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lundi 18 octobre 2021

Briser le tabou des 3 mois

Je n'ai jamais compris pourquoi ce tabou était si présent dans notre société. Celui de taire, de cacher, une grossesse avant minimum trois mois d'existence. J'ai pourtant moi-même baigné dans cette injonction de la société, entourée de femmes réduites au silence pendant les trois premiers mois d'une si grande et bouleversante aventure. Mais je n'ai jamais compris. 
Je me rappelle d'ailleurs du jour où j'ai appris  par ses beaux-parents, qu'une de nos amies avait fait une fausse-couche, quelques semaines plus tôt, mais qu'on devait faire comme si on ne le savait pas, car personne ne savait qu'elle était enceinte. J'ai trouvé cela si violent et triste. Non seulement cette grossesse était totalement cachée, mais en s'interrompant, c'était comme si elle n'avait jamais existé. Cette amie me parlera de cette grossesse interrompue précocement, des années plus tard, les larmes aux yeux et soulagée d'enfin évoquer à haute voix ce bébé qu'elle a espéré pendant plusieurs semaines et sa souffrance.

Credit photo : cocoparisienne


Alors pour ma part, quand est venue l'heure où nous avons souhaité devenir parents avec mon mari, nous avons pris le parti de ne pas nous laisser guider par cette injonction sociétale et de dire les choses comme on le ressentait. Ce choix, que nous avions donc fait consciemment, a pourtant été mis à rude épreuve, tant cette pression du tabou des 3 mois pesait autour de nous. 

A croire que si nous parlions de notre bonheur avant la fameuse échographie des 12 semaines, le ciel allait nous tomber sur la tête. Comme si dévoiler une grossesse précoce portait malheur au même titre que de voir la mariée avant le mariage. Et surtout, comme s'il était interdit de se réjouir d'une grossesse avant la fin du premier trimestre, sous peine de sanction de fausse-couche immédiate (ou autre malheur associé). Oui, dire qu'on est enceinte de 3, 4, 6, 8 ou 10 semaines est encore très mal vu et vécu dans notre société. 
Malgré cette pression ressentie, j'ai toujours annoncé mes grossesses au moment où je voulais l'annoncer et surtout à ceux à qui je voulais l'annoncer. Et pas par superstition. Mais par affinité. Par envie. 




Credit Photo : photo personnelle par Stéphanie Passion Photos

L'envie de se confier à ses meilleur.e.s ami.e.s, à ses parents. L'envie de faire une jolie annonce générale, originale, grandiose, inoubliable. Et puis, par besoin. Auprès de ses collègues, car il est difficile de cacher des nausées, de la fatigue et autres joyeusetés des premières semaines de la grossesse. Ou auprès de sa hiérarchie, pour préparer son absence temporaire. 

Et nous nous sommes réjouis. Après chaque test positif, nous nous sommes réjouis. Nos deux premières grossesses issues de nos FIV nous ont toutes les deux projetés 9 mois plus tard, parents de ce minuscule embryon devenu alors grand. A aucun moment je ne me suis interdite de me réjouir et de penser à cet embryon comme un bébé. Parce que pour la plupart des femmes, des parents, à partir du moment où le test est positif, il est légitime de penser au happy end neuf mois plus tard. C'est normal. C'est humain. Et surtout, ça ne rend pas la perte moins douloureuse de ne pas s'être projeté. La douleur est là, présente. Elle est physique et psychique. 

Je n'ai jamais regretté d'avoir annoncé à certains proches ces deux grossesses, parce qu'il a alors été plus simple de leur demander le soutien dont on avait besoin au moment de l'annonce de l'arrêt de la grossesse. Et parce qu'ainsi, ces deux grossesses ont existé ailleurs que secrètement dans mon cœur et mon utérus. Elles ont vécu dans l'esprit de certains de nos proches, pendant quelques semaines. 
Ces deux fausses-couches n'ont pas changé ma façon de penser. Pour les grossesses de l'Elu et de Numerobis, encore une fois, nous avons suivi nos envies pour les annoncer. 
La grossesse de Numerobis nous aura également prouvé que même au delà des 12 semaines, l'incertitude de l'avenir de la grossesse est encore plus que présente. Et nous avons malheureusement autour de nous des parents qui ont perdu leur bébé à 7 ou 8 mois de grossesse, voire à la naissance. Comme quoi, jusqu'au bout, tout peut basculer et le bébé que nous espérions si fort peut disparaître à tout jamais, emportant avec lui tous nos rêves de futurs parents. 
La solution n'est pas de se taire. Sinon, il faudrait se taire jusqu'à la naissance. 
La solution, c'est de suivre son instinct et ses envies. L'annonce d'une grossesse est quelque chose d'intime, de joyeux (dans un contexte où elle est désirée, bien entendu) et de touchant. 
Révéler sa grossesse avant trois mois permet aussi d'attendre plus sereinement la suite. Partager sa grossesse avant trois mois, c'est pouvoir confier ses angoisses, durant ce premier trimestre où on ne ressent pas concrètement la vie, seulement des signes, des symptômes voire des maux qui nous font dire que oui, on est bien enceintes et on porte la vie. Mais rien ne se voit. Ces trois premiers mois sont aussi difficiles qu'ils sont invisibles. Et je reste persuadée qu'ils seront plus légers à vivre, quelle que soit l'issue de la grossesse, si on suit son désir et qu'on s'autorise à briser le tabou. 

mardi 26 mai 2020

Vous ferez bien un petit deuxième [Partie 3 : mes sentiments ambivalents]

L’Élu était déjà un miracle - pour rappel né après plus de 4 ans de parcours d'infertilité et arrivé spontanément juste avant notre dernier transfert d'embryon - alors fonder une famille "nombreuse" (3 dans l'idéal, 4 si on est un peu fous) avec des enfants d'âge rapprochés nous paraissait un rêve irréaliste. Un rêve quoi. Alors quand ce rêve est devenu réalité en à peine quelques cycles et mois d'attente ... je fus assez chamboulée ... 

Credit Photo : Free-Photos

Comment passer d'un enfant attendu pendant des années à un enfant qui, bien que très désiré, arrive comme un cheveu sur la soupe, alors que son frère est encore un bébé et qu'on n'a même pas eu le temps de s'inquiéter de savoir si on allait devoir ou non passer par un transfert d'embryon ... 
Comment cet enfant allait-il être accueilli dans la famille, auprès de nos amis, après la tornade émotionnelle qu'a provoqué la naissance de l’Élu ? 
Comment cet enfant allait-il faire sa place, alors que l’Élu prend justement toute la place ... dans nos vies, dans nos cœurs, dans ceux de ses grands-parents qui eux aussi, n'attendaient que Lui !?
J'ai même pleuré quand on a préparé sa chambre, car elle est plus petite que celle de l'Elu et plus éloignée de notre chambre ... Comment cet enfant allait-il se sentir à sa place de deuxième, de Numérobis ? Comment allait-il vivre le fait de ne jamais connaître l'exclusivité ? De récupérer les affaires de son frère ? 

