mardi 26 mai 2020

Vous ferez bien un petit deuxième [Partie 3 : mes sentiments ambivalents]

L’Élu était déjà un miracle - pour rappel né après plus de 4 ans de parcours d'infertilité et arrivé spontanément juste avant notre dernier transfert d'embryon - alors fonder une famille "nombreuse" (3 dans l'idéal, 4 si on est un peu fous) avec des enfants d'âge rapprochés nous paraissait un rêve irréaliste. Un rêve quoi. Alors quand ce rêve est devenu réalité en à peine quelques cycles et mois d'attente ... je fus assez chamboulée ... 

Credit Photo : Free-Photos

Comment passer d'un enfant attendu pendant des années à un enfant qui, bien que très désiré, arrive comme un cheveu sur la soupe, alors que son frère est encore un bébé et qu'on n'a même pas eu le temps de s'inquiéter de savoir si on allait devoir ou non passer par un transfert d'embryon ... 
Comment cet enfant allait-il être accueilli dans la famille, auprès de nos amis, après la tornade émotionnelle qu'a provoqué la naissance de l’Élu ? 
Comment cet enfant allait-il faire sa place, alors que l’Élu prend justement toute la place ... dans nos vies, dans nos cœurs, dans ceux de ses grands-parents qui eux aussi, n'attendaient que Lui !?
J'ai même pleuré quand on a préparé sa chambre, car elle est plus petite que celle de l'Elu et plus éloignée de notre chambre ... Comment cet enfant allait-il se sentir à sa place de deuxième, de Numérobis ? Comment allait-il vivre le fait de ne jamais connaître l'exclusivité ? De récupérer les affaires de son frère ? 

Je me suis aussi posée mille questions vis à vis de l’Élu... 
Comment allait-il vivre l'arrivée si rapide de ce petit frère ou de cette petite sœur, alors qu'il n'a rien demandé, alors qu'il est encore un bébé, mon tout petit bébé ? 
Comment allait-il supporter de ne plus avoir l'exclusivité de notre temps et de notre amour ? 

Et puis, il y a eu aussi toutes les questions que je me suis posée par rapport à moi ... 
Comment allais-je pouvoir aimer aussi fort Numérobis que son frère ? 
Comment trouver du temps pour lui alors que j'ai déjà du mal à en trouver pendant la grossesse ? 
Comment allais-je réussir à m'occuper de lui autant que je l'ai fait avec l’Élu ? 
Comment allais-je pouvoir me couper en deux quand l’Élu réclamera de l'attention en même temps que Numérobis ? 

Credit Photo : Sathyatripodi 

Et il y a eu sûrement pleins d'autres questions, d'autres interrogations et doutes ... Sans parler des sentiments négatifs ressentis durant la période d'attente des résultats de T21, où j'ai culpabilisé de mettre ma grossesse entre parenthèse, où j'ai culpabilisé de ne pas prendre assez de temps pour Lui, où j'ai culpabilisé de pleurer autant et d'impacter alors sur son bon développement ... Me disant qu'il ne serait jamais aussi serein que son frère vu la grossesse que je vivais. J'ai culpabilisé aussi qu'il soit toujours soumis aux cris, rires et pleurs de son grand frère, qui trop content de voir mon ventre s'arrondir, passe son temps à le bisouiller, le câliner mais aussi le malmener (et vas-y que je t'écrase le ventre, que je crie dans ton nombril, etc). J'ai culpabilisé de le priver de la présence de son papa lors de l'échographie T2 à cause de ce putain-de-Covid-de-merde, alors que je n'y suis pour rien. Bref, en résumé, j'ai culpabilisé. 

Puis, j'en ai parlé. Au papa, bien sûr. A d'autres mamans, aussi. Mais surtout à mes sages-femmes. Ce sont elles qui ont réussi à m'apaiser, et à effacer mes angoisses, légitimes certes, mais non essentielles. J'ai donc accepté. Accepté que mon cœur de maman puisse en effet s'agrandir pour aimer aussi fort l'un et l'autre de mes enfants. Accepté que Numérobis soit arrivé, comme je l'espérais au fond de moi, aussi vite que ça ... Accepté qu'il soit dès la grossesse baigné dans une ambiance familiale qui vit, rit et pleure, car ce sera de toute façon sa vie, son quotidien, dès sa naissance. Accepté d'être fatiguée et de devoir déléguer la gestion de l'Elu le temps d'une heure ou une journée. Accepté que les débuts avec Numérobis ne ressembleront en rien à ceux avec son frère, car nous sommes déjà parents, il y a déjà un premier enfant et que de toute façon, chaque enfant est différent. 

Credit Photo : Pixel2013

Grâce à elles, j'ai tout simplement accepté que mon projet de famille était en train de se concrétiser et que l'aventure ne faisait que commencer ... 

vendredi 15 mai 2020

Accepter l'imperfection pour s'épanouir

Nous évoluons dans une société où le paraître a une place de plus en plus importante pour ne pas dire dominante. Les réseaux sociaux ont accentué ce phénomène, notamment, à mes yeux, Instagram. Réseau que je "pratique" mais que j'ai appris à limiter, tant les effets peuvent être dévastateurs et néfastes.
Et puis, de façon générale, notre société nous pousse à "toujours plus". Toujours plus grand, plus cher, plus beau, plus fou ...
J'ai, de base, un caractère assez indépendant, et peu envieux notamment car j'ai été élevé par des parents qui m'ont toujours répété l'importance de choyer ce que l'on a, plutôt qu'espérer et fantasmer quelque chose que l'on a pas.
Cependant, j'ai pu constater que malgré tout, depuis plusieurs années, il m'est arrivé à plusieurs reprises, d'être insatisfaite de certaines choses... en effet, j'étais partie à la conquête de la perfection. Ou plutôt de la vision que j'avais de la perfection : celle qui s'affiche sur Instagram, Pinterest et cie !
A travers cet article, je souhaite illustrer certains exemples auxquels j'ai été confrontée dernièrement. Je traiterai ce même thème sous l'aspect "parentalité" dans un autre article, car il y aurait trop à dire et cela deviendrait indigeste !

