après que lui avoir dit que cette deuxième grossesse m'avait littéralement épuisée physiquement, que je l'avais voulu, que je n'étais pas la seule femme à avoir eu des enfants, et que je devais assumer. Cette personne ne s'est certainement pas rendu compte à quel point son propos a été violent pour moi. Je l'ai pris en pleine face, alors encore fragilisée par mes deux grossesses et ma maternité, que j'ai certes voulu, que j'adore, mais qui m'épuise aussi. Je l'ai d'autant plus mal vécu que c'était une des premières fois que j'osais enfin mettre des mots sur ma fatigue et la difficulté physique de ma deuxième grossesse... et que ça venait d'une autre femme, d'une autre mère... Sois forte et tais toi. 

dimanche 11 octobre 2020

J'élève mon enfant dans la nostalgie de mon enfance

Combien de fois la phrase "c'était bien mieux de mon temps" m'a énervée !? Et pourtant, je constate aujourd'hui que je vis beaucoup dans la nostalgie de mon enfance, encore plus depuis que je suis devenue mère. J'aurai du m'en douter, car déjà enfant et ado, j'avais fait le choix de garder des tas de jouets pour mes enfants, plus tard. Mais le phénomène ne fait qu'augmenter ...


Credit Photo (Creative Commons) : photo personnelle - Ceci est un journal intime. 


Il y a eu tout d'abord les quelques vêtements que j'ai récupéré de mon enfance et de celle de mon frère, que j'ai pris plaisir à faire porter à l'Elu et maintenant à Numérobis. Un petit côté vintage qui m'a fait craquer. J'ai tenu également à récupérer un tapis de change cousu par ma mère pour ma naissance. Il en est de même pour les premiers hochets d'éveil qui ne sont autres que ceux de mon frère. 

Credit Photo (Creative Commons) : photo personnelle - Ceci est un journal intime. 



La bibliothèque de l'Elu est composée à 40% des livres de mon enfance, que j'ai parfois rafistolé car mon frère avait pris plaisir à les manger. Et quand j'ai réalisé que certains livres qui ont marqué mon enfance mais que je n'avais pas/plus en ma possession, je me suis empressée de les rechercher pour les acheter. 


Credit Photo (Creative Commons) : photo personnelle - Ceci est un journal intime. 


Actuellement, l'Elu joue avec mes poupons (mon premier et mon dernier), mes petites affaires de nursery... Je lui ai gardé soigneusement ma petite dînette en porcelaine - qu'il aura le jour où il sera un peu moins bourrin - et mes petits malins. J'ai également conservé toutes mes Barbies et même si j'avoue être un peu stressée à l'idée du sort qu'il pourrait lui réserver, je suis prête à lâcher prise pour lui laisser la possibilité, comme je le faisais, d'inventer des histoires pendant de longues heures de jeu ! Et c'est sans compter sur les Playmobils et les Lego avec lesquels j'ai hâte de jouer avec lui.

Credit Photo (Creative Commons) : photo personnelle - Ceci est un journal intime. 



J'ai également gardé de mon enfance des K7 audio, ainsi que des disques vinyles. Il s'agit là de spectacles de mon enfance - la compagnie Les 3 Chardons, qui venait jouer le spectacle dans nos écoles, vous vous souvenez ? -, de livres audio, de musiques de mon enfance. Moi même j'adore les écouter encore aujourd'hui. Je connais par coeur l'histoire et la chanson de Leila et la Baleine, et je chante à tue-tête la chanson "S'il te plait, merci" de la bande à Winnie quand j'apprends à l'Elu la politesse ! C'est donc tout naturellement que j'ai gardé le tourne-disque (appelé mange-disque car on insert les disques à l'intérieur) pour pouvoir les écouter avec mes enfants. Il ne me reste plus qu'à trouver un lecteur de K7 car celui que j'avais récupéré chez ma grand-mère a rendu l'âme. 

Un autre aspect de cette nostalgie réside dans les dessins animés de mon enfance. Si j'apprécie regarder certains nouveaux films d'animations, je dois avouer être très attachée aux dessins animés de mon enfance. Je trouve d'ailleurs certaines "séries" animées d'une excellente qualité. Et je dois pas être la seule à le penser car certains ont eu un petit coup de neuf et sont à nouveau à l'antenne, comme la série "Il était une fois la vie". J'ai donc commencé à reconstituer une collection de certains dessins animés qui ont marqué ma jeunesse : Les Animaux du bois de Quat'sous, les Moomins, les Barbapapas, Princesse Sarah... Et j'en cherche encore certains, qu'il me sera très difficile à trouver je pense : SOS Polluards notamment. Et il est évident que je montrerai également à mes enfants les classiques à mes yeux : les "vieux" Disney, Petit Pied, Brisby et le secret de Nimh... 