Je me suis aussi posée mille questions vis à vis de l’Élu... 
Comment allait-il vivre l'arrivée si rapide de ce petit frère ou de cette petite sœur, alors qu'il n'a rien demandé, alors qu'il est encore un bébé, mon tout petit bébé ? 
Comment allait-il supporter de ne plus avoir l'exclusivité de notre temps et de notre amour ? 

Et puis, il y a eu aussi toutes les questions que je me suis posée par rapport à moi ... 
Comment allais-je pouvoir aimer aussi fort Numérobis que son frère ? 
Comment trouver du temps pour lui alors que j'ai déjà du mal à en trouver pendant la grossesse ? 
Comment allais-je réussir à m'occuper de lui autant que je l'ai fait avec l’Élu ? 
Comment allais-je pouvoir me couper en deux quand l’Élu réclamera de l'attention en même temps que Numérobis ? 

Credit Photo : Sathyatripodi 

Et il y a eu sûrement pleins d'autres questions, d'autres interrogations et doutes ... Sans parler des sentiments négatifs ressentis durant la période d'attente des résultats de T21, où j'ai culpabilisé de mettre ma grossesse entre parenthèse, où j'ai culpabilisé de ne pas prendre assez de temps pour Lui, où j'ai culpabilisé de pleurer autant et d'impacter alors sur son bon développement ... Me disant qu'il ne serait jamais aussi serein que son frère vu la grossesse que je vivais. J'ai culpabilisé aussi qu'il soit toujours soumis aux cris, rires et pleurs de son grand frère, qui trop content de voir mon ventre s'arrondir, passe son temps à le bisouiller, le câliner mais aussi le malmener (et vas-y que je t'écrase le ventre, que je crie dans ton nombril, etc). J'ai culpabilisé de le priver de la présence de son papa lors de l'échographie T2 à cause de ce putain-de-Covid-de-merde, alors que je n'y suis pour rien. Bref, en résumé, j'ai culpabilisé. 

Puis, j'en ai parlé. Au papa, bien sûr. A d'autres mamans, aussi. Mais surtout à mes sages-femmes. Ce sont elles qui ont réussi à m'apaiser, et à effacer mes angoisses, légitimes certes, mais non essentielles. J'ai donc accepté. Accepté que mon cœur de maman puisse en effet s'agrandir pour aimer aussi fort l'un et l'autre de mes enfants. Accepté que Numérobis soit arrivé, comme je l'espérais au fond de moi, aussi vite que ça ... Accepté qu'il soit dès la grossesse baigné dans une ambiance familiale qui vit, rit et pleure, car ce sera de toute façon sa vie, son quotidien, dès sa naissance. Accepté d'être fatiguée et de devoir déléguer la gestion de l'Elu le temps d'une heure ou une journée. Accepté que les débuts avec Numérobis ne ressembleront en rien à ceux avec son frère, car nous sommes déjà parents, il y a déjà un premier enfant et que de toute façon, chaque enfant est différent. 

Credit Photo : Pixel2013

Grâce à elles, j'ai tout simplement accepté que mon projet de famille était en train de se concrétiser et que l'aventure ne faisait que commencer ... 

samedi 2 mai 2020

Vous ferez bien un petit deuxième [Partie 2 : une parenthèse dans la grossesse]

Cet article fait donc suite à mon premier article autour des débuts de cette nouvelle grossesse miracle et idyllique. 

Nous sommes le 27 janvier, l'Elu a eu 12 mois hier, nous faisons l'échographie du premier trimestre dans l'euphorie, et j'ai même la chance d'avoir ma maman à mes côtés, en plus de mon mari. Pour ma mère, découvrir son deuxième petit-enfant de cette façon est magique. Il faut dire qu'il y a une trentaine d'année, on ne voyait pas aussi bien qu'aujourd'hui ... 

L'annonce à nos amis et familles

Toutefois, en sortant du cabinet de la sage-femme, ma joie est limitée, quelque chose me chagrine. Si la sage-femme n'a fait aucun commentaire quant aux mesures de Numérobis, celle de la clarté nucale m'interroge. Je la trouve très élevée. Je m'empresse de la comparer à celle de l'Elu, et ça ne fait que confirmer ma crainte. Une boule au ventre s'installe et je dors très mal. Papa-refait me dit d'arrêter de psychoter, que tout va bien. Mais je continue à voir les choses en noir. De plus, je finis par avouer que j'ai l'impression que Numérobis n'avait pas réellement de nez à l'échographie. En tout cas, je ne le revois pas sur le cliché qu'on nous a imprimé... Pour moi, c'est forcément mauvais signe, combiné à la clarté nucale si élevée. 
Je suis d'autant plus contrariée que lorsque je vais faire ma prise de sang au labo pour justement le fameux test qui permet un dépistage du risque de trisomie 21, je me fais refouler car ils ne font plus les prises de sang à partir de 17h... Autant dire que je passe une nuit de merde, à cogiter encore et encore. Le lendemain, je suis à la première heure au laboratoire et je sais qu'à partir de maintenant, l'attente ne fait que commencer. 
Je finis quand même par appeler la sage-femme qui m'a fait l'échographie. Son discours ne me rassure pas vraiment, même si elle se veut optimiste, elle me dit qu'en effet, vue la clarté nucale, il faudra certainement faire un DPNI (dépisatage prénatal non invasif). Pour moi, dans ma tête, à ce moment là, c'est sûr, mon bébé a une anomalie. Je m'imagine tous les cas de figure possibles, et je ne fais que broyer du noir. Je ne suis même plus heureuse d'être enceinte, car je me dis que de toute façon, d'ici quelques semaines, tout sera arrêté. 
Heureusement, je vois ma sage-femme de la maison de naissance lors d'une réunion du conseil d'administration de la maison de naissance dont je fais désormais partie, et je lui en parle. Elle comprend parfaitement mon état d'esprit et me promet de m'appeler dès qu'elle reçoit les résultats... Et en effet, dès le lendemain, j'ai son appel. Elle me confirme que le test me place dans une catégorie avec un risque de T21. C'est directement le laboratoire qui l'a appelé, pour qu'elle me fasse faire au plus vite le DPNI. Je suis dans un état second, j'informe mes collègues qui me poussent à partir et aller voir ma sage-femme pour faire au plus vite ce test. Quand j'arrive dans son cabinet, alors que je ne pensais pas la trouver car elle devait partir en visite à domicile, elle est là qui m'attend pour me donner les ordonnances. Je fonds en larmes en la voyant. 
J'ai pu vider mon sac pendant de longues minutes, pleurer et sécher mes larmes. Je lui explique que depuis quelques jours, ma grossesse est entre parenthèse. Ses paroles me réconfortent, me rassurent et me font déculpabiliser. Car même si j'ai l'impression que l'issue ne sera pas favorable, je pense malgré tout à l'impact de toutes ces ondes négatives sur ce petit être en construction. 
Les jours n'auront jamais paru aussi long une fois le DPNI fait. Alors qu'on me promet une réponse sous une semaine, ce ne sera qu'au bout de 2 semaines, et parce que ma sage-femme échographe a appelé le labo qui s'occupe des résultats du DPNI que nous avons eu le résultat. 

