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lundi 18 octobre 2021

Briser le tabou des 3 mois

Je n'ai jamais compris pourquoi ce tabou était si présent dans notre société. Celui de taire, de cacher, une grossesse avant minimum trois mois d'existence. J'ai pourtant moi-même baigné dans cette injonction de la société, entourée de femmes réduites au silence pendant les trois premiers mois d'une si grande et bouleversante aventure. Mais je n'ai jamais compris. 
Je me rappelle d'ailleurs du jour où j'ai appris  par ses beaux-parents, qu'une de nos amies avait fait une fausse-couche, quelques semaines plus tôt, mais qu'on devait faire comme si on ne le savait pas, car personne ne savait qu'elle était enceinte. J'ai trouvé cela si violent et triste. Non seulement cette grossesse était totalement cachée, mais en s'interrompant, c'était comme si elle n'avait jamais existé. Cette amie me parlera de cette grossesse interrompue précocement, des années plus tard, les larmes aux yeux et soulagée d'enfin évoquer à haute voix ce bébé qu'elle a espéré pendant plusieurs semaines et sa souffrance.

Credit photo : cocoparisienne


Alors pour ma part, quand est venue l'heure où nous avons souhaité devenir parents avec mon mari, nous avons pris le parti de ne pas nous laisser guider par cette injonction sociétale et de dire les choses comme on le ressentait. Ce choix, que nous avions donc fait consciemment, a pourtant été mis à rude épreuve, tant cette pression du tabou des 3 mois pesait autour de nous. 

A croire que si nous parlions de notre bonheur avant la fameuse échographie des 12 semaines, le ciel allait nous tomber sur la tête. Comme si dévoiler une grossesse précoce portait malheur au même titre que de voir la mariée avant le mariage. Et surtout, comme s'il était interdit de se réjouir d'une grossesse avant la fin du premier trimestre, sous peine de sanction de fausse-couche immédiate (ou autre malheur associé). Oui, dire qu'on est enceinte de 3, 4, 6, 8 ou 10 semaines est encore très mal vu et vécu dans notre société. 
Malgré cette pression ressentie, j'ai toujours annoncé mes grossesses au moment où je voulais l'annoncer et surtout à ceux à qui je voulais l'annoncer. Et pas par superstition. Mais par affinité. Par envie. 




Credit Photo : photo personnelle par Stéphanie Passion Photos

L'envie de se confier à ses meilleur.e.s ami.e.s, à ses parents. L'envie de faire une jolie annonce générale, originale, grandiose, inoubliable. Et puis, par besoin. Auprès de ses collègues, car il est difficile de cacher des nausées, de la fatigue et autres joyeusetés des premières semaines de la grossesse. Ou auprès de sa hiérarchie, pour préparer son absence temporaire. 

Et nous nous sommes réjouis. Après chaque test positif, nous nous sommes réjouis. Nos deux premières grossesses issues de nos FIV nous ont toutes les deux projetés 9 mois plus tard, parents de ce minuscule embryon devenu alors grand. A aucun moment je ne me suis interdite de me réjouir et de penser à cet embryon comme un bébé. Parce que pour la plupart des femmes, des parents, à partir du moment où le test est positif, il est légitime de penser au happy end neuf mois plus tard. C'est normal. C'est humain. Et surtout, ça ne rend pas la perte moins douloureuse de ne pas s'être projeté. La douleur est là, présente. Elle est physique et psychique. 

Je n'ai jamais regretté d'avoir annoncé à certains proches ces deux grossesses, parce qu'il a alors été plus simple de leur demander le soutien dont on avait besoin au moment de l'annonce de l'arrêt de la grossesse. Et parce qu'ainsi, ces deux grossesses ont existé ailleurs que secrètement dans mon cœur et mon utérus. Elles ont vécu dans l'esprit de certains de nos proches, pendant quelques semaines. 
Ces deux fausses-couches n'ont pas changé ma façon de penser. Pour les grossesses de l'Elu et de Numerobis, encore une fois, nous avons suivi nos envies pour les annoncer. 
La grossesse de Numerobis nous aura également prouvé que même au delà des 12 semaines, l'incertitude de l'avenir de la grossesse est encore plus que présente. Et nous avons malheureusement autour de nous des parents qui ont perdu leur bébé à 7 ou 8 mois de grossesse, voire à la naissance. Comme quoi, jusqu'au bout, tout peut basculer et le bébé que nous espérions si fort peut disparaître à tout jamais, emportant avec lui tous nos rêves de futurs parents. 
La solution n'est pas de se taire. Sinon, il faudrait se taire jusqu'à la naissance. 
La solution, c'est de suivre son instinct et ses envies. L'annonce d'une grossesse est quelque chose d'intime, de joyeux (dans un contexte où elle est désirée, bien entendu) et de touchant. 
Révéler sa grossesse avant trois mois permet aussi d'attendre plus sereinement la suite. Partager sa grossesse avant trois mois, c'est pouvoir confier ses angoisses, durant ce premier trimestre où on ne ressent pas concrètement la vie, seulement des signes, des symptômes voire des maux qui nous font dire que oui, on est bien enceintes et on porte la vie. Mais rien ne se voit. Ces trois premiers mois sont aussi difficiles qu'ils sont invisibles. Et je reste persuadée qu'ils seront plus légers à vivre, quelle que soit l'issue de la grossesse, si on suit son désir et qu'on s'autorise à briser le tabou. 

vendredi 27 novembre 2020

Sois forte et tais toi !

... et assume ! Après tout, tu l'as bien voulu ! 

Cette phrase, je l'ai tellement entendue, qu'elle soit réellement prononcée ou pensée si fort qu'elle nous crève malgré tout les tympans. Mais d'autres femmes l'ont aussi entendu. D'autres individus. Ces mots viennent d'une société que je trouve de plus en plus maltraitante et de moins en moins bienveillante. 

Credit Photo (Creative Commons) : EliasSch

On a tous - ou presque - dans notre entourage, quelqu'un d'assez fou pour préparer un marathon. Tu sais, c'est l'épreuve sportive où il est question de courir plus de 40km avec le sourire ! Et donc face à cet individu bizarre, mais déterminé, on va souhaiter bon courage, bonne chance, on va l'encourager, le soutenir. On va même crier quand il passera la ligne d'arrivée, lui remettre une médaille. Et s'il se blesse en cours d'épreuve, s'il abandonne, on sera compatissant, bienveillant, on lui dira "c'est pas grave, tu as donné le meilleur de toi, l'important c'est d'être allé au bout de tes limites", et on lui fera même un câlin et on lui dira qu'il réussira le prochain marathon auquel il participera, car maintenant, il sait à quoi s'attendre ! 