Credit Photo (Creative Commons) : ErikaWittlieb

# L'imperfection de ma maison.
Il est indéniable qu'IG comme Pinterest sont des nids à complexes de ce côté là. De façon générale, en ce qui concerne le rangement de base de ta maison. Les photos parfaites d'un salon avec pourtant 4 enfants vivants sous ce toit ... sans rien qui ne dépasse, qui ne traîne ... Mais aussi par rapport à la décoration. Ce joli vase posé sur cette belle console dans l'entrée ... Ce miroir chiné (alors que toi quand tu chines tu trouves que des trucs bons à mettre à la déchetterie) parfaitement assorti à la tapisserie de la chambre-suite parentale, etc. Et je ne te parle pas de mes sueurs froides et de la vague de jalousie qui m'emportaient, quand je voyais une maison en travaux/rénovation ... avec du matériel "à la mode" etc. Très souvent, je me précipitais sur le Bon Coin à la recherche d'une nouvelle maison. J'ai ressenti cela pas uniquement à travers une photo postée sur IG ... mais au cours de discussion avec des copines ou collègues, en étant invitée chez des personnes qui semblent vivre comme dans IG, etc.
Conclusion, cela m'a parfois tellement complexée, que certaines fois, je n'ai jamais osé inviter les personnes en retour à la maison, ou alors en m'en rendant malade d'avance et en essayant de rendre mon domicile autrement que ce qu'il est en temps normal. Je suis pourtant quelqu'un qui aime l'ordre et le rangement, mais aussi une certaine harmonie en matière de décoration ... Mais là, je n'arrivais plus à me satisfaire de ce que j'avais.
Et puis, j'ai dit stop. J'aime ma maison avec toutes ces imperfections. Bien sûr, y'a encore tant de choses à faire et refaire ... J'ai moi aussi envie de m'inspirer de quelque chose vu sur Pinterest. Je prends plaisir à créer une jolie chambre harmonieuse à mes enfants. Mais j'arrête de toujours voir le côté imparfait. Oui, il faudrait refaire la peinture de la pièce à vivre qui en 6 ans a déjà bien vécue. Oui, il faudrait virer les meubles de récup' qu'on a mis sous le perron à l'entrée ... Oui, il faudrait enlever la tapisserie des toilettes et en faire un endroit plus cosy. Les exemples sont multiples. Mais ça ne se fera pas forcément, ou pas tout de suite. Parce qu'on a pas forcément le temps. Parce qu'on a pas forcément l'argent. Parce qu'on a pas forcément l'envie de se lancer dans des travaux. Parce qu'on a deux chiens et deux chats et que mine de rien ça laisse 2/3 poils sur le canapé même si on passe l'aspirateur tous les jours.
Et au final, cette maison, telle qu'elle est, nous ressemble et évolue en même temps que nous !

Credit photo (Creative Commons) : Free-Photos


# L'imperfection de mon corps.
Ce sujet si tabou pour moi. Adolescente et jeune adulte, avec plus de 30kg en moins, je me trouvais si grosse, si laide. Et aujourd'hui, étant réellement en surpoids et avec les marques de ce surpoids encrées en moi (vergetures et cie), je ne peux que constater cette imperfection. Je ne serai donc (jamais) cette femme qui te montrera toutes les fringues achetées chez n'importe quel vendeur de vêtements. Je ne serai jamais cette femme qui fera des selfies d'elle en train de se maquiller ou de se coiffer. Je ne serai jamais cette femme qui prendra son ventre sous toutes les coutures et sans voile durant sa grossesse. Je ne serai jamais cette femme ...
Au début, je l'ai très mal vécu. Très complexée. Et puis, j'ai vite compris que cette perfection là ne m'intéressait pas, même si j'avais 30kg en moins. Car je n'ai jamais été Miss mode ou Miss maquillage, Miss selfie ou Miss shopping. Je suis de nature quelqu'un de simple et naturelle. Si actuellement, avec mes kilos plus que superflux, mon but est d'arriver à me supporter le plus possible, je ne cherche également plus la perfection, puisqu'avec du recul, je m'aperçois que même quand j'avais ce corps "parfait", je ne savais pas m'en contenter. Je préfère donc apprivoiser ce corps, le chouchouter tout en essayant malgré tout de l'aider à s'affiner...