Il est évident que je vais laisser mes enfants vivre dans leur temps, même si j'espère secrètement qu'ils passeront à côté de certaines modes que ce soit vestimentaires ou culturelles... Mais j'aimerais vraiment qu'ils connaissent certaines choses de mon enfance, qui font parties de mon éducation et qui m'ont donc aidé à grandir. J'ai envie de retrouver dans leurs regards un peu de mes yeux d'enfant émerveillé ! 

vendredi 9 octobre 2020

Je suis mère de deux garçons

Nous sommes le 9 octobre 2020, il est 10h17, le ronron du poêle à granulés en musique de fond, accompagné de jolis areuh. Je suis maman de deux garçons, depuis le 4 août 2020, à 12h49. Numérobis était donc un garçon. Je suis une maman comblée. Il a eu donc 2 mois. 9 semaines mardi. Le temps passe si vite. Tellement vite que si je ne prenais pas un congé parental, je devrai déjà reprendre le chemin du bureau le 20 octobre. Je trouve cela complètement fou. Je ne suis pas prête à laisser mon tout-petit. 


Depuis mon dernier article, il s'est passé des tas de choses. Comme je l'avais déjà annoncé, je publie désormais ici au rythme de ma vie, c'est à dire comme je peux. Je ne vais donc pas refaire un énième message de retour. Mais je peux annoncer ici que j'ai beaucoup de choses à dire car il se passe des tas d'événements en ce moment dans ma vie. 

Le plus important, c'est donc celui ci. J'ai deux enfants. J'ai encore du mal à réaliser qu'il y a 20 mois, nous n'étions que deux, et qu'aujourd'hui, nous formons une famille de quatre (prévoyant déjà d'être une famille de cinq plutôt rapidement). Ce nouveau statut, ce passage de 3 à 4, est à la fois ultra naturel et en même temps une vraie réorganisation. Je ne me retrouve donc pas totalement dans le témoignage de copines qui me disaient que le passage de 3 à 4 était vraiment dur. Je ne sais pas si c'est parce que l'Elu est encore petit, que du coup, on était déjà sur un rythme bien soutenu, mais clairement, la venue de Numérobis n'a pas énormément bouleversé nos vies, si ce n'est en apportant une dose d'amour en plus ! 

J'écrirais dans quelques temps un article sur ce qu'un deuxième enfant a changé dans nos vies, sur les premières semaines, mais aujourd'hui, j'ai envie d'écrire sur mes garçons. 

Enceinte, je redoutais un peu d'avoir un second garçon, non pas parce que je voulais absolument une fille, mais parce que j'avais peur de la comparaison trop facile. Là aussi, ce sera le sujet d'un prochain article - ici ou sur le blog BDV où je suis chroniqueuse, pour rappel. Une chose est sûre, aujourd'hui, je suis heureuse d'avoir deux garçons. 

Un petit grand garçon de maintenant 20 mois, qui grandit à une vitesse folle (92cm... on l'habille en 3-4 ans, voilà voilà), qui est en quête constante d'autonomie et nous surprend chaque jour un peu plus. Un grand frère ultra attentionné, qui a eu juste quelques secondes d'hésitation quand il a vu son petit frère pour la première fois, mais qui depuis, passe son temps à le câliner, lui apporter ses doudous, lui parler quand il pleure, l'éclabousser dans le bain... Alors oui, il est un peu brute dans ses mouvements, il le réveille constamment, et il y a parfois une pointe de jalousie, mais on sent déjà la complicité entre eux, et c'est magique, ça fait fondre mon coeur de maman. Tout comme quand je reçois des compliments de la part des professionnelles de la crèche. Je suis fière de l'avoir pour le moment, pas trop mal élevé, et de l'ouvrir au monde. C'est un enfant solaire, rieur, facile à vivre même si les 2 ans approchent et qu'on sent la phase de la frustration et de l'opposition arriver... Mais là aussi, je lui fais confiance, nous arriverons à gérer cela, ensemble. 

