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lundi 6 mai 2019

Le jour où rien ne s'est passé comme prévu ...

En faisant le choix d'un accouchement en maison de naissance, j'avais pu aborder avec mes sages-femmes, les différents événements qui auraient pu exiger un transfert sur la maternité partenaire, soit pour un accouchement en plateau technique, avec ma sage-femme de la maison de naissance, soit au bloc pour une césarienne. J'avais très peur de ces scénario car si certaines femmes ont peur d'accoucher sans péridurale, moi, ma phobie, c'était d'accoucher en maternité. 
J'en avais longuement parlé avec ma sage-femme numéro deux, lors de ma préparation à l'accouchement - gestion de la douleur - et ses paroles m'avaient apaisée. 
A deux semaines de mon terme, j'étais pleine d'espoir que l'Elu arrive plus tôt ... notamment car ma maman venait me voir pour une semaine, afin de nous aider au moment de la naissance et avoir le bonheur de rencontrer l'Elu dès la naissance. Dès son arrivée, j'ai donc tout fait pour accoucher rapidement. Autant te dire sans trop de suspens, que rien n'a fonctionné. 
Durant son séjour, j'ai eu un message de ma sage-femme numéro 1, m'informant que ma sage-femme numéro 2 était en arrêt. Elle était donc seule d'astreinte jusqu'à mon accouchement. Il n'y avait donc plus de suspens, c'est A. qui allait m'accompagner durant l'accouchement. 
Après avoir repoussé son départ de deux jours, ma mère est finalement repartie le jeudi 24 janvier. Elle avait 4h45 de route. Le coeur lourd, je me suis effondrée en pleurs sous la douche à son départ. Et là, il s'est passé un phénomène étrange. Ma mère est revenue sur ses pas après m'avoir entendue pleurer, dans sa voiture, avec la musique de Michel Berger, le Paradis Blanc, en fond sonore ... Je n'ai aucune explication à cela. Nos deux téléphones n'étaient pas en communication. Elle était à la sortie du village enfermée dans sa voiture, j'étais enfermée dans ma douche avec l'eau chaude qui coulait sur mon corps douloureux de fin de grossesse ... Alors, à part une sorte de connexion spirituelle ... Je ne vois pas. 
Quoi qu'il en soit, elle est revenue et m'a fait un dernier câlin. Nous savions que la prochaine fois qu'on se verrait, je serai mère. 
Je me suis ensuite préparée pour aller déjeuner chez ma belle-mère. A 11h, j'étais prête à partir, quand j'ai entendu mes chiens attaquer un de mes chats. Je me suis alors précipitée dans le séjour, j'ai hurlé et ... je suis tombée de tout mon long ... sur le ventre (et les genoux) ! J'ai eu la peur de ma vie. Je me suis mise à pleurer, je ne retrouvais plus mon portable qui avait volé lors de la chute, et je n'arrivais pas à me relever. Je me suis imaginée 1000 scénarii catastrophes avant de retrouver mon téléphone et d'appeler ma sage-femme. Elle m'a rassurée et m'a dit d'aller à la maternité partenaire pour faire