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mercredi 30 août 2017

Le jour où je te parle du temps qui court

Enfant, j’étais une grande fan du groupe boys band « Alliage » qui m’a permis de découvrir une chanson que je trouve très belle et très vraie : Le temps qui court. C’était une reprise, mais j’aime particulièrement leur version. Les Enfoirés ont d’ailleurs eux-aussi repris cette chanson, preuve que des années plus tard, elle continue de faire écho à beaucoup de monde.

Je vous livre avant tout les paroles de cette chanson. 

 
Et finalement après quelques années 
Tes rêves ne sont plus ceux d'une enfant 
Et les roses posées dans ta chambre 
Remplacent aujourd'hui les fleurs des champs 

{Refrain:} 
Et c'est le temps qui court, court 
Qui nous rend sérieux 
La vie nous a rendu plus orgueilleux 
Parce que le temps qui court, court 
Change les plaisirs 
Et que le manque d'amour nous fait vieillir 

A l'heure qu'il est, mes voitures de plastique 
Sont devenues vraies depuis longtemps 
Et finalement les affaires et l'argent 
Ont remplacé mes jouets d'avant 
{au Refrain} 

Et c'est le temps qui court, court 


Je ne vous ferai pas un commentaire de texte, quoique parfois, mes études de lettres modernes me manquent … Mais je vais vous parler de ce temps qui court. 



Petite, je trouvais le temps long. Je m’ennuyais à l’école, d’autant plus que j’avais des facilités d’apprentissage et que par rapport aux autres, j’étais en avance. Je me revois encore, à la fin du mois de mai, regarder à travers la fenêtre de la classe, mon regard divaguant et rêvant à la fin de l’année scolaire. Le mois de juin me paraissait on ne peut plus long … Et paradoxalement, je me rappelle également qu’en août, je trépignais d’impatience pour la rentrée, qui n’arrivait pas assez vite que je le voulais … Enfant, le temps a une autre dimension. On dirait presque une parenthèse, un ralentit. Je suis sûre que mes parents, eux, n’ont pas vu mon enfance passer. Mais moi, je me souviens que ça me semblait une éternité.
Et puis, j’ai eu 18 ans, et le temps s’est accéléré. Il s’est mis à courir, plus vite que le train, plus vite que la musique, me donnant parfois l’impression que ma vie m’échappait. Les jours passent, les semaines se suivent, les mois s’enchaînent. A l’heure où j’écris cet article, je me dis qu’on est déjà à quelques jours du mois d’août. 8 mois de l’année en cours se sont déjà écoulés et j’ai pourtant l’impression que c’était hier que je serai mon frère dans ses bras, le 1er janvier, avant son retour au Canada. Et en même temps, j’ai la sensation de manque de lui, comme si je ne l’avais pas vu depuis des années. C’est étrange, tout ça, ce rapport au temps. 

Ma parenthèse enchantée de mon enfance … quand je rêvais de jouer à l’adulte, à la grande personne. Je conduisais pour de faux la vieille Ford Fiesta de ma mère, je promenais mes poupons dans le landau dans lequel ma mère me promenait bébé, je décorai ma chambre d’ado comme un studio de jeune femme, j’achetais des maisons au Monopoly et je recevais mon salaire de la Bonne Paye … La vie était belle et naïve. 

Je ne dis pas que je regrette ma vie d’adulte, mais jouer à l’adulte quand on est adulte, c’est moins drôle et moins innocent. Les responsabilités, les charges, les contraintes. Parfois, je rêve que le temps s’arrête, ou même recule, pour revivre de temps en temps les moments d’innocence. 

Le temps me parait court et long à la fois. Déjà 3 ans que nous sommes embarqués dans le tourbillon d’un couple infertile en manque d’enfant. Je me dis déjà, je me dis seulement, je me dis qu’il reste encore du chemin. Tout devient relatif. 



Mon filleul a eu 13 ans, je le vois encore comme le bébé que je berçais, le bambin avec qui je jouais, le petit écolier qui rentrait en maternelle, l’élève appliqué du CP … Il y a eu un bond dans le temps, rassurez-moi. J’ai été victime d’un Black-Out. Je ne vois pas d’autres explications. 

