mardi 15 janvier 2019

Le jour où on a fait de l'haptonomie

Lorsque j'ai appris ma grossesse, après toutes ces années d'attente, il était évident pour nous que nous souhaitions mettre en place certaines choses durant les 9 mois qui allaient suivre. 
Après avoir fait le choix d'un suivi et d'un accouchement en maison de naissance, c'est à dire sans médicalisation ou du moins la plus minime, nous avons également évoqué avec notre sage-femme numéro 1 notre envie de découvrir l'haptonomie. Elle nous a tout naturellement orienté vers notre sage-femme numéro 2, son binôme, qui pratique cette méthode. C'était du coup l'occasion de connaître encore mieux notre sage-femme numéro 2 ! 
Nous avons eu notre premier rendez-vous d'haptonomie fin septembre, donc juste avant mon 5ème mois. A ce moment là, j'étais la seule à ressentir les mouvements de bébé, Charmante Compagnie n'arrivant pas à capter les moments d'activité de l'Elu. 
La première partie de la séance a surtout été du dialogue avec notre sage-femme numéro 2, pour qu'elle apprenne à nous connaître et vice-versa. Elle nous a également beaucoup parlé de l'haptonomie, des effets que cela pouvait produire, etc et nous avons ensuite commencé la première séance, une séance de découverte et d'approche. 

Shooting photo du 29.12.18


Alors que je pensais que la même chose qu'à la maison allait se produire, c'est à dire que bébé allait arrêter de bouger dès que papa poserait sa main sur mon ventre, c'est tout le contraire qui s'est produit. La sage-femme nous a alors expliqué justement à ce propos, que c'est un réflexe de protection du bébé que d'arrêter de bouger quand une main étrangère se pose sur mon ventre. Il ressent d'abord mon bonheur et mon excitation intense mais il ne sait pas comment décrypter ce signal ... Ainsi, quand il sent une main se poser sur lui, il n'ose plus bouger ... En passant par l'approche de prise de contact en haptonomie, le résultat est tout autre. 
C'est donc le 28 septembre que Charmante Compagnie, en tant que futur papa, a pu sentir pour la première fois son bébé se lover sous sa main. Cette première séance a été un franc succès car bébé a énormément réagi à toutes les sollicitations. Notre sage-femme nous a dit que peu de bébé réagissait autant, en permanence, et à ce stade de la grossesse. Elle a donc été très encourageante pour la suite. 
Nous avons donc par la suite pratiqué l'haptonomie de façon très régulière, afin que papa et bébé puissent communiquer un maximum. Ce lien qui s'est créé entre eux est indescriptible et les observer interagir de cette façon me fait toujours avoir les larmes aux yeux et le coeur qui se remplit d'une grosse dose d'amour. 
La séance suivante s'est faite un mois plus tard. Mon ventre était déjà bien rond, bébé bien actif, et cela a permis d'apprendre des méthodes pour soulager les maux de la grossesse, en faisant bouger le bébé en fonction de positions inconfortables. Bébé réagissait immédiatement aux gestes de son papa, même notre sage-femme était assez surprise, ne voyant pas ça tous les jours. 
La dernière séance a eu lieu tout récemment, à 37 semaines de grossesse, en vue de la préparation à la naissance. Charmante Compagnie est désormais "armé" pour guider bébé vers la sortie. Nous avons appris plusieurs techniques pour faire descendre bébé comme il faut, en amont du  travail, ou pour le remettre dans le droit chemin, durant le travail. La meilleure partie également a consisté à montrer à Charmante Compagnie comment soulager les douleurs pour moi, à ce stade de la grossesse et pendant l'accouchement. Nous avons ainsi fait l'expérience de "porter bébé à 2" et c'était vraiment magique au-delà du soulagement que cela me procure physiquement ! 



 Shooting photo du 29.12.2018
 
L'haptonomie nous a donc suivi tout au long de cette grossesse et devrait nous suivre également durant l'accouchement mais aussi après, avec bébé. En effet, les sages-femmes aiment bien revoir par la suite les bébés dont les parents ont fait des séances d'haptonomie pour prolonger cet accompagnement. Je ne sais pas encore en quoi cela consiste exactement, mais j'aurai l'occasion de vous en parler dès que nous aurons expérimenté cette suite de l'haptonomie à 3 !

dimanche 13 janvier 2019

Le jour où j'ai décidé de vivre pleinement

Vivre pleinement, c'était déjà un peu ma philosophie de vie, mais elle s'est encore plus ancrée en moi ces derniers temps. 