Négatif. Un résultat négatif signifie qu'il y a 99,6%  de chance que Numérobis ne soit pas atteint d'une T21, T18 et T13. Ce fut une bouffée d'oxygène. J'ai pleuré de joie. J'ai ressenti Numérobis bouger alors que depuis plus de 2 semaines, je ne le sentais quasiment plus. Petit à petit, la parenthèse se refermait pour me permettre de reprendre le cours normal de ma grossesse. 

Une grossesse difficile à cacher à même pas 3 mois ! 


C'est donc un épisode que j'ai très mal vécu. J'ai mal vécu à la fois l'angoisse du mauvais résultat, du diagnostic terrible, mais aussi et surtout celui d'avoir mis cette grossesse - inconsciemment - entre parenthèse. Je m'en suis terriblement voulue de  faire vivre cela à Numérobis ... 

Surtout qu'au delà de cette angoisse, cette deuxième grossesse me fait vivre des tas d'émotions ambivalentes que je n'aurai jamais soupçonné avant de tomber enceinte... 
[A suivre ...] 

dimanche 26 avril 2020

Vous ferez bien un petit deuxième ? [Partie 1 : Tout va bien]

Avant même de concevoir l'Elu, qui pour rappel nous a pris plus de quatre longues années, un parcours de PMA et beaucoup de déceptions au compteur, avec Charmante Compagnie, nous avions pensé à la famille que nous voulions. Trois, voire quatre (oui, oui, tu lis bien quatre) enfants, et si possible - car on sait grâce à notre histoire qu'entre l'envie et le concret, y'a comme un viaduc ... - d'âges rapprochés. Beaucoup de nos proches nous voient d'ailleurs comme un couple complètement maso et inconscients, mais ça ne nous gène pas, c'est notre projet, pas le leur. 

Credit Photo (Creative Commons) : manfredrichter

Bref, tout ce blabla pour introduire mon sujet, à savoir la conception du deuxième enfant. 

Tout d'abord, je dois t'avouer quelque chose ... C'est que quelques heures/jours/semaines après la naissance de l'Elu, je pensais déjà à ce deuxième, à cette envie du deuxième. J'avais très envie de revivre une grossesse - aussi paisible que celle de l'Elu of course -, j'avais très envie d'accoucher - cette fois - à la maison de naissance, et je voyais l'Elu qui grandissait à une vitesse folle et j'étais déjà nostalgique du nouveau-né tout frais. Sauf que cette envie est partie, autour des 3 mois de l'Elu. Sûrement quand le pic d'hormones a commencé à descendre, que la fatigue a pris le dessus et que j'ai compris que l'Elu, aussi mignon soit-il, était un petit dormeur. N'ayant pas pris de contraception à sa naissance, j'ai été un peu stressée à certains moments lors de nos moments d'intimité avec mon mari, car si nous voulions des enfants rapprochés, on s'était malgré tout fixé une limite : minimum 18 mois d'écart. 
Et donc, l'Elu a eu 9 mois. 9 mois + 9 mois est égal à 18 mois. On pouvait y aller. J'avais autant envie de foncer que d'attendre un peu. Mais j'ai malgré tout pris RDV avec la sage-femme qui m'avait suivie pour Jaël, afin de remettre les choses en route de façon naturelle. Nous n'avions pas la pression, un dernier embryon congelé nous attend encore dans notre clinique de PMA. Ma sage-femme m'a dit que certes, j'avais désormais un terrain favorable suite à mon problème d'infertilité après une grossesse et un allaitement, mais que ça pouvait également prendre du temps, d'autant plus que j'allaitais toujours l'Elu. Je m'attendais donc à attendre encore longtemps. 

Credit Photo (Creative Commons) : MabelAmber

Deux cycles. Il y aura eu deux cyles (extrêmement longs et bizarres) après mon retour de couche pour tomber enceinte en novembre 2019. L'Elu allait fêter ses 10 mois. Putain, ça avait fonctionné, et vite ! C'était tellement irréel que cette fois, il y a eu moins de magie dans l'annonce au papa, même si j'ai essayé quand même de le faire un peu à la cool (j'ai glissé mon test de grossesse dans le verre à dents ... Il a mis du temps à capter malgré tout). J'ai prévenu illico-presto celle qui va devenir sa marraine (sans lui dire pour le côté marraine, là j'ai soigné la surprise). Et dès le surlendemain, j'annonçais ma grossesse à mes copines du collectif de la maison de naissance ainsi qu'à mes sages-femmes. 
J'ai pris les RDV rapidement (consultation de début de grossesse, écho de datation, écho 1er trimestre) et je me suis laissée vivre, tranquillement. L'écho de datation ayant lieu avant Noël, nous avions trouvé l'occasion rêvée pour l'annoncer à nos parents et frères et soeurs. Je me suis également faite griller très rapidement au boulot par mes collègues, tellement j'étais en mode détendue, ne prenant aucune précaution à cacher cette si belle nouvelle. 

Des nausées mais peu de vomissements par rapport à l'Elu, de la fatigue mais qui n'est pas fatiguée avec un bébé de 10 mois à gérer en plus du reste, un utérus qui se rappelle très bien que tu as accouché y'a moins d'un an car non seulement tu ressens très vite les douleurs ligamentaires, mais tu vois aussi qu'il reprend très vite une jolie forme arrondie ... Tout ça me met en joie. 
Quand Noël arrive, nous annonçons la bonne nouvelle sous forme de jeu à nos familles réunies pour le premier Noël de Jaël. Sans surprise réellement de la rapidité, et super heureux, nous recevons des félicitations chaleureuses. On enchaîne par la suite avec la marraine et le parrain de l'Elu, là aussi, de la joie et même des larmes, tout le monde est heureux. 