On grandit, on vieillit. Moi qui rêvais d’avoir 20 ans, voilà que dans moins d’un an, j’en aurai 30 et je me dis que la machine infernale est en marche. Le temps passe si vite que je me demande si j’aurai assez de toute ma vie pour faire toutes les choses que j’ai envie de faire, et pas seulement celles que je dois faire. Je cherche à nouveau le bouton pause, pour une sorte de vacances de la vie. Comme si le temps de cette pause, le temps était suspendu et qu’on ne perdait donc pas une miette du reste du temps qu’il nous reste encore à vivre. 

J’aime profiter de l’instant présent, tout comme j’aime me projeter dans l’avenir, parfois. Mais j’ai aussi encore besoin de regarder le passé avec nostalgie et émotion, pour revivre des choses qui m’ont rendu si heureuses, parfois un peu triste, certes, mais qui m’ont permis de grandir et de devenir la femme que je suis aujourd’hui. La femme qui n’a pas (encore) de roses dans sa chambre mais qui adore toujours autant les fleurs des champs dans un vase au salon … 



Et toi, quel est ton rapport au temps ? Trouves-tu aussi qu’il passe vite, trop vite ?

samedi 19 août 2017

Le jour où parfois ça m'fait un peu peur ...

Il y a des jours où l’idée d’avoir des enfants me fait peur. J’ai beau espérer très fort devenir mère un jour, il y a aussi au fond de moi une grosse appréhension. Toutes les peurs sont légitimes, quand on s’apprête à devenir parents, nous sommes bien d’accord. Après tout, c’est nouveau, c’est l’inconnu. Cela peut effrayer d’avoir du jour au lendemain une telle responsabilité que celle d’élever un enfant et de lui apprendre à devenir un adulte responsable et épanoui. 


Moi, parfois, ce qui me terrifie, c’est la fatigue à venir ou plutôt l’énergie que demande le métier de parent à temps plein. Sans enfant, je suis déjà souvent fatiguée par mes journées de boulot bien chargées et quand arrive le soir, à la maison, j’ai franchement peu de courage si ce n’est celui d’enfiler un pyjama tout doux et de filer sous la couette après avoir avalé un bol de vermicelles (oui, j’exagère un peu …). Parfois, je m’imagine avec un (ou soyons fous, plus d’un) enfant à gérer, le matin avant le boulot, le soir après le travail … les weekends … pendant les vacances, bref, tout le temps quoi, car il parait que quand tu deviens parent, c’est pour toute la vie et tous les instants ! Eh bien, quand je pense à tout ça, j’ai peur. Je me demande où j’arriverai à trouver l’énergie pour assurer et assumer toutes les tâches qui incombent au métier de parents. Soyons honnête, même si être parent est un grand besoin, y’a certaines tâches qui ne sont pas toujours des parties de plaisir et peuvent être vécues comme des corvées. Là, pas question de squizzer le repas (équilibré et frais, s’il vous plait) ni de faire l’impasse sur les devoirs … Il y a des choses auxquelles on ne peut pas échapper.
Même si j’ai hâte, de voir ma maison pleine de vie, remplie d’enfants qui chantent dans le bain et qui jouent dans leurs chambres … j’ai peur d’être fatiguée en permanence, comme je le suis déjà à l’heure où j’écris cet article, alors que je n’ai que ma petite pomme à gérer (et mon mari qui peut parfois compter comme un enfant !) 

Je suis aussi admirative quand je vois toutes ces wonder-mothers qui semblent tout gérer de front en matière de parentalité mais aussi dans leur vie personnelle. Je n’ai déjà ni le temps ni la force de scrapper ou tricoter après le travail, alors comment trouverais-je la force de le faire après ma deuxième journée en une, le soir après avoir couché les enfants (avant une heure indécente) ? Comment font-Elles* ??? Donnez-moi leur secret … que je commence dès à présent mon stock de drogue de la wonder-mother … 


Oui, y’a des jours où ça me terrifie de me dire que dans quelques mois ou années, une petite tête blonde (ou pas) arrivera dans ma vie et me fera le même effet que le passage d’une tornade. Plus le temps passe, plus notre routine s’installe et plus j’ai l’impression que ce sera insurmontable. J’ai même rêvé, récemment, que j’étais tellement fatiguée et prise par mon quotidien que j’oubliais de nourrir l’enfant dont j’avais la garde pour quelques jours. Rassurant, hein hein. Oups, ça je crois que je ne le dirai pas à la psychologue pour l’agrément d’adoption ! 
 
