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dimanche 9 juillet 2017

Le jour où on parle vocabulaire de PMA

Promis, cet article sera court, mais efficace. Quand on démarre un parcours en PMA, on a souvent droit à « hein, quoi, c’est quoi ça ? », même si de plus en plus de personnes connaissent ce sigle. Là où ça se corse, c’est pour la suite. Si là aussi, de plus en plus de monde connaît le terme « FIV », beaucoup d’autres termes restent encore méconnus et barbares aux yeux du commun des mortels ! Parce que oui, être en PMA demande des connaissances ultra poussées, au fur et à mesure de la procédure, des termes bizarroïdes employés par les médecins et biologistes. 

La PMA – Procréation Médicalement Assistée donc – ou encore appelée l’AMP – Assistance Médicale à la Procréation – vous propose : 


  •   Des stimulations ovariennes : tout comme on stimule un enfant avec des jeux éducatifs, des images ou des couleurs, en PMA, on stimule vos ovaires avec un tas de produits : Clomid, Puregon, Menopur, Gonal F … et tant d’autres encore ! En général, en bonne Pmette qui se respecte, on a tendance à vouloir ce que la copine de PMA a comme traitement, histoire de comparer les symptômes, les effets secondaires, les réussites, les échecs …
  • Des inductions de l’ovulation : là aussi, on a droit à un panel de traitement, le plus célèbre restant l’Ovitrelle. En gros, l’induction de l’ovulation, c’est quand le gynéco qui contrôle tous les 2 jours environ, tes follicules, donne le feu vert à ces derniers pour mûrir et donc être au top pour une fécondation. On t’injecte donc le produit inducteur de l’ovulation et en moyenne 36h plus tard, miracle, tu as ovulé !
Mais après l’ovulation, le plus dur reste à faire … 

  • Parfois, c’est le seul coup de pouce de la PMA, et une fois l’ovulation là … place aux ébats !
  • D’autres fois, on passe un niveau supérieur :
    l’IAC : autrement appelée l’insémination artificielle intraconjugale, tout simplement parce que tout se fait avec le matériel du couple : le follicule mature de Madame, et les spermatozoïdes de Monsieur. Le coup de pouce qui est donné ici réside dans le fait que le sperme est amené au plus près de l’ovule, à l’entrée du col de l’utérus, aidant ainsi les zozos les plus fainéants et/ou incompatibles avec la glaire cervicale de Madame, à atteindre la cible plus facilement.
        L’IAD, à contrario, indique qu’il s’agit d’une insémination avec un donneur, quand l’homme dans le couple présente un problème de stérilité ou une maladie … mais le principe reste le même.
  • Mais il arrive que ça ne suffise pas. On parle alors d’une autre procédure, celle appelée communément la FIV : fécondation in vitro. Mais là aussi, l’histoire ne s’arrête pas là. Si on a bien compris le principe qui consiste à faire se développer un embryon dans une éprouvette … pour y parvenir, il y a tout un tas de possibles : 

La FIV ISCI consiste à injecter un seul spermatozoïde dans l’ovocyte et ainsi favoriser la fécondation … Disons en clair que là on a carrément mâché le travail au petit zozo … Après, il n’y a plus qu’à attendre de voir si ça colle bien entre ces deux-là … et espérer que l’entente dure jusqu’à la naissance !
La FIV conventionnelle, quant à elle, est plus libre.. On met en culture plusieurs spermatozoïdes avec un ovocyte et on les laisse se dépatouiller … que le meilleur gagne ! 

  • Et encore une fois, parfois, ça ne s’arrête pas là … Peuvent venir se rajouter des FIV avec donneur de sperme et/ou donneuse d’ovocytes … Et là ça se complique, notamment pour les ovocytes, quant à l’attente de recevoir un tel don – j’encourage d’ailleurs les femmes qui s’intéressent au don d’ovocytes à se rapprocher d’un centre PMA pour se renseigner et peut-être devenir donneuse … - mais aussi sur le point juridique (mais là, c’est carrément une autre histoire)
  •    Et puis, parfois, on a la chance d’avoir eu plusieurs embryons issus d’une même FIV. Alors là, c’est le jackpot. Ces embryons bien costauds vont être congelés – et alors vous pourrez, comme nous, les rebaptiser Findus ou Croustibat – et vous pourrez par la suite bénéficier d’un TEC. Le TEC, aka Transfert d’Embryon Congelé consiste … à décongeler l’embryon, et à l’implanter comme pour la FIV, dans l’utérus de la femme … L’avantage, c’est que le protocole est beaucoup plus soft, le corps a moins morflé et donc en général ce TEC est mieux vécu par la femme.

