Affichage des articles dont le libellé est infertilité. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est infertilité. Afficher tous les articles

vendredi 11 mai 2018

Le jour où j'ai mal vécu l'après-obtention de l'agrément #9

Cela peut paraître farfelu, peu probable, bizarre, impensable, pas banal ... bref, être difficile à comprendre, mais je viens de traverser une mauvaise passe "post-obtention-d'agrément". Certes, l'hiver n'a sûrement pas joué en ma faveur, mais avec un peu de recul, aujourd'hui, je peux affirmer avoir fait une sorte de "baby-blues" suite à l'obtention de notre agrément. Tout simplement car cela a signifié un arrêt brutal de notre action dans ce parcours si long que celui de l'adoption. 



Une fois notre agrément en poche, qu'allions nous faire, si ce n'est attendre ? 
Sur le coup, dans l'euphorie du moment, j'ai prévenu mon mari que nous allions envoyer notre "candidature" dans tous les autres départements, histoire de multiplier les chemins qui nous mènerons vers notre futur enfant. Mais très vite, le soufflé est retombé et à ce jour, nous n'avons encore rien fait. 

Cette attente est beaucoup plus difficile à vivre que ce que je croyais, sûrement du fait qu'il n'y a pas de date de fin ... 

Cette attente ne ressemble à aucune autre. Elle ne ressemble pas à l'attente que je vis à chaque fin de cycle : vais-je avoir ou non mes règles ? Elle ne ressemble pas à l'attente que j'ai vécu pour ma grossesse, à attendre la première écho ... Elle ne ressemble pas à l'attente entre chaque FIV, chaque ponction, chaque transfert ... Non, car contrairement à toutes ces attentes où il y a une fin, celle-ci est interminable. 

J'ai subi les premiers mois de l'année. Et pourtant, j'ai essayé de rendre cette attente plus supportable, avec l'organisation de la fête de mes 30 ans, ou les travaux de notre nouvelle cuisine ... mais malgré tout, j'ai vécu les choses de façon très négative. 
Face à cette attente, je n'ai vu que les enfants autour de nous grandir et grandir encore, me déprimant encore plus et me faisant penser au jour où nous serons parents, enfin, mais que nos enfants auront un tel décalage avec ceux des autres ... J'en ai pleuré, même. Persuadée que quand notre tour arrivera enfin, nous serons mis de côté, tout simplement, car nous n'aurons pas le même rythme que les autres. 
Face à cette attente, je n'ai vu que des annonces de grossesse, des ventres s'arrondir et des constats affligeants. Ca ne m'avait jamais autant touchée et impactée.
Face à cette attente, je crois que je me suis renfermée sur moi-même, n'arrivant plus à faire face au reste, à la réalité. Je n'ai plus pris de nouvelles de certaines personnes, je n'en ai plus donné non plus, attendant des choses qui ne sont jamais arrivées. Je crois surtout que j'en ai eu marre de faire semblant, que je n'y arrivais plus, car c'est épuisant. Le sens-unique aussi, d'ailleurs. 
Face à cette attente, je n'ai quasiment rien fait. A peine tricoté. Terminé difficilement un roman. Jamais scrappé ou si peu. Déserté la blogosphère. Lutté pour écrire quelques lignes de mon roman. Etc. Quasi rien. Ou du moins, j'ai cette impression. Que de temps gâché. 
Je me suis laissée débordée, envahir, par une sorte de paresse et de tristesse. Un mélange d'émotions trop fortes et très négatives qui ont eu raison de mon entrain, de ma bonne humeur et ma façon de positiver !  Il faudrait que je m'excuse auprès de certaines personnes quant à mon silence ...
 
Heureusement, quelques fidèles ont été là pour me maintenir hors de l'eau et retrouver le rivage. Grâce à ces quelques précieuses personnes, auprès de qui je recharge les batteries et me nourris de leur amour et de leur force, aujourd'hui, le printemps est revenu aussi dans ma vie. 




Je reprends ma vie en main, je redeviens actrice dans notre projet de parentalité. Je souris à nouveau à la vie et je me lance dans de nouveaux projets, de nouveaux défis. L'attente sera peut être plus douce, moins amère ... 