Un petit bébé de 9 semaines, qui enfile déjà des vêtements en taille 9 mois et qui gazouille énormément. Il est si zen, une vraie marmotte, que l'on sait vite quand quelque chose ne va pas. On a donc rapidement su détecter un vilain reflux et j'espère qu'il sera vite de l'histoire ancienne. Il me réapprend à être une autre maman. Je suis à la fois si inquiète pour lui et si détendue... Une chose est sûre, je suis une vraie lionne, prête à bondir à la moindre attaque extérieure. J'ai hâte de le voir grandir et devenir un petit homme. Un lien très fort s'est déjà créé entre lui et moi... Lui qui se marre en prenant la tétée ou qui se blottit contre moi la nuit. 

Ce que j'aime par dessus tout, en tant que mère de deux garçons, c'est les voir grandir ensemble. Observer le grand s'installer à côté du petit sur le tapis d'éveil. Observer le petit chercher du regard le grand. Parler du bébé avec l'Elu. Ressortir les vêtements du grand pour les enfiler à Numérobis. Ils sont mes petits princes, et je crois que je suis leur reine, et j'aime ça ! 

J'ai tant de choses à dire sur cette nouvelle maternité, que j'ai hâte d'avoir à nouveau un peu de temps libre pour venir poser des mots ici sur tout ce que je vis actuellement ! 


mardi 26 mai 2020

Vous ferez bien un petit deuxième [Partie 3 : mes sentiments ambivalents]

L’Élu était déjà un miracle - pour rappel né après plus de 4 ans de parcours d'infertilité et arrivé spontanément juste avant notre dernier transfert d'embryon - alors fonder une famille "nombreuse" (3 dans l'idéal, 4 si on est un peu fous) avec des enfants d'âge rapprochés nous paraissait un rêve irréaliste. Un rêve quoi. Alors quand ce rêve est devenu réalité en à peine quelques cycles et mois d'attente ... je fus assez chamboulée ... 

Credit Photo : Free-Photos

Comment passer d'un enfant attendu pendant des années à un enfant qui, bien que très désiré, arrive comme un cheveu sur la soupe, alors que son frère est encore un bébé et qu'on n'a même pas eu le temps de s'inquiéter de savoir si on allait devoir ou non passer par un transfert d'embryon ... 
Comment cet enfant allait-il être accueilli dans la famille, auprès de nos amis, après la tornade émotionnelle qu'a provoqué la naissance de l’Élu ? 
Comment cet enfant allait-il faire sa place, alors que l’Élu prend justement toute la place ... dans nos vies, dans nos cœurs, dans ceux de ses grands-parents qui eux aussi, n'attendaient que Lui !?
J'ai même pleuré quand on a préparé sa chambre, car elle est plus petite que celle de l'Elu et plus éloignée de notre chambre ... Comment cet enfant allait-il se sentir à sa place de deuxième, de Numérobis ? Comment allait-il vivre le fait de ne jamais connaître l'exclusivité ? De récupérer les affaires de son frère ? 

Je me suis aussi posée mille questions vis à vis de l’Élu... 
Comment allait-il vivre l'arrivée si rapide de ce petit frère ou de cette petite sœur, alors qu'il n'a rien demandé, alors qu'il est encore un bébé, mon tout petit bébé ? 
Comment allait-il supporter de ne plus avoir l'exclusivité de notre temps et de notre amour ? 

Et puis, il y a eu aussi toutes les questions que je me suis posée par rapport à moi ... 
Comment allais-je pouvoir aimer aussi fort Numérobis que son frère ? 
Comment trouver du temps pour lui alors que j'ai déjà du mal à en trouver pendant la grossesse ? 
Comment allais-je réussir à m'occuper de lui autant que je l'ai fait avec l’Élu ? 
Comment allais-je pouvoir me couper en deux quand l’Élu réclamera de l'attention en même temps que Numérobis ? 