un petit contrôle. C'est bête, mais ça me faisait bizarre d'aller à la maternité. Je ne me sentais pas à ma place, moi qui n'avais eu qu'un suivi avec mes sages-femmes de la maison de naissance. J'ai toutefois été très bien accueillie, amenée par ma belle-mère, et nous sommes ressorties 2 heures plus tard, rassurées. Lors du monito de contrôle, la sage-femme m'a dit que j'avais des contractions. Je ne ressentais rien. Le gynéco qui m'avait fait une écho, quant à lui, a pu dire à ma belle-mère que "ce n'est pas pour maintenant". Je suis donc rentrée sereine, j'ai passé un coup de fil à A. pour lui dire que tout allait bien. Je n'ai pas saisi à ce moment là son "j'espère que bébé patientera au moins jusqu'à la semaine prochaine" ... Je me suis juste dit qu'elle devait être fatiguée d'être seule d'astreinte depuis l'arrêt de N. 
Deux heures plus tard, alors qu'on décide avec ma belle-mère d'aller promener les chiens ... qu'elle ne fut pas ma surprise, en sortant de la voiture, de perdre les eaux ! Moi qui redoutais que cela arrive n'importe où, du genre à la caisse du supermarché ... je me mets à rire. D'autant plus, qu'au moment précis où la poche a percé, ma mère a essayé de m'appeler pour me dire qu'elle arrivait chez elle dans 15 minutes. Pourquoi ne pas avoir attendu d'être chez elle pour m'appeler ? Là aussi, je ne peux que me dire qu'elle avait des antennes ... 
Euphorique, j'appelle alors ma SF N°1 pour l'avertir que "ça y est, A., j'ai perdu les eaux !" D'une voix très calme elle me demande de venir à son cabinet pour un petit examen. J'ai 12 heures pour accoucher, sinon je devrai recevoir un antibio toutes les 12h. Pas de problème, dans ma tête, dans 12 heures, bébé sera contre ma peau. 
Je préviens donc Charmante Compagnie qui était en réunion sur Grenoble et prend immédiatement la route en direction du cabinet de notre SF. Ma belle-mère me fournit en serviettes de bain et nous partons en direction du cabinet d'A. C'est en arrivant là-bas que mon euphorie est retombée. Elle qui est d'ordinaire très enjouée, était complètement éteinte, fermée, triste ... Dans ma tête, je me suis demandée ce qu'il se passait. Comment pouvait-elle faire la tête pour un jour aussi joyeux pour nous ?! Et puis, j'ai vu la douleur sur son visage, et j'ai vite compris que quelque chose clochait. 
Après m'avoir installée le monitoring, elle prononce les mots auxquels je n'avais jamais pensé : "Je ne vais pas pouvoir t'accoucher". 
L'espace de 10 secondes, dans ma tête, j'ai hurlé. Hein ? Quoi ? Pourquoi tu me fais ça à moi ? Tu ne m'aimes pas ou quoi ? Oui ... quand tu es à 40 semaines de grossesse, que tu as perdu les eaux, que ta SF N°2 est en arrêt et que ta N° 1 te dit ça ... ben tu penses tout ça ... Et j'ai juste pu sortir un "Mais où est-ce que je vais accoucher ???????" Oui, car là aussi, tu oublies qu'il existe un lieu appelé Maternité. 