Sans parler de la joie de retrouver notre sage-femme échographe, qui rencontre par la même occasion l'Elu pour la première fois autrement qu'à travers son écran de l'appareil à échographie. Le plaisir de retrouver une de mes deux sages-femmes qui m'avait suivie pour toute la grossesse de Jaël et qui va donc être ma sage-femme pour Numérobis, en binôme avec une autre sage-femme car ma deuxième sage-femme n'a toujours pas repris les accouchements suite à ses problèmes de santé qui ont débarqué, rappelle toi, le jour où j'ai perdu les eaux pour Jaël. Bref, je me sens en terre conquise. Je me sens prête pour cette nouvelle grossesse. 

Credit Photo (Creative Commons) : sebagee


Et puis un jour, peu de temps après l'échographie du 1er trimestre, mon moral s'écroule ... [A suivre] 

mardi 21 avril 2020

Dépoussiérer un blog en plein confinement

Presque huit mois se sont écoulés depuis mon dernier article. Quasiment le temps d'une grossesse. 



Grossesse ... Parlons en ... Mon fils va avoir 15 mois dans 5 jours. Je n'en reviens toujours pas. Qu'il soit parmi nous. Qu'il ait déjà 15 mois. Qu'il soit aussi dégourdi, drôle, affectueux, mignon, gracieux, intelligent, polisson, grand, bouclé, blondinet ... Qu'il soit Lui, quoi ! 
Et depuis 25 semaines, une seconde grossesse est en route. Tout autant désirée que celle de l'Elu, mais tellement plus rapide. Notre second miracle. Si miraculeux que lorsque nous avons démarré les essais, je m'attendais à repartir dans des années d'attente et de doute. 2 cycles. A peine. En 2 cycles, le miracle s'est installé et je le couve depuis 25 semaines. Là aussi, je n'en reviens plus que ça fasse déjà 25 semaines. Le temps s'accélère avec un enfant. Je ne vois pas cette grossesse passer. Même en plein confinement. 

Confinement ... Parlons en ... Enfin, pas trop, car si je finis par réellement dépoussiérer ce blog, je reviendrai vous en parler... Mais je vais juste vous faire part de la réflexion que m'a apporté ce confinement. Celle que je suis de plus en plus prête à changer de vie professionnelle, même si j'aime mon métier. J'aime mon métier, mais je ne supporte plus les conditions dans lesquelles nous devons travailler, les politiques sociales qu'on modifie chaque mois un peu plus pour limiter encore plus les droits des plus vulnérables et précaires. Le social n'a plus de moyens. Et j'aspire aussi à autre chose. La maternité et la parentalité m'ont fait découvrir une réelle passion. 

Du coup, j'en viens à ce dépoussiérage, comme il y en a déjà eu plusieurs ici. Ne pouvant me lancer tout de suite dans cette reconversion professionnelle qui m'excite autant qu'elle m'angoisse, j'ai envie de me lancer dans un projet qui ne me coûtera pas grand chose, si ce n'est du temps (que j'aurai peut-être un jour ... quand la crèche réouvrira ... quand je serai en congé maternité pré-natal ... quand je serai en congé parental avec un tout petit nouveau-né qui dort en écharpe contre moi ... ou que je n'aurai pas - le temps). Bref. Ce projet impliquerait également du nouveau ici, car je n'aborderai alors plus certains thèmes qui me sont chers. Je le ferai ailleurs, sous d'autres formes. Je dois donc réfléchir à ce que ce blog pourrait devenir. 

Crédit Photo (Creative Commons) : Deeezy


Certes, Ceci est un journal intime raconte des tranches de vie. De ma vie. Mais est-elle réellement passionnante ou du moins intéressante ? De plus, je me remets à l'écriture sur les communautés Sous Notre Toit et Dans ma Tribu, je ne voudrais donc pas faire de répétition ici. Même si ici je suis plus libre, c'est mon chez moi. J'écris comme je veux, je mets en page comme ça me plait, je suis absolument pas professionnelle et ne sait donc pas mettre ce blog en valeur. Je disais donc, je dois réfléchir. Venir pousser des coups de gueule, de coeur ? Partager les voyages que l'on (a) fait, alors que je saurai à peine vous redire le nom des endroits qu'on a visité lors de notre Road Trip au Québec en octobre 2018 (2018, déjà !) ? Je ne sais pas. Je sais juste que je suis attachée à cet endroit que j'abandonne pourtant régulièrement. Je suis attachée aussi aux lecteurs fidèles mais qui ont sûrement disparus face à une inactivité de 8 mois. Mais j'ai moi-même disparu de vos blogs. Car en fait, quand je ne blogue pas/plus, je ne visite plus les blogues. La raison est très bête et pratico-pratique, c'est que quand je ne blogue pas, je ne me connecte jamais à mon PC de bureau. Et je ne supporte pas de visiter les blogs depuis mon smartphone. Voilà, tu sais tout cher lecteur. Mea Culpa. Je pense à toi malgré tout (et j'ai de temps en temps z'yeuter certains blogs, histoire de prendre des nouvelles en sous-marin). 


Alors je réfléchis. J'ai une liste longue comme le bras d'idées d'articles. Tous ne sont pas pour ce blog. Mais aujourd'hui, j'ai un peu de temps car mes soirées redeviennent moins chargées depuis que ma Charmante Compagnie m'a lâchée pour jouer à Final Fantasy VII, sorti il y a 10 jours. Attention, ceci n'est pas une plainte, au contraire, même. J'avoue ... J'apprécie avoir des soirées "solo" à faire ce que j'ai envie ... Regarder pleins de séries, lire, dormir. Et j'espère, bloguer à nouveau. 

Alors, j'espère vous dire à très bientôt, ici. On verra ce que la vie nous amène comme sujets à aborder. Le confinent, tiens. Ça c'est une bonne idée ! 

PS : depuis cet été, je me suis mise à boire du thé chaud. Juste une seule sorte de thé, mais du thé chaud quand même ! 