Credit Photo : Sathyatripodi 

Et il y a eu sûrement pleins d'autres questions, d'autres interrogations et doutes ... Sans parler des sentiments négatifs ressentis durant la période d'attente des résultats de T21, où j'ai culpabilisé de mettre ma grossesse entre parenthèse, où j'ai culpabilisé de ne pas prendre assez de temps pour Lui, où j'ai culpabilisé de pleurer autant et d'impacter alors sur son bon développement ... Me disant qu'il ne serait jamais aussi serein que son frère vu la grossesse que je vivais. J'ai culpabilisé aussi qu'il soit toujours soumis aux cris, rires et pleurs de son grand frère, qui trop content de voir mon ventre s'arrondir, passe son temps à le bisouiller, le câliner mais aussi le malmener (et vas-y que je t'écrase le ventre, que je crie dans ton nombril, etc). J'ai culpabilisé de le priver de la présence de son papa lors de l'échographie T2 à cause de ce putain-de-Covid-de-merde, alors que je n'y suis pour rien. Bref, en résumé, j'ai culpabilisé. 

Puis, j'en ai parlé. Au papa, bien sûr. A d'autres mamans, aussi. Mais surtout à mes sages-femmes. Ce sont elles qui ont réussi à m'apaiser, et à effacer mes angoisses, légitimes certes, mais non essentielles. J'ai donc accepté. Accepté que mon cœur de maman puisse en effet s'agrandir pour aimer aussi fort l'un et l'autre de mes enfants. Accepté que Numérobis soit arrivé, comme je l'espérais au fond de moi, aussi vite que ça ... Accepté qu'il soit dès la grossesse baigné dans une ambiance familiale qui vit, rit et pleure, car ce sera de toute façon sa vie, son quotidien, dès sa naissance. Accepté d'être fatiguée et de devoir déléguer la gestion de l'Elu le temps d'une heure ou une journée. Accepté que les débuts avec Numérobis ne ressembleront en rien à ceux avec son frère, car nous sommes déjà parents, il y a déjà un premier enfant et que de toute façon, chaque enfant est différent. 

Credit Photo : Pixel2013

Grâce à elles, j'ai tout simplement accepté que mon projet de famille était en train de se concrétiser et que l'aventure ne faisait que commencer ... 

vendredi 15 mai 2020

Accepter l'imperfection pour s'épanouir

Nous évoluons dans une société où le paraître a une place de plus en plus importante pour ne pas dire dominante. Les réseaux sociaux ont accentué ce phénomène, notamment, à mes yeux, Instagram. Réseau que je "pratique" mais que j'ai appris à limiter, tant les effets peuvent être dévastateurs et néfastes.
Et puis, de façon générale, notre société nous pousse à "toujours plus". Toujours plus grand, plus cher, plus beau, plus fou ...
J'ai, de base, un caractère assez indépendant, et peu envieux notamment car j'ai été élevé par des parents qui m'ont toujours répété l'importance de choyer ce que l'on a, plutôt qu'espérer et fantasmer quelque chose que l'on a pas.
Cependant, j'ai pu constater que malgré tout, depuis plusieurs années, il m'est arrivé à plusieurs reprises, d'être insatisfaite de certaines choses... en effet, j'étais partie à la conquête de la perfection. Ou plutôt de la vision que j'avais de la perfection : celle qui s'affiche sur Instagram, Pinterest et cie !
A travers cet article, je souhaite illustrer certains exemples auxquels j'ai été confrontée dernièrement. Je traiterai ce même thème sous l'aspect "parentalité" dans un autre article, car il y aurait trop à dire et cela deviendrait indigeste !