Même si, aujourd'hui encore, je ne sais pas si je veux arrêter ou avancer le temps ... 

jeudi 1 février 2018

Le jour où nous avons eu l'entretien individuel avec la psy pour l'adoption #6

Il y a une dizaine de jours, j'évoquais avec vous notre premier entretien avec la psychologue. Aujourd'hui, il est temps de parler de ce dernier RDV qui a eu lieu début décembre. J'étais à la fois impatiente et inquiète. Pour nous, il s'agissait du dernier examen où nous allions être acteurs ... Alors, on voulait tout donner. 



Ce jour là, Charmante Compagnie m'a récupéré au boulot et nous avons mangé un bout ensemble avant de prendre la route pour le service PMI de notre département. Nous avons convenu que mon mari passerait en premier. Je peux vous garantir que j'ai passé l'heure la plus longue de toute ma vie, à attendre et à imaginer ce qu'il se passait dans le bureau à côté ... C'est horrible d'avoir cette sensation de ne pas pouvoir agir ... Je faisais confiance à mon mari, bien entendu ... mais j'avais tellement envie d'entendre ce qu'il allait dire sur lui, sur nous, sur cet enfant qui un jour, peut-être, arrivera au sein de notre foyer. Alors, pour ne pas stresser, je me suis plongée dans la lecture des nombreux livres et magazines sur l'adoption mis à notre disposition et une heure plus tard, Charmante Compagnie est revenu vers moi, tout sourire. 
Nous avons eu juste 5 minutes ensemble, histoire de faire un point ... je voulais surtout savoir s'il avait abordé certains sujets, pour pouvoir les aborder si ça n'avait pas été le cas. Quand je suis rentrée dans le bureau de la psy, j'étais un peu fébrile. Je ne savais pas par où commencer ... Heureusement, la psy a pris la parole et nous avons pu immédiatement démarrer sur le sujet que je voulais aborder, à savoir la santé de l'enfant. C'est un peu comme lors du dernier examen pré-natale, quand on s'assure que tout va bien ... Et bien là, on a posé nos limites, on a pu les redéfinir et montrer à la psychologue que nous étions prêts à assumer les particularités auxquelles nous sommes ouverts. Et puis, tout s'est enchaîné. Parfaitement. 
Cette fois, la psychologue était plus loquasse, dans l'échange et je me suis sentie à l'aise. J'ai énormément parlé, de façon fluide. Je me suis aperçue que ça sortait de mon ventre, littéralement. Ainsi, j'ai laissé sortir de mon ventre si vide d'enfant, tout ce que j'avais à dire sur ce désir d'enfant et sur notre projet d'adoption. J'ai pu parler de tant de choses en si peu de temps ... j'étais moi même surprise. 
L'adoption, ça remue les tripes et le coeur. On est dans la prise de recul. Dans l'introspection. On verbalise énormément notre future parentalité. On doit se découvrir aux autres mais surtout à soi-même. J'ai été surprise de certaines choses que j'ai pu aborder de façon aussi sereine avec la psychologue. J'ai apprécié ses interventions, toujours justes, me confortant alors dans l'idée qu'elle comprenait ce que je disais, ce que je pensais, ce que je vivais ! 
Pendant 1h30, j'ai été dans une bulle. La bulle que je souhaite créer avec mon mari et ce petit bébé, dit bébé pupille. J'ai pu m'exprimer librement et sincèrement. Et quand la psychologue a mis fin à l'entretien, je me suis dit : "oh non, pas déjà" ... Ce face à face a été si serein et bénéfique dans notre parcours, dans notre cheminement. 

A la fin de l'entretien, j'ai posé quelques questions pratiques ... et j'ai alors réalisé que nous allions passer en commission environ 7 mois à peine après le début de notre demande ... Au lieu des 9 mois annoncés ... C'est peut-être un détail, mais pour moi, c'est un soulagement. Car une fois que nous aurons, je l'espère, obtenu notre agrément, ce sera une autre étape. Un pas de plus qui nous rapprochera de notre futur bébé. 
La psychologue m'a laissé, en me disant avoir énormément apprécié nos échanges. J'ai souris et je suis repartie sereine, avec un sourire qui n'a pas quitté mes lèvres ... Mon mari était un peu plus anxieux, préférant attendre la lecture de nos rapports ... 




Nous avons donc terminé 2017 avec l'espoir de lire très rapidement nos rapports, en priant pour que ces derniers soient positifs et reflètent notre projet ... Cette perspective a rendu ce Noël un peu moins dur que les derniers Noël passés ... Même si c'était encore un Noël sans enfant, même si ce Noël nous a rappelé que j'aurai du accoucher ce jour-là si je n'avais pas perdu notre petit Findus ... Même si c'était un Noël sans magie ... c'était un Noël plein d'espoir ... 


jeudi 30 novembre 2017

Le jour où tout se mélange dans ma tête

C'est le tourbillon dans ma tête ... Tout se mélange, tout se bouscule. 