Credit Photo (Creative Commons) : Oldiefan

# L'imperfection de mon couple.
J'ai longtemps imaginé quelle serait ma relation avec mon futur mari. J'ai projeté beaucoup de choses sur ce (futur) couple que j'avais pu voir ici et là. Sauf que ce que l'on voit, en général, des couples, n'est qu'une apparence. Je ne dis pas que tous les couples vont mal mais le cachent très bien. Je dis juste que nous ne voyons pas ce qu'il se passe une fois le couple hors de la vie publique. Ainsi, j'ai pu espérer, imaginer, penser ... que mon mari serait quelqu'un de romantique, à me faire une déclaration d'amour sous les pieds de la Tour Eiffel ou sur un pont lyonnais, de nuit. Que mon mari rentrerait régulièrement du travail avec un bouquet de fleurs. Qu'il me ferait des surprises à mon anniversaire sans avoir à me traîner à la bijouterie pour que je choisisse moi-même mon cadeau. Qu'il me laisserait des petits mots (doux) le matin s'il se levait et partait avant moi pour bosser. Bref, des tas de choses comme ça. Certaines un peu clichées. Je l'avoue. Et puis, il y a eu la réalité. Une rencontre, absolument pas comme je l'avais prévue, et le début d'une histoire. De notre histoire. Il n'y a donc quasiment rien eu de tout cela. On a construit notre couple sur des tas d'imperfections ... Je ne dors pas avec une jolie nuisette sexy en dentelle. Il ne m'offre pas spontanément de fleurs ou alors à dose homéopathique. Je ne reçois pas de SMS enflammé au boulot et je ne lui fais pas une danse sexy le soir avant de nous coucher. On est ni fusionnels ni colocataires. On a notre humour pourri et nos noms d'oiseaux qui sonnent finalement comme des mots d'amour. On a fait comptes communs comme ça on n'a plus aucune indépendance financière mais on ne comprend pas les couples qui ne font pas comme nous. On a la TV dans la chambre pour regarder des séries au lit car on ne batifole pas tous les soirs de la semaine. Bref, on est Nous. On s'engueule, on s'insupporte mais on s'aime malgré tout au point de ne pas pouvoir imaginer une vie l'un sans l'autre. On a traversé des épreuves plus ou moins éprouvantes, la plus éprouvante étant celle de parvenir à fonder notre famille. Du coup, ça nous a rapproché, même si l'arrivée de l'Elu nous a aussi épuisés et parfois éloignés. On sait qu'on est toujours là. Et on est peut-être pas aussi glamour que Brad et Angelina qui se sont mariés le même jour que nous, mais aujourd'hui, on est toujours un couple qui tient la route et qui s'aime. On ne s'offre peut-être pas des fleurs tous les samedis, mais on sait se faire de petites attentions en fonction des goûts de l'autre ... de temps en temps. On est imparfait, mais on est Nous.


Credit Photo (Creative Commons) : jonathansautter

# L'imperfection de ma vie au quotidien.
Combien de fois, là aussi, ai-je pu culpabiliser et baver en voyant  la vie quotidienne des "autres" sur les RS. Celle qui fait du yoga au réveil tous les matins. Celle qui prend un petit déjeuner healthy digne de celui d'un hôtel 5 étoiles. Celle qui lit 5 livres par semaine et sait en faire des résumés. Celle qui jardine avec une main verte à faire pâlir le paysagiste des jardins de Versailles. Celle qui coud trois robes par jour. Celle qui cuisine tous les soirs un plat équilibré et varié avec des produits frais. Bref, tout ce que je pourrais rêver faire ou savoir-faire, mais qu'au final je ne fais pas ou ne sais pas faire. Par manque de temps. De motivation.
J'ai souvent lutté contre ça et au final, ça ne m'a rien apporté de bon, si ce n'est ne pas être heureuse de ma vie quotidienne. J'ai donc lâché prise. Oui, il y a des soirs où je fais réchauffer à la poêle un cordon bleu et cuire 3 coquillettes car j'ai la flemme de faire autre chose. Non, je ne fais pas de yoga le matin car d'une, je ne suis pas souple, et deux, je préfère traîner au lit. Oui, il y a des matins où je déjeuner des céréales certainement tout cracras car j'en ai tout simplement envie. Non, je ne lis pas 5 livres par semaine car j'ai 945 épisodes de séries en attente et que c'est plus reposant pour moi de suivre d'un oeil une série que de lire attentivement un roman. J'ai accepté mon imperfection, et j'ai accueilli positivement les choses quand il m'arrive, en effet, de lire 2 livres en 15 jours de vacances, ou de cuisiner à l'avance 3 ou 4 plats "sains" à réchauffer le soir. Je suis moins exigeante envers moi-même et depuis, je le vis mieux.

Je suis parfaitement imparfaite, et je le vis bien ! 

samedi 2 mai 2020

Vous ferez bien un petit deuxième [Partie 2 : une parenthèse dans la grossesse]

Cet article fait donc suite à mon premier article autour des débuts de cette nouvelle grossesse miracle et idyllique. 

Nous sommes le 27 janvier, l'Elu a eu 12 mois hier, nous faisons l'échographie du premier trimestre dans l'euphorie, et j'ai même la chance d'avoir ma maman à mes côtés, en plus de mon mari. Pour ma mère, découvrir son deuxième petit-enfant de cette façon est magique. Il faut dire qu'il y a une trentaine d'année, on ne voyait pas aussi bien qu'aujourd'hui ... 