Et pourtant... A la femme qui fait des choix, on ne tient pas ce discours bienveillant et encourageant. A la femme qui va décider de sortir de la ligne déjà tracée par ce que la société lui dicte depuis des années, des générations, on ne lui dira pas "c'est pas grave"si elle change d'avis, si elle n'y arrive pas. On lui dira : "je te l'avais bien dit que tu allais échouer". Oui, car dans cette société, renoncer, arrêter, changer d'avis... c'est forcément un échec. 

Credit Photo (Creative Commons) :Prawny

Ainsi, la femme qui choisira d'accoucher physiologiquement, on ne lui dira pas que c'est super, qu'elle va y arriver. On ne l'encouragera pas avec une banderole "on croit en toi". On ne l'applaudira pas quand elle aura dépassé la phase de désespérance et franchi la ligne d'arrivée, celle où elle accueillera son tout petit dans le creux de ses bras. Et si en plus, elle se "blesse" comme le marathonien, qu'elle abandonne la course en demandant une péridurale, par exemple, on ne lui dira pas "bravo, tu es allée au bout de tes limites et de tes choix". Non, on lui dira "on te l'avait bien dit que tu n'y arriverais pas !". Cette phrase, je l'ai personnellement entendu en amont de l'accouchement de mon premier enfant, quand j'ai rencontré l'anesthésiste. Ce rendez-vous est obligatoire même dans le cadre d'un projet d'accouchement physiologique pour justement, prévenir, un changement de cap. Ce jour là, je me suis sentie tellement peu soutenue, et rabaissée, quand il m'a dit, à la fin de l'entretien, qu'on se reverrait sûrement bientôt car j'allais sûrement finir par réclamer la péridurale. J'ai gardé cette phrase négative en moi jusqu'à l'accouchement de l'Elu. J'en veux toujours terriblement à cet anesthésiste sans aucune bienveillance et empathie. 

A la femme qui choisira d'allaiter, quand celle-ci, fatiguée d'avoir donné le sein à son enfant toute la nuit, suite à un pic de croissance, on lui balancera en pleine figure, à elle aussi, qu'elle l'a bien voulu, cette situation. Qu'elle n'a qu'à être forte et se taire. Et puis, allaiter, c'est naturel, elle n'a pas besoin d'aide ! 

A la femme qui fera le choix de ne pas travailler après la naissance de son enfant, pour une durée de deux mois, six mois, trois ans, toute la vie... mais qui osera dire que c'est difficile de "rester à la maison", que financièrement, c'est dur et que donc elle ne pourra pas mettre 50€ dans le cadeau d'anniversaire de Tartenpion car elle va garder cet argent pour nourrir sa famille, à elle aussi, on lui rétorquera qu'elle l'a choisi, qu'elle doit assumer maintenant et qu'en plus, elle est radine ! On pourra parfois même rajouter la petite phrase bonus qui est offerte, à savoir que comme elle ne travaille pas, elle, il serait vraiment bien vu que la maison soit bien tenue et qu'elle ne demande pas (trop) l'aide de son mari, qui se tue à la tâche pour permettre à sa femme d'être en "congé" parental. 

Aux parents qui feront le choix d'avoir des enfants d'âges rapprochés, et qui se plaindront de ne pas assez dormir la nuit, d'être fatigués ou toute autre option montrant l'épuisant et surtout le besoin d'aide, on ne proposera pas de venir les relayer la nuit, de les soulager en faisant un repas, de les aider en leur offrant leurs services de baby sitting - gratuitement - pour qu'ils aillent se faire un repas en amoureux. Ils l'ont voulu, ils les ont eu, qu'ils assument ! 

Je pourrais multiplier les exemples mais je préfère laisser des points de suspensions car les situations sont très nombreuses. Je pense que beaucoup de monde se reconnaîtra dans une de ces femmes, un de ces parents... Car malheureusement, personne n'y échappe. J'ai mis en avant ici certains de mes choix de vie, mais j'aurai pu aussi citer la mère qui décide de ne pas allaiter ou celle qui reprend le boulot aux 2 mois 1/2 de son enfant et qui au lieu d'être réconfortée et encouragée se fait limite qualifiée de mauvaise mère qui préfère sa carrière à sa famille. 

Et ce qui me choque et m'insupporte le plus, c'est que ces phrases, ce fameux "sois forte, tais toi et assume", viens très souvent de nos paires. Nous sommes le plus souvent jugé.e.s et non soutenu.e.s par d'autres femmes, d'autres mères, qui ont elles aussi, pourtant, fait des choix tout au long de leur vie, éclairés ou pas, assumés ou pas. Et qui, aujourd'hui, sont les premières à blesser d'autres femmes avec des propos décourageants et assassins. A croire que les choix dérangent et font peur, à ceux qui n'ont pas fait les mêmes que nous. A croire que ne pas suivre le chemin tout tracé et imposé par notre société fais de nous des individus à surveiller au moindre faux pas, à la moindre plainte. Mais aussi à croire que faire un choix signifie forcément être contre l'autre. 

J'aimerais tellement être entourée de bienveillance, d'encouragements, de non-jugements. J'aimerais tellement entendre "tu peux être fière de toi, de tes choix" au lieu de "sois forte et tais toi !". 

Ce sujet d'article me trottait dans la tête depuis un moment, et il s'est concrétisé après qu'une femme m'ait envoyé dans les dents, en plein post-partum de mon deuxième enfant, après que lui avoir dit que cette deuxième grossesse m'avait littéralement épuisée physiquement, que je l'avais voulu, que je n'étais pas la seule femme à avoir eu des enfants, et que je devais assumer. Cette personne ne s'est certainement pas rendu compte à quel point son propos a été violent pour moi. Je l'ai pris en pleine face, alors encore fragilisée par mes deux grossesses et ma maternité, que j'ai certes voulu, que j'adore, mais qui m'épuise aussi. Je l'ai d'autant plus mal vécu que c'était une des premières fois que j'osais enfin mettre des mots sur ma fatigue et la difficulté physique de ma deuxième grossesse... et que ça venait d'une autre femme, d'une autre mère... Sois forte et tais toi. 

vendredi 9 octobre 2020

Je suis mère de deux garçons

Nous sommes le 9 octobre 2020, il est 10h17, le ronron du poêle à granulés en musique de fond, accompagné de jolis areuh. Je suis maman de deux garçons, depuis le 4 août 2020, à 12h49. Numérobis était donc un garçon. Je suis une maman comblée. Il a eu donc 2 mois. 9 semaines mardi. Le temps passe si vite. Tellement vite que si je ne prenais pas un congé parental, je devrai déjà reprendre le chemin du bureau le 20 octobre. Je trouve cela complètement fou. Je ne suis pas prête à laisser mon tout-petit. 


Depuis mon dernier article, il s'est passé des tas de choses. Comme je l'avais déjà annoncé, je publie désormais ici au rythme de ma vie, c'est à dire comme je peux. Je ne vais donc pas refaire un énième message de retour. Mais je peux annoncer ici que j'ai beaucoup de choses à dire car il se passe des tas d'événements en ce moment dans ma vie. 