Parce que nous avons du faire face à des décès autour de nous, des décès de jeunes et de moins jeunes. 
Parce que nous avons du faire face à la maladie de certains de nos proches. 
Parce que nous avons du faire face à des annonces brutales de mauvaises nouvelles autour de nous. 
Parce que nous observons le monde actuel qui tourne pas toujours très bien. 
Parce que depuis neuf mois, je porte la vie en moi et que cela a transformé ma vision des choses. 
La vie est précieuse et malheureusement, notre rythme quotidien ne nous laisse pas toujours l'opportunité de nous réjouir des belles choses de la vie. On est vite blasés, stressés, énervés ... et on oublie de s'émerveiller face à la nature et à ce que la vie peut nous apporter.



Aujourd'hui, je remercie la vie d'avoir permis à mon grand-père d'affronter sa tumeur cérébrale et d'être en pleine forme, un an après le diagnostic. 
Aujourd'hui, je remercie la vie de m'avoir permis de grandir avec mes grands-parents aussi longtemps, et même si en 2018 nous avons perdu nos grands-mères, la vie les a menées jusqu'à 90 ans passés, laissant derrière elles de merveilleux souvenirs. 
Aujourd'hui, je remercie la vie d'avoir mis sur mon chemin Charmante Compagnie avec qui je partage un bel amour depuis 7 ans. 
Aujourd'hui, je remercie la vie de m'avoir donné le courage de choisir mon orientation professionnelle en devenant assistante sociale. Grâce à ce métier, je rencontre de belles personnes que la vie n'a pas épargnées mais qui gardent espoir. 
Aujourd'hui, je remercie la vie de m'avoir offert des amis en or qui sont là pour toutes les occasions. 
Aujourd'hui, je remercie la vie de me permettre de m'épanouir grâce à la lecture, aux loisirs créatifs, au visionnage d'un film, à la confection d'un bon gâteau ... 
Aujourd'hui, je remercie la vie de me permettre de porter la vie, de devenir une Maman. 

Grâce à tout cela, entre autre, j'ai décidé d'être optimiste, positive, malgré une actualité souvent bien noire. J'ai la chance d'être en bonne santé, d'être aimée par mon mari, d'être choyée par mes amis, d'être entourée par ma famille. J'ai un toit sur la tête, une jolie maison que je prends plaisir à entretenir et décorer. Je peux m'offrir des bonheurs simples. Rire est gratuit. 

Alors je décide de vivre pleinement, sans me mettre des barrières, parce que je sais que la vie est fragile et que tout peut basculer du jour au lendemain ... Je ne veux pas avoir de regrets. Je veux rire à gorge déployée, je veux danser sans aucun code, je veux savourer un bon gâteau au chocolat, je veux voyager à 5 minutes de chez moi comme à 5000 km, je veux m'allonger dans l'herbe et lire le dernier Gilles Legardinier, je veux cuisiner pour mon entourage, je veux vibrer en écoutant du Queen, je veux m'émerveiller devant la neige qui tombe, je veux envoyer des cartes aux gens que j'aime sans raison particulière, je veux des cousinades, je veux des weekends entre amis, je veux voir mon enfant grandir et se sentir en sécurité grâce à nous. 

2019 sera donc l'année de l'optimisme et du bonheur ... qu'il soit tout petit ou très grand ...


Es-tu du genre à voir le verre à moitié plein ou à moitié vide ? 