Credit Photo (Creative Commons) : ErikaWittlieb

# L'imperfection de ma maison.
Il est indéniable qu'IG comme Pinterest sont des nids à complexes de ce côté là. De façon générale, en ce qui concerne le rangement de base de ta maison. Les photos parfaites d'un salon avec pourtant 4 enfants vivants sous ce toit ... sans rien qui ne dépasse, qui ne traîne ... Mais aussi par rapport à la décoration. Ce joli vase posé sur cette belle console dans l'entrée ... Ce miroir chiné (alors que toi quand tu chines tu trouves que des trucs bons à mettre à la déchetterie) parfaitement assorti à la tapisserie de la chambre-suite parentale, etc. Et je ne te parle pas de mes sueurs froides et de la vague de jalousie qui m'emportaient, quand je voyais une maison en travaux/rénovation ... avec du matériel "à la mode" etc. Très souvent, je me précipitais sur le Bon Coin à la recherche d'une nouvelle maison. J'ai ressenti cela pas uniquement à travers une photo postée sur IG ... mais au cours de discussion avec des copines ou collègues, en étant invitée chez des personnes qui semblent vivre comme dans IG, etc.
Conclusion, cela m'a parfois tellement complexée, que certaines fois, je n'ai jamais osé inviter les personnes en retour à la maison, ou alors en m'en rendant malade d'avance et en essayant de rendre mon domicile autrement que ce qu'il est en temps normal. Je suis pourtant quelqu'un qui aime l'ordre et le rangement, mais aussi une certaine harmonie en matière de décoration ... Mais là, je n'arrivais plus à me satisfaire de ce que j'avais.
Et puis, j'ai dit stop. J'aime ma maison avec toutes ces imperfections. Bien sûr, y'a encore tant de choses à faire et refaire ... J'ai moi aussi envie de m'inspirer de quelque chose vu sur Pinterest. Je prends plaisir à créer une jolie chambre harmonieuse à mes enfants. Mais j'arrête de toujours voir le côté imparfait. Oui, il faudrait refaire la peinture de la pièce à vivre qui en 6 ans a déjà bien vécue. Oui, il faudrait virer les meubles de récup' qu'on a mis sous le perron à l'entrée ... Oui, il faudrait enlever la tapisserie des toilettes et en faire un endroit plus cosy. Les exemples sont multiples. Mais ça ne se fera pas forcément, ou pas tout de suite. Parce qu'on a pas forcément le temps. Parce qu'on a pas forcément l'argent. Parce qu'on a pas forcément l'envie de se lancer dans des travaux. Parce qu'on a deux chiens et deux chats et que mine de rien ça laisse 2/3 poils sur le canapé même si on passe l'aspirateur tous les jours.
Et au final, cette maison, telle qu'elle est, nous ressemble et évolue en même temps que nous !

Credit photo (Creative Commons) : Free-Photos


# L'imperfection de mon corps.
Ce sujet si tabou pour moi. Adolescente et jeune adulte, avec plus de 30kg en moins, je me trouvais si grosse, si laide. Et aujourd'hui, étant réellement en surpoids et avec les marques de ce surpoids encrées en moi (vergetures et cie), je ne peux que constater cette imperfection. Je ne serai donc (jamais) cette femme qui te montrera toutes les fringues achetées chez n'importe quel vendeur de vêtements. Je ne serai jamais cette femme qui fera des selfies d'elle en train de se maquiller ou de se coiffer. Je ne serai jamais cette femme qui prendra son ventre sous toutes les coutures et sans voile durant sa grossesse. Je ne serai jamais cette femme ...
Au début, je l'ai très mal vécu. Très complexée. Et puis, j'ai vite compris que cette perfection là ne m'intéressait pas, même si j'avais 30kg en moins. Car je n'ai jamais été Miss mode ou Miss maquillage, Miss selfie ou Miss shopping. Je suis de nature quelqu'un de simple et naturelle. Si actuellement, avec mes kilos plus que superflux, mon but est d'arriver à me supporter le plus possible, je ne cherche également plus la perfection, puisqu'avec du recul, je m'aperçois que même quand j'avais ce corps "parfait", je ne savais pas m'en contenter. Je préfère donc apprivoiser ce corps, le chouchouter tout en essayant malgré tout de l'aider à s'affiner...