Charmante Compagnie est arrivé à ce moment là, et nous avons repris tout ça ensemble, tous les 3. Les 3. C'était ça, notre projet. Former un trio avec notre SF qui nous suivait depuis 9 mois. Dans tous les cas de figure présentés pour un transfert, il y avait toujours notre SF dans l'histoire, de près ou de loin. Or, là, je me retrouvais avec ... aucune de mes deux sages-femmes. L'angoisse. Et pourtant, je n'ai pas voulu me laisser envahir par l'angoisse. 
J'allais devoir accoucher en maternité, et pour que notre projet de naissance puisse se faire, il fallait que je sois zen. Je n'ai donc pas pleuré - extérieurement - et on a suivi les consignes ... A. a appelé devant nous la maternité, pour les avertir que nous allions arriver, avec notre projet de naissance. Heureusement, cette maternité est la plus physio de la région, avec une autre ... Ma SF nous confiait donc à eux en toute confiance. 

Je suis retournée chez ma belle-mère, pour manger. Et Charmante Compagnie est parti chez nous, récupérer les affaires pour l'accouchement. Je continuais à perdre énormément de liquide amniotique. Je continuais à pleurer intérieurement, mais j'étais à la fois zen et euphorique ... J'allais devenir mère. Ce n'était qu'une question d'heures. Ou de jours ... 
Car là aussi, rien ne s'est déroulé comme on espérait. Si la sage-femme qui nous a accueilli à 22h, a bien lu et respecté notre projet de naissance, l'Elu, lui, était peu coopératif. Il pétait le feu au monito ... mais mon col ne bougeait pas. Les contractions étaient bien présentes, de plus en plus douloureuses ... Je les ai gérées sans péridurales, à la force du mental "cette douleur est utile, cette douleur est efficace, cette douleur va permettre à l'Elu de naître", grâce au soutien de mon mari ... mais au bout de 28 heures, je n'en pouvais plus. En concertation avec la sage-femme de jour et mon mari, j'ai pris la décision de prendre la péridurale. J'étais ouverte à 8. Je n'avais plus la force de tenir sans, étant éveillée depuis le jeudi matin, 8h ... nous étions le vendredi, 19h30 ... 
Et alors que nous pensions que l'Elu verrait le jour un 25 janvier ... il nous a encore fait la surprise de naître que le 26 janvier, à 01h49 ... Un accouchement en toute intimité, ou presque. Dans la pénombre, avec une sage-femme adorable, une auxiliaire puéricultrice discrète ... Charmante Compagnie et moi ... Mais là aussi, rien ne s'est passé comme on l'avait imaginé ... 
Impossible de lire notre play-list sur notre appareil qui n'avait plus de batterie ... Et ce petit Elu qui n'arrivait pas ... car la péridurale était trop dosée ... L'anesthésiste a du avoir pitié de ma tronche après 28h de gestion de contractions douloureuses ... Quoi qu'il en soit, je n'arrivais pas à pousser. Et pourtant, la SF a respecté tout ce que j'avais noté dans mon projet de naissance. Notamment pour la position pour accoucher ... Mais après 1h de poussée, à 0h15 ... on a décidé de faire une pause. De toute façon, c'était cuit pour naître un 25 janvier ... alors autant prendre notre temps désormais ! Une pause d'une heure pour permettre à la péridurale de s'estomper ... Et c'est reparti ! Je suis heureuse de sentir à nouveau les contractions pour pouvoir pousser efficacement. Sauf que cette fois, c'est l'Elu qui ne semble pas trouver le bon chemin ... Et après à nouveau de longues minutes à pousser ... la sage-femme a décidé d'inviter la gynéco de garde. J'ai eu peur l'espace d'un instant que cela se termine en césarienne, mais elle m'a rassurée : bébé est bien engagé, ce sera un accouchement par voie basse. On va juste devoir le repositionner car sa tête cogne contre mon bassin. Tout cela m'a semblé durer des heures. Elle a donc retourné le bébé et ensuite, à l'aide d'une ventouse, nous avons fait un travail en binôme pour sortir l'Elu ... Et ensuite, elle s'est immédiatement effacée, laissant notre nouvelle famille se former en toute intimité ... 



Charmante Compagnie a coupé le cordon après plusieurs minutes ... comme nous l'avions demandé. C'est lui également qui a regardé si nous avions un garçon ou une fille. J'ai pleuré quand il m'a annoncé que c'était un garçon. Jaël, ai-je murmuré ... Pour le reste, tout s'est passé comme on l'avait imaginé, demandé ... Du peau à peau, un papa toujours présent auprès de bébé, une mise au sein rapide, toujours les lumières tamisées ... Et pour nous, la SF  a cherché une chanson de Julien Doré sur son portable, pour nous remonter dans notre chambre ... pour compenser le fait que nous n'avions pas pu mettre notre play-list durant la naissance. 

Je garde des tas de bons souvenirs de cet accouchement. Même si rien ne s'est passé comme je le voulais. Même si j'ai aussi des tas de regrets. J'ai pu en parler et en reparler encore et encore avec mes sages-femmes. 
On a eu notre sortie anticipée grâce à une autre SF de la maison de naissance qui s'est libérée pour faire mes suites de couche pendant 5 jours (je vous parlerai très prochainement de cette sortie anticipée). Jaël avait 12heures de vie quand nous sommes rentrés à la maison. Nos parents étaient là. Sa marraine aussi. J'étais sur un nuage. J'étais bien. J'étais heureuse. Shootée aux hormones. Prête à recommencer. 





Ceci est un court résumé (oui, on ne dirait pas), de mon accouchement long de 33 heures ... Il sera beaucoup plus détaillé sur la communauté de Dans Ma Tribu d'ici quelques semaines. Je t'avertirai de la parution des articles si cela t'intéresse d'en savoir beaucoup plus ! 