Ma prise de poste s'est super bien passée, je suis sur un nuage mais je dois aussi m’acclimater à un nouveau service complètement différent ... une organisation à prendre, une méthode à apprendre ... alors, la nuit, j'en rêve encore et encore. Mon esprit a du mal à se libérer, se reposer. 
Dans ma tête, tout s'accélère. Tout s'entrechoque. 
Je n'arrive pas à me fixer à un de mes romans en cours, je tapote sur mon clavier un peu pour chacun, je papillonne, je vole, survole. 
Je me torture ... Partagée entre ce désir si grand, si éprouvant, si violent de maternité ... et celui d'espérer ne pas tomber enceinte. Ne pas tomber enceinte, maintenant. Parce que j'ai d'autres projets, incompatibles avec une grossesse. Un voyage de l'autre côté de l'Atlantique en octobre 2018. En amoureux. En famille. Retrouver mon frère parti s'exiler là-bas. Partager cela avec ma mère et mon beau-père. Et culpabiliser. Encore plus fort. Alors que je crève d'envie d'être mère. Que je n'en peux plus. Que j'en pleure souvent. Que j'en rêve toujours. Et pourtant, continuer à se dire ... pas maintenant ... L'an prochain ... plus tard ... en avril ou en mai ... Et s'en vouloir. Se détester. Se haïr. En crever encore plus d'envie quand tout autour de moi, de nous, tout le monde tombe enceinte ... Et pourtant, continuer de croire, aussi, que la patience de l'adoption nous apportera notre plus belle récompense. Essayer de prendre du recul, avec tout le reste, avec ces pensées obscures et ces envies plus fortes, toujours plus fortes. Tenter de se raisonner, de se dire qu'un jour ce sera notre tour. Vouloir que ce jour soit demain. Que ce jour soit avant tout le monde, avant tous les autres. Et vouloir que ce jour attende l'automne prochain. Ou juste un peu plus longtemps que demain. Juste le temps de nous laisser continuer à vivre sans enfants. Après tout, ça fait juste 3 ans qu'on en crève, de ce manque d'enfant. Alors bordel, on n'est plus à ça près. On va encore aimer les enfants des autres. Se nourrir de leur amour. Et rentrer le soir à la maison, les sièges arrières de la voiture vides. Mon bureau sera encore longtemps couvert de dessins d'enfants-des-autres-non-ce-ne-sont-pas-les-miens-non-j'en-ai-pas-encore-oui-c'est-au-programme. Je crie dans ma tête. Je crie tout bas. Je crie car j'ai mal de cet enfant qui n'arrive pas et je crains qu'il n'arrive trop tôt. Quelle ironie. Quelle merde. Voilà, en ce moment, c'est la merde dans ma tête, malgré toutes les jolies choses qu'il m'arrive. C'est un crime pour une infertile de rêver projets autre que bébé. Et pour ça, on prend perpet' ... avec nous même et notre conscience. 



C'est tellement le tourbillon dans ma vie et dans ma tête que j'ai à peine la force de mettre en page cet article. Quel effort surhumain. Je cherche le bouton stop. 

STOP.

dimanche 9 juillet 2017

Le jour où on parle vocabulaire de PMA

Promis, cet article sera court, mais efficace. Quand on démarre un parcours en PMA, on a souvent droit à « hein, quoi, c’est quoi ça ? », même si de plus en plus de personnes connaissent ce sigle. Là où ça se corse, c’est pour la suite. Si là aussi, de plus en plus de monde connaît le terme « FIV », beaucoup d’autres termes restent encore méconnus et barbares aux yeux du commun des mortels ! Parce que oui, être en PMA demande des connaissances ultra poussées, au fur et à mesure de la procédure, des termes bizarroïdes employés par les médecins et biologistes. 