[A suivre ... si y'a encore quelqu'un par ici]

mercredi 28 novembre 2018

Le jour où je dois accepter la coupure avec mon travail

Quand j'ai découvert ma grossesse, un de mes premiers réflexes fut de regarder la date de mon départ en congé maternité : 24/12/18. Génial, me suis-je dit ! Je vais pouvoir profiter calmement des dernières fêtes de Noël sans enfant ... Déterminée à partir le 24 décembre, et pas avant, j'ai continué à travailler avec passion et conscience professionnelle, comme à mon habitude. 
J'ai même accueilli, en binôme, une stagiaire assistante sociale 3ème année, en me souciant de lui trouver une de mes collègues d'accord pour terminer le tutorat sur environ 5 à 6 semaines ... Tout était calé. 
La routine professionnelle ... des rendez-vous, des rencontres, de nouveaux patients, des réunions internes, des réunions extérieures, des projets ... Je me suis rapidement aperçue, tout en faisant l'autruche, que je continuais à vivre ma vie professionnelle comme si de rien n'était. Un peu comme si j'occultais que quelque chose d'énorme était en train de se produire : je suis en train de devenir mère. 
J'ai voulu tout affronter en même temps, ne lâchant rien. Je me suis levée des matins, la tête en vrac, le dos en compote, mais je finissais toujours par arriver au travail ... Malgré mes vomissements intenses de début de grossesse (qui ont quand même duré quasiment 14/15 semaines), je n'ai pas manqué un seul jour de travail. 
Mes vacances n'ont pas été reposantes car j'ai eu 1 semaine en été pour partir à New York ... Autant vous dire que je suis revenue complètement décalquée ... et en octobre, 2 semaines pour partir au Québec. Pas vraiment de temps de pause, dans le sens "off", je ne fais plus rien si ce n'est glander dans mon canapé. 
En même temps, j'estime avoir une grossesse, à ce jour, idéal, malgré les différents maux que j'ai pu connaître. Je me sens épanouie. Je ne voyais donc pas l'intérêt de m'arrêter. 
Sauf qu'avec le métier que je fais - assistante sociale au sein du dispositif de permanence d'accès aux soins de santé généraliste  et obstétrique - j'ai du finir par reconnaître, il y a quelques semaines, que j'étais psychiquement à bout, en plus d'être en manque de fer et d'avoir une tension assez basse. 



J'ai donc cédé à un premier arrêt, très court, d'une semaine, qui m'a permis de me reposer et surtout de m'ennuyer ... J'ai donc repris le travail, pleine d'entrain et de motivation. Même si je savais que je serai sûrement arrêtée en congés pathologiques, je me fixais encore un bon mois et demi de travail. De quoi terminer certains accompagnements, de mettre à jour mes dossiers, mon organisation, d'assister à des réunions qui me tenaient à coeur, de passer le relais pour ma stagiaire, et de former ma remplaçante à mon poste. 
Sauf que rien ne s'est passé comme je le voulais. De la motivation, j'en ai eu ... Mais j'ai surtout accumulé beaucoup de fatigue, la faute aux 9h d'heures supplémentaires faites en une semaine de boulot, alors que je suis sensée finir 30 minutes plus tôt chaque jour du fait de ma grossesse ... Je me suis épuisée en m'investissant énormément dans l'accompagnement de ma stagiaire en difficultés, culpabilisant de la "lâcher" en cours de stage même si je savais qu'elle serait entre de très bonnes mains avec mon autre collègue, et que la collègue qui prend le relais est top également. Conscience pro ...
Mais le coup de grâce a été de constater que je n'avais toujours pas de remplaçante. Qu'à un moment donné, il a même été question que le dispositif s'arrête de fonctionner durant mon absence - qui va juste durer 9 mois - ce qui est inconcevable pour moi car il s'agit d'un dispositif indispensable et surtout soutenu par l'Etat ! Que j'ai vu tout mon travail sur ce poste depuis un an s'effondrer si jamais je n'étais pas remplacée, ou "mal" ... Que je me suis dis que je tenais depuis des semaines dans l'espoir d'être en binôme avec ma remplaçante, le temps de lui expliquer le fonctionnement du poste ... et que ça ne servait à rien, que je pouvais toujours l'attendre et donc ne jamais partir en congé maternité ... C'est là que mon corps a craqué. 
Dos bloqué, tension basse, réserve de fer toujours faible ... Le médecin m'a donc arrêtée 3 semaines, jusqu'à la date de mon congé pathologique ... J'ai hésité. Tellement. Non, non, une semaine, ça suffira ... mais finalement, j'ai écouté ce qu'il m'a dit ... j'ai repensé à cette grossesse tellement précieuse et j'ai dit ok. 

Photo jour J de ma 31ème SA. 


Sauf que je suis partie comme une "voleuse" ... sans préparer ma relève. J'ai un goût d'inachevé ... Je rêve du boulot quasiment toutes les nuits. Je pense à mes patientes dans les situations sont complexes et donc loin d'être résolues, tous les jours. Je culpabilise vis à vis des collègues. J'ai envie de pleurer quand je pense aux réunions auxquelles je ne vais pas assister. Je me sens exclue de mon travail, et c'est dur pour moi. J'ai du mal à lâcher prise, car j'aime être dans la maîtrise professionnelle. 
Pour faire face à cela, j'essaye de m'occuper un maximum ... En préparant la chambre de bébé, en me noyant dans la rediffusion de séries vieilles comme le monde, en invitant des copines à me voir ... Mais souvent, le travail revient dans un coin de ma tête. 
Ma sage-femme a beau me dire d'arrêter de culpabiliser d'être arrêtée à 31 semaines. Mon ostéopathe a beau me dire que maintenant, c'est à moi de me faire chouchouter et d'arrêter de m'occuper des autres. La laborantine du labo d'analyses médicales a beau me dire d'arrêter de checker mes mails professionnels. C'est plus fort que moi. 
Et le comble dans tout ça, c'est que si ça se trouve, en septembre 2019, quand viendra l'heure de retourner tous les jours au travail ... je vais traîner des pieds, pleurer et ne pas vouloir y aller ... 
Pas facile d'être une mère et une working-woman ! 

Et toi, tu as été arrêté à quel moment de ta grossesse ? Comment as-tu vécu la coupure avec le milieu professionnel ?

lundi 19 novembre 2018

Le jour où on a décidé de ne pas connaître le sexe de bébé

C'est un sujet qu'on avait abordé avec Charmante Compagnie bien avant que je tombe enceinte ... En même temps, étant donné que ça fait plus de 4 ans qu'on attendait ce moment, on a eu le temps de parler de pleins de choses ! 

Connaître ou non le sexe de bébé avant la naissance ... 



Pour nous, c'était une évidence : nous ne voulons pas savoir.  

La première raison, c'est justement que cet enfant, nous l'avons tellement attendu ... que fille ou garçon, on s'en moque ... Nous sommes heureux de devenir parents, et d'avoir un enfant, quel que soit son sexe. 
Une autre raison, classique, je vous l'accorde, c'est que nous, tout ce qui nous importe, c'est que cet enfant à naître soit en bonne santé. C'est primordial pour nous, bien plus que de savoir si c'est une fille ou un garçon. 
Et puis, le côté surprise ... pour nous est doublement important. Rappelons que ce petit être qui pousse en moi est une réelle surprise ... Arrivé tout seul, sans FIV, sans aucune aide après tant d'années de galère ... Alors, on veut garder la surprise jusqu'au bout. 
Dans notre projet de naissance, nous souhaiterions que ce soit Charmante Compagnie qui accueille bébé et dévoile le sexe de notre enfant. Si cela se passe comme nous l'espérons, j'imagine à quel point ce moment sera inoubliable. 