Edit : comme me l'a fait remarquer Véro B, j'ai oublié de préciser pourquoi A. n'a pas pu m'accoucher : elle venait de se faire arrêter par son médecin pour un grave problème à la hanche qui lui vaut aujourd'hui une opération ... Et oui, être SF en maison de naissance, c'est très physique et à force de nous accompagner "à fond", nos chères SF se fatiguent aussi beaucoup .... Ma SF a passé 1h à appeler ses 8 autres collègues mais comme j'ai perdu les eaux vraiment au mauvais moment, c'est à dire juste à l'instant T où ma SF a été en arrêt, elles n'avaient pas pu se réorganiser ... J'aurai perdu les eaux le lendemain ... tout aurait été différent ... 

mardi 15 janvier 2019

Le jour où on a fait de l'haptonomie

Lorsque j'ai appris ma grossesse, après toutes ces années d'attente, il était évident pour nous que nous souhaitions mettre en place certaines choses durant les 9 mois qui allaient suivre. 
Après avoir fait le choix d'un suivi et d'un accouchement en maison de naissance, c'est à dire sans médicalisation ou du moins la plus minime, nous avons également évoqué avec notre sage-femme numéro 1 notre envie de découvrir l'haptonomie. Elle nous a tout naturellement orienté vers notre sage-femme numéro 2, son binôme, qui pratique cette méthode. C'était du coup l'occasion de connaître encore mieux notre sage-femme numéro 2 ! 
Nous avons eu notre premier rendez-vous d'haptonomie fin septembre, donc juste avant mon 5ème mois. A ce moment là, j'étais la seule à ressentir les mouvements de bébé, Charmante Compagnie n'arrivant pas à capter les moments d'activité de l'Elu. 
La première partie de la séance a surtout été du dialogue avec notre sage-femme numéro 2, pour qu'elle apprenne à nous connaître et vice-versa. Elle nous a également beaucoup parlé de l'haptonomie, des effets que cela pouvait produire, etc et nous avons ensuite commencé la première séance, une séance de découverte et d'approche. 

Shooting photo du 29.12.18


Alors que je pensais que la même chose qu'à la maison allait se produire, c'est à dire que bébé allait arrêter de bouger dès que papa poserait sa main sur mon ventre, c'est tout le contraire qui s'est produit. La sage-femme nous a alors expliqué justement à ce propos, que c'est un réflexe de protection du bébé que d'arrêter de bouger quand une main étrangère se pose sur mon ventre. Il ressent d'abord mon bonheur et mon excitation intense mais il ne sait pas comment décrypter ce signal ... Ainsi, quand il sent une main se poser sur lui, il n'ose plus bouger ... En passant par l'approche de prise de contact en haptonomie, le résultat est tout autre. 
C'est donc le 28 septembre que Charmante Compagnie, en tant que futur papa, a pu sentir pour la première fois son bébé se lover sous sa main. Cette première séance a été un franc succès car bébé a énormément réagi à toutes les sollicitations. Notre sage-femme nous a dit que peu de bébé réagissait autant, en permanence, et à ce stade de la grossesse. Elle a donc été très encourageante pour la suite. 
Nous avons donc par la suite pratiqué l'haptonomie de façon très régulière, afin que papa et bébé puissent communiquer un maximum. Ce lien qui s'est créé entre eux est indescriptible et les observer interagir de cette façon me fait toujours avoir les larmes aux yeux et le coeur qui se remplit d'une grosse dose d'amour. 
La séance suivante s'est faite un mois plus tard. Mon ventre était déjà bien rond, bébé bien actif, et cela a permis d'apprendre des méthodes pour soulager les maux de la grossesse, en faisant bouger le bébé en fonction de positions inconfortables. Bébé réagissait immédiatement aux gestes de son papa, même notre sage-femme était assez surprise, ne voyant pas ça tous les jours. 
La dernière séance a eu lieu tout récemment, à 37 semaines de grossesse, en vue de la préparation à la naissance. Charmante Compagnie est désormais "armé" pour guider bébé vers la sortie. Nous avons appris plusieurs techniques pour faire descendre bébé comme il faut, en amont du  travail, ou pour le remettre dans le droit chemin, durant le travail. La meilleure partie également a consisté à montrer à Charmante Compagnie comment soulager les douleurs pour moi, à ce stade de la grossesse et pendant l'accouchement. Nous avons ainsi fait l'expérience de "porter bébé à 2" et c'était vraiment magique au-delà du soulagement que cela me procure physiquement ! 