L'annonce à nos amis et familles

Toutefois, en sortant du cabinet de la sage-femme, ma joie est limitée, quelque chose me chagrine. Si la sage-femme n'a fait aucun commentaire quant aux mesures de Numérobis, celle de la clarté nucale m'interroge. Je la trouve très élevée. Je m'empresse de la comparer à celle de l'Elu, et ça ne fait que confirmer ma crainte. Une boule au ventre s'installe et je dors très mal. Papa-refait me dit d'arrêter de psychoter, que tout va bien. Mais je continue à voir les choses en noir. De plus, je finis par avouer que j'ai l'impression que Numérobis n'avait pas réellement de nez à l'échographie. En tout cas, je ne le revois pas sur le cliché qu'on nous a imprimé... Pour moi, c'est forcément mauvais signe, combiné à la clarté nucale si élevée. 
Je suis d'autant plus contrariée que lorsque je vais faire ma prise de sang au labo pour justement le fameux test qui permet un dépistage du risque de trisomie 21, je me fais refouler car ils ne font plus les prises de sang à partir de 17h... Autant dire que je passe une nuit de merde, à cogiter encore et encore. Le lendemain, je suis à la première heure au laboratoire et je sais qu'à partir de maintenant, l'attente ne fait que commencer. 
Je finis quand même par appeler la sage-femme qui m'a fait l'échographie. Son discours ne me rassure pas vraiment, même si elle se veut optimiste, elle me dit qu'en effet, vue la clarté nucale, il faudra certainement faire un DPNI (dépisatage prénatal non invasif). Pour moi, dans ma tête, à ce moment là, c'est sûr, mon bébé a une anomalie. Je m'imagine tous les cas de figure possibles, et je ne fais que broyer du noir. Je ne suis même plus heureuse d'être enceinte, car je me dis que de toute façon, d'ici quelques semaines, tout sera arrêté. 
Heureusement, je vois ma sage-femme de la maison de naissance lors d'une réunion du conseil d'administration de la maison de naissance dont je fais désormais partie, et je lui en parle. Elle comprend parfaitement mon état d'esprit et me promet de m'appeler dès qu'elle reçoit les résultats... Et en effet, dès le lendemain, j'ai son appel. Elle me confirme que le test me place dans une catégorie avec un risque de T21. C'est directement le laboratoire qui l'a appelé, pour qu'elle me fasse faire au plus vite le DPNI. Je suis dans un état second, j'informe mes collègues qui me poussent à partir et aller voir ma sage-femme pour faire au plus vite ce test. Quand j'arrive dans son cabinet, alors que je ne pensais pas la trouver car elle devait partir en visite à domicile, elle est là qui m'attend pour me donner les ordonnances. Je fonds en larmes en la voyant. 
J'ai pu vider mon sac pendant de longues minutes, pleurer et sécher mes larmes. Je lui explique que depuis quelques jours, ma grossesse est entre parenthèse. Ses paroles me réconfortent, me rassurent et me font déculpabiliser. Car même si j'ai l'impression que l'issue ne sera pas favorable, je pense malgré tout à l'impact de toutes ces ondes négatives sur ce petit être en construction. 
Les jours n'auront jamais paru aussi long une fois le DPNI fait. Alors qu'on me promet une réponse sous une semaine, ce ne sera qu'au bout de 2 semaines, et parce que ma sage-femme échographe a appelé le labo qui s'occupe des résultats du DPNI que nous avons eu le résultat. 

Négatif. Un résultat négatif signifie qu'il y a 99,6%  de chance que Numérobis ne soit pas atteint d'une T21, T18 et T13. Ce fut une bouffée d'oxygène. J'ai pleuré de joie. J'ai ressenti Numérobis bouger alors que depuis plus de 2 semaines, je ne le sentais quasiment plus. Petit à petit, la parenthèse se refermait pour me permettre de reprendre le cours normal de ma grossesse. 

Une grossesse difficile à cacher à même pas 3 mois ! 


C'est donc un épisode que j'ai très mal vécu. J'ai mal vécu à la fois l'angoisse du mauvais résultat, du diagnostic terrible, mais aussi et surtout celui d'avoir mis cette grossesse - inconsciemment - entre parenthèse. Je m'en suis terriblement voulue de  faire vivre cela à Numérobis ... 

Surtout qu'au delà de cette angoisse, cette deuxième grossesse me fait vivre des tas d'émotions ambivalentes que je n'aurai jamais soupçonné avant de tomber enceinte... 
[A suivre ...] 

jeudi 30 avril 2020

Le covid19, le confinement et moi [Partie je broie du noir]

Il y a quelques jours je t'ai exposé ma version positive du confinement. Aujourd'hui, je te présente le côté obscur de la force, à savoir les "Bad Trip" du confinement. 

Bad Trip #1 : "les crèches [blablabla] vont fermer dès lundi 16 mars." J'étais dans ma voiture, je rentrais de chez ma belle-mère, j'écoutais le discours présidentiel, et j'ai hurlé. J'ai crié. J'ai pleuré. Le 16 mars était sensé être le premier jour de mon arrêt maladie dont ma sage-femme me rabâchait les oreilles depuis déjà la consultation du 3ème mois ... Alors imaginer avec l'Elu avec moi "pour une durée indéterminée", ce fut la goutte d'eau de trop dans le vase déjà trop plein de la femme enceinte que je suis. Et les débuts furent donc réellement difficiles. J'avais une colère en moi énorme, et ce malgré la présence et le soutien de Papa-refait, qui du coup a été lui aussi confiné suite à la seconde déclaration présidentielle. J'ai mal vécu de devoir gérer sans relais un petit tourbillon de 15 mois ... [Avant de relativiser et y voir le côté positif]

Lâcher prise ... Le laisser mettre tout en l'air, monter sur les tables ... 