Le plus important, c'est donc celui ci. J'ai deux enfants. J'ai encore du mal à réaliser qu'il y a 20 mois, nous n'étions que deux, et qu'aujourd'hui, nous formons une famille de quatre (prévoyant déjà d'être une famille de cinq plutôt rapidement). Ce nouveau statut, ce passage de 3 à 4, est à la fois ultra naturel et en même temps une vraie réorganisation. Je ne me retrouve donc pas totalement dans le témoignage de copines qui me disaient que le passage de 3 à 4 était vraiment dur. Je ne sais pas si c'est parce que l'Elu est encore petit, que du coup, on était déjà sur un rythme bien soutenu, mais clairement, la venue de Numérobis n'a pas énormément bouleversé nos vies, si ce n'est en apportant une dose d'amour en plus ! 

J'écrirais dans quelques temps un article sur ce qu'un deuxième enfant a changé dans nos vies, sur les premières semaines, mais aujourd'hui, j'ai envie d'écrire sur mes garçons. 

Enceinte, je redoutais un peu d'avoir un second garçon, non pas parce que je voulais absolument une fille, mais parce que j'avais peur de la comparaison trop facile. Là aussi, ce sera le sujet d'un prochain article - ici ou sur le blog BDV où je suis chroniqueuse, pour rappel. Une chose est sûre, aujourd'hui, je suis heureuse d'avoir deux garçons. 

Un petit grand garçon de maintenant 20 mois, qui grandit à une vitesse folle (92cm... on l'habille en 3-4 ans, voilà voilà), qui est en quête constante d'autonomie et nous surprend chaque jour un peu plus. Un grand frère ultra attentionné, qui a eu juste quelques secondes d'hésitation quand il a vu son petit frère pour la première fois, mais qui depuis, passe son temps à le câliner, lui apporter ses doudous, lui parler quand il pleure, l'éclabousser dans le bain... Alors oui, il est un peu brute dans ses mouvements, il le réveille constamment, et il y a parfois une pointe de jalousie, mais on sent déjà la complicité entre eux, et c'est magique, ça fait fondre mon coeur de maman. Tout comme quand je reçois des compliments de la part des professionnelles de la crèche. Je suis fière de l'avoir pour le moment, pas trop mal élevé, et de l'ouvrir au monde. C'est un enfant solaire, rieur, facile à vivre même si les 2 ans approchent et qu'on sent la phase de la frustration et de l'opposition arriver... Mais là aussi, je lui fais confiance, nous arriverons à gérer cela, ensemble. 

Un petit bébé de 9 semaines, qui enfile déjà des vêtements en taille 9 mois et qui gazouille énormément. Il est si zen, une vraie marmotte, que l'on sait vite quand quelque chose ne va pas. On a donc rapidement su détecter un vilain reflux et j'espère qu'il sera vite de l'histoire ancienne. Il me réapprend à être une autre maman. Je suis à la fois si inquiète pour lui et si détendue... Une chose est sûre, je suis une vraie lionne, prête à bondir à la moindre attaque extérieure. J'ai hâte de le voir grandir et devenir un petit homme. Un lien très fort s'est déjà créé entre lui et moi... Lui qui se marre en prenant la tétée ou qui se blottit contre moi la nuit. 

Ce que j'aime par dessus tout, en tant que mère de deux garçons, c'est les voir grandir ensemble. Observer le grand s'installer à côté du petit sur le tapis d'éveil. Observer le petit chercher du regard le grand. Parler du bébé avec l'Elu. Ressortir les vêtements du grand pour les enfiler à Numérobis. Ils sont mes petits princes, et je crois que je suis leur reine, et j'aime ça ! 

J'ai tant de choses à dire sur cette nouvelle maternité, que j'ai hâte d'avoir à nouveau un peu de temps libre pour venir poser des mots ici sur tout ce que je vis actuellement ! 


dimanche 26 avril 2020

Vous ferez bien un petit deuxième ? [Partie 1 : Tout va bien]

Avant même de concevoir l'Elu, qui pour rappel nous a pris plus de quatre longues années, un parcours de PMA et beaucoup de déceptions au compteur, avec Charmante Compagnie, nous avions pensé à la famille que nous voulions. Trois, voire quatre (oui, oui, tu lis bien quatre) enfants, et si possible - car on sait grâce à notre histoire qu'entre l'envie et le concret, y'a comme un viaduc ... - d'âges rapprochés. Beaucoup de nos proches nous voient d'ailleurs comme un couple complètement maso et inconscients, mais ça ne nous gène pas, c'est notre projet, pas le leur. 

Credit Photo (Creative Commons) : manfredrichter

Bref, tout ce blabla pour introduire mon sujet, à savoir la conception du deuxième enfant. 

Tout d'abord, je dois t'avouer quelque chose ... C'est que quelques heures/jours/semaines après la naissance de l'Elu, je pensais déjà à ce deuxième, à cette envie du deuxième. J'avais très envie de revivre une grossesse - aussi paisible que celle de l'Elu of course -, j'avais très envie d'accoucher - cette fois - à la maison de naissance, et je voyais l'Elu qui grandissait à une vitesse folle et j'étais déjà nostalgique du nouveau-né tout frais. Sauf que cette envie est partie, autour des 3 mois de l'Elu. Sûrement quand le pic d'hormones a commencé à descendre, que la fatigue a pris le dessus et que j'ai compris que l'Elu, aussi mignon soit-il, était un petit dormeur. N'ayant pas pris de contraception à sa naissance, j'ai été un peu stressée à certains moments lors de nos moments d'intimité avec mon mari, car si nous voulions des enfants rapprochés, on s'était malgré tout fixé une limite : minimum 18 mois d'écart. 
Et donc, l'Elu a eu 9 mois. 9 mois + 9 mois est égal à 18 mois. On pouvait y aller. J'avais autant envie de foncer que d'attendre un peu. Mais j'ai malgré tout pris RDV avec la sage-femme qui m'avait suivie pour Jaël, afin de remettre les choses en route de façon naturelle. Nous n'avions pas la pression, un dernier embryon congelé nous attend encore dans notre clinique de PMA. Ma sage-femme m'a dit que certes, j'avais désormais un terrain favorable suite à mon problème d'infertilité après une grossesse et un allaitement, mais que ça pouvait également prendre du temps, d'autant plus que j'allaitais toujours l'Elu. Je m'attendais donc à attendre encore longtemps. 