 Shooting photo du 29.12.2018
 
L'haptonomie nous a donc suivi tout au long de cette grossesse et devrait nous suivre également durant l'accouchement mais aussi après, avec bébé. En effet, les sages-femmes aiment bien revoir par la suite les bébés dont les parents ont fait des séances d'haptonomie pour prolonger cet accompagnement. Je ne sais pas encore en quoi cela consiste exactement, mais j'aurai l'occasion de vous en parler dès que nous aurons expérimenté cette suite de l'haptonomie à 3 !

jeudi 22 novembre 2018

Le jour où on a choisi d'accoucher en maison de naissance

J'emploie volontaire le "on", car je pense que choisir d'accoucher en maison de naissance est avant tout une décision de couple. Il faut en effet que le papa se sente d'accompagner la maman dans cette aventure qu'est l'accouchement physiologique et tout ce qui entoure la maison de naissance. 


(c) PHAM


Tout d'abord, la maison de naissance, c'est quoi ? 
C'est un lieu où des sage-femmes accompagnent de futurs parents du début de la grossesse jusqu'à l'après-accouchement, en passant par un accouchement physiologique, c'est à dire naturel et donc avec le moins de médicalisation possible. 
Ces maisons de naissance sont en expérimentation en France depuis 2 et pour une durée de 5 ans. Il y en a 8 seulement sur tout le territoire. A savoir que dans de nombreux pays, les maisons de naissance existent depuis des années voire dizaines d'années et sont suffisamment nombreuses pour répondre à la demande des futurs parents. 
Nous avons la chance d'habiter à 20 minutes d'une maison de naissance. Cette maison de naissance se trouve au rez-de-jardin de l'hôpital public dans lequel je travaille, et est donc conventionnée avec la maternité de l'hôpital. Ainsi, en cas de problème tout au long de l'accouchement, un transfert en moins de 3 minutes est possible. Je trouve cela très rassurant, et c'est un véritable travail en collaboration. Sachant qu'avant d'être prise en charge à 100% par la maternité et son personnel, il y a aussi la simple possibilité d'être transférée sur le plateau technique, où notre sage-femme garde la main et continue à être présente pour l'accouchement. C'est juste que l'on a besoin d'un petit coup de pouce en plus, qui n'est pas possible en maison de naissance (l'exemple tout bête étant celui de la pose de la péridurale si la maman change d'avis). 
C'est donc une alternative parfaite je trouve, à l'accouchement à domicile qui peut être un peu plus angoissant ... Du moins, pour ma part. 

Après notre parcours pour devenir parents, nous avions envie d'un suivi de grossesse et d'un accouchement le moins médicalisé, le plus naturel et le plus personnalisé. Je n'ai donc pas hésité longtemps, malgré la crainte de ne pas savoir gérer la douleur, et j'ai très vite contacté la maison de naissance pour le premier RDV. 

Heureux hasard, la MDN organisait la porte ouverte de ses 2 ans d'existence le jour de notre écho de datation. Pour moi, c'était un signe : si l'écho nous confirmait que ma grossesse était bien en place et évolutive, on allait à la MDN et j'accoucherai là-bas ... Et c'est ce qui s'est passé. 
J'ai ainsi pu rencontrer mes deux sage-femmes. Mes deux fées. 



L'accompagnement en MDN est simple : en fonction de notre lieu d'habitation, nous avons une sage-femme référente qui va nous suivre du début à la fin de la grossesse. Ainsi, un réel lien de confiance se tisse, au fil des consultations, on se confie à elle, on aborde tous les sujets sans tabou, on se tutoie et on se prépare à vivre ensemble une sacrée aventure au moment de la naissance. Notre sage-femme référente travaille également en binôme avec une autre sage-femme qui est donc notre deuxième sage-femme, qui va intervenir en milieu de grossesse, notamment pour la préparation à l'accouchement, afin qu'on apprenne à se connaître. Là aussi, on a tiré le bon numéro car il s'avère que notre deuxième sage-femme est aussi notre sage-femme d'haptonomie. Nous la connaissons donc maintenant très bien ! 
Le jour J, c'est une des deux sage-femmes qui sera présente pour notre accouchement, en fonction d'un planning d'astreinte qui nous est remis à partir de la 37ème semaine (avant, on ne peut pas accoucher en MDN car bébé a besoin d'être hospitalisé au moins 3 jours). Elle est ensuite rejointe par une autre des 9 sage-femmes de la MDN pour le moment de la naissance. 
La sage-femme peut être amenée à venir chez nous avant, en début de travail, pour vérifier où on en est ... 
Tout est fait pour que l'on puisse accoucher comme on souhaite : dans l'eau, par terre, debout, assise, à quatre pattes, sur un lit, suspendue à des lianes ... Le papa est acteur dans cet accouchement, et la sage-femme se fait la plus discrète possible, du moins, respecte notre intimité et notre projet de naissance. 