Bad Trip #2 : les effets du confinement sur le sommeil de l'Elu. On ne va pas se mentir, c'était pas non plus l'Eldorado avant le confinement, mais on arrivait à avoir un rythme pas trop mal que ce soit la nuit ou la journée pour les siestes. Le confinement a tout fichu par terre et ce fut difficile à vivre, surtout pour moi. J'ai mis du temps avant de lâcher prise et accepter cela. Aujourd'hui, après 6 semaines de confinement, il semblerait qu'un nouveau rythme ait été trouvé (et que les dents se soient de nouveau invitées, et ça, ça n'a rien à voir avec le confinement ... malheureusement). 

Bad Trip #3 : l'absence de liens sociaux. Si personnellement je ne vis pas mal du tout le fait de ne plus pouvoir aller au cinéma, au resto ou à Disneyland Paris, il est beaucoup plus difficile à accepter et supporter l'isolement social auquel nous sommes confrontés. Ne plus voir nos familles et nos amis me pèse énormément, même si on multiplie les appels en visio (chose qu'on ne faisait jamais avant le confinement). Et au-delà de ma situation personnelle, je trouve également dramatique que des personnes meurent seules dans les hôpitaux (et pas uniquement les patients atteints du Covid19), que des femmes accouchent seules dans les maternités (même si désormais la plupart des maternités ont fini par mettre en place un protocole autorisant au moins la présence du père durant l'accouchement et les deux premières heures de vie), que des personnes âgées en EHPAD n'aient plus aucune visite... Bref, ce confinement m'a bien fait broyer du noir et mis les nerfs à cause de cela. 

Bad Trip #4 : vivre ma nouvelle grossesse en mode confinement. Si en soit, il n'y a pas mort d'homme, j'ai mal vécu [et je t'expliquerai plus en détail pourquoi dans les articles dédiés à cette grossesse] de devoir me rendre seule à l'échographie du second trimestre. Là aussi, j'ai été envahie par un sentiment de colère, d'injustice etc. 

Que c'est triste une salle d'attente de sage-femme vide et sans papa. 

Bad Trip #5 : le rôle négatif et anxiogène des média. Nous n'avons pas la TV et heureusement, car la simple presse ainsi que les réseaux sociaux me suffisent. A quoi exactement ? A me plonger dans un état à la fois de révolte tant que je suis lassée de lire autant d'âneries, de "fake news", de suppositions saugrenues et d'anxiété à lire tout et n'importe quoi sur ce virus dont au final on ignore encore bien des aspects mais avec lequel nous allons devoir malgré tout vivre avec. Ne plus entendre parler que de ça, dans les média mais aussi autour de nous, par nos proches ... C'est pour moi trop anxiogène et ça a causé pas mal d'insomnies, même si je suis quelqu'un d'assez réaliste face à la situation, que je bosse depuis 7 ans en milieu hospitalier et que j'ai donc plus de recul ... 

Bad Trip #6 : les conséquences directes et personnelles du confinement ... Nous avons été obligés d'annuler le baptême de l'Elu qui aurait du être une belle fête familiale et amicale lors du week-end de Pâques. Nous avions également 4 mariages de prévus cette année. Les 4 ont été reportés et sur les 4, il y en a 3 auxquels nous ne pourrons malheureusement pas assister à cause de nos contraintes personnelles. Nous devions voir l'arrière-grand-mère de l'Elu, venue de Corse, ainsi qu'une partie de la famille de Charmante Compagnie qui vit en Angleterre, bien évidemment tout a été annulé. Bref, tous ces petits et grands événements contrariés m'ont égoïstement foutu le bourdon, même si j'essaye malgré tout d'en retirer du positif [comme l'organisation du baptême de l'Elu et de Numérobis l'année prochaine, du coup]. 

Bad Trip #7 : la reconnaissance tardive de l'hôpital et des métiers sans qualification. J'aurai pu le mettre dans le positif, mais volontairement je le place ici, car ça m'a beaucoup énervée. Je travaille depuis 7 ans à l'hôpital. En 7 ans, j'ai vu le navire couler à plusieurs reprises et surtout j'ai fait partie, avec d'autres corps de métier, de la tentative coûte que coûte du sauvetage. Malgré cela, malgré nos efforts avec aucun ou si peu de moyen, les Soignants avec un grand S ont continué à être malmenés et traînés dans la boue, que ce soit par le gouvernement que les usagers des hôpitaux, ne nous leurrons pas. Et aujourd'hui, voir que le monde semble ouvrir les yeux sur le côté "héroïque" de l'hôpital ne me donne pas du tout envie d'applaudir tous les soirs à 20h ... Tout comme ça m'énerve de voir un gouvernement aujourd'hui remercie tout ce petit peuple, celui qui n'a pas fait d'études supérieures, qui n'a pas un compte en banque avec des tas de zéro mais qui aujourd'hui, à lui seul, fait vivre la France. Hier, humiliés, aujourd'hui, primés ... Mais ce qui m'angoisse, c'est de me dire que demain, ils seront à nouveau très vite oubliés. Voilà pourquoi je le mets dans cette partie, car je suis très pessimiste. Je ne crois pas malheureusement que cette crise sanitaire-économique-sociale fasse tant que ça évoluer notre société actuelle, dans le bon sens. Je crains que le retour à la "normale" ne fasse, au contraire, qu'accentuer encore et encore ce besoin de pouvoir, de contrôle et de richesse ... J'espère me tromper. 