Credit Photo (Creative Commons) : MabelAmber

Deux cycles. Il y aura eu deux cyles (extrêmement longs et bizarres) après mon retour de couche pour tomber enceinte en novembre 2019. L'Elu allait fêter ses 10 mois. Putain, ça avait fonctionné, et vite ! C'était tellement irréel que cette fois, il y a eu moins de magie dans l'annonce au papa, même si j'ai essayé quand même de le faire un peu à la cool (j'ai glissé mon test de grossesse dans le verre à dents ... Il a mis du temps à capter malgré tout). J'ai prévenu illico-presto celle qui va devenir sa marraine (sans lui dire pour le côté marraine, là j'ai soigné la surprise). Et dès le surlendemain, j'annonçais ma grossesse à mes copines du collectif de la maison de naissance ainsi qu'à mes sages-femmes. 
J'ai pris les RDV rapidement (consultation de début de grossesse, écho de datation, écho 1er trimestre) et je me suis laissée vivre, tranquillement. L'écho de datation ayant lieu avant Noël, nous avions trouvé l'occasion rêvée pour l'annoncer à nos parents et frères et soeurs. Je me suis également faite griller très rapidement au boulot par mes collègues, tellement j'étais en mode détendue, ne prenant aucune précaution à cacher cette si belle nouvelle. 

Des nausées mais peu de vomissements par rapport à l'Elu, de la fatigue mais qui n'est pas fatiguée avec un bébé de 10 mois à gérer en plus du reste, un utérus qui se rappelle très bien que tu as accouché y'a moins d'un an car non seulement tu ressens très vite les douleurs ligamentaires, mais tu vois aussi qu'il reprend très vite une jolie forme arrondie ... Tout ça me met en joie. 
Quand Noël arrive, nous annonçons la bonne nouvelle sous forme de jeu à nos familles réunies pour le premier Noël de Jaël. Sans surprise réellement de la rapidité, et super heureux, nous recevons des félicitations chaleureuses. On enchaîne par la suite avec la marraine et le parrain de l'Elu, là aussi, de la joie et même des larmes, tout le monde est heureux. 

Sans parler de la joie de retrouver notre sage-femme échographe, qui rencontre par la même occasion l'Elu pour la première fois autrement qu'à travers son écran de l'appareil à échographie. Le plaisir de retrouver une de mes deux sages-femmes qui m'avait suivie pour toute la grossesse de Jaël et qui va donc être ma sage-femme pour Numérobis, en binôme avec une autre sage-femme car ma deuxième sage-femme n'a toujours pas repris les accouchements suite à ses problèmes de santé qui ont débarqué, rappelle toi, le jour où j'ai perdu les eaux pour Jaël. Bref, je me sens en terre conquise. Je me sens prête pour cette nouvelle grossesse. 

Credit Photo (Creative Commons) : sebagee


Et puis un jour, peu de temps après l'échographie du 1er trimestre, mon moral s'écroule ... [A suivre] 

mardi 21 avril 2020

Dépoussiérer un blog en plein confinement

Presque huit mois se sont écoulés depuis mon dernier article. Quasiment le temps d'une grossesse. 



Grossesse ... Parlons en ... Mon fils va avoir 15 mois dans 5 jours. Je n'en reviens toujours pas. Qu'il soit parmi nous. Qu'il ait déjà 15 mois. Qu'il soit aussi dégourdi, drôle, affectueux, mignon, gracieux, intelligent, polisson, grand, bouclé, blondinet ... Qu'il soit Lui, quoi ! 
Et depuis 25 semaines, une seconde grossesse est en route. Tout autant désirée que celle de l'Elu, mais tellement plus rapide. Notre second miracle. Si miraculeux que lorsque nous avons démarré les essais, je m'attendais à repartir dans des années d'attente et de doute. 2 cycles. A peine. En 2 cycles, le miracle s'est installé et je le couve depuis 25 semaines. Là aussi, je n'en reviens plus que ça fasse déjà 25 semaines. Le temps s'accélère avec un enfant. Je ne vois pas cette grossesse passer. Même en plein confinement. 

Confinement ... Parlons en ... Enfin, pas trop, car si je finis par réellement dépoussiérer ce blog, je reviendrai vous en parler... Mais je vais juste vous faire part de la réflexion que m'a apporté ce confinement. Celle que je suis de plus en plus prête à changer de vie professionnelle, même si j'aime mon métier. J'aime mon métier, mais je ne supporte plus les conditions dans lesquelles nous devons travailler, les politiques sociales qu'on modifie chaque mois un peu plus pour limiter encore plus les droits des plus vulnérables et précaires. Le social n'a plus de moyens. Et j'aspire aussi à autre chose. La maternité et la parentalité m'ont fait découvrir une réelle passion. 

Du coup, j'en viens à ce dépoussiérage, comme il y en a déjà eu plusieurs ici. Ne pouvant me lancer tout de suite dans cette reconversion professionnelle qui m'excite autant qu'elle m'angoisse, j'ai envie de me lancer dans un projet qui ne me coûtera pas grand chose, si ce n'est du temps (que j'aurai peut-être un jour ... quand la crèche réouvrira ... quand je serai en congé maternité pré-natal ... quand je serai en congé parental avec un tout petit nouveau-né qui dort en écharpe contre moi ... ou que je n'aurai pas - le temps). Bref. Ce projet impliquerait également du nouveau ici, car je n'aborderai alors plus certains thèmes qui me sont chers. Je le ferai ailleurs, sous d'autres formes. Je dois donc réfléchir à ce que ce blog pourrait devenir. 

Crédit Photo (Creative Commons) : Deeezy


Certes, Ceci est un journal intime raconte des tranches de vie. De ma vie. Mais est-elle réellement passionnante ou du moins intéressante ? De plus, je me remets à l'écriture sur les communautés Sous Notre Toit et Dans ma Tribu, je ne voudrais donc pas faire de répétition ici. Même si ici je suis plus libre, c'est mon chez moi. J'écris comme je veux, je mets en page comme ça me plait, je suis absolument pas professionnelle et ne sait donc pas mettre ce blog en valeur. Je disais donc, je dois réfléchir. Venir pousser des coups de gueule, de coeur ? Partager les voyages que l'on (a) fait, alors que je saurai à peine vous redire le nom des endroits qu'on a visité lors de notre Road Trip au Québec en octobre 2018 (2018, déjà !) ? Je ne sais pas. Je sais juste que je suis attachée à cet endroit que j'abandonne pourtant régulièrement. Je suis attachée aussi aux lecteurs fidèles mais qui ont sûrement disparus face à une inactivité de 8 mois. Mais j'ai moi-même disparu de vos blogs. Car en fait, quand je ne blogue pas/plus, je ne visite plus les blogues. La raison est très bête et pratico-pratique, c'est que quand je ne blogue pas, je ne me connecte jamais à mon PC de bureau. Et je ne supporte pas de visiter les blogs depuis mon smartphone. Voilà, tu sais tout cher lecteur. Mea Culpa. Je pense à toi malgré tout (et j'ai de temps en temps z'yeuter certains blogs, histoire de prendre des nouvelles en sous-marin). 