(c) PHAM 
 

Après la naissance, nous restons 3/4 heures à la maison de naissance, le temps de faire un peu de peau à peau, de lancer l'allaitement, de manger, de se laver et aller aux toilettes ... Et hop, retour à la maison ... Avec ensuite, un suivi sage-femme à la maison ... en fonction de nos besoins. 

A ce jour, le retour que je peux faire concerne donc uniquement le suivi de grossesse et la préparation à l'accouchement. Je vous ferai un retour bien entendu de l'accouchement. 
Je précise également que toujours dans cette démarche, nous avons fait le choix d'être suivie par une sage-femme pour les échographies. Elle est topissime et apporte énormément d'humanité dans cet acte très médical qu'est l'échographie.

J'apprécie d'être suivie uniquement par les deux mêmes sage-femmes qui vont être présentes au moment de la naissance. Un réel lien se tissent entre nous et elles, et c'est génial. Elles sont pour moi comme des fées de la maternité, qui me portent chance et se pencheront sur le berceau de l'Elu à la naissance pour lui souhaiter une belle vie. 
J'aime l'idée de faire une grande partie du travail à la maison, dans mon univers, dans ma bulle ... Nous avons déjà tout calé avec la sage-femme et Charmante Compagnie, notamment si ce dernier est au travail, elle pourra même venir me chercher pour m'amener à la maison de naissance ! Rassurant ! 

(c) PHAM


Je kiffe les cours de préparation  à l'accouchement, qui sont donc individualisés - en couple - et en fonction de notre projet. Ainsi, je me sens libre de poser n'importe quelle question, Charmante Compagnie aussi, sans avoir peur du jugement des autres. On ne pense qu'à nous et à bébé, on ne parle que de nous et de bébé ... 
Qui dit Maison de Naissance dit donc accompagnement vers un accouchement physiologique. Nos sage-femmes sont spécialistes en ce qui concerne la gestion de la douleur. Grâce à elles, je me sens suffisamment armée pour vivre la douleur et je n'ai pas peur. Comme j'ai pu lui dire d'ailleurs, avant de tomber enceinte, j'avais peur d'accoucher, aujourd'hui, j'ai juste peur de devoir être transférée pour accoucher à la maternité ... J'ai énormément investi ce futur accouchement naturel, tout en travaillant aussi, grâce à mes sage-femmes, sur l'acceptation qu'à tout moment, le projet puisse changer s'il y a le moindre événement qui nous fait quitter la zone de l'accouchement physio c'est à dire l'accouchement naturel et normal. Pour moi, la maison de naissance est une véritable chance de pouvoir accoucher sans péridurale car dès les premières consultations, nous sommes préparées à accoucher sans cette anesthésie et tout est mis en oeuvre le jour J pour qu'on puisse sans passer.
Qui dit Maison de Naissance dit aussi maternage à 100% ... Ainsi, là bas, je me sens soutenue et encouragée par nos choix : allaitement, portage et couches lavables. Entre les ateliers organisés par la maison de naissance en mode "collectif", ou ceux en individuel, notamment pour l'allaitement, on se sent bien épaulé !

(c) PHAM


Je suis finalement contente que le retour à la maison soit aussi tôt, car même si au tout départ, cela m'a surpris car j'avais des tas de questions, de "et si ...", je suis aujourd'hui rassurée d'une part par le suivi mis en place à la maison, et d'autre part par les différentes expériences des couples ayant déjà accouché à la MDN ... Et je pense que j'aurai beaucoup de mal à supporter une hospitalisation en maternité, surtout que c'est celle où je bosse ... Nous allons pouvoir dès les premières heures de bébé, nous mettre en mode "cocon" tous les trois. Et en plus, belle-maman a prévu de nous apporter le repas tous les jours à la maison :) je vais être dorlotée ! 