La PMA – Procréation Médicalement Assistée donc – ou encore appelée l’AMP – Assistance Médicale à la Procréation – vous propose : 


  •   Des stimulations ovariennes : tout comme on stimule un enfant avec des jeux éducatifs, des images ou des couleurs, en PMA, on stimule vos ovaires avec un tas de produits : Clomid, Puregon, Menopur, Gonal F … et tant d’autres encore ! En général, en bonne Pmette qui se respecte, on a tendance à vouloir ce que la copine de PMA a comme traitement, histoire de comparer les symptômes, les effets secondaires, les réussites, les échecs …
  • Des inductions de l’ovulation : là aussi, on a droit à un panel de traitement, le plus célèbre restant l’Ovitrelle. En gros, l’induction de l’ovulation, c’est quand le gynéco qui contrôle tous les 2 jours environ, tes follicules, donne le feu vert à ces derniers pour mûrir et donc être au top pour une fécondation. On t’injecte donc le produit inducteur de l’ovulation et en moyenne 36h plus tard, miracle, tu as ovulé !
Mais après l’ovulation, le plus dur reste à faire … 

  • Parfois, c’est le seul coup de pouce de la PMA, et une fois l’ovulation là … place aux ébats !
  • D’autres fois, on passe un niveau supérieur :
    l’IAC : autrement appelée l’insémination artificielle intraconjugale, tout simplement parce que tout se fait avec le matériel du couple : le follicule mature de Madame, et les spermatozoïdes de Monsieur. Le coup de pouce qui est donné ici réside dans le fait que le sperme est amené au plus près de l’ovule, à l’entrée du col de l’utérus, aidant ainsi les zozos les plus fainéants et/ou incompatibles avec la glaire cervicale de Madame, à atteindre la cible plus facilement.
        L’IAD, à contrario, indique qu’il s’agit d’une insémination avec un donneur, quand l’homme dans le couple présente un problème de stérilité ou une maladie … mais le principe reste le même.
  • Mais il arrive que ça ne suffise pas. On parle alors d’une autre procédure, celle appelée communément la FIV : fécondation in vitro. Mais là aussi, l’histoire ne s’arrête pas là. Si on a bien compris le principe qui consiste à faire se développer un embryon dans une éprouvette … pour y parvenir, il y a tout un tas de possibles : 

La FIV ISCI consiste à injecter un seul spermatozoïde dans l’ovocyte et ainsi favoriser la fécondation … Disons en clair que là on a carrément mâché le travail au petit zozo … Après, il n’y a plus qu’à attendre de voir si ça colle bien entre ces deux-là … et espérer que l’entente dure jusqu’à la naissance !
La FIV conventionnelle, quant à elle, est plus libre.. On met en culture plusieurs spermatozoïdes avec un ovocyte et on les laisse se dépatouiller … que le meilleur gagne ! 

  • Et encore une fois, parfois, ça ne s’arrête pas là … Peuvent venir se rajouter des FIV avec donneur de sperme et/ou donneuse d’ovocytes … Et là ça se complique, notamment pour les ovocytes, quant à l’attente de recevoir un tel don – j’encourage d’ailleurs les femmes qui s’intéressent au don d’ovocytes à se rapprocher d’un centre PMA pour se renseigner et peut-être devenir donneuse … - mais aussi sur le point juridique (mais là, c’est carrément une autre histoire)
  •    Et puis, parfois, on a la chance d’avoir eu plusieurs embryons issus d’une même FIV. Alors là, c’est le jackpot. Ces embryons bien costauds vont être congelés – et alors vous pourrez, comme nous, les rebaptiser Findus ou Croustibat – et vous pourrez par la suite bénéficier d’un TEC. Le TEC, aka Transfert d’Embryon Congelé consiste … à décongeler l’embryon, et à l’implanter comme pour la FIV, dans l’utérus de la femme … L’avantage, c’est que le protocole est beaucoup plus soft, le corps a moins morflé et donc en général ce TEC est mieux vécu par la femme.

Bien sûr, le vocabulaire de PMA ne se limite pas à ça. On parle aussi de DPO, de DPA, de blastocyste (embryon de 5 jours), de FSH, de HCG, d’Oestradiol ou de Progestérone … Bref, on est fan de sigles et de mots un peu barbares. Alors, au final, mon seul conseil quand tu mets les pieds en PMA, c’est de toujours demander à ton gynécologue de t’expliquer tel ou tel mot/sigle qu’il emploie, histoire de ne pas rester sur des doutes. Et puis, à toutes celles et ceux qui ne sont pas en PMA, si vous surprenez une conversation entre deux pmettes qui se demandent à quelle DPO elle est ou si elle est à J9 ou J10 post-transfert d’un blasto de J5 … ben … ben rien, laisses les papoter, ça fait partie de la secte de la PMA de pouvoir se parler en code sans que personne ne puisse comprendre ! C’est notre compensation face à notre infertilité, ah ah ! 
 