Il y aurait sûrement encore beaucoup à dire. D'ailleurs, même dans ma partie "kiff", j'ai oublié des choses. Mais à ce jour, c'est tout ce que j'arrive à écrire sur ce sujet. Et je vais essayer de voir le verre à moitié plein et préférer positiver, en me raccrochant à mes "kiff" mais surtout à l'espoir qui se profile... Celui de retrouver, petit à petit, une certaine liberté en retrouvant mes proches, tout en sachant que cette pandémie marquera fortement notre Histoire et donc aussi nos vies, mais que, justement, la vie continue et que nous devons donc la célébrer et faire en sorte que notre Planète respire enfin mieux ... comme elle semble si bien le faire depuis qu'une grosse partie de la population la plus pollueuse de la planète est confinée. 

mardi 28 avril 2020

Mon nouveau projet professionnel

J'avais déjà évoqué mes envies de reconversion dans un précédent article que je t'invite à aller lire ou relire afin que je ne fasse pas trop de redite ici ... Je ne voudrais pas ennuyer mon lectorat à peine 3 articles après mon retour ici ! 

Credit Photo (Creative Commons) : Larisa-K


Ma reprise du travail après 10 mois d'arrêt pour cause de maternité [j'en ferai prochainement un article, je pense], mais aussi cette période de crise sanitaire-économique-sociale, me confortent aujourd'hui dans mon besoin de changer d'air. J'aime toujours autant mon métier, qui pour rappel est celui d'assistante sociale. Depuis 7 ans, j'ai même la spécificité d'être assistante sociale hospitalière, un rôle et un statut bien particulier dans notre métier. Je l'aime toujours, mais je ne supporte plus les conditions dans lesquelles nous travaillons. Nous devons toujours fournir plus, avec moins de moyens et surtout des politiques sociales de moins en moins favorables à la lutte contre les exclusions et la précarité, même si les gouvernements (tous confondus) se vantent d'aider les plus exclus ! 
Cela me pèse à un point que mon envie de passer mon diplôme de cadre socio-éducatif s'évanouie de plus en plus. Je crois que je n'ai plus la foi. La motivation. L'énergie. Et depuis que je suis mère, j'aspire aussi et surtout à avoir plus de temps pour voir grandir mes enfants. Alors obtenir un diplôme pour décrocher ensuite un poste anxiogène car on me demandera de gérer une équipe et faire des miracles avec aucune ressource ... Non merci. 

Mon projet se dessine donc doucement. Garder un pied dans le métier, en passant à temps partiel, voire de plus en plus partiel. Et l'autre partie de mon temps, la consacrer à ce qui me passionne depuis maintenant presque deux ans : la maternité, la parentalité, l'éducation bienveillante, le maternage, bref cet ensemble de thèmes qui guident mes pas de mère depuis que l'Elu s'est niché au creux de mon utérus. 

Cela sous-entend toutefois que je dois me former. Bien que de plus en plus investie dans la vie de la Maison de Naissance qui nous accompagne depuis la grossesse de l'Elu (j'ai même depuis janvier le rôle de secrétaire générale de l'association de la MDN), et également engagée dans une formation - non diplômante - autour de l'allaitement grâce à une association, ce qui me permettra d'animer des réunions sur le sujet de l'allaitement, avec des futures mères et des mères allaitante, ainsi que de tenir des permanences téléphoniques pour apporter soutien et conseils à ce même public ... Il me faut d'autres cordes à mon arc, des cordes solides et reconnues. 

J'envisage donc de me lancer rapidement dans une formation en tant que monitrice de portage, dans un premier temps, que je financerai moi-même. Puis ensuite de demander un financement via mon employeur, pour la formation de Doulas de France. Cette dernière me coûterait personnellement un peu trop chère, même si j'envisage de l'auto-financer en cas de refus du service formation de mon hôpital. D'autres "petites" formations sont prévues également, autour de l'animation d'ateliers pour l'éducation bienveillante, la gestion des émotions, etc. L'idée serait alors de combiner toutes ces compétences autour de la Parentalité avec un grand P pour accompagner au mieux les parents et futurs parents dans leurs différents projets. 

Credit Photo (Creative Commons) : Wokandapix

Mais en attendant que tout cela se mette en place, car je sais que ça prendra du temps, d'autant plus que les formations sont plus ou moins longues pour certaines, j'ai envie de me tester. Actuellement, je partage mes expériences, mes lectures et mes conseils avec un entourage proche d'amies, ou alors sur des groupes spécialisés sur les réseaux sociaux. Je pourrais parler de ces thématiques pendant des heures. Ecrire dessus. Répondre aux différentes interrogations. Conseiller en me basant à la fois sur du vécu et sur des apports théoriques et scientifiques. 

Je pourrais le faire ici, j'avais déjà un peu amorcé les choses avec mon article de conseils sur l'allaitement, mais j'ai envie de distinguer les deux choses ... Le privé du "professionnel". C'est pour cette raison que d'ici quelques semaines, un nouveau blog et une communauté via les RS verra le jour, pour poser les premières pierres de ma reconversion professionnelle. J'espère que vous serez nombreux et nombreuses à me suivre également là-bas et à partager à vos contacts ce nouveau projet qui me tient à coeur. Quant à cet endroit, il restera donc un fouillis d'articles en tous genre, à mon image ! 

Je te donne donc rendez-vous dans quelques semaines pour l'inauguration du premier jour de ma nouvelle vie professionnelle ! 