Je dois également avouer que garder la surprise apporte aussi d'autres satisfactions, comme celle d'embêter un peu notre entourage qui a parfois du mal à comprendre le pourquoi du comment ... La curiosité est trop forte pour eux, mais leur curiosité nous fait bien rire. C'est d'ailleurs la première chose que notre sage-femme nous a dit quand on lui a parlé de notre désir : que le plus dur, ce serait pour l'entourage ! 

Alors que pour nous, tout est naturel, simple. Je n'ai aucune difficulté à entrer en lien avec mon bébé "sans sexe" ... Je me projette parfaitement avec ce petit être qui est parfois un garçon, parfois une fille ... Il a également déjà un prénom masculin et un prénom féminin, que nous gardons aussi secret, tant qu'à faire ... On prépare sa chambre, neutre, car de toute façon, on n'est pas pour le rose pour les filles et le bleu pour les garçons. On  choisit ses affaires de façon à ce qu'elles soient mixtes, tant au niveau de la décoration que des vêtements. 

Malgré tout, nous aimons nous amuser de ce secret, de cet inconnu, de cette incertitude ... Notamment en se prêtant à différents jeux : tout d'abord, celui du pendule ... qui nous prédit à chaque fois un petit garçon en premier (oui, car il nous prédit en tout ... 4 enfants !). On aime aussi s'amuser avec notre entourage qui pari sur une fille ou un garçon en fonction de la forme de mon ventre ... Et si jusqu'ici c'était le petit garçon qui l'emportait, depuis 1 mois, la majorité penche pour une fille en fonction de mon ventre ... Et puis, si on étudie d'un peu plus près tous les "trucs de grand-mère" pour savoir si fille ou garçon ... on se marre bien aussi ... car en fonction du "truc", c'est une fille ... et un autre "truc" nous prédit un garçon ... 

Tout ceci nous fait bien rire et on continue tranquillement notre chemin vers la rencontre de notre bébé ... On l'imagine blond, brun, roux, avec pleins de cheveux, sans un poil sur le caillou, aux yeux bleus, verts ... Mais on l'imagine surtout comme étant notre plus belle surprise, un petit bout de chacun de nous deux ... L'essentiel, c'est que je me vois aussi bien la maman d'une petite fille que d'un petit garçon ... 



Et toi, tu as voulu garder le sexe de bébé secret jusqu'à la naissance ou tu avais besoin de savoir ?

mardi 30 octobre 2018

Le jour où on a annoncé ma grossesse

J'ai tellement rêvé de ce jour que dans ma tête, j'avais déjà des tas d'idées d'annonces originales. 
Tout d'abord, il y a eu celle pour le papa ... car en effet, Charmante Compagnie, le fameux jour du test positif, était en déplacement à Paris. J'ai béni ce jour, car cela m'a permis de préparer une annonce sympa et originale. N'oublions pas qu'avec un parcours de FIV et cie, il est impossible de faire la surprise au papa (et même à certains membres de notre entourage). Là, j'avais le champ libre, il ne s'y attendait pas du tout. J'ai donc confectionné un petit colis surprise, dans lequel j'y ai glissé des tas de petites choses que j'avais acheté depuis plusieurs années : 



* Un bavoir Papa love me
* Un autocollant Bébé à Bord Corse
* Une tasse mug Super Papa 
* Une carte avec une jolie citation 
* Un doudou 
* Un body et un pyjama qui servira de première tenue de bébé à la naissance
* Le test de grossesse
* Mes résultats de prise de sang

J'ai fermé le carton, et collé une étiquettes Colissimo que j'avais trafiqué en rajoutant bien son nom et notre adresse ... J'ai tenu ma langue au téléphone et quand il est arrivé le lendemain, à 23h00, crevé ... je lui ai tendu au lit le colis, en lui disant que j'avais reçu ce colis pour lui, que c'était une petite surprise que je lui avais fait, un truc qu'il attendait depuis longtemps. Il était alors persuadé qu'il s'agissait d'un bouquin dont il attend la sortie depuis un moment ... Je vous laisse imaginer sa tête quand il a compris  ... Je l'ai d'ailleurs filmé ... Ses larmes de joie furent les plus belles ... 

Ensuite, il y a eu mes beaux-parents, côté maternel de Charmante Compagnie. J'étais enceinte de très peu de temps, mais déjà très nauséeuse. Nous étions chez eux pour la fête des mères et il aurait été difficile de cacher mon état ... On a donc mis le test de grossesse dans une boîte à bijoux (bracelet) et nous lui avons offert, en prétextant ne pas avoir reçu le bon cadeau qu'elle souhaitait (un sécateur), mais qu'on avait pris ça, en attendant ... Elle pensait trouver du nougat ... et c'est finalement un futur petit enfant qui se cachait là-dedans ! Une petite carte accompagnait le tout où je faisais parler le bébé, annonçant la date de sa prochaine venue et confirmant qu'ils allaient être grands-parents ... Emotions garanties ! J'ai filmé la scène pour garder en souvenir.

Difficile de ne pas craquer au téléphone avec ma mère ... mais j'ai tenu bon quasiment un mois ... Jusqu'à ce qu'elle arrive pour un weekend de juin ... Là, j'ai fait exactement le même cadeau qu'à ma belle-mère. J'étais avec elle dans la voiture, je venais de la récupérer à la gare, et je lui ai tendu la boîte à bijoux, prétextant qu'on passerait chez le bijoutier si jamais ça ne lui plaisait pas ... Je l'ai elle aussi filmée, mais j'ai surtout beaucoup rigolé en constatant que ma mère a eu beaucoup de mal à comprendre ... et même en lisant la carte, car elle a lu la carte par la fin ... Bref, après un quiproquo bien rigolo, les larmes ont coulé !!!! 

Le weekend suivant, le père et la belle-mère de Charmante Compagnie venaient à la maison avec également la soeur de mon mari, la future tata donc. Là aussi, on avait mijoté une annonce grandiose ... Charmante Compagnie avait intégré dans un des paysages de son jeu de réalité virtuelle, l'échographie de l'Elu (écho de datation) avec au dessus, un écriteau "Tu vas être papy", "tu vas être mamie", "tu vas être tata". Il a fait venir à tour de rôle dans son bureau sa soeur, puis son père et enfin sa grand-mère, sous prétexte de leur faire tester la réalité virtuelle ... Une caméra cachée a permis de filmer les scènes afin que je puisse les voir également, car moi, je restais avec les autres, sur la terrasse ... attendant les retours de chacun. L'effet a été grandiose, ils ont adoré cette annonce et surtout cette bonne nouvelle ... Sachant que la famille venait d'être ébranlée par le décès soudain de la maman de ma belle-mère ... ce petit être en devenir était un signe envoyé du ciel ... 