Alors je réfléchis. J'ai une liste longue comme le bras d'idées d'articles. Tous ne sont pas pour ce blog. Mais aujourd'hui, j'ai un peu de temps car mes soirées redeviennent moins chargées depuis que ma Charmante Compagnie m'a lâchée pour jouer à Final Fantasy VII, sorti il y a 10 jours. Attention, ceci n'est pas une plainte, au contraire, même. J'avoue ... J'apprécie avoir des soirées "solo" à faire ce que j'ai envie ... Regarder pleins de séries, lire, dormir. Et j'espère, bloguer à nouveau. 

Alors, j'espère vous dire à très bientôt, ici. On verra ce que la vie nous amène comme sujets à aborder. Le confinent, tiens. Ça c'est une bonne idée ! 

PS : depuis cet été, je me suis mise à boire du thé chaud. Juste une seule sorte de thé, mais du thé chaud quand même ! 

[A suivre ... si y'a encore quelqu'un par ici]

mardi 28 mai 2019

Le jour où j'allaite depuis 4 mois

Dimanche, l'Elu a eu 4 mois. Dimanche, j'ai fêté ma première fête des mères. Pour l'occasion, j'ai reçu un magnifique bijou de mon lait maternel, symbole de cet allaitement qui me tient tant à coeur. 
J'en ai déjà parlé à plusieurs reprises sur ce blog, lorsque j'avais renoncé à une grossesse et que nous avons démarré la procédure d'agrément en vue d'une adoption, ce qui me pesait le plus était de ne pas pouvoir allaiter mon enfant. 



L'allaitement maternel est pour moi une évidence depuis ma plus tendre enfance bien que ma mère ne m'ait allaité que quelques semaines et en allaitement mixte, étant alors à l'époque très mal formée et informée au sujet de l'allaitement. Dans mon adolescence, j'ai pu voir des femmes allaiter, et j'ai été choqué de voir qu'elles étaient souvent montrées du doigts et marginalisées car elles allaitaient leur enfant. Alors qu'à la base, n'oublions pas que l'allaitement est l'acte le plus naturel au monde et qu'il est à la base de la conservation de notre espèce. 
Cet article n'a pas pour vocation à faire de la pub pour l'allaitement, car j'estime que chaque couple parental fait son propre choix concernant le mode d'alimentation de son nouveau-né et que chaque choix est personnel et respectable. 
Je souhaite juste te faire part ici de mon expérience et donner quelques conseils aux futures mères qui souhaiteraient un jour allaiter. 

Tout d'abord, je dois dire  que mon premier (et presque) unique conseil est de t'informer un maximum sur l'allaitement avant la naissance de ton bébé. Pour ma part, j'ai multiplié les sources : j'ai eu une séance de préparation à l'accouchement avec ma sage-femme de la maison de naissance et quelques futures mamans. Ca a permis de découvrir le B-A-BA de l'accouchement, la base ... les débuts. Bien évidemment, tout cela était peu concret pour moi, mais l'entendre en étant dans de bonnes conditions était vraiment important. Ensuite, j'ai adhéré à l'association Galactée, qui propose des réunions autour de l'allaitement une fois par mois sur mon secteur. J'y suis allée 2 fois avant d'accoucher. Lors de ces échanges, j'ai pu entendre les témoignages et questions de jeunes mamans et j'ai gardé tout cela dans un coin de ma tête. 



Au moment de la naissance de l'Elu, il était essentiel pour moi qu'il soit mis au sein dans ses premières minutes de vie. Cela a bien été respecté par l'équipe, et mon petit goulu a très vite pris le sein et surtout avec appétit et intéret. Il a tété quasiment 45 minutes sur les deux seins. Au réveil, après une très courte nuit de 5h à 8h, j'ai essayé de mettre bébé au sein, en vain. J'ai alors appelé l'auxiliaire de puériculture pour qu'elle vienne m'aider. J'avais beau avoir bien retenu tout sur les fameuses positions et prises en bouche ... j'avais du mal à le mettre en pratique. Malheureusement, cette auxiliaire ne devait pas avoir beaucoup de temps, ou pas envie de m'apprendre ... Elle m'a juste "collé" bébé au sein qui a pris quelques gorgées ... avant de sombrer dans le sommeil. 
Nous sommes (heureusement) sortis de la maternité à 12h de vie pour l'Elu. En sortant, le personnel nous a dit de bien réveiller bébé toutes les 3h pour qu'il tète ... En tant que toute jeune maman, j'ai hésité à suivre ce conseil ... mais quelque chose au fond de moi ne me convenait pas. L'Elu venait tout juste de naître, après 33h d'un long travail. Il était donc normal qu'il soit fatigué et préfère dans un premier temps dormir. Il faisait un très bon poids de naissance (3,930 kg) ... Je me suis donc dis que je pouvais aussi attendre encore un peu, qu'il réclame de lui-même. Il a donc dormi de 8h à 17h. Et quand ma sage-femme est venue à 20h à la maison, elle m'a confortée dans le choix que j'avais fait avec Papa Refait, de ne pas le réveiller. Elle m'a cependant prévenu que du coup, cette nuit, il risquait de beaucoup réclamer, pour compenser ! 

Les premiers jours, l'allaitement a été plus une source de maladresses que de plaisir. Je n'arrivais pas à bien positionner l'Elu, qui du coup prenait mal le sein. Ca ne l'empêchait pas de téter, ni de prendre du poids, mais ça n'avait rien d'agréable et de pratique ! Mais je ne me suis pas laissée désemparer ! J'ai appelé la ligne d'astreinte de l'association Galactée après la première nuit. J'ai vu et revu les positions avec ma sage-femme de la maison de naissance à domicile. J'ai pris rdv à J2 de vie chez l'ostéopathe qui a travaillé sur sa mâchoire, sa pression crânienne et son cou. J'ai vu une conseillère en lactation pour trouver des positions confortables. Et surtout, je me suis rappelée tout ce que j'avais pu entendre dans les différentes réunions auxquelles j'avais assisté, ou lu dans les livres ! Tout ceci m'a permis de tenir. 

On entend souvent qu'il faut 6 semaines pour mettre en place un allaitement, et je confirme. C'est à peu près vers 5/6 semaines que l'allaitement est devenu quelque chose de naturel et très plaisant pour moi, mais aussi pour bébé. Il était plus grand, plus mobile et donc pouvait mieux prendre le sein en bouche dans certaines positions, notamment la nuit ! 



J'allaite à la demande. Exclusivement. Ainsi, ma lactation suit les besoins de bébé. C'est en allaitant à la demande qu'on maintient une bonne lactation et que l'allaitement est facilité ! Le plus dur, au final, c'est de devoir répondre (ou pas) à toutes les personnes autour de nous qui ne peuvent s'empêcher de te dire "mais il téte encore ?", "t'es sûre que tu as assez de lait ?", "Oh, mais tu l'endors au sein, il va s'habituer ...", "tu devrais pas espacer les tétées de 3h ?". Bref, voilà le plus dur, faire abstraction des conseils de personnes mal informées sur l'allaitement. 