 

vendredi 21 juillet 2017

Le jour où on a déposé notre dossier de demande d'agrément en vue d'une adoption #2

Nouvelle étape importante pour nous dans notre aventure « Adoption » : le dépôt du dossier de demande d’agrément.
Après avoir assisté à la réunion d’information, nous avons récupéré le dossier de demande d’agrément. Pour nous, l’aventure commençait réellement. 


Dans les faits, le dossier est simple à constituer : 
  
  • Remplir un formulaire de renseignements administratifs : état civil, composition de la famille, type de logement, ressources.
  •   Fournir nos casiers judiciaires – vierges il en va sans dire. 
  • Fournir nos justificatifs de ressources
  • Fournir nos actes d’état civil complets
  • Joindre nos photos d’identité 
  • Un certificat médical attestant que notre état de santé est compatible avec le projet d’adoption


Sur notre département, nous avions la chance de pouvoir nous faire délivrer ce certificat par notre médecin traitant. D’autres Conseils Départementaux exigent un RDV avec un médecin spécialiste et agréé – attention, le montant de la consultation est alors souvent plus élevé – et les délais plus longs. L’entretien médical consiste à vérifier que nous ne souffrons pas de troubles cognitifs ou psychologiques, que nous sommes à jour des vaccins et que nous n’avons pas de maladies graves et/ou invalidantes rendant compliquée une parentalité. Ouf, pour nous, le Sésame a été simple à obtenir ! 



Mais le plus important réside dans la lettre qui expose nos motivations et notre projet d’adoption. Quel exercice périlleux que de mettre par écrit notre parcours personnel et notre cheminement vers l’adoption. Une vraie lettre de candidature à un poste à temps plein et à vie pour devenir parents. C’est dans cette lettre que nous devons poser nos premières réflexions quant à ce futur enfant : son âge, son origine ethnique, son état de santé. Oui, il faut l’avouer, ça donne l’impression d’être au marché : « bonjour m’dame, il me faudrait 1 enfant de moins d’un an, blond aux yeux bleus et en parfaite santé ». L’horreur, non. Après tout, quand on attend un enfant biologique, on ne choisit pas. On ne choisit rien, ou du moins, pas grand-chose. Du coup, nous avons réfléchi par rapport à la santé de ce futur enfant comme des parents biologiques : nous sommes donc ouverts à des pathologies légères, soignables et n’empêchant pas une autonomie… Un peu comme si nous avions le choix, au cours de la grossesse, à l’écho morphologique, si on détectait des anomalies, de mener ou non la grossesse à terme. Et concernant l’origine ethnique, de notre côté, nous sommes ouverts à toutes les origines. Bien entendu, je peux comprendre que certains couples préfèrent adopter un enfant « qui leur ressemblent » au niveau de la couleur de peau par exemple. Et je pense en effet qu’il est important de connaître chacun nos limites, afin que par la suite l’adoption soit facilitée. 



Cette lettre est née de nos tripes. C’est la première étape importante de notre parcours d’adoption. Un petit peu la première échographie, celle qui nous ouvre le chemin, qui trace la route et montre que tout est bien en route. Maintenant, reste l’attente des entretiens psychologiques et sociaux. Mais nous pouvons désormais dire que nous sommes officiellement inscrit sur la liste départemental des couples en attente d’un bébé pupille de l’Etat – en effet, nous avons de la chance, dans notre département, notre inscription sur cette liste d’attente démarre à la réception du dossier et non pas à l’obtention de l’agrément … 



La procédure est officiellement lancée. L’administration a désormais 9 mois pour traiter notre demande d’agrément – plus si nous souhaitons, nous, prendre plus de temps dans notre réflexion. 9 mois, c’est le temps d’une grossesse, un temps nécessaire pour se préparer psychologiquement à devenir le parent d’un enfant adopté – même si on sait qu’à la différence de la grossesse, l’enfant ne sera pas dans nos vies dans neuf mois … mais dans 2, 4 ou 7 ans ... ou peut-être plus.