Trois amies ont été informée très rapidement et pas forcément de façon originale, de ma grossesse, car j'avais besoin de leur dire au plus vite, afin de réaliser personnellement ce qu'il m'arrivait ...
J'ai également mis dans la confidence quelques collègues au boulot car il était difficile de cacher mon état de début de grossesse ... 



Mais pour le reste de la famille et des amis, nous avons attendu l'écho du premier trimestre. Et une fois nos clichés en main et la confirmation que l'Elu allait bien, nous avons tourné une vidéo pour annoncer la nouvelle ... Etant donné que pour mes 30 ans, tout le monde avait participé à une vidéo où ils s'envoyaient une "boulette" de papier pour me souhaiter bon anniversaire, j'ai répondu sous cette même forme ... Sauf que le retour de la boulette n'était pas uniquement pour les remercier de leurs présences et cadeaux ... mais bien pour annoncer qu'un petit clandestin serait de la partie pour notre voyage au Québec ... Surprise garantie ! Les réponses n'ont pas tardé à fuser et les félicitations avec ! J'en avais les larmes aux yeux à chaque fois ... Nous avons un entourage formidable qui a vécu avec nous, de près ou de loin, nos difficultés à concevoir ce petit être, et ressentir leur joie sincère à l'annonce de ma grossesse nous a énormément touchés ... 
 

Désormais, nous vivons cette grossesse pleinement et partageons les bons moments avec nos proches. Je suis d'autant plus heureuse d'avoir réussi à ménager autant le suspens pour tout le monde ! 

Et toi, as-tu annoncé ta/tes grossesse(s) de façon originale ?

vendredi 26 octobre 2018

Le jour où je suis zen

Je me rappelle encore, c'était au mois de décembre de l'année dernière, j'étais dans le bureau de la psychologue pour notre demande d'agrément en vu d'une adoption ... Cette dernière m'avait demandé comment je me sentirai si je venais à être enceinte. Sans aucune hésitation, à ce moment là, je lui avais alors répondu que je serai angoissée en permanence et que ça serait très difficile à vivre pour moi. 
En effet, quelques mois plus tôt, c'était également dans le bureau de la psychologue, mais de PMA cette fois, que je déposais pour la première fois que pour moi, grossesse rimait avec angoisses et même angoisses de mort, par rapport à mon parcours vis à vis de la grossesse ... Les paroles de cette psy m'avaient beaucoup fait avancer et déculpabiliser également. 
Aujourd'hui, à 27 semaines de grossesse, je dois pourtant reconnaître que je suis zen. 
Bien sûr, il y a eu un premier trimestre en dents de scie, avec de l'appréhension au moins jusqu'à l'écho des 8 SA ... J'avais tellement peur de revivre ce qu'on avait vécu un an plus tôt, apprendre que tout était déjà fini. J'avais même appelé mon gynéco de PMA, complètement désorientée face à cette grossesse surprise et non issue d'une FIV ... Pouvait-il malgré tout me faire cette première écho ??? Il a permis une transition, nous lui avons alors dit aurevoir et peut être à dans quelques années ... N'oublions pas qu'il nous reste un petit embryon congelé ... ou pas. 



C'est à ce moment là que je suis réellement entrée dans la grossesse, avec les symptômes à la fois si pesants et rassurants. Vomir était épuisant mais me confirmait chaque jour un peu plus la présence de ce petit être qui grandissait encore trop discrètement en moi. Et je pense que j'ai totalement lâché prise à l'écho officielle du premier trimestre. Et je savais au fond de moi, que ce bébé miracle, l'Elu comme on aime le surnommer, était forcément le bébé le plus fort du monde pour avoir réussi à se nicher tout seul au creux de mon utérus. Il est, nous sommes, invincibles. Et depuis que je le sens bouger, j'ai l'impression de ne plus avoir de craintes. Du moins, pas d'angoisses ou de craintes démesurées, irrationnelles. 
Je suis sereine. Je sens que les choses vont bien se passer, naturellement, comme une évidence. Je fais confiance à cet enfant et surtout, je me fais confiance. Je me sens déjà mère, au plus profond de mon être. Je ne panique pas au moindre symptôme ou petit signe inconnu. Je profite de cette grossesse qui évolue. Je prends les choses avec calme et philosophie. 
Ce climat de confiance vient aussi du fait que je me suis entourée de trois bonnes fées. Mes trois sage-femmes, dont je reparlerai ici plus en détail car je vais accoucher en maison de naissance. 

J'avais besoin pour cette grossesse, de sortir de l'aspect médical, après 3 ans de PMA ... J'aime cette ambiance femme/sage-femme. J'ai l'impression de partager cette grossesse avec des amies, des sœurs, des mères ... Elles sont à notre écoute, bienveillantes et rassurantes. 
Grâce à ma sérénité, j'ai pu continuer à vivre presque comme avant ... Nous avons pu voyager à New York, au Québec, continuer à voir nos amis, à prévoir des sorties, des petits week-end. Je suis donc zen et épanouie et j'aime à penser que toutes ces bonnes ondes de zénitude influenceront sur le comportement et le caractère de l'Elu ... qu'il soit aussi zen que sa maman actuellement ! 

 

lundi 22 octobre 2018

Le jour où ma grossesse file à grande vitesse

Ce qui est terrible après avoir attendu plus de 4 ans pour devenir mère, c'est de réaliser à quel point, une fois bébé bien installé, le temps passe si vite. J'ai l'impression que c'était hier que je faisais mon test de grossesse sans y croire. Et pourtant, j'ai entamé mon sixième mois de grossesse et bébé fait des galipettes à n'en plus finir dans son petit nid douillet ! 
J'ai peur de louper tant de choses, de ne pas assez profiter de cette précieuse et miraculeuse grossesse. Je m'en veux de ne pas avoir encore commencé mon album de grossesse. Combien de fois ai-je voulu le faire durant ces 4 ans d'attente, en me disant que je n'aurai qu'à le remplir le jour où je tomberai enceinte ... Et aujourd'hui, je constate avec regret que je n'ai pas pris le temps de me mettre derrière mon bureau de scrapbooking pour commencer à conserver tous ces précieux moments. 




Si les 16 premières semaines m'ont paru longues, à cause des joyeux maux de grossesse ... que j'espérais à la fois voir disparaître et que j'aimais en secret car ils confirmaient que j'étais bien enceinte ... depuis que j'ai arrêté de vomir tous mes petits déjeuners et tous mes repas du soir (voyons le positif, j'ai perdu plus de 3 kg pendant le premier trimestre ...), aujourd'hui, maintenant que la grossesse fait de moi une future mère épanouie qui a pu partir 15 jours vadrouiller au Canada, je trouve que le temps passe trop vite. Dans 15 semaines, soit 104 jours, soit trois mois et demi... notre petit Elu sera là ...