vendredi 11 janvier 2019

Le jour où nous n'abandonnons pas notre projet d'adoption

Avant de continuer à narrer ici ma grossesse et ma maternité, je souhaitais évoquer notre projet d'adoption. 
Déjà un an en ce mois de janvier que nous avons obtenu notre agrément en vue de l'adoption d'un bébé né sous le secret, en France. 
Je profite de cet article pour vous encourager à aller voir le film Pupille qui évoque ce sujet avec une justesse inédite et beaucoup d'émotions ! 
Quand nous avons annoncé ma grossesse à notre entourage, une question est souvent revenue : "Alors du coup, vous laissez tomber l'adoption ...". A chaque fois, notre réponse a été la même : "Non, ce projet est toujours notre projet de famille". 
Parce que comme je l'ai souvent évoqué, nous n'avons pas choisi la parentalité par la voie de l'adoption comme un plan B ou C ou Z ... Nous avons juste avancé notre projet, voyant qu'il serait compliqué de devenir parents de façon "naturelle et biologique". L'arrivée de ce premier enfant dans nos vies ne change donc en rien notre envie d'adopter un enfant, cela diffère juste ce projet et le modifie quelque peu également. 
En effet, nous avons une notice pour un bébé de moins de 12 mois. Or, en France, la plupart des bébés sont adoptés par des couples sans enfant, afin de leur donner l'opportunité de "pouponner" un très jeune enfant. Avec l'arrivée de l'Elu, nous aurons donc déjà eu la chance de connaître ce bonheur et nous sommes donc prêts à élargir notre notice à un enfant de 0-3 ans, plus jeune que l'Elu pour respecter l'ordre d'arrivée dans la famille. 
Pour cela, nous avons donc prévenu il y a quelques jours le service d'adoption de notre département que nous mettons entre parenthèse notre agrément, le temps d'accueillir sereinement notre premier bébé ... Ainsi, je pense que d'ici 12 mois, nous demanderons à rencontrer de nouveau notre assistante sociale et la psychologue pour évoquer notre nouveau projet et notre cheminement. 



Il y a cependant quelque chose qui s'est produit il y a de cela quelques semaines et qui m'a beaucoup chamboulée. En effet, face à cette grossesse surprise et relevant pour nous du miracle, nous avions décidé d'attendre l'écho du deuxième trimestre pour annoncer ma grossesse au service d'adoption, afin d'être certains que cette grossesse irait à terme. On avait donc prévu de le faire à notre retour de voyage du Québec, fin octobre/début novembre. 
Alors que j'étais au bureau, je m'aperçois que j'ai un appel en absence de notre assistante sociale sur mon portable. Mon coeur palpite et j'appelle mon mari qui avait lui aussi cherché à m'appeler. Il était très bizarre au téléphone et j'ai très vite compris que l'appel de notre assistante sociale était loin d'être anodin. En effet, notre ASS nous avait expliqué que nous serions amenés à nous voir une fois par an, donc en janvier/février pour nous, suite au courrier annuel de maintien d'agrément que nous devions leur envoyer. Elle nous avait également précisé que de leur côté, ils ne nous contacteraient que s'il y avait une annonce d'apparentement ou de passage en conseil de famille si enfant aux besoins spécifiques ... Alors autant vous dire qu'un appel de notre ASS en octobre ... était très surprenant ! 
Charmante Compagnie a donc eu l'ASS au téléphone et après les formules de politesse, a annoncé ma grossesse à notre ASS qui nous a bien entendu félicités ... mais qui du coup s'est retrouvée assez embêtée quant à l'objet de son appel. Mon mari a ressenti tout cela mais n'a pas cherché à en savoir plus. Ils ont surtout échangé sur la suite justement, du besoin de temps d'accueillir notre enfant, etc. L'ASS quant à elle a finalement justifié son appel comme un rappel qu'elle nous faisait de bien penser à actualiser notre agrément en janvier ... Mouais ...
Même si nous n'en aurons jamais la certitude à 100%, nous ne pouvons nous empêcher de penser que cet appel était peut-être celui de l'appel magique, nous annonçant un apparentement, ou un passage en conseil de famille ... Le timing, la réaction de l'ASS ... bref, tout ceci nous a mis la puce à l'oreille mais surtout m'a énormément chamboulée.Tant de "et si ..." se sont confrontés dans ma tête. Et si un petit bébé nous attendait bel et bien ... Et si cet enfant était celui que nous attendions ... Et si je n'étais pas enceinte, cela signifiait-il que nous allions devenir parents du jour au lendemain ... Et si ... Et si ... 
Et puis, j'ai chassé tous ces "Et si" de ma tête ... préférant me dire que rien n'arrive par hasard dans la vie, et donc que cette grossesse n'était pas un hasard ... en préférant me dire que si jamais nous avions bel et bien été choisi comme parents de ce bébé né sous le secret, d'autres parents auront à leur tour un appel magique et que ce sera pour eux le plus beau jour de leur vie ... en préférant me dire que si nous avions été choisi maintenant, nous le serons encore dans un ou deux ans ... en préférant me dire que même si en début de grossesse, j'avais pensé à cacher ma grossesse si jamais un apparentement se faisait dans les tous premiers mois de ma grossesse, aujourd'hui, je préférais me consacrer à l'arrivée de l'Elu uniquement car cela ferait trop de bouleversements. 
Nous avons donc fermé cet épisode de notre vie après en avoir longuement discuté ... en définissant notre futur projet d'adoption en étant déjà les parents biologiques d'un premier enfant ... Et ce futur projet est tout aussi fort et beau que notre premier cheminement ... 