Nous devons nous pencher ce weekend sur la rédaction de notre projet de naissance, notamment en cas de transfert à la maternité, afin que le maximum de nos souhaits soient respectés malgré le transfert et la médicalisation. 

Je vais m'arrêter là pour cet article qui devient long, et pourtant, j'aurai encore tant à dire ... 
J'espère qu'en tout cas, cet article permettra de mieux connaître les maisons de naissance et qui sait, donnera peut-être envie à de futurs parents de choisir ce lieu pour y mettre au monde bébé ... 

Et toi, as-tu rédigé un projet de naissance pour ton/tes accouchement(s) ?


vendredi 26 octobre 2018

Le jour où je suis zen

Je me rappelle encore, c'était au mois de décembre de l'année dernière, j'étais dans le bureau de la psychologue pour notre demande d'agrément en vu d'une adoption ... Cette dernière m'avait demandé comment je me sentirai si je venais à être enceinte. Sans aucune hésitation, à ce moment là, je lui avais alors répondu que je serai angoissée en permanence et que ça serait très difficile à vivre pour moi. 
En effet, quelques mois plus tôt, c'était également dans le bureau de la psychologue, mais de PMA cette fois, que je déposais pour la première fois que pour moi, grossesse rimait avec angoisses et même angoisses de mort, par rapport à mon parcours vis à vis de la grossesse ... Les paroles de cette psy m'avaient beaucoup fait avancer et déculpabiliser également. 
Aujourd'hui, à 27 semaines de grossesse, je dois pourtant reconnaître que je suis zen. 
Bien sûr, il y a eu un premier trimestre en dents de scie, avec de l'appréhension au moins jusqu'à l'écho des 8 SA ... J'avais tellement peur de revivre ce qu'on avait vécu un an plus tôt, apprendre que tout était déjà fini. J'avais même appelé mon gynéco de PMA, complètement désorientée face à cette grossesse surprise et non issue d'une FIV ... Pouvait-il malgré tout me faire cette première écho ??? Il a permis une transition, nous lui avons alors dit aurevoir et peut être à dans quelques années ... N'oublions pas qu'il nous reste un petit embryon congelé ... ou pas. 



C'est à ce moment là que je suis réellement entrée dans la grossesse, avec les symptômes à la fois si pesants et rassurants. Vomir était épuisant mais me confirmait chaque jour un peu plus la présence de ce petit être qui grandissait encore trop discrètement en moi. Et je pense que j'ai totalement lâché prise à l'écho officielle du premier trimestre. Et je savais au fond de moi, que ce bébé miracle, l'Elu comme on aime le surnommer, était forcément le bébé le plus fort du monde pour avoir réussi à se nicher tout seul au creux de mon utérus. Il est, nous sommes, invincibles. Et depuis que je le sens bouger, j'ai l'impression de ne plus avoir de craintes. Du moins, pas d'angoisses ou de craintes démesurées, irrationnelles. 
Je suis sereine. Je sens que les choses vont bien se passer, naturellement, comme une évidence. Je fais confiance à cet enfant et surtout, je me fais confiance. Je me sens déjà mère, au plus profond de mon être. Je ne panique pas au moindre symptôme ou petit signe inconnu. Je profite de cette grossesse qui évolue. Je prends les choses avec calme et philosophie. 
Ce climat de confiance vient aussi du fait que je me suis entourée de trois bonnes fées. Mes trois sage-femmes, dont je reparlerai ici plus en détail car je vais accoucher en maison de naissance. 

J'avais besoin pour cette grossesse, de sortir de l'aspect médical, après 3 ans de PMA ... J'aime cette ambiance femme/sage-femme. J'ai l'impression de partager cette grossesse avec des amies, des sœurs, des mères ... Elles sont à notre écoute, bienveillantes et rassurantes. 
Grâce à ma sérénité, j'ai pu continuer à vivre presque comme avant ... Nous avons pu voyager à New York, au Québec, continuer à voir nos amis, à prévoir des sorties, des petits week-end. Je suis donc zen et épanouie et j'aime à penser que toutes ces bonnes ondes de zénitude influenceront sur le comportement et le caractère de l'Elu ... qu'il soit aussi zen que sa maman actuellement !