Mais avant cela, je fais appel à toi et tes bonnes idées ... Je cherche un nom pour ce nouveau blog (qui sera peut-être aussi celui de ma future société, du coup) ... Et je sèche un peu !
Une idée à me soumettre ? 

dimanche 26 avril 2020

Vous ferez bien un petit deuxième ? [Partie 1 : Tout va bien]

Avant même de concevoir l'Elu, qui pour rappel nous a pris plus de quatre longues années, un parcours de PMA et beaucoup de déceptions au compteur, avec Charmante Compagnie, nous avions pensé à la famille que nous voulions. Trois, voire quatre (oui, oui, tu lis bien quatre) enfants, et si possible - car on sait grâce à notre histoire qu'entre l'envie et le concret, y'a comme un viaduc ... - d'âges rapprochés. Beaucoup de nos proches nous voient d'ailleurs comme un couple complètement maso et inconscients, mais ça ne nous gène pas, c'est notre projet, pas le leur. 

Credit Photo (Creative Commons) : manfredrichter

Bref, tout ce blabla pour introduire mon sujet, à savoir la conception du deuxième enfant. 

Tout d'abord, je dois t'avouer quelque chose ... C'est que quelques heures/jours/semaines après la naissance de l'Elu, je pensais déjà à ce deuxième, à cette envie du deuxième. J'avais très envie de revivre une grossesse - aussi paisible que celle de l'Elu of course -, j'avais très envie d'accoucher - cette fois - à la maison de naissance, et je voyais l'Elu qui grandissait à une vitesse folle et j'étais déjà nostalgique du nouveau-né tout frais. Sauf que cette envie est partie, autour des 3 mois de l'Elu. Sûrement quand le pic d'hormones a commencé à descendre, que la fatigue a pris le dessus et que j'ai compris que l'Elu, aussi mignon soit-il, était un petit dormeur. N'ayant pas pris de contraception à sa naissance, j'ai été un peu stressée à certains moments lors de nos moments d'intimité avec mon mari, car si nous voulions des enfants rapprochés, on s'était malgré tout fixé une limite : minimum 18 mois d'écart. 
Et donc, l'Elu a eu 9 mois. 9 mois + 9 mois est égal à 18 mois. On pouvait y aller. J'avais autant envie de foncer que d'attendre un peu. Mais j'ai malgré tout pris RDV avec la sage-femme qui m'avait suivie pour Jaël, afin de remettre les choses en route de façon naturelle. Nous n'avions pas la pression, un dernier embryon congelé nous attend encore dans notre clinique de PMA. Ma sage-femme m'a dit que certes, j'avais désormais un terrain favorable suite à mon problème d'infertilité après une grossesse et un allaitement, mais que ça pouvait également prendre du temps, d'autant plus que j'allaitais toujours l'Elu. Je m'attendais donc à attendre encore longtemps. 

Credit Photo (Creative Commons) : MabelAmber

Deux cycles. Il y aura eu deux cyles (extrêmement longs et bizarres) après mon retour de couche pour tomber enceinte en novembre 2019. L'Elu allait fêter ses 10 mois. Putain, ça avait fonctionné, et vite ! C'était tellement irréel que cette fois, il y a eu moins de magie dans l'annonce au papa, même si j'ai essayé quand même de le faire un peu à la cool (j'ai glissé mon test de grossesse dans le verre à dents ... Il a mis du temps à capter malgré tout). J'ai prévenu illico-presto celle qui va devenir sa marraine (sans lui dire pour le côté marraine, là j'ai soigné la surprise). Et dès le surlendemain, j'annonçais ma grossesse à mes copines du collectif de la maison de naissance ainsi qu'à mes sages-femmes. 
J'ai pris les RDV rapidement (consultation de début de grossesse, écho de datation, écho 1er trimestre) et je me suis laissée vivre, tranquillement. L'écho de datation ayant lieu avant Noël, nous avions trouvé l'occasion rêvée pour l'annoncer à nos parents et frères et soeurs. Je me suis également faite griller très rapidement au boulot par mes collègues, tellement j'étais en mode détendue, ne prenant aucune précaution à cacher cette si belle nouvelle. 

Des nausées mais peu de vomissements par rapport à l'Elu, de la fatigue mais qui n'est pas fatiguée avec un bébé de 10 mois à gérer en plus du reste, un utérus qui se rappelle très bien que tu as accouché y'a moins d'un an car non seulement tu ressens très vite les douleurs ligamentaires, mais tu vois aussi qu'il reprend très vite une jolie forme arrondie ... Tout ça me met en joie. 
Quand Noël arrive, nous annonçons la bonne nouvelle sous forme de jeu à nos familles réunies pour le premier Noël de Jaël. Sans surprise réellement de la rapidité, et super heureux, nous recevons des félicitations chaleureuses. On enchaîne par la suite avec la marraine et le parrain de l'Elu, là aussi, de la joie et même des larmes, tout le monde est heureux. 

Sans parler de la joie de retrouver notre sage-femme échographe, qui rencontre par la même occasion l'Elu pour la première fois autrement qu'à travers son écran de l'appareil à échographie. Le plaisir de retrouver une de mes deux sages-femmes qui m'avait suivie pour toute la grossesse de Jaël et qui va donc être ma sage-femme pour Numérobis, en binôme avec une autre sage-femme car ma deuxième sage-femme n'a toujours pas repris les accouchements suite à ses problèmes de santé qui ont débarqué, rappelle toi, le jour où j'ai perdu les eaux pour Jaël. Bref, je me sens en terre conquise. Je me sens prête pour cette nouvelle grossesse. 