Rendez-vous donc en 2020 pour la suite de notre parcours d'adoption ...

mercredi 9 janvier 2019

Le jour où je papote en vrac

Plusieurs semaines silencieuses alors que je suis en congé maternité. Il faut dire que le mois de décembre est passé aussi vite qu'un cyclone, entre les rendez-vous divers et variés liés à la grossesse, les finitions de préparation de la chambre de l'Elu, des affaires pour la maison de naissance, et nos diverses invitations amicalesDu c ... Sans parler des fêtes de fin d'année que nous avons célébrées dignement ! 



A ce propos, je profite de cet article pour souhaiter à tous mes meilleurs voeux pour cette année 2019. Nous savons tous que chaque année nous apporte son lot de bonnes et moins bonnes nouvelles ... mais l'essentiel de retenir c'est qu'il faut profiter de chaque petit et grand bonheur que l'on trouve le long de son chemin. Je vous souhaite surtout d'avoir la meilleure santé possible car sans elle, nos projets ne peuvent pas voir le jour ! 
De mon côté, je sens que cette année 2019 va être riche en émotions avec la naissance de l'Elu et nos premiers pas en tant que parents. Je compte bien profiter de mon congé maternité et parental jusqu'en septembre pour faire le plein de bonheur avec notre enfant ! Et côté autres projets, nous avons celui de passer nos premières vacances à 3 en Corse, afin de présenter l'Elu à son arrière-grand-mère, de construire un garage, afin de gagner un peu de place de stockage, et d'entretenir sérieusement notre jardin, afin de ne pas foutre en l'air le travail effectué par le jardinier qui a remis le jardin en état cet automne ! Pour les objectifs, je m'en fixe un seul : me mettre à jour dans le tri de nos photos (tirage photos ou mise en page sous forme de livre photo), c'est à dire depuis au moins 3 ans (plusieurs voyages : Lanzarote, Minorque, New York, Le Québec, mais aussi pleins de souvenirs photos de famille, mes 30 ans, etc). Et cela va de paire avec le fait d'essayer d'imprimer les photos de l'Elu le plus régulièrement possible ! 

Du côté de la blogo, j'ai une bonne petite liste d'articles à rédiger. Bien entendu, 80% de ces articles concernent la maternité, la parentalité ... Mais il y a aussi les récits de nos derniers grands voyages (New York en juillet, le Québec en octobre), de notre weekend en Thalasso ... Il me faut juste trouver l'énergie pour les rédiger, quant aux récits de voyage, il faut aussi que je trie les photos ... Cf objectif 2019 évoqué plus haut ! Tu sens le cercle vicieux ? Et puis, afin de ne pas transformer trop ce blog en blog 100% maman, je compte bien aussi continuer à partager sur mon métier d'assistante sociale, sur mes réflexions (philosophiques) au sujet de la vie, de la nature, de l'actualité ... Et si j'ai le temps, pourquoi ne pas aussi blablater sur des sujets bien plus futiles ... 

Je m'en vais de ce pas commencer à rédiger ces différents articles, tout en étant avachie dans mon canapé, en mode baleine sur le point d'accoucher, emmitouflée dans mes nouveaux plaids, en regardant la neige tomber à gros flocons et z'yeutant une vieille série vue et revue, à savoir Ally Mc Beal ...  



Bonne Année 2019 !