PS : désolée, en fait l'article n'est pas aussi court que ça ! 

mercredi 24 mai 2017

Le jour où je te parle du couple et de la PMA

Notre désir de devenir parents est quelque chose qui nous a rapproché avec mon mari. Il était essentiel pour moi de construire ma vie avec un homme qui se sentirait autant impliqué dans la parentalité. De par mon parcours personnel, j'avais trop peur de tomber sur un mec qui voudrait des enfants mais sans s'impliquer plus que cela. 
Après quelques années de vie commune, nous avons donc naturellement démarré les fameux "essais bébé". Nous discutions déjà ouvertement de notre future parentalité, désormais, cela devenait concret. Si les débuts ont été sans trop de prise de tête, très vite, de mon côté, j'ai compris que quelque chose n'allait pas dans mon corps. Etant en plus passé par un épisode traumatisant, quelques années auparavant (une grossesse molaire, suivie d'une tumeur trophoblastique avec chimio et complications cardiaques), j'avais un mauvais pressentiment. Charmante Compagnie, lui, restait confiant et optimiste. C'est donc moi qui, au bout d'un an, lui ai parlé de PMA. Il a tout de suite adhéré, comprenant qu'en effet, il pouvait y avoir des soucis. Dès le début, nous nous sommes serrés les coudes. 



Ce qu'il y a de "drôle", c'est que dans ce parcours, nous nous sommes protégés mutuellement. Peut-être moi, un peu plus. Inconsciemment, je souhaitais que le problème ne vienne que de moi. J'ai été on ne peut plus soulagée quand cela a été confirmé par la médecine. Je craignais tellement sa réaction, s'il apprenait sa stérilité. Non pas que je sois plus forte que lui, mais je me sentais en tout cas, plus solide que lui psychologiquement pour accepter une défaillance de mon corps. 
Voilà maintenant 2 ans que l'on vit au rythme de la PMA, des contraintes, des échecs et des réussites. Pour ma part, je me sens blindée. Je suis au cœur de l'attention de mon gynéco et de ma famille. C'est un peu comme quand on est enceinte, tout l'univers tourne autour de vous (avant de tourner autour de bébé). Je sens Charmante Compagnie plus fragile, plus sensible. J'ai eu très peur pour lui, au moment de ma dernière fausse couche. Il y croyait tellement, ça a été un véritable choc pour lui au moment de l'écho, et après. En plus, il n'a pas pu être présent au moment de mon curetage, et ça s'est ressentit sur son comportement. Il était triste, renfermé, en colère, agressif ... Désormais, c'est passé. Encore une fois, nous avons fait bloc. Encore une fois, quand l'un flanche, l'autre le réconforte, et vice-versa. On essuie les larmes de l'autre. On fait de l'humour. On fait des projets. On continue à positiver. On continue à y croire et à affronter ce qui se met entre notre chemin.


La PMA est très dure psychologiquement pour les couples ... notamment au niveau intime ... Bizarrement, je vis beaucoup mieux la PMA depuis que nous sommes en FIV. Je ne supportais pas les simples "stimulations," où faire l'amour était devenu purement dans le but et l'espoir de réussir à procréer. Il n'y avait plus de spontanéité ou de désir, c'était devenu machinal, automatique. Tu voyais ton gynéco le matin, il te disait quand (à l'heure près) avoir un rapport. Merci, mais non merci. Avec la FIV, il y a moins tout ça ... on revit, en se disant que notre bébé se construit ailleurs. Même si les traitements fatiguent et jouent sur les hormones et donc, inévitablement, le désir, on s'en sort pas trop mal. Et pourtant, je n'aurai jamais cru ça possible avant ... Finalement, je supporte mieux le 100% médicalement assisté que le simple coup de pouce ! 
Mais au final, toute cette aventure - qui est loin d'être terminée - nous a finalement rapprochés et a consolidé notre couple. Je sais que dans certains couples, c'est l'effet inverse qui se produit et je trouve cela si dramatique. On traverse tellement d'épreuves ... C'est injuste. 
De notre côté, notre parcours nous a rendu plus fort et nous a permis de mieux nous connaître. On est bienveillants l'un envers l'autre et on peut compter sur l'autre. Cette épreuve nous a fait grandir, en tant qu'individu, en tant que couple et en tant que futurs parents. 