Credit Photo (Creative Commons) : sebagee


Et puis un jour, peu de temps après l'échographie du 1er trimestre, mon moral s'écroule ... [A suivre] 

vendredi 24 avril 2020

Le covid19, le confinement et moi [Partie Je positive]

Cet article se veut frais et léger, loin de toute l'actualité angoissante du moment, relayée H24 par une presse pas toujours très professionnelle et des réseaux sociaux incontrôlables. 
Il y aura une partie moins fun, car ce serait mentir que de dire que ce confinement - et tout ce qui tourne autour de la pandémie actuelle - ne me pèse pas, loin de là. 
Mais autant commencer par le positif ... Et te livrer ainsi mes "kiff" du confinement. 



# Kiff n°1 : profiter de l'Elu comme avant ma reprise du travail. Et même mieux : avec son Papa-refait ! Ces deux mois confinés tous les 3 nous auront permis de découvrir des tas de choses avec notre fils, il nous a surpris dès le début, en nous montrant des choses certainement apprises à la crèche mais qu'on avait pas le temps de voir avec lui, le soir, après le travail, ou lors de nos week-end trop chargés. Ainsi, il a commencé à signer des mots, puis à dire certains mots (dans sa langue qui reste la sienne, nous sommes d'accord). On a aussi vu son évolution à travers les différents apprentissages qui passent par le jeu. Adieu mon bébé qui s'amuse quasiment exclusivement à jeter ses jouets ... Là, on a droit à des démonstrations en chaîne d'encastrement, de transvasement, d'enfilage de perles, d'imitation de cris d'animaux à travers un jeu de domino, de jeux de voiture, de pouponnage, de câlins à ses peluches. Niveau motricité, il n'est pas en reste et grimpe partout, escalade tout ... C'est souvent éprouvant ! Mais en 3 "jours" il a appris à monter tout seul à son toboggan du grand portique offert pour son premier Noël. Bref, les exemples sont multiples. On profite, même si les journées sont longues et ne se ressemblent pas ! 



# Kiff n°2 : avancer dans les travaux. Alors bon, c'est pas moi qui avance, mais plutôt ma Charmante Compagnie. On avait dû le sentir venir ce confinement car le dernier samedi "libre", on avait fait le plein dans notre magasin de bricolage pour acheter tout ce qu'il nous fallait pour les travaux prévus, notamment ceux pour l'aménagement de la chambre de Numérobis. Les premières semaines ont été très productives, et épuisantes pour Charmante Compagnie, et nous sommes désormais un peu en stand by dans l'attente de récupérer à nouveau du matériel manquant. Une chose est sûre, on pourra profiter tranquillement de nos week-end de déconfinement car du coup, on aura (presque) plus rien à faire ! 

Le lit tipi au sol fait par Papa-refait ! La photo est en N/B car je ne veux pas spoiler de suite les couleurs de la chambre ! 

# Kiff n°3 : faire du tri, de la place, du ménage et du jardinage. Là aussi, j'ai pu en profiter pour réorganiser un peu la maison, même si j'attends que l'Elu retourne à la crèche et que Charmante Compagnie reprenne le chemin du boulot pour continuer le grand ménage de printemps, mais malgré tout, j'ai pu réaménager certaines choses qui attendaient depuis longtemps ! Et ce n'est donc pas terminé ! 

# Kiff n°4 : rattraper son retard de séries pendant les siestes de l'Elu. Ou le soir, quand Charmante Compagnie joue à Final Fantasy VII qui vient de ressortir et qui le replonge dans sa jeunesse éternelle. J'ai pu avancer certaines séries et même terminer des saisons. J'alterne les styles pour ne pas trop me lasser. 

# Kiff n°5 : préparer la liste de naissance de Numérobis. Impatiente de me lancer dans ce projet, j'en ai donc profité et elle est désormais prête. Je n'ai plus qu'à attendre pour la soumettre à nos familles et amis qui en font la demande. Le seul bémol c'est que je suis tentée de rajouter encore et encore des choses dessus alors que clairement, on a pas besoin de tant de choses que ça ... 

# Kiff n°6 : prévoir des WhatsApp famille tous les dimanches soirs avec mon frère qui vit au Québec et avec qui ont n'a pas autant de contacts en temps normal. Ma mère est ravie, l'Elu peut profiter aussi de voir son tonton de Montréal, et nous on passe un excellent moment avec eux ! 

# Kiff n°7 : profiter de notre jardin avec ce temps magnifique qui dure depuis quasiment le début du confinement, et savourer sa chance d'habiter en maison avec jardin et surtout à la campagne car on peut malgré tout se promener sur des petits chemins sympas et non fréquentés, juste à 2 pas de la maison. 



Il y en a sûrement encore d'autres, de petits "kiff" de ce genre. Je me raccroche à eux en tout cas les jours où le confinement pèse un peu trop. Et surtout, je profite de ce confinement pour faire malgré tout des projets. Alors pas des projets de voyages ou de bains de foule, de toute façon, dans mon état, c'est pas l'idéal ... Mais des petits projets ... Comme écrire notre projet de naissance, trier les affaires de nouveau-né, me remettre au scrapbooking, réinvestir la blogosphère, préparer ma - je  l'espère - reconversion professionnelle, prévoir un pique-nique de retrouvailles avec nos amis, peindre de vieux éléments en bois pour la chambre de Numérobis, etc. 

J'espère que tu arrives aussi à tirer du positif de cette période particulière et qui peut vite devenir anxiogène ou en tout cas taper sur les nerfs. D'ici quelques jours, je te donne RDV pour la suite de cet article, consacré cette fois à mes coups de blues de confinée.