mercredi 28 novembre 2018

Le jour où je dois accepter la coupure avec mon travail

Quand j'ai découvert ma grossesse, un de mes premiers réflexes fut de regarder la date de mon départ en congé maternité : 24/12/18. Génial, me suis-je dit ! Je vais pouvoir profiter calmement des dernières fêtes de Noël sans enfant ... Déterminée à partir le 24 décembre, et pas avant, j'ai continué à travailler avec passion et conscience professionnelle, comme à mon habitude. 
J'ai même accueilli, en binôme, une stagiaire assistante sociale 3ème année, en me souciant de lui trouver une de mes collègues d'accord pour terminer le tutorat sur environ 5 à 6 semaines ... Tout était calé. 
La routine professionnelle ... des rendez-vous, des rencontres, de nouveaux patients, des réunions internes, des réunions extérieures, des projets ... Je me suis rapidement aperçue, tout en faisant l'autruche, que je continuais à vivre ma vie professionnelle comme si de rien n'était. Un peu comme si j'occultais que quelque chose d'énorme était en train de se produire : je suis en train de devenir mère. 
J'ai voulu tout affronter en même temps, ne lâchant rien. Je me suis levée des matins, la tête en vrac, le dos en compote, mais je finissais toujours par arriver au travail ... Malgré mes vomissements intenses de début de grossesse (qui ont quand même duré quasiment 14/15 semaines), je n'ai pas manqué un seul jour de travail. 
Mes vacances n'ont pas été reposantes car j'ai eu 1 semaine en été pour partir à New York ... Autant vous dire que je suis revenue complètement décalquée ... et en octobre, 2 semaines pour partir au Québec. Pas vraiment de temps de pause, dans le sens "off", je ne fais plus rien si ce n'est glander dans mon canapé. 
En même temps, j'estime avoir une grossesse, à ce jour, idéal, malgré les différents maux que j'ai pu connaître. Je me sens épanouie. Je ne voyais donc pas l'intérêt de m'arrêter. 
Sauf qu'avec le métier que je fais - assistante sociale au sein du dispositif de permanence d'accès aux soins de santé généraliste  et obstétrique - j'ai du finir par reconnaître, il y a quelques semaines, que j'étais psychiquement à bout, en plus d'être en manque de fer et d'avoir une tension assez basse. 



J'ai donc cédé à un premier arrêt, très court, d'une semaine, qui m'a permis de me reposer et surtout de m'ennuyer ... J'ai donc repris le travail, pleine d'entrain et de motivation. Même si je savais que je serai sûrement arrêtée en congés pathologiques, je me fixais encore un bon mois et demi de travail. De quoi terminer certains accompagnements, de mettre à jour mes dossiers, mon organisation, d'assister à des réunions qui me tenaient à coeur, de passer le relais pour ma stagiaire, et de former ma remplaçante à mon poste. 
Sauf que rien ne s'est passé comme je le voulais. De la motivation, j'en ai eu ... Mais j'ai surtout accumulé beaucoup de fatigue, la faute aux 9h d'heures supplémentaires faites en une semaine de boulot, alors que je suis sensée finir 30 minutes plus tôt chaque jour du fait de ma grossesse ... Je me suis épuisée en m'investissant énormément dans l'accompagnement de ma stagiaire en difficultés, culpabilisant de la "lâcher" en cours de stage même si je savais qu'elle serait entre de très bonnes mains avec mon autre collègue, et que la collègue qui prend le relais est top également. Conscience pro ...
Mais le coup de grâce a été de constater que je n'avais toujours pas de remplaçante. Qu'à un moment donné, il a même été question que le dispositif s'arrête de fonctionner durant mon absence - qui va juste durer 9 mois - ce qui est inconcevable pour moi car il s'agit d'un dispositif indispensable et surtout soutenu par l'Etat ! Que j'ai vu tout mon travail sur ce poste depuis un an s'effondrer si jamais je n'étais pas remplacée, ou "mal" ... Que je me suis dis que je tenais depuis des semaines dans l'espoir d'être en binôme avec ma remplaçante, le temps de lui expliquer le fonctionnement du poste ... et que ça ne servait à rien, que je pouvais toujours l'attendre et donc ne jamais partir en congé maternité ... C'est là que mon corps a craqué. 
Dos bloqué, tension basse, réserve de fer toujours faible ... Le médecin m'a donc arrêtée 3 semaines, jusqu'à la date de mon congé pathologique ... J'ai hésité. Tellement. Non, non, une semaine, ça suffira ... mais finalement, j'ai écouté ce qu'il m'a dit ... j'ai repensé à cette grossesse tellement précieuse et j'ai dit ok. 

Photo jour J de ma 31ème SA. 


Sauf que je suis partie comme une "voleuse" ... sans préparer ma relève. J'ai un goût d'inachevé ... Je rêve du boulot quasiment toutes les nuits. Je pense à mes patientes dans les situations sont complexes et donc loin d'être résolues, tous les jours. Je culpabilise vis à vis des collègues. J'ai envie de pleurer quand je pense aux réunions auxquelles je ne vais pas assister. Je me sens exclue de mon travail, et c'est dur pour moi. J'ai du mal à lâcher prise, car j'aime être dans la maîtrise professionnelle. 
Pour faire face à cela, j'essaye de m'occuper un maximum ... En préparant la chambre de bébé, en me noyant dans la rediffusion de séries vieilles comme le monde, en invitant des copines à me voir ... Mais souvent, le travail revient dans un coin de ma tête. 
Ma sage-femme a beau me dire d'arrêter de culpabiliser d'être arrêtée à 31 semaines. Mon ostéopathe a beau me dire que maintenant, c'est à moi de me faire chouchouter et d'arrêter de m'occuper des autres. La laborantine du labo d'analyses médicales a beau me dire d'arrêter de checker mes mails professionnels. C'est plus fort que moi. 
Et le comble dans tout ça, c'est que si ça se trouve, en septembre 2019, quand viendra l'heure de retourner tous les jours au travail ... je vais traîner des pieds, pleurer et ne pas vouloir y aller ... 
Pas facile d'être une mère et une working-woman ! 

