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samedi 10 novembre 2018

Le jour où ces petites phrases nous agacent ...

Avant même d'être enceinte, nous avons souvent eu droit à ces petites phrases anodines et dites sans méchanceté aucune, mais qui agacent, exaspèrent voire blessent surtout quand on attend ce jour depuis des années ... La plus fréquente était celle que les gens nous disaient quand on leur disait qu'on n'avait pas encore d'enfant (qu'on essayait, qu'on était en PMA, qu'on était en procédure d'adoption, etc), la fameuse "oh, profitez en bien tant que vous n'en avez encore pas (d'enfants) ! ". Cette phrase avait le don de nous énerver, nous qui n'attendions que ça et justement estimions que nous en avions déjà bien profité ... 



Mais, même enceinte, il faut croire que les petites phrases bien pensantes continuent de fuser ... à tel point que cela peut parfois presque gâcher notre plaisir, celui de profiter de chaque moment que l'on vit depuis 7 mois, celui de rêver de ceux que l'on va vivre pendant des années en tant que parents, celui de penser par nous même ce que l'on souhaite faire, appliquer, mettre en place pour cet enfant à naître, tout en ayant conscience que des tas de choses ne se passeront pas comme on l'imaginait ... Parce que ça aussi, on est au courant. Quand ça fait plus de 4 ans que tu te prépares à devenir parents, tu as lu des tas de bouquins, regardé des dizaines d'émissions, parlé des heures avec tes amis déjà parents, observé de près ou de loin ... En 4 ans, on est sûr de notre choix, cet enfant n'arrive pas au hasard, il ne tombera pas comme un cheveu au milieu de la soupe ... 

Dès que les gens ont su que nous ne voulions pas connaître le sexe de bébé, on a eu droit à "Oh, ben bon courage, vous allez pas tenir et finir par craquer au moment de l'écho ..." Merci, mais on le vit bien et tout va bien, on n'a jamais craqué à l'écho et nous sommes soutenus par notre sage femme ... 

Quand j'ai commencé à parler accouchement physiologique, accouchement en maison de naissance et donc accouchement sans péridurale, j'ai eu droit aux encouragements "Ah ben tu verras bien mais à mon avis tu vas la demander la péridurale, on voit que tu sais pas ce que c'est qu'une contraction ..." A croire que ces personnes attendent avec plaisir d'apprendre que notre projet de naissance ne s'est pas déroulé comme nous l'imaginions ... C'est fou comme les gens peuvent tout rapporter à eux uniquement et à leur expérience ... 

Et puis il y a eu l'allaitement ... "Du coup, votre bébé ne fera jamais ses nuits", "tu ne pourras jamais le lâcher pour faire autre chose", "Tu vas avoir des crevasses", "Achète tout de suite des bouts de sein" ... Et tout un tas d'autres phrases bien pensantes au lieu des encouragements et vrais conseils que l'on attend ... 

Dois-je vous faire part de ce qu'on a entendu à propos des couches lavables ? "Oh à mon avis tu vas vite laisser tomber, c'est tellement chiant ... rien ne vaut le jetable" ... Ou encore plus optimiste "Tu vas même pas essayer au final car tu verras les nourrissons ça fait caca 10 fois par jour" ... A ce moment là, on ne dit même plus qu'on a aussi nos lingettes lavables et qu'on fera nous même le liniment de notre bébé ... 

Je te passe les encouragements quand on évoque que grâce à notre Thermomix, on compte bien faire les purées et compotes maison ... Les gens ont un avis négatif et pessimiste sur tout ... 

Le pire, quand on les entend ... c'est qu'on a l'impression que pour eux, avoir eu des enfants est un calvaire ... Limite un regret ... Même si nous faisons abstraction de toutes ces phrases au quotidien, nous sommes souvent blasés de les entendre et de devoir sourire et remercier pour le merveilleux conseil ... En tant que futurs parents, nous ne sommes encore pas légitimes à pouvoir affirmer nos choix de maternage, d'éducation ... Nous n'avons pas encore expérimenté le fameux proverbe "avant on avait des principes, maintenant on a des enfants" et donc les valeurs que nous souhaitons transmettre à nos enfants sont prises à la rigolade par les autres. 