Oui, j'allaite à la demande, parfois, l'Elu tète 5 minutes, parfois 20. Il prend le sein toutes les 3h ou parfois toutes les 30 minutes. Il s'endort souvent au sein et le sein le calme. Il n'a pas de sucette car il n'en veut pas. Le sein répond à tous ses besoins, aussi bien nutritif qu'affectif. Il dort bien la nuit mais il lui arrive d'avoir un ou deux réveils nocturnes. Ce n'est pas un problème en soi car nous pratiquons le co-dodo (il a son magnifique berceau co-dodo collé à notre lit) et que l'allaitement nous bourre d'hormones qui nous font dormir et récupérer assez vite. 

4 mois que j'allaite et je savoure cet allaitement. 
Je suis engagée auprès de l'information sur l'allaitement pour les femmes mais aussi les hommes. Car n'oublions pas que les papas ont un rôle primordial dans l'allaitement. Papa-Refait est un soutien indispensable. Au début de l'allaitement, c'est même lui qui positionnait bébé pour m'aider ... C'est lui qui me donne à boire quand j'ai soif. C'est lui qui coordonne pleins de choses et son rôle est donc essentiel ! 

D'ici quelques semaines, nous allons démarrer la diversification, mais l'allaitement maternel restera la source nutritive principale de l'Elu. Je n'ai pas de date de fin en tête. Je compte bien prolonge l'allaitement au-delà de ma reprise professionnelle en septembre. L'idéal pour moi serait d'aller vers un sevrage le plus naturel possible ... 

Dans quelques temps, je vais me former sur une durée de 2 ans, avec l'association Galactée, pour être une maman bénévole de l'association, pouvant assurer des permanences téléphoniques et assurer des réunions de secteur. L'allaitement maternel me passionne et j'ai pour ambition de transmettre ses bienfaits au plus grand nombre de futurs parents, soucieux de bien s'informer sur ce sujet. 

Quant à l'Elu, il adore, tout simplement. J'adore le voir grandir à mon sein. Plus il grandit, plus je vois qu'il aime ce lien unique qui nous réunit. Je ne me lasse pas de plonger mon regard dans le sien quand je l'allaite. Son petit regard rieur et plein d'amour. Et quand je vois comme il grandit, je suis fière de me dire que c'est grâce à mon lait si bon pour sa santé et son développement ! 

Ceci est un article global sur l'allaitement. Je ferai sûrement d'autres articles sur des thèmes plus spécifiques liés à l'allaitement ... Les premiers jours, les pics de croissance, les nuits, la diversification, allaitement et travail... N'hésitez pas à me poser vos questions concernant l'allaitement, je me ferai une joie d'y répondre ! 

lundi 6 mai 2019

Le jour où rien ne s'est passé comme prévu ...

En faisant le choix d'un accouchement en maison de naissance, j'avais pu aborder avec mes sages-femmes, les différents événements qui auraient pu exiger un transfert sur la maternité partenaire, soit pour un accouchement en plateau technique, avec ma sage-femme de la maison de naissance, soit au bloc pour une césarienne. J'avais très peur de ces scénario car si certaines femmes ont peur d'accoucher sans péridurale, moi, ma phobie, c'était d'accoucher en maternité. 
J'en avais longuement parlé avec ma sage-femme numéro deux, lors de ma préparation à l'accouchement - gestion de la douleur - et ses paroles m'avaient apaisée. 
A deux semaines de mon terme, j'étais pleine d'espoir que l'Elu arrive plus tôt ... notamment car ma maman venait me voir pour une semaine, afin de nous aider au moment de la naissance et avoir le bonheur de rencontrer l'Elu dès la naissance. Dès son arrivée, j'ai donc tout fait pour accoucher rapidement. Autant te dire sans trop de suspens, que rien n'a fonctionné. 
Durant son séjour, j'ai eu un message de ma sage-femme numéro 1, m'informant que ma sage-femme numéro 2 était en arrêt. Elle était donc seule d'astreinte jusqu'à mon accouchement. Il n'y avait donc plus de suspens, c'est A. qui allait m'accompagner durant l'accouchement. 
Après avoir repoussé son départ de deux jours, ma mère est finalement repartie le jeudi 24 janvier. Elle avait 4h45 de route. Le coeur lourd, je me suis effondrée en pleurs sous la douche à son départ. Et là, il s'est passé un phénomène étrange. Ma mère est revenue sur ses pas après m'avoir entendue pleurer, dans sa voiture, avec la musique de Michel Berger, le Paradis Blanc, en fond sonore ... Je n'ai aucune explication à cela. Nos deux téléphones n'étaient pas en communication. Elle était à la sortie du village enfermée dans sa voiture, j'étais enfermée dans ma douche avec l'eau chaude qui coulait sur mon corps douloureux de fin de grossesse ... Alors, à part une sorte de connexion spirituelle ... Je ne vois pas. 
Quoi qu'il en soit, elle est revenue et m'a fait un dernier câlin. Nous savions que la prochaine fois qu'on se verrait, je serai mère. 
Je me suis ensuite préparée pour aller déjeuner chez ma belle-mère. A 11h, j'étais prête à partir, quand j'ai entendu mes chiens attaquer un de mes chats. Je me suis alors précipitée dans le séjour, j'ai hurlé et ... je suis tombée de tout mon long ... sur le ventre (et les genoux) ! J'ai eu la peur de ma vie. Je me suis mise à pleurer, je ne retrouvais plus mon portable qui avait volé lors de la chute, et je n'arrivais pas à me relever. Je me suis imaginée 1000 scénarii catastrophes avant de retrouver mon téléphone et d'appeler ma sage-femme. Elle m'a rassurée et m'a dit d'aller à la maternité partenaire pour faire un petit contrôle. C'est bête, mais ça me faisait bizarre d'aller à la maternité. Je ne me sentais pas à ma place, moi qui n'avais eu qu'un suivi avec mes sages-femmes de la maison de naissance. J'ai toutefois été très bien accueillie, amenée par ma belle-mère, et nous sommes ressorties 2 heures plus tard, rassurées. Lors du monito de contrôle, la sage-femme m'a dit que j'avais des contractions. Je ne ressentais rien. Le gynéco qui m'avait fait une écho, quant à lui, a pu dire à ma belle-mère que "ce n'est pas pour maintenant". Je suis donc rentrée sereine, j'ai passé un coup de fil à A. pour lui dire que tout allait bien. Je n'ai pas saisi à ce moment là son "j'espère que bébé patientera au moins jusqu'à la semaine prochaine" ... Je me suis juste dit qu'elle devait être fatiguée d'être seule d'astreinte depuis l'arrêt de N. 
Deux heures plus tard, alors qu'on décide avec ma belle-mère d'aller promener les chiens ... qu'elle ne fut pas ma surprise, en sortant de la voiture, de perdre les eaux ! Moi qui redoutais que cela arrive n'importe où, du genre à la caisse du supermarché ... je me mets à rire. D'autant plus, qu'au moment précis où la poche a percé, ma mère a essayé de m'appeler pour me dire qu'elle arrivait chez elle dans 15 minutes. Pourquoi ne pas avoir attendu d'être chez elle pour m'appeler ? Là aussi, je ne peux que me dire qu'elle avait des antennes ... 
Euphorique, j'appelle alors ma SF N°1 pour l'avertir que "ça y est, A., j'ai perdu les eaux !" D'une voix très calme elle me demande de venir à son cabinet pour un petit examen. J'ai 12 heures pour accoucher, sinon je devrai recevoir un antibio toutes les 12h. Pas de problème, dans ma tête, dans 12 heures, bébé sera contre ma peau. 
Je préviens donc Charmante Compagnie qui était en réunion sur Grenoble et prend immédiatement la route en direction du cabinet de notre SF. Ma belle-mère me fournit en serviettes de bain et nous partons en direction du cabinet d'A. C'est en arrivant là-bas que mon euphorie est retombée. Elle qui est d'ordinaire très enjouée, était complètement éteinte, fermée, triste ... Dans ma tête, je me suis demandée ce qu'il se passait. Comment pouvait-elle faire la tête pour un jour aussi joyeux pour nous ?! Et puis, j'ai vu la douleur sur son visage, et j'ai vite compris que quelque chose clochait. 
Après m'avoir installée le monitoring, elle prononce les mots auxquels je n'avais jamais pensé : "Je ne vais pas pouvoir t'accoucher". 
L'espace de 10 secondes, dans ma tête, j'ai hurlé. Hein ? Quoi ? Pourquoi tu me fais ça à moi ? Tu ne m'aimes pas ou quoi ? Oui ... quand tu es à 40 semaines de grossesse, que tu as perdu les eaux, que ta SF N°2 est en arrêt et que ta N° 1 te dit ça ... ben tu penses tout ça ... Et j'ai juste pu sortir un "Mais où est-ce que je vais accoucher ???????" Oui, car là aussi, tu oublies qu'il existe un lieu appelé Maternité. 