Credit Photo (Creative Commons) : Oldiefan

# L'imperfection de mon couple.
J'ai longtemps imaginé quelle serait ma relation avec mon futur mari. J'ai projeté beaucoup de choses sur ce (futur) couple que j'avais pu voir ici et là. Sauf que ce que l'on voit, en général, des couples, n'est qu'une apparence. Je ne dis pas que tous les couples vont mal mais le cachent très bien. Je dis juste que nous ne voyons pas ce qu'il se passe une fois le couple hors de la vie publique. Ainsi, j'ai pu espérer, imaginer, penser ... que mon mari serait quelqu'un de romantique, à me faire une déclaration d'amour sous les pieds de la Tour Eiffel ou sur un pont lyonnais, de nuit. Que mon mari rentrerait régulièrement du travail avec un bouquet de fleurs. Qu'il me ferait des surprises à mon anniversaire sans avoir à me traîner à la bijouterie pour que je choisisse moi-même mon cadeau. Qu'il me laisserait des petits mots (doux) le matin s'il se levait et partait avant moi pour bosser. Bref, des tas de choses comme ça. Certaines un peu clichées. Je l'avoue. Et puis, il y a eu la réalité. Une rencontre, absolument pas comme je l'avais prévue, et le début d'une histoire. De notre histoire. Il n'y a donc quasiment rien eu de tout cela. On a construit notre couple sur des tas d'imperfections ... Je ne dors pas avec une jolie nuisette sexy en dentelle. Il ne m'offre pas spontanément de fleurs ou alors à dose homéopathique. Je ne reçois pas de SMS enflammé au boulot et je ne lui fais pas une danse sexy le soir avant de nous coucher. On est ni fusionnels ni colocataires. On a notre humour pourri et nos noms d'oiseaux qui sonnent finalement comme des mots d'amour. On a fait comptes communs comme ça on n'a plus aucune indépendance financière mais on ne comprend pas les couples qui ne font pas comme nous. On a la TV dans la chambre pour regarder des séries au lit car on ne batifole pas tous les soirs de la semaine. Bref, on est Nous. On s'engueule, on s'insupporte mais on s'aime malgré tout au point de ne pas pouvoir imaginer une vie l'un sans l'autre. On a traversé des épreuves plus ou moins éprouvantes, la plus éprouvante étant celle de parvenir à fonder notre famille. Du coup, ça nous a rapproché, même si l'arrivée de l'Elu nous a aussi épuisés et parfois éloignés. On sait qu'on est toujours là. Et on est peut-être pas aussi glamour que Brad et Angelina qui se sont mariés le même jour que nous, mais aujourd'hui, on est toujours un couple qui tient la route et qui s'aime. On ne s'offre peut-être pas des fleurs tous les samedis, mais on sait se faire de petites attentions en fonction des goûts de l'autre ... de temps en temps. On est imparfait, mais on est Nous.


Credit Photo (Creative Commons) : jonathansautter

# L'imperfection de ma vie au quotidien.
Combien de fois, là aussi, ai-je pu culpabiliser et baver en voyant  la vie quotidienne des "autres" sur les RS. Celle qui fait du yoga au réveil tous les matins. Celle qui prend un petit déjeuner healthy digne de celui d'un hôtel 5 étoiles. Celle qui lit 5 livres par semaine et sait en faire des résumés. Celle qui jardine avec une main verte à faire pâlir le paysagiste des jardins de Versailles. Celle qui coud trois robes par jour. Celle qui cuisine tous les soirs un plat équilibré et varié avec des produits frais. Bref, tout ce que je pourrais rêver faire ou savoir-faire, mais qu'au final je ne fais pas ou ne sais pas faire. Par manque de temps. De motivation.
J'ai souvent lutté contre ça et au final, ça ne m'a rien apporté de bon, si ce n'est ne pas être heureuse de ma vie quotidienne. J'ai donc lâché prise. Oui, il y a des soirs où je fais réchauffer à la poêle un cordon bleu et cuire 3 coquillettes car j'ai la flemme de faire autre chose. Non, je ne fais pas de yoga le matin car d'une, je ne suis pas souple, et deux, je préfère traîner au lit. Oui, il y a des matins où je déjeuner des céréales certainement tout cracras car j'en ai tout simplement envie. Non, je ne lis pas 5 livres par semaine car j'ai 945 épisodes de séries en attente et que c'est plus reposant pour moi de suivre d'un oeil une série que de lire attentivement un roman. J'ai accepté mon imperfection, et j'ai accueilli positivement les choses quand il m'arrive, en effet, de lire 2 livres en 15 jours de vacances, ou de cuisiner à l'avance 3 ou 4 plats "sains" à réchauffer le soir. Je suis moins exigeante envers moi-même et depuis, je le vis mieux.

Je suis parfaitement imparfaite, et je le vis bien ! 

samedi 2 mai 2020

Vous ferez bien un petit deuxième [Partie 2 : une parenthèse dans la grossesse]

Cet article fait donc suite à mon premier article autour des débuts de cette nouvelle grossesse miracle et idyllique. 

Nous sommes le 27 janvier, l'Elu a eu 12 mois hier, nous faisons l'échographie du premier trimestre dans l'euphorie, et j'ai même la chance d'avoir ma maman à mes côtés, en plus de mon mari. Pour ma mère, découvrir son deuxième petit-enfant de cette façon est magique. Il faut dire qu'il y a une trentaine d'année, on ne voyait pas aussi bien qu'aujourd'hui ... 