Et toi, tu as été arrêté à quel moment de ta grossesse ? Comment as-tu vécu la coupure avec le milieu professionnel ?

jeudi 22 novembre 2018

Le jour où on a choisi d'accoucher en maison de naissance

J'emploie volontaire le "on", car je pense que choisir d'accoucher en maison de naissance est avant tout une décision de couple. Il faut en effet que le papa se sente d'accompagner la maman dans cette aventure qu'est l'accouchement physiologique et tout ce qui entoure la maison de naissance. 


(c) PHAM


Tout d'abord, la maison de naissance, c'est quoi ? 
C'est un lieu où des sage-femmes accompagnent de futurs parents du début de la grossesse jusqu'à l'après-accouchement, en passant par un accouchement physiologique, c'est à dire naturel et donc avec le moins de médicalisation possible. 
Ces maisons de naissance sont en expérimentation en France depuis 2 et pour une durée de 5 ans. Il y en a 8 seulement sur tout le territoire. A savoir que dans de nombreux pays, les maisons de naissance existent depuis des années voire dizaines d'années et sont suffisamment nombreuses pour répondre à la demande des futurs parents. 
Nous avons la chance d'habiter à 20 minutes d'une maison de naissance. Cette maison de naissance se trouve au rez-de-jardin de l'hôpital public dans lequel je travaille, et est donc conventionnée avec la maternité de l'hôpital. Ainsi, en cas de problème tout au long de l'accouchement, un transfert en moins de 3 minutes est possible. Je trouve cela très rassurant, et c'est un véritable travail en collaboration. Sachant qu'avant d'être prise en charge à 100% par la maternité et son personnel, il y a aussi la simple possibilité d'être transférée sur le plateau technique, où notre sage-femme garde la main et continue à être présente pour l'accouchement. C'est juste que l'on a besoin d'un petit coup de pouce en plus, qui n'est pas possible en maison de naissance (l'exemple tout bête étant celui de la pose de la péridurale si la maman change d'avis). 
C'est donc une alternative parfaite je trouve, à l'accouchement à domicile qui peut être un peu plus angoissant ... Du moins, pour ma part. 

Après notre parcours pour devenir parents, nous avions envie d'un suivi de grossesse et d'un accouchement le moins médicalisé, le plus naturel et le plus personnalisé. Je n'ai donc pas hésité longtemps, malgré la crainte de ne pas savoir gérer la douleur, et j'ai très vite contacté la maison de naissance pour le premier RDV. 

Heureux hasard, la MDN organisait la porte ouverte de ses 2 ans d'existence le jour de notre écho de datation. Pour moi, c'était un signe : si l'écho nous confirmait que ma grossesse était bien en place et évolutive, on allait à la MDN et j'accoucherai là-bas ... Et c'est ce qui s'est passé. 
J'ai ainsi pu rencontrer mes deux sage-femmes. Mes deux fées. 



L'accompagnement en MDN est simple : en fonction de notre lieu d'habitation, nous avons une sage-femme référente qui va nous suivre du début à la fin de la grossesse. Ainsi, un réel lien de confiance se tisse, au fil des consultations, on se confie à elle, on aborde tous les sujets sans tabou, on se tutoie et on se prépare à vivre ensemble une sacrée aventure au moment de la naissance. Notre sage-femme référente travaille également en binôme avec une autre sage-femme qui est donc notre deuxième sage-femme, qui va intervenir en milieu de grossesse, notamment pour la préparation à l'accouchement, afin qu'on apprenne à se connaître. Là aussi, on a tiré le bon numéro car il s'avère que notre deuxième sage-femme est aussi notre sage-femme d'haptonomie. Nous la connaissons donc maintenant très bien ! 
Le jour J, c'est une des deux sage-femmes qui sera présente pour notre accouchement, en fonction d'un planning d'astreinte qui nous est remis à partir de la 37ème semaine (avant, on ne peut pas accoucher en MDN car bébé a besoin d'être hospitalisé au moins 3 jours). Elle est ensuite rejointe par une autre des 9 sage-femmes de la MDN pour le moment de la naissance. 
La sage-femme peut être amenée à venir chez nous avant, en début de travail, pour vérifier où on en est ... 
Tout est fait pour que l'on puisse accoucher comme on souhaite : dans l'eau, par terre, debout, assise, à quatre pattes, sur un lit, suspendue à des lianes ... Le papa est acteur dans cet accouchement, et la sage-femme se fait la plus discrète possible, du moins, respecte notre intimité et notre projet de naissance. 