Charmante Compagnie est arrivé à ce moment là, et nous avons repris tout ça ensemble, tous les 3. Les 3. C'était ça, notre projet. Former un trio avec notre SF qui nous suivait depuis 9 mois. Dans tous les cas de figure présentés pour un transfert, il y avait toujours notre SF dans l'histoire, de près ou de loin. Or, là, je me retrouvais avec ... aucune de mes deux sages-femmes. L'angoisse. Et pourtant, je n'ai pas voulu me laisser envahir par l'angoisse. 
J'allais devoir accoucher en maternité, et pour que notre projet de naissance puisse se faire, il fallait que je sois zen. Je n'ai donc pas pleuré - extérieurement - et on a suivi les consignes ... A. a appelé devant nous la maternité, pour les avertir que nous allions arriver, avec notre projet de naissance. Heureusement, cette maternité est la plus physio de la région, avec une autre ... Ma SF nous confiait donc à eux en toute confiance. 

Je suis retournée chez ma belle-mère, pour manger. Et Charmante Compagnie est parti chez nous, récupérer les affaires pour l'accouchement. Je continuais à perdre énormément de liquide amniotique. Je continuais à pleurer intérieurement, mais j'étais à la fois zen et euphorique ... J'allais devenir mère. Ce n'était qu'une question d'heures. Ou de jours ... 
Car là aussi, rien ne s'est déroulé comme on espérait. Si la sage-femme qui nous a accueilli à 22h, a bien lu et respecté notre projet de naissance, l'Elu, lui, était peu coopératif. Il pétait le feu au monito ... mais mon col ne bougeait pas. Les contractions étaient bien présentes, de plus en plus douloureuses ... Je les ai gérées sans péridurales, à la force du mental "cette douleur est utile, cette douleur est efficace, cette douleur va permettre à l'Elu de naître", grâce au soutien de mon mari ... mais au bout de 28 heures, je n'en pouvais plus. En concertation avec la sage-femme de jour et mon mari, j'ai pris la décision de prendre la péridurale. J'étais ouverte à 8. Je n'avais plus la force de tenir sans, étant éveillée depuis le jeudi matin, 8h ... nous étions le vendredi, 19h30 ... 
Et alors que nous pensions que l'Elu verrait le jour un 25 janvier ... il nous a encore fait la surprise de naître que le 26 janvier, à 01h49 ... Un accouchement en toute intimité, ou presque. Dans la pénombre, avec une sage-femme adorable, une auxiliaire puéricultrice discrète ... Charmante Compagnie et moi ... Mais là aussi, rien ne s'est passé comme on l'avait imaginé ... 
Impossible de lire notre play-list sur notre appareil qui n'avait plus de batterie ... Et ce petit Elu qui n'arrivait pas ... car la péridurale était trop dosée ... L'anesthésiste a du avoir pitié de ma tronche après 28h de gestion de contractions douloureuses ... Quoi qu'il en soit, je n'arrivais pas à pousser. Et pourtant, la SF a respecté tout ce que j'avais noté dans mon projet de naissance. Notamment pour la position pour accoucher ... Mais après 1h de poussée, à 0h15 ... on a décidé de faire une pause. De toute façon, c'était cuit pour naître un 25 janvier ... alors autant prendre notre temps désormais ! Une pause d'une heure pour permettre à la péridurale de s'estomper ... Et c'est reparti ! Je suis heureuse de sentir à nouveau les contractions pour pouvoir pousser efficacement. Sauf que cette fois, c'est l'Elu qui ne semble pas trouver le bon chemin ... Et après à nouveau de longues minutes à pousser ... la sage-femme a décidé d'inviter la gynéco de garde. J'ai eu peur l'espace d'un instant que cela se termine en césarienne, mais elle m'a rassurée : bébé est bien engagé, ce sera un accouchement par voie basse. On va juste devoir le repositionner car sa tête cogne contre mon bassin. Tout cela m'a semblé durer des heures. Elle a donc retourné le bébé et ensuite, à l'aide d'une ventouse, nous avons fait un travail en binôme pour sortir l'Elu ... Et ensuite, elle s'est immédiatement effacée, laissant notre nouvelle famille se former en toute intimité ... 



Charmante Compagnie a coupé le cordon après plusieurs minutes ... comme nous l'avions demandé. C'est lui également qui a regardé si nous avions un garçon ou une fille. J'ai pleuré quand il m'a annoncé que c'était un garçon. Jaël, ai-je murmuré ... Pour le reste, tout s'est passé comme on l'avait imaginé, demandé ... Du peau à peau, un papa toujours présent auprès de bébé, une mise au sein rapide, toujours les lumières tamisées ... Et pour nous, la SF  a cherché une chanson de Julien Doré sur son portable, pour nous remonter dans notre chambre ... pour compenser le fait que nous n'avions pas pu mettre notre play-list durant la naissance. 