Il est important de réussir à se garder des moments à deux, faire des projets de voyage ou de petites escapades romantiques. Ne pas oublier son couple, avoir des petites attentions l'un pour l'autre, parler ensemble, ne pas laisser de non-dits ...Nous sommes avant tout un couple, et même si la PMA a tendance à nous rendre un peu comme des machines à procréer, il ne faut pas se laisser emporter là dedans. Du romantisme, de l'amour, de la tendresse ... Et toutes ces épreuves paraîtront un peu moins difficiles ...

Je n'irai pas jusqu'à dire merci la vie de nous avoir mis cette épreuve sur notre chemin ... mais je vais dire merci à notre couple d'avoir réussi à surmonter cela et à en faire une force. Une chose est sûre, cet enfant, on ne le fera pas sur un coup de tête ;-)

lundi 22 mai 2017

Le jour où on a franchi le cap

Après ma fausse couche, nous avons pris la décision avec Charmante Compagnie, d'avancer notre démarche de demande d'agrément en vue d'une adoption. Nous avions prévu de le faire après le TEC 2, mais finalement, on s'est lancé. Je pense que nous avions besoin de ça aussi pour rebondir après cette fausse couche et après cette grosse perte d'espoir. Même si nous espérons toujours une grossesse, il nous paraissait important de démarrer dès maintenant notre démarche dans l'adoption. 
A notre surprise, c'est allé très vite. Notre courrier a eu une réponse très rapide, à peine une semaine, et nous sommes donc convoqués début juin pour le 1er RDV. Il s'agit d'une réunion d'information collective. A partir de cette réunion, nous pourrons alors confirmer notre volonté de demander un agrément et nous démarrerons les démarches en vue de cette obtention d'agrément. 
Je suis impatiente, d'autant plus que cette démarche s'inscrit dans une petite pause en matière de PMA, le temps de donner à mon corps quelques semaines pour se remettre d'aplomb afin d'accueillir une nouvelle grossesse éventuelle. 
Nous en avons beaucoup parlé avec Charmante Compagnie, et nous souhaitons aller au bout de cette démarche - sauf si bien entendu, le Conseil Départemental nous en empêche. C'est à dire que nous avons réfléchi à la possibilité de poursuivre notre demande d'adoption malgré la naissance d'un ou deux enfants biologiques. Pour moi, arrêter ce projet parce que j'aurai eu la chance d'avoir des enfants naturels serait très dur à vivre. Ce serait comme un avortement contraint et forcé. Tout comme notre démarche en PMA nourrie notre désir de devenir des parents biologiques, ce nouveau projet d'adoption est le résultat d'une réflexion et d'une préparation psychologique à devenir parent. 
Cela rejoint donc un de mes "rêves" de petite fille, quand je disais que j’adopterais, plus tard, un ou des enfants ... ça devait être mon côté assistante sociale qui était déjà là ! Tout ça pour dire que, depuis ma plus tendre enfance, ce projet était déjà là et il était même naturel pour moi d'avoir des enfants biologiques et des enfants adoptifs. 
J'espère qu'un jour, notre famille sera composée d'enfants biologiques et d'enfants adoptés. 



Je suis impatiente, et aussi un peu stressée. Après tout, l'adoption, je connais, mais de l'autre côté ... D'habitude, c'est moi l'assistante sociale qui reçoit les mamans désirant accoucher sous X, qui recueille les bébés nés sous X et fait le lien avec le bureau des adoptions. Il va falloir que j'accepte de lâcher prise et de passer de l'autre côté. Celui des futurs parents. Que je me détache de ma profession, de la théorie, des connaissances que j'ai sur l'adoption en France et à l'étranger, et que je me laisse vivre cette aventure, pleinement et le plus sereinement possible.

Nous voilà donc officiellement lancés dans une longue histoire de notre vie de futurs parents ... 9 mois pour obtenir un agrément ... et une moyenne de 2/3 ans pour adopter un enfant à l'étranger, et plus de 5 ans pour un enfant de France ... Nous en sommes au tout début du parcours, mais nous venons de poser la première pierre qui nous mènera jusqu'à notre but final ...

jeudi 18 mai 2017

Le jour où je te parle d'amitié et de PMA

Quand nous avons pris la décision de faire un enfant, nous avions mis certains amis dans la confidence. Sans pour autant les tenir informés du moindre détail, c'est un sujet que nous avons abordé assez naturellement avec certains d'entre eux. Les mois et les années ont passé, nous sommes désormais depuis bientôt 2 ans engagés dans un parcours de PMA, afin de voir, nous l'espérons, un jour, voir notre rêve se réaliser. 
C'est une amie qui nous a encouragé à pousser la porte de notre clinique de PMA. Comme quoi, les discussions avec les amis peuvent être décisives dans nos vies. Grâce à elles, nous avons pu cerner notre problème et nous lancer, j'ai envie de dire, corps et âmes, dans cette aventure. 