Bien sûr, le vocabulaire de PMA ne se limite pas à ça. On parle aussi de DPO, de DPA, de blastocyste (embryon de 5 jours), de FSH, de HCG, d’Oestradiol ou de Progestérone … Bref, on est fan de sigles et de mots un peu barbares. Alors, au final, mon seul conseil quand tu mets les pieds en PMA, c’est de toujours demander à ton gynécologue de t’expliquer tel ou tel mot/sigle qu’il emploie, histoire de ne pas rester sur des doutes. Et puis, à toutes celles et ceux qui ne sont pas en PMA, si vous surprenez une conversation entre deux pmettes qui se demandent à quelle DPO elle est ou si elle est à J9 ou J10 post-transfert d’un blasto de J5 … ben … ben rien, laisses les papoter, ça fait partie de la secte de la PMA de pouvoir se parler en code sans que personne ne puisse comprendre ! C’est notre compensation face à notre infertilité, ah ah ! 
 
PS : désolée, en fait l'article n'est pas aussi court que ça ! 

mercredi 24 mai 2017

Le jour où je te parle du couple et de la PMA

Notre désir de devenir parents est quelque chose qui nous a rapproché avec mon mari. Il était essentiel pour moi de construire ma vie avec un homme qui se sentirait autant impliqué dans la parentalité. De par mon parcours personnel, j'avais trop peur de tomber sur un mec qui voudrait des enfants mais sans s'impliquer plus que cela. 
Après quelques années de vie commune, nous avons donc naturellement démarré les fameux "essais bébé". Nous discutions déjà ouvertement de notre future parentalité, désormais, cela devenait concret. Si les débuts ont été sans trop de prise de tête, très vite, de mon côté, j'ai compris que quelque chose n'allait pas dans mon corps. Etant en plus passé par un épisode traumatisant, quelques années auparavant (une grossesse molaire, suivie d'une tumeur trophoblastique avec chimio et complications cardiaques), j'avais un mauvais pressentiment. Charmante Compagnie, lui, restait confiant et optimiste. C'est donc moi qui, au bout d'un an, lui ai parlé de PMA. Il a tout de suite adhéré, comprenant qu'en effet, il pouvait y avoir des soucis. Dès le début, nous nous sommes serrés les coudes. 



Ce qu'il y a de "drôle", c'est que dans ce parcours, nous nous sommes protégés mutuellement. Peut-être moi, un peu plus. Inconsciemment, je souhaitais que le problème ne vienne que de moi. J'ai été on ne peut plus soulagée quand cela a été confirmé par la médecine. Je craignais tellement sa réaction, s'il apprenait sa stérilité. Non pas que je sois plus forte que lui, mais je me sentais en tout cas, plus solide que lui psychologiquement pour accepter une défaillance de mon corps. 
Voilà maintenant 2 ans que l'on vit au rythme de la PMA, des contraintes, des échecs et des réussites. Pour ma part, je me sens blindée. Je suis au cœur de l'attention de mon gynéco et de ma famille. C'est un peu comme quand on est enceinte, tout l'univers tourne autour de vous (avant de tourner autour de bébé). Je sens Charmante Compagnie plus fragile, plus sensible. J'ai eu très peur pour lui, au moment de ma dernière fausse couche. Il y croyait tellement, ça a été un véritable choc pour lui au moment de l'écho, et après. En plus, il n'a pas pu être présent au moment de mon curetage, et ça s'est ressentit sur son comportement. Il était triste, renfermé, en colère, agressif ... Désormais, c'est passé. Encore une fois, nous avons fait bloc. Encore une fois, quand l'un flanche, l'autre le réconforte, et vice-versa. On essuie les larmes de l'autre. On fait de l'humour. On fait des projets. On continue à positiver. On continue à y croire et à affronter ce qui se met entre notre chemin.


La PMA est très dure psychologiquement pour les couples ... notamment au niveau intime ... Bizarrement, je vis beaucoup mieux la PMA depuis que nous sommes en FIV. Je ne supportais pas les simples "stimulations," où faire l'amour était devenu purement dans le but et l'espoir de réussir à procréer. Il n'y avait plus de spontanéité ou de désir, c'était devenu machinal, automatique. Tu voyais ton gynéco le matin, il te disait quand (à l'heure près) avoir un rapport. Merci, mais non merci. Avec la FIV, il y a moins tout ça ... on revit, en se disant que notre bébé se construit ailleurs. Même si les traitements fatiguent et jouent sur les hormones et donc, inévitablement, le désir, on s'en sort pas trop mal. Et pourtant, je n'aurai jamais cru ça possible avant ... Finalement, je supporte mieux le 100% médicalement assisté que le simple coup de pouce ! 
Mais au final, toute cette aventure - qui est loin d'être terminée - nous a finalement rapprochés et a consolidé notre couple. Je sais que dans certains couples, c'est l'effet inverse qui se produit et je trouve cela si dramatique. On traverse tellement d'épreuves ... C'est injuste. 
De notre côté, notre parcours nous a rendu plus fort et nous a permis de mieux nous connaître. On est bienveillants l'un envers l'autre et on peut compter sur l'autre. Cette épreuve nous a fait grandir, en tant qu'individu, en tant que couple et en tant que futurs parents. 