Je garde des tas de bons souvenirs de cet accouchement. Même si rien ne s'est passé comme je le voulais. Même si j'ai aussi des tas de regrets. J'ai pu en parler et en reparler encore et encore avec mes sages-femmes. 
On a eu notre sortie anticipée grâce à une autre SF de la maison de naissance qui s'est libérée pour faire mes suites de couche pendant 5 jours (je vous parlerai très prochainement de cette sortie anticipée). Jaël avait 12heures de vie quand nous sommes rentrés à la maison. Nos parents étaient là. Sa marraine aussi. J'étais sur un nuage. J'étais bien. J'étais heureuse. Shootée aux hormones. Prête à recommencer. 





Ceci est un court résumé (oui, on ne dirait pas), de mon accouchement long de 33 heures ... Il sera beaucoup plus détaillé sur la communauté de Dans Ma Tribu d'ici quelques semaines. Je t'avertirai de la parution des articles si cela t'intéresse d'en savoir beaucoup plus ! 

Edit : comme me l'a fait remarquer Véro B, j'ai oublié de préciser pourquoi A. n'a pas pu m'accoucher : elle venait de se faire arrêter par son médecin pour un grave problème à la hanche qui lui vaut aujourd'hui une opération ... Et oui, être SF en maison de naissance, c'est très physique et à force de nous accompagner "à fond", nos chères SF se fatiguent aussi beaucoup .... Ma SF a passé 1h à appeler ses 8 autres collègues mais comme j'ai perdu les eaux vraiment au mauvais moment, c'est à dire juste à l'instant T où ma SF a été en arrêt, elles n'avaient pas pu se réorganiser ... J'aurai perdu les eaux le lendemain ... tout aurait été différent ... 

mercredi 20 mars 2019

Le jour où je suis devenue mère

Des semaines de silence sur la blogosphère pour cause de pouponnage intensif ... 

Le 26 janvier 2019 à 01h49, et après 33 heures de travail (je vous spoile le récit futur de mon accouchement), Jaël, un petit grand garçon de 54,5 cm et 3,930Kg est venu au monde et a fait de moi sa maman. 
J'ai tant à vous raconter ... Sa naissance, son retour précoce à la maison, les rencontres avec les grands-parents, parrain et marraine, nos premiers jours de jeunes parents, mon allaitement, mon top 5 des trucs inutiles pour lui en matière de puériculture, son caractère, son éveil, bref mon bonheur au quotidien ... 
Mais aussi comment je vis ce congé maternité à 100 à l'heure. 
Mon association de parents en création. 
Ma sélection en tant que chroniqueuse sur la communauté de Dans ma Tribu (DMT) et donc l'arrivée d'un nouveau pseudo : Maman Bulle !
Mon envie de bébé 2 ... déjà ! 
Notre expérience avec une dame qui communique avec les animaux. 
La relation de mes animaux avec bébé. 
Les séances photos avec une photographe super sympa et pleine de talent ! 
Et aussi tout ce que je n'ai pas eu le temps de vous raconter pendant ma grossesse, j'ai une liste longue comme mes deux bras ... qui ne sont désormais plus très souvent libres car un adorable poupon s'y love très souvent ... 
Alors, je profite qu'il dorme à côté de moi, sur son tapis d'éveil tout moelleux (et sur le ventre !) pour mettre à jour le blog d'articles ... et pour passer vous faire un coucou si le temps me le permet ... 

Depuis 7 semaines et 4 jours, je vis un rêve éveillé ! 


jeudi 30 novembre 2017

Le jour où tout se mélange dans ma tête

C'est le tourbillon dans ma tête ... Tout se mélange, tout se bouscule. 



Ma prise de poste s'est super bien passée, je suis sur un nuage mais je dois aussi m’acclimater à un nouveau service complètement différent ... une organisation à prendre, une méthode à apprendre ... alors, la nuit, j'en rêve encore et encore. Mon esprit a du mal à se libérer, se reposer. 
Dans ma tête, tout s'accélère. Tout s'entrechoque. 
Je n'arrive pas à me fixer à un de mes romans en cours, je tapote sur mon clavier un peu pour chacun, je papillonne, je vole, survole. 
Je me torture ... Partagée entre ce désir si grand, si éprouvant, si violent de maternité ... et celui d'espérer ne pas tomber enceinte. Ne pas tomber enceinte, maintenant. Parce que j'ai d'autres projets, incompatibles avec une grossesse. Un voyage de l'autre côté de l'Atlantique en octobre 2018. En amoureux. En famille. Retrouver mon frère parti s'exiler là-bas. Partager cela avec ma mère et mon beau-père. Et culpabiliser. Encore plus fort. Alors que je crève d'envie d'être mère. Que je n'en peux plus. Que j'en pleure souvent. Que j'en rêve toujours. Et pourtant, continuer à se dire ... pas maintenant ... L'an prochain ... plus tard ... en avril ou en mai ... Et s'en vouloir. Se détester. Se haïr. En crever encore plus d'envie quand tout autour de moi, de nous, tout le monde tombe enceinte ... Et pourtant, continuer de croire, aussi, que la patience de l'adoption nous apportera notre plus belle récompense. Essayer de prendre du recul, avec tout le reste, avec ces pensées obscures et ces envies plus fortes, toujours plus fortes. Tenter de se raisonner, de se dire qu'un jour ce sera notre tour. Vouloir que ce jour soit demain. Que ce jour soit avant tout le monde, avant tous les autres. Et vouloir que ce jour attende l'automne prochain. Ou juste un peu plus longtemps que demain. Juste le temps de nous laisser continuer à vivre sans enfants. Après tout, ça fait juste 3 ans qu'on en crève, de ce manque d'enfant. Alors bordel, on n'est plus à ça près. On va encore aimer les enfants des autres. Se nourrir de leur amour. Et rentrer le soir à la maison, les sièges arrières de la voiture vides. Mon bureau sera encore longtemps couvert de dessins d'enfants-des-autres-non-ce-ne-sont-pas-les-miens-non-j'en-ai-pas-encore-oui-c'est-au-programme. Je crie dans ma tête. Je crie tout bas. Je crie car j'ai mal de cet enfant qui n'arrive pas et je crains qu'il n'arrive trop tôt. Quelle ironie. Quelle merde. Voilà, en ce moment, c'est la merde dans ma tête, malgré toutes les jolies choses qu'il m'arrive. C'est un crime pour une infertile de rêver projets autre que bébé. Et pour ça, on prend perpet' ... avec nous même et notre conscience. 



C'est tellement le tourbillon dans ma vie et dans ma tête que j'ai à peine la force de mettre en page cet article. Quel effort surhumain. Je cherche le bouton stop. 

STOP.