Là aussi, nous n'avons eu aucun tabou avec nos amis. Je pense que cette décision est propre à chaque couple. Nous partons du principe que tout ceci n'a rien de honteux, et qu'au contraire, nous nous sentons plus forts en étant soutenus, et, nous l'espérons, compris. 
Parce qu'il n'y a rien de pire ... que les potes un peu lourds qui te font X réflexions, à chaque barbecue ou soirée crêpes. Vous savez, les fameux "bon alors, c'est pour quand le bébé ?", "vous avez pas le mode d'emploi, vous voulez qu'on vous montre ?". Merci, mais non merci. Notre favorite reste toutefois la fameuse phrase magique "mais vous avez le temps pour les enfants, vous êtes jeunes !" Je ne savais pas qu'il existait un âge prédéfini par la société pour devenir parent. On ne se permet pas de donner notre avis sur l'âge où nos copains sont devenus - naturellement - parents, alors pourquoi, parce que nous, notre corps ne nous le permet pas, on devrait supporter en plus ce genre de réflexion ?
Alors, en parler, avec nos amis, nos proches, c'était naturel et nécessaire. 
Cependant, si la PMA est une épreuve pour le couple - prochain article à venir -, je trouve que c'est aussi une épreuve pour les amitiés. Dans le bon comme dans le moins bon sens ... 
Si ça m'a rapprochée de certaines amies/copines, parce qu'elles vivent ou ont vécu la même chose ; parce que même si elles ne l'ont pas vécu, elles ont toujours une parole, une petite affection et pensée pour toi ... ; parce qu'elles sont aussi impatientes que nous et nous soutiennent à 200% dans notre projet de parentalité et sont là dans les bons comme les moins bons moments. 
A l'inverse, il y a parfois des déceptions, des comportements qui blessent. On est bien d'accord que c'est souvent involontaire, mais le silence, l'absence, le manque d'intérêt, tout ça, je le vis mal et j'ai alors tendance à m'éloigner encore plus. La PMA fait souffrir, et j'ai besoin de mes ami(e)s pour surmonter les épreuves, alors il m'est difficile d'en voir certaines s'éloigner, ou ne pas se sentir concernées. Cela m'affecte bien plus que je le pensais. 
Bien entendu, je parle ici des amis, mais il en va de même pour la famille. Il s'agit de nos proches en général. Leur soutien est essentiel, et c'est pour cette raison que nous avons toujours voulu être dans la transparence avec eux. Je respecte bien entendu les copines de PMA qui elles, préfèrent ne pas partager leur parcours avec leurs proches. 
Et puis, il y a eu aussi des soutiens inattendus, de personnes plus éloignées ... mais qui nous ont fait un bien immense, apportés beaucoup d'espoir ... de belles rencontres, de nouvelles amitiés. 



Une chose est sûre, nous sommes entourés d'amour dans cette épreuve, et nos futurs enfants ne manqueront pas de parrains/marraines, tontons/tatas ... à rendre gaga !

jeudi 23 mars 2017

Le jour où j'ai des angoisses

Parfois, je suis réveillée, la nuit. J'ai l'impression de suffoquer. Le noir m'oppresse. Le silence me fait paniquer. Mon corps se crispe et j'explose. Des pensées envahissent alors mon cerveau. Tout se bouscule ... les situations du boulot ... les contrariétés du moment ... les peurs que je ressens ... tout se mélange, tout se brouille et j'ai parfois réellement l'impression de mourir, bien que je ne sache pas vraiment ce que ça fait, de mourir. J'ai alors envie de crier, de me mettre en boule et que tout s'arrête. 