A quelques semaines de mon congé maternité, j'ai décidé de lever le pied, de prendre le temps de vivre pour moi et pour cette grossesse. Il est d'ailleurs important pour moi de venir écrire ici aussi, ce qui se passe dans ma vie ... Après avoir écrit de nombreux articles sur ce désir d'enfant, sur notre parcours en PMA, notre parcours en adoption ... il me parait logique de partager avec vous ma joie de future maman. J'en profite pour vous remercier d'ailleurs de tous vos chaleureux messages de félicitations. Je reprends donc officiellement mais à petits pas, mon activité de blogueuse ... et donc viendrai d'ici quelques jours sur vos blogs pour vous remercier et prendre de vos nouvelles. 



J'ai encore tant à faire ... Continuer mes ouvrages en tricot ... Appeler le peintre pour faire la chambre de bébé ... Envoyer Charmante Compagnie chez IKEA acheter le mobilier manquant ... Préparer le prototype du faire-part avec mon amie infographiste ... Co-organiser ma Baby Shower avec la marraine de l'Elu ... Annoncer à notre ami qu'on aimerait qu'il soit parrain du bébé ... Préparer ma valise ... Lire des livres sur l'accouchement physiologique ... Ecrire sur un tas de sujets sur ce blog ... Trouver un jardinier ... Préparer à l'avance des plats surgelés pour la naissance ... Vérifier que mon dossier CAF est complet ... Prier pour qu'on trouve une remplaçante efficace pour mon poste ... Faire mon test de diabète gestationnel (c'est prévu pour mardi ... oh joie !) ... Partager notre liste de naissance ... Nettoyer les voitures ... Partir en Thalasso ... Confectionner nos costumes d'Halloween ... Trier toutes nos photos de New York et du Québec ... Combattre les mites alimentaires dans ma cuisine ... Trouver un deuxième siège auto pour les imprévus ... Aller à la séance photo grossesse offerte par la marraine de l'Elu ... Réfléchir à mes cadeaux de Noël (pour moi et ceux à offrir) ... Continuer les séances d'haptonomie ... Commencer les séances de préparation à la parentalité (et oui, on ne dit plus préparation à l'accouchement ... mais parentalité !) ... Amener Friponne et Oscar chez le vétérinaire pour les vaccins ...  Et tant d'autres choses ... 


L'horloge tourne, les minutes sont des rides, et moi je rêve, je rêve d'arrêter le temps ... [Mikaël Miro]

J'en profite pour faire de la pub à mon mari, Charmante Compagnie ... qui fait ses premiers pas dans la blogosphère ! Je compte sur vous pour aller lui faire un coucou sur son blog tout beau tout neuf !  

lundi 27 août 2018

Le jour où je refais surface

Plusieurs mois déjà que j'ai déserté la blogosphère. Cela devient assez chronique chez moi. C'est un peu comme la lecture. Je peux dévorer 4 ou 5 livres à la suite et ne plus rien lire pendant des semaines. Je suis comme ça. Cyclique. 
J'ai des tas de choses à partager avec vous. 
Tout d'abord, ma "birthday party" pour mes 30 ans, qui fut un vrai rêve éveillé ! A l'image de ce que j'imaginais et souhaitais. Une sorte de secondes noces ... où amis et famille étaient au rendez-vous, comme toujours. 
Et puis, il y a eu notre séjour à New York ... cadeau de mon mari pour mes 30 ans. Une petite semaine à vivre une grande aventure, à découvrir la ville qui ne dort jamais, grandiose mais humaine à la fois. J'ai également ma nouvelle cuisine à vous montrer ... Après un mois de travaux, elle a été posée mi mai et depuis, je passe de merveilleux moments à cuisiner dans ce magnifique univers qui nous ressemble enfin ! 
Même si je lis peu en ce moment, j'ai certainement deux ou trois critiques littéraires à vous partager, ou même des critiques de films ... 
Je dois aussi vous parler de notre voyage à venir, au Canada, plus précisément au Québec ... Dans 1 mois quasiment nous nous envolons pour y rejoindre mon frère qui vit là bas depuis 6 ans. Un joli périple nous attend et surtout de chouettes logements tels qu'un chalet au bord d'un lac ou une maison de trappeur à 500m d'un parc national ... J'ai hâte ! 



Mais la nouvelle que j'ai envie de partager avec vous aujourd'hui, c'est celle du tsunami qui nous a percuté de plein fouet ... le 22 mai dernier ... date d'ailleurs de mon dernier article ... 
Ce jour là, mon mari était en déplacement pour 2 jours à Paris et j'attendais désespérément mes règles afin de démarrer un nouveau cycle pour faire mon dernier transfert d'embryon congelé ... Dr Mamour m'avait revue un mois plus tôt et était très confiant quant à la réussite de ce 3ème transfert ... 
J'ai donc décidé de donner un coup de pouce à la nature, en faisant un test de grossesse qui serait négatif et indiquerait à mon cerveau que je ne suis pas enceinte et que par conséquent mes règles pouvaient arriver. 
Contre toute attente, le test ne s'est pas révélé négatif mais bel et bien positif. J'ai eu tellement de mal à réaliser. Je vivais quelque chose d'irréel. Je n'ai rien dit au téléphone à mon mari. Je ne sais pas si c'était par superstition ou parce que je voulais lui préparer une belle surprise pour lui annoncer cette nouvelle improbable ... Ca a été dur ... et le lendemain matin, j'ai chopé au vol une des médecins avec qui je bosse pour qu'elle me prescrive une ordonnance pour le taux des BHCG. Quelques heures plus tard, tremblante, je découvrais mon joli taux, parfait ... Il n'avait jamais été aussi parfait ... 
Depuis ce 22 mai, le temps passe à une vitesse ... 
Il y a eu l'annonce au papa ... les deuxièmes et troisièmes prise de sang pour confirmer et reconfirmer que tout ceci n'est pas un rêve ... l'annonce aux grands-parents ... l'écho de datation ... l'écho du premier trimestre ... les nausées ... les vomissements ... la fatigue ... l'annonce aux amis ... à la famille ... les premiers mouvements de bébé ... ses premiers coups ... le ventre qui s'arrondit ... Bref, tout ça tout ça ... On vit un rêve éveillé ... Et je vous raconterai donc tout cela dans les semaines et mois à venir ... Enceinte actuellement de 18 SA + 3, bébé devrait pointer le bout de son nez début février ... Pile avant mes 31 ans ...