(c) PHAM 
 

Après la naissance, nous restons 3/4 heures à la maison de naissance, le temps de faire un peu de peau à peau, de lancer l'allaitement, de manger, de se laver et aller aux toilettes ... Et hop, retour à la maison ... Avec ensuite, un suivi sage-femme à la maison ... en fonction de nos besoins. 

A ce jour, le retour que je peux faire concerne donc uniquement le suivi de grossesse et la préparation à l'accouchement. Je vous ferai un retour bien entendu de l'accouchement. 
Je précise également que toujours dans cette démarche, nous avons fait le choix d'être suivie par une sage-femme pour les échographies. Elle est topissime et apporte énormément d'humanité dans cet acte très médical qu'est l'échographie.

J'apprécie d'être suivie uniquement par les deux mêmes sage-femmes qui vont être présentes au moment de la naissance. Un réel lien se tissent entre nous et elles, et c'est génial. Elles sont pour moi comme des fées de la maternité, qui me portent chance et se pencheront sur le berceau de l'Elu à la naissance pour lui souhaiter une belle vie. 
J'aime l'idée de faire une grande partie du travail à la maison, dans mon univers, dans ma bulle ... Nous avons déjà tout calé avec la sage-femme et Charmante Compagnie, notamment si ce dernier est au travail, elle pourra même venir me chercher pour m'amener à la maison de naissance ! Rassurant ! 

(c) PHAM


Je kiffe les cours de préparation  à l'accouchement, qui sont donc individualisés - en couple - et en fonction de notre projet. Ainsi, je me sens libre de poser n'importe quelle question, Charmante Compagnie aussi, sans avoir peur du jugement des autres. On ne pense qu'à nous et à bébé, on ne parle que de nous et de bébé ... 
Qui dit Maison de Naissance dit donc accompagnement vers un accouchement physiologique. Nos sage-femmes sont spécialistes en ce qui concerne la gestion de la douleur. Grâce à elles, je me sens suffisamment armée pour vivre la douleur et je n'ai pas peur. Comme j'ai pu lui dire d'ailleurs, avant de tomber enceinte, j'avais peur d'accoucher, aujourd'hui, j'ai juste peur de devoir être transférée pour accoucher à la maternité ... J'ai énormément investi ce futur accouchement naturel, tout en travaillant aussi, grâce à mes sage-femmes, sur l'acceptation qu'à tout moment, le projet puisse changer s'il y a le moindre événement qui nous fait quitter la zone de l'accouchement physio c'est à dire l'accouchement naturel et normal. Pour moi, la maison de naissance est une véritable chance de pouvoir accoucher sans péridurale car dès les premières consultations, nous sommes préparées à accoucher sans cette anesthésie et tout est mis en oeuvre le jour J pour qu'on puisse sans passer.
Qui dit Maison de Naissance dit aussi maternage à 100% ... Ainsi, là bas, je me sens soutenue et encouragée par nos choix : allaitement, portage et couches lavables. Entre les ateliers organisés par la maison de naissance en mode "collectif", ou ceux en individuel, notamment pour l'allaitement, on se sent bien épaulé !

(c) PHAM


Je suis finalement contente que le retour à la maison soit aussi tôt, car même si au tout départ, cela m'a surpris car j'avais des tas de questions, de "et si ...", je suis aujourd'hui rassurée d'une part par le suivi mis en place à la maison, et d'autre part par les différentes expériences des couples ayant déjà accouché à la MDN ... Et je pense que j'aurai beaucoup de mal à supporter une hospitalisation en maternité, surtout que c'est celle où je bosse ... Nous allons pouvoir dès les premières heures de bébé, nous mettre en mode "cocon" tous les trois. Et en plus, belle-maman a prévu de nous apporter le repas tous les jours à la maison :) je vais être dorlotée ! 