Quand il est là, mon mari me calme même si je sais que ça l'agace, car il a le sommeil léger et un tel réveil signifie souvent pour lui des difficultés à se rendormir ... J'essaye alors la plupart du temps de faire en sorte qu'il ne s'en aperçoive pas (trop). Ma liseuse m'a alors sauvée plus d'une fois. Ainsi je peux rester au lit, près de lui, et le laisser dormir tout en me changeant les idées. 
Parfois, ça me fait ça alors que je suis bien éveillée ... en pleine journée. Enfin, non, surtout en soirée. Quand il n'est pas là. Même si je sais que la situation n'est en rien semblable, ça me ramène à des époques de ma vie où je me sentais abandonnée ... ça me ramène à des moments désagréables, avec mon ex, quand je restais seule la nuit à l'attendre (ou pas), en écoutant la radio pour apaiser (ou pas) mes angoisses. 
Aujourd'hui, j'essaye d'analyser et comprendre ces angoisses. Je sais qu'on ne peut pas réussir à vaincre toutes ses angoisses, mais j'aimerais réussir à les maîtriser. Faire partir certaines pensées négatives et tragiques. Je ne veux plus me laisser envahir et suffoquer. 
Si je ne peux pas nier que certaines situations de mon travail me font avoir ces crises d'angoisse, j'arrive malgré tout à prendre du recul. J'ai trouvé des astuces pour me libérer de leur poids et je sais que lorsque je ramène une situation "à la maison", il y a une raison ... mais j'arrive assez vite à m'en débarrasser. 



Les angoisses qui ne me quittent pas tournent principalement autour de ma fin d'adolescence et de mon amitié dévastatrice avec Elle*. Dernièrement, les angoisses liées à la maternité et à notre incapacité à devenir parents m'envahissent également. Voilà 7 ans déjà que je vivais un épisode traumatique avec l'annonce de ma grossesse molaire et de la tumeur trophoblastique qui a suivi ... cette peur au ventre ne me quitte pas, même si je sais qu'il y a peu de "chances" que la même chose se reproduise. La peur de ne jamais réussir à mettre au monde un enfant vivant.

vendredi 17 février 2017

Le jour où je me lâche 2 minutes

Parce que ça fait du bien, de se lâcher, parfois. 
Alors voilà, j'avoue ... 



Parfois, l'annonce de certaines futures naissances dans notre entourage plus ou moins proche me fait grave chier. Mal au bide. Mal au coeur. Mal tout court. Parfois, j'ai pas envie de les féliciter même si je sais qu'ils n'y sont pour rien et blablabla. Mais voilà, ça me fait chier. D'autant plus chier quand tu sais que la nana a mis 2 jours pour tomber enceinte, ou qu'elle ne s'y attendait pas du tout. Ouais, c'est mal, la jalousie et tout ci tout ça, mais parfois, ça fait du bien aussi. Voilà, j'ai avoué, j'l'ai dit ! 

Parfois, je souhaite à certaines personnes de notre entourage plus ou moins proche, en essai bébé, de ne pas y arriver et de galérer et galérer et galérer, et connaître ce que c'est que le désespoir de devenir parents un jour. C'est carrément moche, et pas positif du tout, mais parfois, j'y peux rien, c'est plus fort que moi. D'ailleurs, parfois, j'en viens à me surprendre moi-même à dire à des copines qui essayent ou vous essayer, pleines d'espoir à l'idée de tomber enceinte en 2 ou 3 mois, qu'elles vont galérer ... Parfois, je m'déteste pour ça, mais parfois pas. 

Parfois, j'en viens à avoir peur que des personnes de notre entourage plus ou moins proche nous annoncent une grossesse, avant nous. J'en fais parfois des cauchemars. Et parfois, ça m'éloigne de ces personnes là. J'évite du coup le sujet avec elles, car j'ai peur qu'elles me disent "surprise, j'suis enceinte", parce qu'au fond, je serai heureuse pour elles mais aussi hyper mal ... 

Parfois, je suis désagréable avec les personnes de notre entourage plus ou moins proche qui essayent de nous encourager en nous donnant toujours pour exemple des tas de couples qui ont réussi à concevoir avec ou sans FIV, au bout d'une ou quatre FIV, etc. J'ai envie de leur gueuler dessus et de leur dire de la fermer, que je m'en fous des autres et que seul mon problème et mon utérus à moi m'intéressent ! Parfois, je m'en veux et en même temps, c'est carrément vrai ... 

Parfois, je me fais peur à voir que je peux être à ce point aigrie. Parfois, je me surprends à penser tout cela, et pourtant, ça me fait du bien de le penser. Je trouve ça sain, parce que je trouve ça tellement injuste ce qui nous arrive. Alors, parfois j'me lâche et j'm'en fiche de ce qu'en penserons les personnes de notre entourage plus ou moins proche ... parce que parfois, il m'arrive de penser à moi. Uniquement à moi.