L'annonce à nos amis et familles

Toutefois, en sortant du cabinet de la sage-femme, ma joie est limitée, quelque chose me chagrine. Si la sage-femme n'a fait aucun commentaire quant aux mesures de Numérobis, celle de la clarté nucale m'interroge. Je la trouve très élevée. Je m'empresse de la comparer à celle de l'Elu, et ça ne fait que confirmer ma crainte. Une boule au ventre s'installe et je dors très mal. Papa-refait me dit d'arrêter de psychoter, que tout va bien. Mais je continue à voir les choses en noir. De plus, je finis par avouer que j'ai l'impression que Numérobis n'avait pas réellement de nez à l'échographie. En tout cas, je ne le revois pas sur le cliché qu'on nous a imprimé... Pour moi, c'est forcément mauvais signe, combiné à la clarté nucale si élevée. 
Je suis d'autant plus contrariée que lorsque je vais faire ma prise de sang au labo pour justement le fameux test qui permet un dépistage du risque de trisomie 21, je me fais refouler car ils ne font plus les prises de sang à partir de 17h... Autant dire que je passe une nuit de merde, à cogiter encore et encore. Le lendemain, je suis à la première heure au laboratoire et je sais qu'à partir de maintenant, l'attente ne fait que commencer. 
Je finis quand même par appeler la sage-femme qui m'a fait l'échographie. Son discours ne me rassure pas vraiment, même si elle se veut optimiste, elle me dit qu'en effet, vue la clarté nucale, il faudra certainement faire un DPNI (dépisatage prénatal non invasif). Pour moi, dans ma tête, à ce moment là, c'est sûr, mon bébé a une anomalie. Je m'imagine tous les cas de figure possibles, et je ne fais que broyer du noir. Je ne suis même plus heureuse d'être enceinte, car je me dis que de toute façon, d'ici quelques semaines, tout sera arrêté. 
Heureusement, je vois ma sage-femme de la maison de naissance lors d'une réunion du conseil d'administration de la maison de naissance dont je fais désormais partie, et je lui en parle. Elle comprend parfaitement mon état d'esprit et me promet de m'appeler dès qu'elle reçoit les résultats... Et en effet, dès le lendemain, j'ai son appel. Elle me confirme que le test me place dans une catégorie avec un risque de T21. C'est directement le laboratoire qui l'a appelé, pour qu'elle me fasse faire au plus vite le DPNI. Je suis dans un état second, j'informe mes collègues qui me poussent à partir et aller voir ma sage-femme pour faire au plus vite ce test. Quand j'arrive dans son cabinet, alors que je ne pensais pas la trouver car elle devait partir en visite à domicile, elle est là qui m'attend pour me donner les ordonnances. Je fonds en larmes en la voyant. 
J'ai pu vider mon sac pendant de longues minutes, pleurer et sécher mes larmes. Je lui explique que depuis quelques jours, ma grossesse est entre parenthèse. Ses paroles me réconfortent, me rassurent et me font déculpabiliser. Car même si j'ai l'impression que l'issue ne sera pas favorable, je pense malgré tout à l'impact de toutes ces ondes négatives sur ce petit être en construction. 
Les jours n'auront jamais paru aussi long une fois le DPNI fait. Alors qu'on me promet une réponse sous une semaine, ce ne sera qu'au bout de 2 semaines, et parce que ma sage-femme échographe a appelé le labo qui s'occupe des résultats du DPNI que nous avons eu le résultat. 

Négatif. Un résultat négatif signifie qu'il y a 99,6%  de chance que Numérobis ne soit pas atteint d'une T21, T18 et T13. Ce fut une bouffée d'oxygène. J'ai pleuré de joie. J'ai ressenti Numérobis bouger alors que depuis plus de 2 semaines, je ne le sentais quasiment plus. Petit à petit, la parenthèse se refermait pour me permettre de reprendre le cours normal de ma grossesse. 

Une grossesse difficile à cacher à même pas 3 mois ! 


C'est donc un épisode que j'ai très mal vécu. J'ai mal vécu à la fois l'angoisse du mauvais résultat, du diagnostic terrible, mais aussi et surtout celui d'avoir mis cette grossesse - inconsciemment - entre parenthèse. Je m'en suis terriblement voulue de  faire vivre cela à Numérobis ... 

Surtout qu'au delà de cette angoisse, cette deuxième grossesse me fait vivre des tas d'émotions ambivalentes que je n'aurai jamais soupçonné avant de tomber enceinte... 
[A suivre ...]