Et en attendant, on continue à rêver ... On profite de cette grossesse comme si elle devait être la dernière et nous avons en même temps hâte de rencontrer notre enfant, tout en étant conscient que nos vies vont être chamboulées et changer à tout jamais. On continue à être suivis en Maison de Naissance pour un accouchement naturel, dans l'eau et sans péridurale. On cherche à participer à des ateliers de portage, à rencontrer des parents qui utilisent des couches lavables pour prendre le maximum de conseils et choisir les couches qui conviendront le mieux à bébé et à nous. On lit des livres sur la motricité libre, la pensée Montessori et on se renseigne un maximum sur l'allaitement auprès de mamans allaitantes, d'associations et de professionnels. On est toujours heureux d'être parents et de sacrifier nos vies passionnantes de couple sans enfant pour se faire chier avec un mioche qui va nous pourrir la vie :) 



C'était mon petit coup de gueule du jour ... Laissez-nous rêver ... Laissez-nous expérimenter nous-même notre future parentalité au lieu de nous en dégoûter avant même d'avoir tenu notre bébé (au sexe inconnu !!!) dans nos bras ! 
Ce qu'on veut, c'est de la joie, de l'enthousiasme, du soutien et des conseils qu'on a vraiment demandé et dont on a réellement besoin (comme par exemple à quoi vont me servir ces dizaines d'inserts à pression avec mes couches TE1 qui m'ont l'air déjà équipées d'inserts :D) 

Et donc, vous l'aurez compris dans cet article ... En spoiler ... Prochains articles à venir sur : ne pas connaître le sexe de bébé ; accoucher en maison de naissance ; préparer une chambre Montessori ... 

vendredi 17 février 2017

Le jour où je me lâche 2 minutes

Parce que ça fait du bien, de se lâcher, parfois. 
Alors voilà, j'avoue ... 



Parfois, l'annonce de certaines futures naissances dans notre entourage plus ou moins proche me fait grave chier. Mal au bide. Mal au coeur. Mal tout court. Parfois, j'ai pas envie de les féliciter même si je sais qu'ils n'y sont pour rien et blablabla. Mais voilà, ça me fait chier. D'autant plus chier quand tu sais que la nana a mis 2 jours pour tomber enceinte, ou qu'elle ne s'y attendait pas du tout. Ouais, c'est mal, la jalousie et tout ci tout ça, mais parfois, ça fait du bien aussi. Voilà, j'ai avoué, j'l'ai dit ! 

Parfois, je souhaite à certaines personnes de notre entourage plus ou moins proche, en essai bébé, de ne pas y arriver et de galérer et galérer et galérer, et connaître ce que c'est que le désespoir de devenir parents un jour. C'est carrément moche, et pas positif du tout, mais parfois, j'y peux rien, c'est plus fort que moi. D'ailleurs, parfois, j'en viens à me surprendre moi-même à dire à des copines qui essayent ou vous essayer, pleines d'espoir à l'idée de tomber enceinte en 2 ou 3 mois, qu'elles vont galérer ... Parfois, je m'déteste pour ça, mais parfois pas. 

Parfois, j'en viens à avoir peur que des personnes de notre entourage plus ou moins proche nous annoncent une grossesse, avant nous. J'en fais parfois des cauchemars. Et parfois, ça m'éloigne de ces personnes là. J'évite du coup le sujet avec elles, car j'ai peur qu'elles me disent "surprise, j'suis enceinte", parce qu'au fond, je serai heureuse pour elles mais aussi hyper mal ... 

Parfois, je suis désagréable avec les personnes de notre entourage plus ou moins proche qui essayent de nous encourager en nous donnant toujours pour exemple des tas de couples qui ont réussi à concevoir avec ou sans FIV, au bout d'une ou quatre FIV, etc. J'ai envie de leur gueuler dessus et de leur dire de la fermer, que je m'en fous des autres et que seul mon problème et mon utérus à moi m'intéressent ! Parfois, je m'en veux et en même temps, c'est carrément vrai ... 

Parfois, je me fais peur à voir que je peux être à ce point aigrie. Parfois, je me surprends à penser tout cela, et pourtant, ça me fait du bien de le penser. Je trouve ça sain, parce que je trouve ça tellement injuste ce qui nous arrive. Alors, parfois j'me lâche et j'm'en fiche de ce qu'en penserons les personnes de notre entourage plus ou moins proche ... parce que parfois, il m'arrive de penser à moi. Uniquement à moi.