Il est important de réussir à se garder des moments à deux, faire des projets de voyage ou de petites escapades romantiques. Ne pas oublier son couple, avoir des petites attentions l'un pour l'autre, parler ensemble, ne pas laisser de non-dits ...Nous sommes avant tout un couple, et même si la PMA a tendance à nous rendre un peu comme des machines à procréer, il ne faut pas se laisser emporter là dedans. Du romantisme, de l'amour, de la tendresse ... Et toutes ces épreuves paraîtront un peu moins difficiles ...

Je n'irai pas jusqu'à dire merci la vie de nous avoir mis cette épreuve sur notre chemin ... mais je vais dire merci à notre couple d'avoir réussi à surmonter cela et à en faire une force. Une chose est sûre, cet enfant, on ne le fera pas sur un coup de tête ;-)

jeudi 18 mai 2017

Le jour où je te parle d'amitié et de PMA

Quand nous avons pris la décision de faire un enfant, nous avions mis certains amis dans la confidence. Sans pour autant les tenir informés du moindre détail, c'est un sujet que nous avons abordé assez naturellement avec certains d'entre eux. Les mois et les années ont passé, nous sommes désormais depuis bientôt 2 ans engagés dans un parcours de PMA, afin de voir, nous l'espérons, un jour, voir notre rêve se réaliser. 
C'est une amie qui nous a encouragé à pousser la porte de notre clinique de PMA. Comme quoi, les discussions avec les amis peuvent être décisives dans nos vies. Grâce à elles, nous avons pu cerner notre problème et nous lancer, j'ai envie de dire, corps et âmes, dans cette aventure. 



Là aussi, nous n'avons eu aucun tabou avec nos amis. Je pense que cette décision est propre à chaque couple. Nous partons du principe que tout ceci n'a rien de honteux, et qu'au contraire, nous nous sentons plus forts en étant soutenus, et, nous l'espérons, compris. 
Parce qu'il n'y a rien de pire ... que les potes un peu lourds qui te font X réflexions, à chaque barbecue ou soirée crêpes. Vous savez, les fameux "bon alors, c'est pour quand le bébé ?", "vous avez pas le mode d'emploi, vous voulez qu'on vous montre ?". Merci, mais non merci. Notre favorite reste toutefois la fameuse phrase magique "mais vous avez le temps pour les enfants, vous êtes jeunes !" Je ne savais pas qu'il existait un âge prédéfini par la société pour devenir parent. On ne se permet pas de donner notre avis sur l'âge où nos copains sont devenus - naturellement - parents, alors pourquoi, parce que nous, notre corps ne nous le permet pas, on devrait supporter en plus ce genre de réflexion ?
Alors, en parler, avec nos amis, nos proches, c'était naturel et nécessaire. 
Cependant, si la PMA est une épreuve pour le couple - prochain article à venir -, je trouve que c'est aussi une épreuve pour les amitiés. Dans le bon comme dans le moins bon sens ... 
Si ça m'a rapprochée de certaines amies/copines, parce qu'elles vivent ou ont vécu la même chose ; parce que même si elles ne l'ont pas vécu, elles ont toujours une parole, une petite affection et pensée pour toi ... ; parce qu'elles sont aussi impatientes que nous et nous soutiennent à 200% dans notre projet de parentalité et sont là dans les bons comme les moins bons moments. 
A l'inverse, il y a parfois des déceptions, des comportements qui blessent. On est bien d'accord que c'est souvent involontaire, mais le silence, l'absence, le manque d'intérêt, tout ça, je le vis mal et j'ai alors tendance à m'éloigner encore plus. La PMA fait souffrir, et j'ai besoin de mes ami(e)s pour surmonter les épreuves, alors il m'est difficile d'en voir certaines s'éloigner, ou ne pas se sentir concernées. Cela m'affecte bien plus que je le pensais. 
Bien entendu, je parle ici des amis, mais il en va de même pour la famille. Il s'agit de nos proches en général. Leur soutien est essentiel, et c'est pour cette raison que nous avons toujours voulu être dans la transparence avec eux. Je respecte bien entendu les copines de PMA qui elles, préfèrent ne pas partager leur parcours avec leurs proches. 
Et puis, il y a eu aussi des soutiens inattendus, de personnes plus éloignées ... mais qui nous ont fait un bien immense, apportés beaucoup d'espoir ... de belles rencontres, de nouvelles amitiés. 



Une chose est sûre, nous sommes entourés d'amour dans cette épreuve, et nos futurs enfants ne manqueront pas de parrains/marraines, tontons/tatas ... à rendre gaga !