Nous devons nous pencher ce weekend sur la rédaction de notre projet de naissance, notamment en cas de transfert à la maternité, afin que le maximum de nos souhaits soient respectés malgré le transfert et la médicalisation. 

Je vais m'arrêter là pour cet article qui devient long, et pourtant, j'aurai encore tant à dire ... 
J'espère qu'en tout cas, cet article permettra de mieux connaître les maisons de naissance et qui sait, donnera peut-être envie à de futurs parents de choisir ce lieu pour y mettre au monde bébé ... 

Et toi, as-tu rédigé un projet de naissance pour ton/tes accouchement(s) ?


lundi 19 novembre 2018

Le jour où on a décidé de ne pas connaître le sexe de bébé

C'est un sujet qu'on avait abordé avec Charmante Compagnie bien avant que je tombe enceinte ... En même temps, étant donné que ça fait plus de 4 ans qu'on attendait ce moment, on a eu le temps de parler de pleins de choses ! 

Connaître ou non le sexe de bébé avant la naissance ... 



Pour nous, c'était une évidence : nous ne voulons pas savoir.  

La première raison, c'est justement que cet enfant, nous l'avons tellement attendu ... que fille ou garçon, on s'en moque ... Nous sommes heureux de devenir parents, et d'avoir un enfant, quel que soit son sexe. 
Une autre raison, classique, je vous l'accorde, c'est que nous, tout ce qui nous importe, c'est que cet enfant à naître soit en bonne santé. C'est primordial pour nous, bien plus que de savoir si c'est une fille ou un garçon. 
Et puis, le côté surprise ... pour nous est doublement important. Rappelons que ce petit être qui pousse en moi est une réelle surprise ... Arrivé tout seul, sans FIV, sans aucune aide après tant d'années de galère ... Alors, on veut garder la surprise jusqu'au bout. 
Dans notre projet de naissance, nous souhaiterions que ce soit Charmante Compagnie qui accueille bébé et dévoile le sexe de notre enfant. Si cela se passe comme nous l'espérons, j'imagine à quel point ce moment sera inoubliable. 



Je dois également avouer que garder la surprise apporte aussi d'autres satisfactions, comme celle d'embêter un peu notre entourage qui a parfois du mal à comprendre le pourquoi du comment ... La curiosité est trop forte pour eux, mais leur curiosité nous fait bien rire. C'est d'ailleurs la première chose que notre sage-femme nous a dit quand on lui a parlé de notre désir : que le plus dur, ce serait pour l'entourage ! 

Alors que pour nous, tout est naturel, simple. Je n'ai aucune difficulté à entrer en lien avec mon bébé "sans sexe" ... Je me projette parfaitement avec ce petit être qui est parfois un garçon, parfois une fille ... Il a également déjà un prénom masculin et un prénom féminin, que nous gardons aussi secret, tant qu'à faire ... On prépare sa chambre, neutre, car de toute façon, on n'est pas pour le rose pour les filles et le bleu pour les garçons. On  choisit ses affaires de façon à ce qu'elles soient mixtes, tant au niveau de la décoration que des vêtements. 

Malgré tout, nous aimons nous amuser de ce secret, de cet inconnu, de cette incertitude ... Notamment en se prêtant à différents jeux : tout d'abord, celui du pendule ... qui nous prédit à chaque fois un petit garçon en premier (oui, car il nous prédit en tout ... 4 enfants !). On aime aussi s'amuser avec notre entourage qui pari sur une fille ou un garçon en fonction de la forme de mon ventre ... Et si jusqu'ici c'était le petit garçon qui l'emportait, depuis 1 mois, la majorité penche pour une fille en fonction de mon ventre ... Et puis, si on étudie d'un peu plus près tous les "trucs de grand-mère" pour savoir si fille ou garçon ... on se marre bien aussi ... car en fonction du "truc", c'est une fille ... et un autre "truc" nous prédit un garçon ... 

Tout ceci nous fait bien rire et on continue tranquillement notre chemin vers la rencontre de notre bébé ... On l'imagine blond, brun, roux, avec pleins de cheveux, sans un poil sur le caillou, aux yeux bleus, verts ... Mais on l'imagine surtout comme étant notre plus belle surprise, un petit bout de chacun de nous deux ... L'essentiel, c'est que je me vois aussi bien la maman d'une petite fille que d'un petit garçon ... 



Et toi, tu as voulu garder le sexe de bébé secret jusqu'à la naissance ou tu avais besoin de savoir ?