Enfant, j’étais une grande fan du groupe boys band
« Alliage » qui m’a permis de découvrir une chanson que je trouve très
belle et très vraie : Le temps qui court. C’était une reprise, mais
j’aime particulièrement leur version. Les Enfoirés
ont d’ailleurs eux-aussi repris cette chanson, preuve que des années
plus tard, elle continue de faire écho à beaucoup de monde.
Je vous livre avant tout les paroles de cette chanson.
Et finalement après quelques années
Tes rêves ne sont plus ceux d'une enfant
Et les roses posées dans ta chambre
Remplacent aujourd'hui les fleurs des champs
{Refrain:}
Et c'est le temps qui court, court
Qui nous rend sérieux
La vie nous a rendu plus orgueilleux
Parce que le temps qui court, court
Change les plaisirs
Et que le manque d'amour nous fait vieillir
A l'heure qu'il est, mes voitures de plastique
Sont devenues vraies depuis longtemps
Et finalement les affaires et l'argent
Ont remplacé mes jouets d'avant
{au Refrain}
Et c'est le temps qui court, court
Tes rêves ne sont plus ceux d'une enfant
Et les roses posées dans ta chambre
Remplacent aujourd'hui les fleurs des champs
{Refrain:}
Et c'est le temps qui court, court
Qui nous rend sérieux
La vie nous a rendu plus orgueilleux
Parce que le temps qui court, court
Change les plaisirs
Et que le manque d'amour nous fait vieillir
A l'heure qu'il est, mes voitures de plastique
Sont devenues vraies depuis longtemps
Et finalement les affaires et l'argent
Ont remplacé mes jouets d'avant
{au Refrain}
Et c'est le temps qui court, court
Je ne vous ferai pas un commentaire de texte, quoique parfois, mes études de lettres modernes me manquent … Mais je vais
vous parler de ce temps qui court.
Petite,
je trouvais le temps long. Je m’ennuyais à l’école, d’autant plus que
j’avais des facilités d’apprentissage et que
par rapport aux autres, j’étais en avance. Je me revois encore, à la
fin du mois de mai, regarder à travers la fenêtre de la classe, mon
regard divaguant et rêvant à la fin de l’année scolaire. Le mois de juin
me paraissait on ne peut plus long … Et paradoxalement,
je me rappelle également qu’en août, je trépignais d’impatience pour la
rentrée, qui n’arrivait pas assez vite que je le voulais … Enfant, le
temps a une autre dimension. On dirait presque une parenthèse, un
ralentit. Je suis sûre que mes parents, eux, n’ont
pas vu mon enfance passer. Mais moi, je me souviens que ça me semblait
une éternité.
Et
puis, j’ai eu 18 ans, et le temps s’est accéléré. Il s’est mis à
courir, plus vite que le train, plus vite que la musique,
me donnant parfois l’impression que ma vie m’échappait. Les jours
passent, les semaines se suivent, les mois s’enchaînent. A l’heure où
j’écris cet article, je me dis qu’on est déjà à quelques jours du mois
d’août. 8 mois de l’année en cours se sont déjà écoulés
et j’ai pourtant l’impression que c’était hier que je serai mon frère
dans ses bras, le 1er janvier, avant son retour au Canada. Et
en même temps, j’ai la sensation de manque de lui, comme si je ne
l’avais pas vu depuis des années. C’est étrange,
tout ça, ce rapport au temps.
Ma
parenthèse enchantée de mon enfance … quand je rêvais de jouer à
l’adulte, à la grande personne. Je conduisais pour de
faux la vieille Ford Fiesta de ma mère, je promenais mes poupons dans
le landau dans lequel ma mère me promenait bébé, je décorai ma chambre
d’ado comme un studio de jeune femme, j’achetais des maisons au Monopoly
et je recevais mon salaire de la Bonne Paye
… La vie était belle et naïve.
Je
ne dis pas que je regrette ma vie d’adulte, mais jouer à l’adulte quand
on est adulte, c’est moins drôle et moins innocent. Les
responsabilités, les charges, les contraintes. Parfois, je rêve que le
temps s’arrête, ou même recule, pour revivre de temps en temps les
moments d’innocence.
Le temps me parait court et long à la fois. Déjà 3 ans que nous sommes embarqués dans le tourbillon d’un couple infertile
en manque d’enfant. Je me dis déjà, je me dis seulement, je me dis qu’il reste encore du chemin. Tout devient relatif.
Mon
filleul a eu 13 ans, je le vois encore comme le bébé que je berçais, le
bambin avec qui je jouais, le petit écolier
qui rentrait en maternelle, l’élève appliqué du CP … Il y a eu un bond
dans le temps, rassurez-moi. J’ai été victime d’un Black-Out. Je ne vois
pas d’autres explications.
On
grandit, on vieillit. Moi qui rêvais d’avoir 20 ans, voilà que dans
moins d’un an, j’en aurai 30 et je me dis que la
machine infernale est en marche. Le temps passe si vite que je me
demande si j’aurai assez de toute ma vie pour faire toutes les choses
que j’ai envie de faire, et pas seulement celles que je dois faire. Je
cherche à nouveau le bouton pause, pour une sorte
de vacances de la vie. Comme si le temps de cette pause, le temps était
suspendu et qu’on ne perdait donc pas une miette du reste du temps
qu’il nous reste encore à vivre.
J’aime
profiter de l’instant présent, tout comme j’aime me projeter dans
l’avenir, parfois. Mais j’ai aussi encore besoin
de regarder le passé avec nostalgie et émotion, pour revivre des choses
qui m’ont rendu si heureuses, parfois un peu triste, certes, mais qui
m’ont permis de grandir et de devenir la femme que je suis aujourd’hui.
La femme qui n’a pas (encore) de roses dans
sa chambre mais qui adore toujours autant les fleurs des champs dans un
vase au salon …
Et toi, quel est ton rapport au temps ? Trouves-tu aussi qu’il passe vite, trop vite ?





